Et Maurice commença sa longue histoire……………


-Voilà mon père et ma mère. Jolie femme, n'est-ce pas, Antoine... Et attends, tu vas voir un peu ce que l'union de deux parents peux faire…
Et qui c'est ce joli garçon, il est pas beau ? J'avais tout juste un an. Remarquez bien ce qu'il y a derrière moi. Ce sont des vignes.
Donc je suis né en 1944 à Oran. C'est la seule photo que j'ai de la ville. Elle représente le port d'Oran. J'ai toujours aimé les villes portuaires et ce n'est pas pour rien si je suis à Bordeaux.
- Mes parents avaient immigré en Algérie depuis 4 ans. Je suis un pied noir un vrai de vrai !
-Mais pourquoi on vous appelle pied noir. S'exclama Jeannine.
-Ho…. ! Il y a plusieurs explication sur cette appellation. Moi j'en ai retenu qu'une seule car j'ai toujours trouvé qu'elle rejoignait bien ce que mes parents étaient venus exploiter dans ce pays. C'est celle qui explique que lorsque les premières vignes plantées par les colons donnèrent du raisin, ils en firent du vin en foulant pieds nus les grappes dans des grandes cuves de bois. Et comme leurs pieds devenaient tout noirs, les habitants arabes qui ne connaissaient rien du vin les nommèrent" Pieds-noirs ". J'aime bien cette image. Tout est parti de mes arrière grands-parents paternels, vivant en Normandie et qui se passionnaient pour le vin. C'est assez paradoxal car c'est vraiment pas une région à raisins, mais plutôt de pommes. Au début des années 1900, papi et mes oncles, avec leur femme respective, étaient partis sur Paris afin d'ouvrir un commerce sur le vin. Pour l'époque c'était une recette insolite a la dégustation du vin. Vraiment fort pour l'époque ! …….Enfin moi je trouve pas vous ?
-Si si ! Dirent ils en coeur.
-Hé.. ! Tu la continues ton histoire . déclara Antoine…
-Une seconde, j'ai la bouche sèche moi, faut bien boire un p'tit coup!
-Tu viens à peine de commencer ! S'en suivi Jeanine
-Glou, glou mes potes, vraiment c'estt un délice ce vin ! Donc, j'en étais a mes arrière-grands-parents. Tenez, regardez, ce sont papi et mamie Mortos devant leur commerce….
-C'est comme cela que la richesse de la famille Mortos s'amorça.
Ils auraient pus donner comme enseigne au magasin " Au vin bulle ". Ils vendaient tout ce que l'on peut trouver dans les vignes françaises. Vin rouge, rosé, blanc, champagne et mousseux. Bourgeoisie et grand restaurant gastronomique se pressaient chez papi pour débusquer le nec plus ultra. Ah… il avait eu le nez fin.. !
Ce sont trois de mes oncles qui partaient dans les régions vinicoles à la recherche de petits producteurs . Certains sont devenus de grands crus aujourd'hui. Tenez ils sont sur cette photo. ! Les deux hommes assis sont Ernest et Pierrot de gauche à droite. Derrière, debout, Auguste. Spécialisé dans la dégustation, il connaissait plus de cent mots pour ses examens gustatifs. Un personnage difficile à définir. Il était comme les quatres saveurs fondamentales. Salé, acide, amer et sucré. Mais mon oncle préféré était Raymond. Rien à voir avec la famille. Il était parti vivre en Belgique. Lui avait préféré la boucherie charcuterie au vin. Je vous en parlerai bientôt. Puis plus tard, mon père c'est joint à ses frères.
Le jour du 15 novembre 1939 fut un grand moment pour mon père. Se trouvant à la petite ville Nuits-Saint-Georges en pleine négociation pour un vin viril et robuste, il croisa le regard d'une jolie femme s'activant dans les rangs de vignes du clos de la Larache. Elle s'appelait Nicole et quelques mois plus tard elle devint sa femme. En octobre 1940, mes parents partirent s'installer en Algérie après avoir fait l'achat d'un lot de terre de 175 hectares sur laquelle il fit planter des vignes. Ce fut une bonne époque pour lui. Des années auparavant, le phylloxéra avait ravagé 95% du vignoble algériens. Papa avait bénéficié d'aide de l'Etat et papi fit la rallonge et il fit pousser le meilleur rouge d'Afrique du Nord. Enfin c'est ce que mon père disait.. !


-Voici un échantillon de son vignoble. La grande fierté de la famille Mortos.
Quand mon père fut bien installé, mes grands-parents prirent leur retraite dans leur village de Normandie qui avait vu le débarquement de la seconde guerre mondiale. C'est la dernière photo d'eux.
Quelques jours plus tard, au volant de sa vielle guimbarde qu'il chérissait et que vous voyez là, grand-papa eu une attaque et mourut. Le véhicule alla s'écraser contre un vieux pommier. On retrouva grand-maman un peu plus loin dans le verger le corps recroquevillé sur un tapis de pommes. Les ceintures de sécurité n'existaient pas a cette époque. Une semaine après, elle mourait des suites de ses blessures en ayant pris soins de nous expliquer les causes de l'accident.
Le 09 mars 1944 je venais au monde au sein d'une famille riche.
A suivre.....
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Épisode VII (à venir)
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