Je m’appelle stanislas kazal. Je ne fais pas de saut ni de cabriole . J’ai rien à vous vendre ni à vous demander sauf de me donner de votre temps pour m’écouter car il est l’heure et le lieu que je fasse la paillasse pour vous tous.

Je fais des chansons mais avant je veux vous raconter comment je suis né car je ne suis pas né stanislas kazal .

Je suis né inféodé à l’ignorance qui rend méchant et à la méchanceté qui rend ignorant.

Je suis né machine, une machine de chair et de sang presque humaine, robot de l’existence.

J’étais triste, j’étais gaie, au gré des frustrations et des satisfactions, de désirs qui n’étaient pas vraiment à moi. Je n’avais pas d’âme.

Comme tout le monde, je cherchais à comprendre ma programmation, et  me contentais des réponses types du manuel de maintenance. On m’avait appris à lire pour ça.

Comme tout le monde, je tentais de donner des explications et me contentais de justifier une possible défaillance  technique. On m’avait appris à parler pour ça.

Comme tout à chacun, je voulais être mais n’étais autorisé qu’a avoir et comme je n’avais pas je me contentais du manque. On m’avait appris à compter pour ça.                        

Comme les autres j’aspirais à la paix, à l’amour, au bonheurs ,à la liberté, à la vérité et ni parvenant pas je me contentais d’activer des mécanismes de revanche et d’autodestruction. On m’avait appris à penser pour ça.

Mais un jour ni tenant plus et voulant savoir pourquoi, on m’avait appris à écrire, je pris une feuille de papier et écrivis ce qui me venait

Et Il me vint ce que je cherchais : la paix, l’amour, la  libération,  j’étais ,du verbe être, heureux et me sentait pour la première fois de ma courte existence, un véritable être humain !

Des lors Je grattai clandestinement  du papier avec mon stylographe pour y inscrire des signes, les mots devinrent ainsi mon obsessions, mon formidable secret, et ma maladie honteuse.

Sur les pages les mots se changèrent petit à petit en phrases, les phrases en paragraphe, les paragraphes en chapitres et enfin  les chapitres dessinèrent une âme.

Et comme, je n’en avait pas et qu’elle était à personne, je me suis dis qu’elle serait mienne

Un programmateur découvrit un jour mes occupations hors formatage, et me demanda :

-Qu’est ce que c’est que ces textes perclus de fautes d’orthographes et d’erreurs de syntaxes ?

 A qui donc est cette âme ?

-A moi, répondis je, et je l’ai écrite moi même avec ce stylo là .

 Et Comme elle était à personne, je l’ai prise. Voilà !

-Personne ? Mais voyons c’est un mot qui n’existe  pas. tu es une machine, tu n’es pas programmé pour ça, laisse ton âme à ceux qui peuvent en avoir une, si ton âme est a personne c’est qu’elle est à moi.

-Non, elle n’est pas à toi, je suis allez voir le notaire, écoute voir, il n’y avait rien.

 Même le curé  qui dit que les âmes appartiennent à dieu car il les reprend à la fin n’a su quoi me répondre !

-elle est à moi et il faut que tu me la donnes !

-Je ne veux pas vous la donner monsieur, je ne veux pas redevenir comme avant.

-je vais te la payer ! je te donne de l’argent, dis moi combien tu veux ?

  Il y’ a bien des choses que tu n’as pas et que tu voudrais avoir, tu regardes la télé …

-non ! non !  et non ! je ne veux pas d’argent, je veux pas avoir, je veux être !

  Ne plus être serait retourner au néant!

-donne-la moi !

-merde!

  alors, il a éclaté de rire et il est parti. Le lendemain le curé est venu pour me la demander.

-c’est le programmateur, fais attention …… toutes les âmes appartiennent à Dieu dans    l’éternité mais il en a donné usage aux hommes pour le temps de leurs vie terrestre, toi tu n’es pas un homme donc tu n’en as pas l’usage. Le bien et le mal ne sont pas ton affaire, contente toi d’accomplir ton programme, reproduit socialement immanquablement ce qu’il y’ a eut avant toi car Dieu le créateur l’a voulu ainsi.

Et si il a décidé que toi tu naisses machine et que l’autre naisse programmateur ne t’oppose pas à ses desseins, c’est pour lui et pas pour toi que Dieu a créer le système. Ces choses là te dépassent, repens toi et cède, je te donnerai l’absolution  et  tu verras avec le temps l’église saura d’apporter la consolation de ne pas avoir d’âme, tu apprendras à faire comme si tu en avait une.

-non, Monsieur le curé, je ne peux croire en un Dieu qui serai de la sorte.

Je n’ai rien fait de répréhensible sur le plan de la moral, j’aime mon prochain et je tend l’autre joue. Je veux bien perpétuer le bien, mais je ne veux pas être obliger de faire des choses que je juge mauvaises. Si c’est pour me dire cela que vous êtes venu, allez vous en, vous et votre Dieu, car vous ne m’êtes plus d’aucun secours.

-tant pis, tu l’auras voulu, espèce d’hérétique, te voilà donc excommunié, tu devras expier ton péché de présomption sans l’aide charitable de  notre sainte église des robots !

 Et il s’en est allé, cahin-caha  en psalmodiant je ne sais quel exorcisme.

alors le notaire est venu me trouver, lui,  le bureaucrate procédurier qui ne se déplaçait jamais il est venu spécialement pour me parler du droit de la propriété.

-Ton âme  ne peux être à personne ! toi, tu es personne , le programmateur lui c’est quelqu’un, par conséquent ton âme pour appartenir à quelqu’un ne peut appartenir  qu’au programmateur !

-mais c’est de l’esclavage !

-non, quand on a abolie l’esclavage, on a fabriqué des machines humaines, c’est plus pratique, elles se croient libres alors qu’elles sont programmées.

Le notaire qui ne se déplaçait jamais est reparti de chez moi en courant.

Puis ce qui devait m’arriver, m’arriva. Le programmateur excédé par tant de conviction, avait décidé de châtier mon outrecuidance.

Il chercha à écraser mes donnés, me fit considérer comme un virus, un danger d’infection  pour le système tout entier. Mes semblables me jetaient des pierres et se moquaient de moi .

-Tu veux nous faire croire que tu as une âme, toi !

 Pour qui te prends tu, hein pour un homme !

 Si tu n’es pas une machine alors tu ne peux être qu’un animal, tout juste bon a suivre tes  instincts, ce programme primitif.

Je tenais bon car je préservais mon âme en continuant de l’écrire .

Je fréquentais une fille à l’époque avec qui j’essayais de me sentir moins seul. elle me mettait un peu de baume au cœur, je pense que mon amour lui suffisait en ces instants.

Mais le programmateur reformata le programme de ma petite amie car il savait bien le salopard  que l’on est près à perdre son âme par amour.

Là j’ai faillit commettre, l’irréparable.

-arrête m’a t’elle dit, ne fais surtout rien. Quoique tu fasses tu es perdant. Soit tu agis contre le programmateur et  tu sera effacé aussitôt ou alors tu perds ton âme pour moi.

Ça sert à rien de te battre parce que toi, tu n’as pas d’honneur, tu es pauvres, tu es un marginal. Tu n’es pas conditionné pour penser dignité comme ceux qui se mettent en colère si on leur baise leurs filles, leurs maîtresses , leurs femmes. Laisse tomber ton âme n’en vaut pas la peine après tout. Je ne suis qu’une poupée et tu n’es plus à mon programme !

J’ai pleuré cette saloperie.

C’était terrible comme  j’ai pleuré.

Les gens m’interpellaient autour de moi

-hé, on a trouvé quel animal tu es. Tu es un chien, un chihuahua qui bouge même pas de sa caisse pour empêcher sa femme de partir. tu étais fière espèce de cador. Et bien prend ça, ça te dressera.

Et j’ai pris des coups de bâtons et encore des cailloux.

Sur le chemin du retour, je croisai le programmateur qui me dit.

-alors,  ton âme te plait elle toujours autant maintenant que tu souffres à travers elle, si tu me l’avais donné, comme je te l’avais demandé cela t’aurais épargné bien des tourments assurément.

Persistes tu dans ton entêtement suicidaire ?

Je fis signe que oui.

-Soit, garde la ton âme, toi, qui choisit de souffrir. J’ai référé de cela en haut lieu. Tout le monde  sans fout, ton cas n’est pas isolé et comme nous avons droit à une marge d’erreur, ma position n’est pas menacée ni le système d’ailleurs. Tout ce que tu as vécu ne sert à rien, tu seras effacé par le temps ou par toi même quand tu ne supporteras plus l’idée d’être dénué de sens. Adieu donc.

Je regagnai ma maison tout seul avec mon âme et le temps passa.

Je fus progressivement pris par des accès de ce  mal inconnu pour moi et que j’ai appris à connaître depuis, qui s’appelle la mélancolie. Un soir n’en pouvant plus je pris une corde et me dis

Bon Cette fois-ci je me laisse tomber.

A ce moment, je vis quelqu’un dans le miroir de ma chambre qui me regardait.

Il m’observa un moment et me dit :

-on boit un coup ?

-Tu choisis bien ton moment toi pour venir boire un coup chez moi !

Comme il me paraissait familier et sympathique avec ses yeux de chien battu, j’acceptais quand même sa proposition.

-d’accord mais après, je me finis !

Je vais chercher à boire et le regarde bien et lui dit.

-Plutôt que boire, tu ferais mieux de manger, tu en as besoin car tu fais peur à voir !

Moi, non plus ça fait des jours que je mange plus excuse moi si je ne partage pas le repas avec toi,  mais tu sais il y a de quoi. Alors tu manges et après je me termine !

J’ ai donc donné une assiette à l’homme du miroir et je l’ai regardé mangé sans mots dire, assis face à lui.

Lui me parla la bouche pleine ce qui témoignait d’un manque d’éducation certain.

-Sale histoire que tu veuille t’effacer, bon je sais ta petite amie a mis les bout mais pas grave un jour tu rencontrera une vraie nana avec tout ce que tu peux souhaiter comme attraits et intellect qui t’aimera pour ce que tu es,  à qui tu pourras ouvrir ton cœur et tu partageras ton âme avec la  sienne patati et patata. Alors je serai toi, je le ferai pas, l’effacement y’a mieux comme option . ta qu’a prendre la vie tout simplement.

-facile a dire pour toi qui habite le miroir, qu’est ce que tu connais de la vie, toi tu n’es qu’un reflet dans la glace !

- ha Je ne suis pas que ça , mec !

-alors t’es quoi ?

- Devine !

-je suis pas d’humeur a jouer avec une hallucination, si tu t’invites  chez moi dans un moment aussi drammatique pour te permettre ce genre de privauté, alors vas jouer ailleurs !

- mais non, je suis pas qu’une hallu petit !

-alors tu es quoi, un génie venu exaucer trois de mes souhaits, comme c’est original, super

ça tombe bien j’en ai trois, barre toi,tire toi, casse toi !

-tu y es presque mais bon je te met sur la voie, parce que c’est toi.  je peux pas me casser mais toi tu peux me casser !?

-alors la celle la, je l’ attendais pas dans le genre devinette foireuse, on me l’avait jamais faite ; tu es le pur produit d’une réflexion sur une surface plane.

-là, tu brûles !

-bon accouche où je te brise !

-je suis un reflet en effet mais pas seulement ça.je suis ton reflet à toi !

-sans blague, enchanté, alors le moral est bon ?

-dugland, tes cons où tu le fais exprès, réfléchir tu sais ce que ça veut dire, je suis ta psyché

ton moi, ton âme quoi.

-Mais pourquoi tu te manifestes comme ça.

-c’est pour affaire ! Tu me donnes à manger et moi je te donne à parler.

-je comprend pas le deal qu’est-ce que j’aurais besoin de parler

-pauvre con, c’était bien de vouloir avoir une âme, c’était bien de ne pas vouloir de patron, de ne pas vouloir être programmé, et d’avoir la force de résister. Je veux ton bonheur, je suis pas là pour te rendre triste comme tu le crois, bien au contraire !

Alors vas voir ceux qui te jette des pierres, vas y sans crainte, et dis leur …

-leur dire quoi, j’en suis pas capable, ma mâchoire est trop crispée et j’ai pas assez de souffle pour tout raconter. En plus j’ai pas de talent, on me l’a assez répété chez moi.

-ne crains rien tu as forcement du talent parce je suis là. Fais le non seulement pour toi mais aussi pour ceux qui sont comme toi et qui n’ont rien, qui n’ont pas de dignité a étaler, et qui doivent seulement souffrir. réconcilie toi avec toi même.

Puis il m’a attrapé la tignasse et a collé ma bouche contre la vitre, il m’as fait embrasser mon reflet sur la bouche.

-il faut faire jaillir la parole, ta langue percera le mensonge et les gens comprendront, ils apprendrons et il saurons qu’il n’y pas de machine de chair et de sang, qu’il y’a seulement des hommes à qui l’on fait croire qu’il ne peuvent qu’être que des robots ou des animaux, ou les deux mais pas des hommes. Dis leur qu’ils ont tous une âme et qu’elle n’appartient qu’ a eux, pas à un dieu, à un patron ,à un programme ni à un mari ou une femme, ni même à une cause aussi glorieuse peut elle être. Qu’elle n’appartient pas à la société et ni à son administration, elle n’appartient pas à un système politique , ni économique ; qu’elle n’appartient pas à une famille, un clan, ni une nation 

 Dis leur qu’il peuvent accepter si ça leur chante mais refuser aussi, qu’ils peuvent même débattre à plusieurs .

Dis leur qu’ils peuvent choisir, qu’ils sont libre d’avoir raison ou tord et d’en assumer les conséquences. As tu vu une fois dans ta vie vu machine à café, un aspirateur, une voiture, ou un ordinateur pleurer par ce qu’ils s’étaient trompé  alors d’où viennent ces larmes qui  pleuvent sur ce bas monde si ce n’est de l’humanité toute entière.

Vas y, raconte leur qu’il faut rire des voleurs d’âmes, de montagnes qu’ils sont ils deviendront collines puis plus rien qui dépasse.

Vas en paix je suis avec moi.

J’ eu soudain envie de parler et de rire, j’ai senti mon cerveau qui s’électrisé. J’ ai marché, je ne sais pas combien de temps puis  je suis monté sur une scène et j’ai parlé.

Je m’appelle stanislas kazal, je ne fais pas de saut ni de cabriole. Je n’ai rien à vous vendre ni à vous demander sauf peut être de votre temps pour m’écouter car il est l’heure  et le lieu que je fasse la paillasse pour vous.

Stanislas Kazal

 

 

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