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Grazzanise

 



Grazzanise c�est une petite ville de la province de Caserte, en Campanie, situ�e pr�cisement au coeur d'une plaine, autrefois mar�cageuse et palud�enne, dite Le Mazzone, sur la rive gauche du Volturno (Vulturne). Son territoire s��tend sur 47 km carr�s et ses habitants sont � peu pr�s 7.000 (y compris les hameaux de Brezza et Borgo Appio).

Le sol, argileux et peu fertile, permet une agriculture de survie (on rel�ve la production de vins et de fruits). Au contraire le territoire est particuli�rement exploit� pour l��l�vage de la bufala (buflesse), qui est � la base d�une richesse consid�rable et se manifeste en nombreuses fromageries qui nous donnent de tr�s bons produits dont la bien c�l�bre �mozzarella�.

Le 29 Ao�t on f�te la Saint-Jean, du patron de la ville, dite � �a paparara � � cause de la coutume de manger l�oie. D�autres f�tes traditionnelles sont celle du Lund� de P�ques (Notre-Dame de l�Arc) et du 8 Septembre (Notre-Dame de Montevergine).

Pour chaque f�te et pour chaque saison il y a des specialit�s gastronomiques, des fois vraiment excellentes.

Pr�s de Grazzanise il y a la base a�rienne �Romagnoli�, si�ge du 9�me Stormo Caccia Intercettori �F. Baracca�.

On a peu de documents sur l�origine de Grazzanise. Des sources font remonter son nom � la famille Graziani, d�autres aux trois Gr�ces de la mitologie antique. De toute fa�on ce centre est l�un des anciens hameaux (�casali�) de Capoue et il suit les vicissitudes de la forte ville voisine. C�est seulement  � partir de la p�riode aragonaise, � laquelle remonte le � Miracle de Sainte Massimiliana Bona �, qu�on a de plus s�res informations.      

 

Un peu d'histoire

Le Mazzone

(resum� d�apr�s �La mia terra, i suoi grandi�, de Don Angelo Florio, 1954)

Le Mazzone re�ut son appellation de �Campo Stellato� (Champ �toil�) � cause de la v�getation spontan�e d�herbes aromatiques, de toutes sortes de fleurs, en particulier de margu�rites printani�res qui constellaient le territoire comme des �toiles haletantes du sol.

Tite-Live dans le 9�me livre de son histoire parle d�incursions des Sannites � in Campum Stellatem �; Dans le 22�me livre il raconte qu�Annibal, apr�s son installation en Capoue, vint piller avec son arm�e dans le Campo Stellato : � In campum Stellatem descendit �.

La colonisation du Campo Stellato prend son origine de Jules C�sar et de Auguste. En effet, la loi qui divisait le Campo Stellato parmi les pl�b�iens romains fut propos�e par le Consul Rufus vers 80 a. J.C.

C�sar distribua les terres parmi ses l�gionnaires. Cela est confirm� par des plaques et par une pierre de confin encore mur�e dans la Torre del Frascale, entre Capoue et Grazzanise, dont l�inscription encore lisible dit � Caius Julius Caesar Diomedi Campano donavit pedes...�.

Une plaque retrouv�e dans la Torre di Augusto, pr�s de Grazzanise, conserv�e dans le Mus�e Campano de Capoue dit : � Veneri Genitrici et Genio Augusti Caesaris Colonia Iulia - Fel. Pace Composita - Dedicavit IV Kal. Dec... �

L�appellation de Mazzone remonte au Moyen Age et � l��poque des rois aragonais qui y possedaient Reali Tenute (domaines royaux) et Casini di caccia (pavillons de chasse).

Le Panormitano parle du Roi Alfonse I d�Aragon, qui aimait chasser dans le Mazzone delle rose : �Venabatur rex in campis, quos rosarum vocant�

A ce propos, l�histoire du Miracle de Sainte Massimiliana Bona, dont le roi fut un des t�moins, est tr�s suggestive.

Le Roi Ferdinand I, qui chassait tr�s souvent dans les for�ts de Grazzanise et dans la Real Tenuta de Carditello, accorda � la ville de Capoue le droit de p�turer et faire les foins dans le Mazzone delle Rosesenza pagare cosa alla Regia Corte � (sans rien payer � la Cour Royale).

Mais pour le fait que le Campo Stellato fut laiss� inculte par les Romains (Cicerone le d�crit � bas, mar�cageux et non labour� et seulement abondant de bon p�turage pour les troupeaux �) le Mazzone delle Rose fut maintenu � l��tat sauvage, en proie au mar�cage et au paludisme, encombr� de bois et for�ts, royaume des b�tes et du gibier pour le plaisir du Roi et des nobles napolitains.

(�) il est �vident que le Mazzone �tait en grande partie une contr�e inf�conde, malsaine, ins�cure, ou p�turait sans �tre d�rang� le buffle sauvage et dans les domaines inaccessibles vivait le buttero (gardien de bestiaux) et n�y arrivait pas du tout l�echo de la civilisation et du travail.

Cela lui donnait un fond tragique o� la d�linquance et la p�gre se cachaient et faisaient la loi en nuisant au prochain par l�anonymat, le chantage, les incendies, l�abattage des animaux, les fusillades, la coupe des vergers, les bagarres sanglantes, les coups de feu dans les campagnes et les villages et, des fois, par des meurtres terrifiants.

(�) Le Mazzone, dans la l�gende, est repr�sent� comme un marais livide, satur� de miasmes mortels, enchev�tr� de maquis pestilentiels et effrayants et habit� par des hors-la-loi sans scrupules, sans morale, associ�s pour le crime !

Au contraire le Mazzone dans l�histoire et dans sa vraie �me c�est une autre chose.

Le Mazzone, dans sa verdure luxuriante, qui s��tend � perte de vue dans ses champs ensoleill�s, offre un superbe spectacle d�enchantement au regard admir�.

Au milieu de la terre fleurie, de la campagne qui chante d�amour, on participe � la beaut� exub�rante de la cr�ation: des fr�missements immenses de vie au milieu d�effluves rustiques, de mugissements, de hennissements, de b�lements, de cries, de piaffements dans un spectacle merveilleux de f�condit�, de force, de travail.

Ceux qui imaginent le Mazzone comme la terre du malfaiteur affam�, portant de grosses bottes et un large chapeau sur la t�te (suivant une certaine tradition et un certain folklore) se trompent.

Le vrai habitant du Mazzone est autentiquement pur, courageux, g�n�reux. Il est ennemi de la duplicit� et de l�ipocrisie, il est expansif, sociable, accueillant, indulgent, intelligent. Il est naturellement port� aux sentiments, � l�entusiasme, � l�affection, � l��motion, aux satisfactions spirituelles, morales et, par cons�quent, � la d�fense du pain et de l�honneur, donc aux d�ceptions qui gravent sur l�esprit sensible et noble � cause d' innommables m�chancet�s.

Les gens d�ici sont fortes comme la terre argileuse des Mazzoni: les hommes bruns, robustes, vifs, int�lligents; les femmes roses, prolifiques et opulentes pour la sant� des descendants�

 

Notices historiques 

recueillies par Don Carlo Raimondo  et rapport�es dans le livre � Grazzanise, ieri e oggi, quale sviluppo ? �, 1985

 

D�apr�s l�opinion accr�dit�e d�historiens locaux, Grazzanise remonte � la III�me ou IV�me p�riode de la R�publique Romaine, sous les auspices de la famille des Gratiani qui la consacraient aux Gr�ces. Son nom signifierait l��le des Gr�ces (Gratiarum nesos ou nisos), ou bien le pays soutenu par les Gr�ces (pagus Gratiis inixus). Et il surgissait pour abriter les esclaves qui donnaient, dans l�anphith��tre de Capoue, le spectacle tragique de leur force et de leur valeur. Il surgissait aussi pour produire, avec les roses de ses champs, des pommades et des parfums pour les matrones et les  h�ta�res de la Via Deplasia de Capoue.

Certains �crivains pensent que les villages autour de Capoue remontent � 211 a. Ch., au temps de Annibal, quand les romains firent un terrible massacre pour se venger de l�appui donn� au g�n�ral de Carthage.  Alors une grande partie des citoyens de Capoue, relicta urbe, effugierunt. O� ? In proximas terras.

D�autres pensent que ces villages remontent au terrorisme oligarchique de Sylla  (81 a. Ch.) qui succ�da au terrorisme d�mocratique de Marius.

L�historien Iannelli pense que Jules C�sar, apr�s son retour de l�Espagne, fonda des colonies qu�il divisa parmi ses commandants. Ainsi de Gratian� prit son origine Gratianisi-Grazzanise. Encore d�apr�s Iannelli, Grazzanise vient d�une colonie Iulia, comme celle de la Torre degli Schiavi, o� fut retrouv� en 1649 une plaque qui parle d�une colonie Iulia fond� par C�sar. On ne doit pas oublier, toutefois, que beaucoup de colonies, pour reconnaissance ou pour flatterie prirent ce nom.

Les �glises

 

La premi�re �glise de Grazzanise est la Chiesa Madre, en l�honneur du patron Saint Jean Baptiste.

On ne conna�t pas avec pr�cision l�ann�e de sa construction mais elle est nomm�e express�ment (d�apr�s Michele Monaco dans le Sanctuarium Capuanum) dans une bulle du pape Alexandre III en 1173, envoy�e � l'archev�que de Capoue, Alfano.  

Un amateur d�histoire locale, Don Carlo Raimondo, suppose qu�elle a �t� b�tie entre le VI�me et le IX�me si�cle.

Parmi les ouvrages abrit�s dans l��glise, � noter un polyptique sur bois de 1525 r�cemment r�staur�, qui repr�sente Notre Dame de la Consolation, avec Saint Jean et Saint Blaise et, au dessus, le R�dempteur.

Au dessous de la vo�te de la grande nef il y a trois peintures de valeur. La C�ne de Emma�s, Saint Jean pr�chant sur les rives du Jourdain, S. Carlo Borromeo qui gu�rit un pestif�r�,  par Raffaele Iodice de Giugliano (1932).  

Sur une plaque on lit que l��glise fut reb�tie a fundamentis en 1730 et ensuite restaur�e en 1878 et 1932. Une derni�re remise � nouveau a �t� faite en 2004.  

Pour ce qui concerne l��glise dedi�e � Notre Dame de Montevergine, elle est, au point de vue juridique, un rectorat de la Chiesa Madre. Elle remonte aux ann�es �50 et surgit sur le lieu d�une ancienne petite chapelle d�truite par les bombardements de la II�me guerre mondiale.  

Elle a �t� b�tie � imitation du style gothique, avec des arcs aigus, une rosace centrale, des colonnes hautes et l�g�res divisant les trois nefs.

Devant l��glise il y a le clocher qui r�produit le m�me style gothique.

 

L��glise de l�Annunciata, la seconde paroisse de la ville, remonte au XVI�me si�cle. Elle est b�tie sur une seule grande nef avec des autels lat�raux. Elle est dedi�e, comme l�indique son nom, � l��pisode de l�Annonciation.

Elle abrite des statues en bois et une toile qui remontent au XVIme et au XIXme si�cle.

 

La tradition � table

Parmi les plats traditionnels pr�par�s � l'occasion de la Saint-Jean (29 Ao�t) l'oie occupe une place tr�s importante. En effet la f�te est dite de la 'paparara', du nom local de l'oie.

Il y a deux mani�res de cuire l'oie: fourr�e, pour ceux qui aiment les plats doux, ou bien � la sauce, pour qui pr�f�re (c'est la majorit�) une 'pastasciutta' vraiment d�licieuse.

Mais la gastronomie locale ne s'arr�te pas l�. Elle comprend aussi des chicor�es, des struffoli et une grande variet� de gateaux.

Et comment oublier, finalement, des produits caract�ristiques tels que la mozzarella, les caciocavalli, la ricotta (fromages),...?

 

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