|
page 3
Bob :
Seulement le concierge ?
Yogi
Yogi : Je… Je n'ai plus le temps de pwarler avec vous. Je dois y
aller maintenant.
[Le
géant se mit en mouvement (Bob le devina en voyant le dentier
flottant changer de direction et s'éloigner). Il tenta de le
convaincre de revenir (il le menaça de dévoiler son terrible secret
sur la morsure de carpe) mais rien n'y changea : Yogi Yogi disparut
et laissa Bob à nouveau seul. Il s'interrogeait sur la signification
de la présence du frère jumeau de celui qu'il avait supposément tué
bien qu'il n'en gardait aucun souvenir.
En y
pensant bien, Bob devait s'avouer à lui-même qu'il commençait à se
plaire à l'idée que lui, un poids coq de 123 livres mouillées, qui
n'avait jamais même lever quelque chose de plus lourd qu'une poche
de patates dans sa vie, ait pu tuer un géant possédant une force
herculéenne comme Hugo Hugo. Il se plaisait à l'idée d'être capable
d'un geste aussi violent. Mais il garda ces sombres pensées pour lui
et alla se rouler en boule dans le seul coin de sa cellule qui
n'était pas souillé par trois pouces de pisses de rat. Il fit un
rêve bien étrange cette nuit-là :
Dans
son rêve, Bob prenait place à une table bien garnie de nourriture
d'une gastronomie réputée dans le monde du surgelé. Sa portion était
aussi énorme que mal réchauffée. La bouffe était accompagnée d'une
boisson rouge écarlate. Bob souleva péniblement la tête et regarda
autour de lui. Il s'aperçut qu'il n'était pas seul à la table. À sa
droite, se tenait Myriam, son avocate. Cette dernière était
complètement nue et s'enduisait de ce qui ressemblait à une gelée de
pétrole à l'aide d'un applicateur en plastique. Immédiatement à côté
de Myriam se tenait le directeur de la prison, Frank Lapierre. Ce
dernier tenait une grosse laisse de chien en or massif attachée au
coup de Bob. Il donnait fréquemment des violents coups pour brasser
la tête de Bob et à chaque fois il en sortait des pièces de 25 cents
par les oreilles. L'autre chaise était occupée par une personne
totalement défigurée.
Bob
reconnut péniblement les restes de Hugo Hugo. Le sang coulait
abondement de sa tête et une serveuse qui portait un capot de poil
et des bottes de cowboys le recueillait pour en remplir les verres
des convives. Bob eut un haut le coeur en regardant son verre dans
lequel il avait déjà bu la moitié de ce qu’il croyait être un
excellent Bloody César. Hugo Hugo dégustait avec beaucoup de bruits
de bouche son repas qui ressortait immédiatement par l'énorme trou
de son abdomen pour retomber dans son assiette, action qu'il
répétait à l'infini. Finalement, à sa gauche, se tenait une femme
aux allures très classes, mais dont le visage était flou. Il se
sentit immédiatement attiré vers cette personne qui semblait avoir
beaucoup de compassion pour lui, même si elle lui pointait un
revolver au visage pour le forcer à manger son repas partiellement
congelé. À un certain moment, elle ouvrit son chemisier pour
dévoiler sa poitrine minuscule : c'est à ce moment qu'il reconnut
Suzie Tremblay, son ex petite amie - elle seule avait une poitrine
aussi menue.
«Suzie !» cria-t-il avec un écho caverneux. Au même moment, un
essaim de sauterelles géantes s'écrasa dans son assiette et
éclaboussa Myriam de sauce aux tomates. Une chorale de prisonniers
déguisés en indiens traversa la pièce en chantant des comptines à
l'envers. Tous se levèrent pour applaudir. Le directeur Lapierre en
profita pour lécher la sauce sur le corps nue de Myriam. Devant
autant de confusion, Bob tenta de fuir la table, mais Hugo Hugo qui
gardait toujours un oeil sur lui (celui qui pendouillait hors de son
crâne) lui saisit la tête et la planta dans son assiette. Bob
suffoqua. Il entendait les voix des autres qui riaient de lui. Sauf
Suzie qui répétait «Bob ! Pourquoi m'as-tu fait ça Bob ? Regarde où
ça t'a mené aujourd'hui ! Bob... Bob réveille toi ! Tu vas mourir
Bob !».]
Voix
de femme: Bob ! Réveille-toi ! Bob ! Tu vas te noyer !
[Bob
se réveilla en sursaut et leva la tête qu'il avait inconsciemment
plongée dans le bol de toilette. Il reprit péniblement son souffle.
Il se retourna pour voir qui lui adressait la parole à travers le
mur de pellicule plastique moulante.]
Bob:
Suzie !?!? Est-ce que c’est toi ? Il fait si sombre.
[Bob
se leva et s’approcha de la vitre.]
Suzie
: C'est bien moi. En chair et en os.
[Bob
jeta un regard de dédain en direction de son ex petite amie.]
Bob :
Quoi que surtout en os. Particulièrement au niveau de la poitrine.
Mais… Mais comment as-tu pu arriver jusqu'ici ?
Suzie
: Ils m'ont laissée revenir pour une dernière fois avant mon départ
définitif. Ils ont dit que je pouvais rendre une dernière visite à
la personne de mon choix.
Bob :
Qui ça, "ils" ?!
Suzie
: Les anges de la mort.
Bob :
Les motards ? Les Hell's Angels ?
Suzie
: Non crétin. Les vrais anges de la mort. Ceux qui t'emmènent au
Paradis ou en Enfer. Est-ce que tu comprends ce que ça veut dire ?
Bob :
Euh ? Que t'as pas beaucoup d'amis pour me choisir comme dernière
visite avant d’aller en Enfer ?!
Suzie
: Petit con ! Ça veut dire que je suis morte et que c'est mon
fantôme que tu as en avant de toi.
Bob :
Ooohh meerrde !
Suzie
: Ça fait un choc, n'est-ce pas ?
Bob :
Non, c'est que je viens de me souvenir que j'ai oublié mon linge
dans la laveuse communautaire de mon bloc à appartement. Tout le
monde doit savoir que je porte des bobettes en laine à l'heure qu'il
est.
Suzie
: Fi ! Tu as de bien plus gros problèmes que ça mon pauvre Bob.
Bob :
Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
Suzie
: Je n'en ai plus que pour une minute ou deux alors écoutes-moi
bien. Nous savons tous les deux trop bien avec quel mépris tu m’as
traité durant tout le temps où nous sommes sortis ensemble. Nous
savons également que c’est à cause de toi si je suis morte. Mais
saches Bob qu’avant de mourir, j'ai eu une révélation. Oui ! J'ai su
que tu allais avoir de très gros ennuis. Ta présence dans cette
prison abominable et tout ce qui t'y attend est bien pire que la
mort elle-même. Il faut que tu réagisses, Bob, sans quoi tu vas
prier chaque soir pour que la mort te délivre car ta vie, elle, sera
bien pire que n'importe quel enfer brûlant.
Bob :
Arrête. Tu commences à me foutre les jetons, Suzie.
[La
jeune femme jeta un regard inquiet à sa montre.]
Suzie
: Il va falloir que j'y aille, Bob. Mais saches qu'il se passe
quelque chose de vraiment très louche dans cette prison. Le
directeur Lapierre a beaucoup trop d'argent dans ses comptes à
épargne stable et la bouffe que l'on vous sert à la cafétéria est
beaucoup trop grasse, même comparées aux standards des prisons
normales. Tout est relié, Bob. Et toi, tu seras leur bouc émissaire,
tant que tu ne feras rien pour réagir. Tu....
[Avant que Suzie n’ait pu terminé sa dernière phrase, son image
devint floue et fantomatique. La dernière chose que Bob vit avant
qu'elle ne disparaisse complètement fut Suzie qui ouvrait sa chemise
pour révéler une dernière fois ses minuscules seins poilus à Bob qui
tenta d'en profiter pour se masturber jusqu'à la jouissance avant
qu'il ne soit trop tard. Mais au moment où il éjacula quelques
gouttes misérables sur ses genoux, l'apparition s'était évanouie.]
Bob :
Adieu Suzie. Puisses tu te faire faire une augmentation mammaire et
une réduction pilleuse quel que soit l'endroit où tu t'en vas.
[Bob
alla se recoucher avec la ferme intention de suivre les conseils de
son ex petite amie. Demain soir, au souper, il entendait bien faire
un véritable scandale.]
<- page précédente |
menu |
page suivante ->
|