Chapter 3 : Le pont
Ce
matin là, nous étions en mission, du moins une partie de la section, en effet
le lieutenant était resté à la base, le sergent Anderson était donc notre chef
de mission.
Nous
étions dans la brousse, nous observions un boumker de loin avec les jumelles.
Il était très bien camouflé par des lianes, de la verdure, creusé à flan de
colline ; en fait nous y sommes tombés dessus par hasard.
Nous
avions mis un plan au point et nous nous préparions à attaquer quand un hélico
« hot dog » nous passa au-dessus en raz motte. Tellement près qu’il
était impossible de nous louper. Tout tomba à l’eau.
Il
y a eu un regain d’attention de la part des Viets. Ils ont dû commencer à
balayer la zone avec les jumelles, c’est là qu’ils ont dû nous voir. Ils ne
sont pas débiles quand même.
Bref,
notre camouflage était foutu ainsi que notre effet de surprise. Nous avons dû
très rapidement changer de plan.
Le
sergent décider d’attaquer seul, et il sut se démerder, en fait il fut génial
sur ce coup là.
Il
jeta une grenade qui fit sauter tout le boumker. Il devait y avoir tellement
d’explosif là dedans que ça fit un spectaculaire feu d’artifice, je suis sûr
qu’on l’a vu de loin.
Je
pense qu’ils n’ont certainement pas eu le temps de se rendre compte de ce qui
arrivait, enfin je l’espère.
Nous
sommes rentrés à la base à pied, et là le sergent a reconnut l’appareil qui
nous avait foutu en l’air notre mission.
SA « Dis donc, c’est cet appareil qui nous
a tiré dessus !
SJ _ Vous croyez ?
SA _ J’en suis sûr. »
Le
sergent rejoignit le capitaine Wallace et le lieutenant Goldman au briefing.
Il voulait faire part de l’incident survenu pendant la mission à ses supérieurs.
En
fait il ne dit rien, et il allait y retrouver une vieille connaissance.
CW
« Sergent Anderson, voici le sergent Michaël. Comme je le disais, vous
allez les escorter. Lieutenant, je sais que ce n’est pas dans vos habitudes
mais le sergent prendra le commandement. »
En
sortant du briefing, le sergent Michaël rattrapa le sergent Anderson.
SM « On s’retrouve Zeke.
SA
_ Tu ne t’étonnes pas si je ne te saute pas dans les bras.
SM _ Ah oui ! C’est normal, je comprends. »
Ce
soir là, nous étions tous sous notre tente, chacun allongé sur son lit.
Pour
quelques jours, le sergent Anderson devait dormir sous le même marabout que
nous, avec l’arrivée du sergent Michaël il a fallu installer un lit de plus.
Ils n’avaient pas droit à des chambres séparées.
Quand
on les observait tous les 2, côte à côte, on pouvait voir qu’ils avaient
quelque chose de commun physiquement, dans leur façon d’être, de bouger. Ils
avaient vécu des choses ensemble qui les avaient liées, bien plus que n’aurait
voulu Anderson. La seule différence résidait dans le côté vieux baroudeur
nettement plus marqué chez le sergent Michaël.
Nous
passions la soirée à discuter en écoutant la radio, les derniers tubes entre
deux phrases de propagande de la part de la présentatrice radio « désertez,
ce n’est pas votre cause » Cette radio m’énervait, le matraquage était
insupportable.
DW « Marcus, éteint moi cette merde.
MT _ Il va y avoir des chansons.
HO _ C’est insensé, nous on se bat pour un
territoire qui dans une semaine vaudra que dale.
SM _ Laisse faire le gouvernement.
HO _ Même si leurs décisions semblent
complètement débiles ?
SM _ On dirait que ce petit gars n’aime pas
faire la guerre…
SA _ Et oui, il existe une autre sorte de soldat,
les penseurs. »
Le
sergent Michaël faisait la guerre parce qu’il aimait ça, parce qu’il s’était
engagé de nombreuses fois, et c’est comme ça qu’il imaginait un vrai soldat,
un homme qui aime tuer.
Là
il se retrouvait face à nous, des gamins comme disait Anderson, des soldats
différents de ce que devaient être un vrai soldat au goût de Michaël, des
soldats dont la majorité avaient été appelé alors qu’ils n’avaient rien
demandé. Des soldats qui n’aimaient pas tuer des gens.
La
soirée s’est finalement terminée assez tôt et calmement, nous devions nous
lever de bonne heure le lendemain.
Le
lendemain sur la piste d’envol, nous écoutions les dernières instructions
de Leroy et du sergent Michaël avant d’y aller.
SM
« Alors voilà, on va tous transporter les explosifs que voici. C’est
du C4 mélangé à du plastique.
Vous
pourrez le piétiner, lui tirer dessus, il n’explosera pas, sauf si un de ces
machins y est enfoncé. Alors là, faut faire gaffe, un faux pas, et…boom.
LG _ Allez, on embarque ! »
On
nous avait remis à tous des explosifs pour répartir les charges. Ce n’était
pas très rassurant de se balader avec des trucs pareils sur nous, même si
tant qu’un de ces machins (comme avait dit Michaël) n’y était pas enfoncé
dedans on ne risquait rien ; on risquait toujours quelque chose là-bas.
Nous
avons grimpé dans les hélicos.
2h
plus tard nous étions en pleine brousse et il fut décidé que nous allions
faire une pause. Horn en profita pour écrire son journal. C’est une chose
qu’il faisait à chaque fois qu’il avait 5 minutes, il avait toujours son carnet
et son stylo à portée de main. Quand le sergent Michaël l’a vu et il s’est
dirigé vers lui pour lui parler.
SM
« Qu’est ce que tu fais coco ?
HO
_ J’écris un journal, peut être qu’un jour il sera publié, on ne sait jamais.
SM
_ Alors écrit mon nom correctement. »
Nous
avons repris la route. Le chemin était difficile, et nos sacs étaient plus
lourds que d’habitude.
C’est
devenu vraiment dur lorsque nous avons du traverser des marais. Avec mon mètre
soixante dix, je faisais parti des plus petit, et j’avais de l’eau jusqu’aux
épaules. Nous devions protéger nos armes, elles étaient emballées dans du
plastic et nous les tenions au-dessus de nos têtes.
Quand
nous sommes sortis, nous étions trempés, gluants, parasités, c’était dégueulasse.
DP « Oh merde ! Des sangsues maintenant !
Ruiz, aide-moi.
AR _ Attend, ne bouge pas, je vais les cramer.
DW
_ Mais non, il n’y a rien de mieux que l’alcool.
SM _ Et !! Ce n’est pas fini ce boucan !
Ruiz, éteint moi cette clope, et avancez. »
Cette
foutue route était crevante, nous n’en voyions pas la fin. Ca s’est compliqué
lorsqu’elle se transforma en une côte rocailleuse. A chaque pas, des cailloux
roulaient sous nos rangers ce qui manquait de nous faire tomber. C’est là
que tout à coup, nous avons entendu un déclic. Nous nous sommes tous arrêtés,
et nous avons regardé par terre. Ca venait du lieutenant.
SA « Mon lieutenant, ne bougez pas, ne bougez
pas. Horn, recule-toi. Si jamais tu accroches le fil, on est foutu.
SM _ Qu’est ce que tu vas faire ?
SA _ J’en sais rien, c’est toi l’expert.
SM _ T’es sûr que c’est un bon officier ?
SA _ Il est jeune, il peut encore servir.
LG _ Fermez-là Anderson !
SA _ Arrêtez de bouger. »
Le
sergent Michaël s’est agenouillé aux pieds du lieutenant et s’est mis a gratté
le sol avec son couteau. Il a mit a jour une mine.
SM
« Bingo ! Mine chinoise, M8, 60kg de pression, chargé au TNT. Où
est le mec avec son crayon ?
SA _ Horn ? Les autres, ne bougez pas.
Envois ton crayon, doucement.
LG _ Anderson, qu’est ce qu’il va faire ?
SA _ Il va bloquer le
détonateur avec la mine du crayon et il va dévisser le couvercle…maintenant,
enlevez votre pied, très doucement.
LG _ Ouf ! …Merci…Bon, Horn.
SA _ Non ! Ne bougez pas ! »
Il y eut une explosion qui
tua Idjam sur le coup, il avait marché sur une autre mine en voulant empêcher
Horn d’avancer. Ce chemin en était truffé.
DW « Infirmier !!
Idjam est blessé !!
SM _ Alors, doc. ?
DR _ …Désolé, il est mort sur le coup.
SA _ Si jamais il y avait des Viets dans le
coin, ils savent maintenant où on est.
LG _ Putain de merde ! …Alors doc. ?
DR _ Il est mort. »
Nous avons rapidement repris
la route. Il fallait s’éloigner le plus possible de la zone, au cas ou.
Le sergent Michaël était de
plus en plus sur les nerfs, désagréable, déjà qu’il n’était pas des plus
sympathique… Quant au lieutenant, il explosa littéralement lorsqu’il vit des
crânes humains perchés sur des bouts de bois.
Ils étaient en plein milieu,
comme pour nous narguer. On aurait pu croire qu’ils nous regardaient.
LG « Virez-moi ça !
SA _ Non, touchez à rien, c’est peut être un piège. »
Taylor en avait marre et
il cogitait beaucoup en ce moment.
MT « Les Etats-Unis
nous envoient nous battre pour la démocratie et quand tu vas à Saigon, tu
vois des mecs de notre âge faire de la brèle, je me demande vraiment ce qu’on
fou là ! Explique-moi, je ne comprends pas ! Dis-moi Jhonson !
SJ _ …Ben…
LG _ Le sergent Michaël s’imagine qu’il va
gagner la guerre tout seul ?
SA _ Ouais ! C’est le genre de mecs à chanter
l’hymne national en mourrant. »
C’était une journée de merde
et c’est à ce moment là que nous nous sommes fait attaquer.
SM « Planquez-vous !
Planquez-vous !!
SA _ Mon lieutenant ! Feu croisé ! Ca
vient de par-là (Nord) et par-là (Est) »
Nous nous sommes tous aplatis.
Le lieutenant a décidé de tenter une intervention, nous allions nous diviser
en 2 groupes.
LG « Sergent Michaël,
faites-moi le plaisir de rester ici !! Jhonson, avec le sergent Anderson
et moi ! Les autres, couvrez-nous ! »
A peine étaient-ils partis
que le sergent Michaël commençait à faire des siennes.
SM « Purcell, on va les prendre à revers.
DP _ Mais sergent, le lieutenant a dit…
SM _ T’inquiètes, écoutez
les gars, je faisais déjà ça quand votre lieutenant attendait encore ses
biberons. Horn, prend juste un flingue, laisse la radio.
HO _ Mais…
SM _ Taisez-vous et suivez-moi,
prêt ? Go ! »
Dany et Horn se sont regardés,
et ils ont obéi.
Nous avions assisté à toute
la scène et il fallait faire quelque chose, avertir le premier groupe sinon il
y aurait de la casse. Ils n’avaient pas de radio, nous nous sommes concertés,
quelqu’un devait y aller, alors je l’ai fait parce que c’est moi qui courrais
le plus vite ; et puis on n’avait pas le temps de tergiverser. Je suis
donc partie en courant dans da direction qu’avaient pris le 1er
groupe quelques minutes auparavant. J’avais seulement mon 45 dans la main
droite et 2 chargeurs coincés dans la ceinture. Je n’entendais plus les tirs,
j’étais concentrée sur ma course j’entendais seulement mon cœur qui battait à
tout rompre. J’avais des sueurs froides. Je me rends compte que c’était de
l’inconscience, mais à ce moment là, je pensais que c’était la seule chose à
faire, je ne voyais rien d’autres.
Je me suis appuyée à un
arbre pour reprendre mon souffle et écouter si je les entendais, quand Johnson
m’est tombé dessus. Je me suis retrouvée avec une arme contre la tempe.
SJ « Qu’est ce qui t’as pris ? T’es
malade ou quoi ? !
DW_ Il fallait que je vous
avertisse.
LG _ Comment ça ?
DW_ Le sergent Michaël a
emmené Purcell et Horn pour vous prendre à revers. »
C’est à ce moment là que
nous avons entendu des coups de feu provenant d’armes américaines ça venait
d’une direction différente.
LG « Qu’est ce que c’est ?
SA _ John Wayne.”
Le lieutenant avait l’air
inquiet, et il avait raison.
Plus loin, ça ne se passait
pas très bien. Dany fut touché. Une balle lui effleura le crâne, ça le mit
HS, il était prêt à tomber dans les vapes.
DP « Horn, reste avec moi.
HO _ T’inquiètes, je ne
m’éloigne pas. »
Le sergent Michaël quant
à lui était plus loin, il s’était éloigné pour continuer. Il avait planté
ses deux hommes, il fallait qu’il casse du Viet. C’est là qu’il tomba sur
le sergent Anderson.
SA « Qu’est ce que tu fais là ?
SM _ Tu me connais Zeke.
SA _ Où sont Purcell et Horn ?
SM _ Là-bas, Purcell est
blessé. »
Ca s’est finalement arrêté,
et une fois terminé, il y a eu une
discussion, il fallait prendre des décisions.
SA « Bien, ça va pas
être de la tarte. Si je ne me trompe pas, on arrive directement dans la zone
où l’artillerie s’en donne à cœur joie. Alors il vaut mieux faire un détour
sinon on risque d’y laisser notre peau.
DW _ Sergent, on les a tous
flingués.
SJ _ Et on a trouvé un téléphone de campagne.
SA _ Bon, écoutez, vous
allez les fouiller, prenez les armes, les insignes et enterrez-les bien. Moins
il y aura de preuve, mieux ça vaudra, vous voyez ce que je veux dire ?
AR _ Oui. »
Notre présence ne devait
être découverte sous aucun prétexte sous peine d’un renforcement de la surveillance
du pont. Nous avons continué, et 1 à 2 heures plus tard nous avons vu un village
en feu. La fumée se voyait d’assez loin, tout avait été détruit depuis peu
de temps et il semblait n’y avoir aucun survivant.
LG « Des Viets ?
SM _ Tout ce qui est jaune
et qui ne bouge plus. »
Le sergent Anderson découvrit
une gamine, environ 12 ans, des vêtements déchirés, elle pleurait et était
agenouillée à côté d’une femme, sûrement sa mère.
Vgs « Doum bâ câm.
SA _ Choun toy wa toy.
SM _ Arrête de déconner
Zeke !
SA _ Mais c’est sa mère !
SM _ Ouais, et il y a plein
de cadavres partout ! Ecoute Zeke, si tu veux sauver le monde, va
ailleurs.
SA _ La ferme Michaël ! Casse-toi ! O
sé djom maya. »
Alerté par le bruit, le
lieutenant s’est approché.
LG « Qu’est ce qu’il y a ?
SM _ Zeke veut ouvrir un
orphelinat. Faudrait peut être passer une annonce dans le journal local !
SA _ Je vais te foutre mon poing dans la
gueule !
SM _ On doit faire sauter
un pont, pour le baby-sitting, tu reviendras !
SA _ Non de dieu ! »
C’est à ce moment qu’ils
ont commencés à se battre. Le sergent s’est jeté sur Michaël.
AR « Et les gars,
aidez-moi à les séparer ! »
Une fois que nous les avons
séparés et après que tout le monde se sera calmé, le problème de la gosse
s’est posé.
DW « De toute façon
on peut pas laisser cette gamine sinon elle va s’empresser de prévenir les
Viêt-Congs. »
Il fut décidé que nous allions
enterrer la mère de la gamine. Elle semblait être apparemment la seule survivante
de ce village, elle pleurait et nous étions tout autour.
MT « Il faudrait peut être dire une petite
prière…
GI1 _…Les saisons succèdent
aux saisons et il y a toujours un temps pour que les choses se fassent.
Un temps pour naître, un
temps pour mourir. Un temps pour semer, un temps pour récolter. Pour cette
femme, son heure était arrivée, seigneur nous te la confions, prends-en bien
soin.
TS _ Amen.
LG _…Bon, allez, on y va, en route. »
La gamine parlait beaucoup
au sergent.
SA « Lieutenant, la gosse dit qu’il y a des
Viets dans le coin.
SM _ Il y a des Viets
partout jusqu’à la frontière du Cambodge Zeke !
SA _ Je lui ai rien demandé, c’est elle qui me
l’a dit.
SM _ Moi je n’y crois pas.
LG _ Bon, ça va !
SM _ Ce que je pourrais
faire est une chose, mais ce que je dois faire en est une autre, et on doit
faire sauter ce putain de pont !
SA _ Ca on le sait, mais je serais content de
voir le soleil se lever demain si ça ne te dérange pas trop !
LG _ On y va.
SA _ Vient ma chérie. »
Le sergent a pris la gosse
par la main et nous nous sommes rapidement mis en route.
Ce bled fumait encore, ça
sentait la mort, c’était malsain.
Le lieutenant avait l’air
d’en avoir ras le bol de toujours jouer à l’arbitre avec ses 2 sergents.
A la nuit tombée, nous
avons trouvé un coin pour nous poser, c’était à peu près à couvert. Nous étions
à peine installés qu’il se mit à pleuvoir et à pleuvoir très fort, tellement
fort que ça faisait un rideau au travers duquel on ne pouvait presque pas voir.
Nos imperméables ne servaient à rien, nous étions tout trempés l’eau ruisselait
à l’intérieur de nos vêtements. Le sol s’était transformé en boue, elle collait
et nous étions assis dedans.
Nous étions tous dos à dos
ou adossés aux arbres et ce n’était pas très confortable pour dormir.
Ce fut une nuit vraiment très désagréable, nous
n’avons dormi que par intermittence ou pas du tout pour certains.
Le sergent avait prêté son
imper’ à la gosse et comme toujours avant de se coucher, il fit un tour d’inspection.
SA « Cette gamine a vraiment choisi le bon
moment pour venir au monde.
LG _ Ouais !
SA _ Dany, ça va la tête ?
DP _ Ca pourrait aller mieux.
DW_ 10 centimètres de plus et t’y restais.
MT_ Cette saleté de piste
Ho Chi Minh, donnez-moi de quoi la bousiller et je vous en débarrasserai.
SA _ Le problème Taylor,
c’est qu’il n’y a pas une piste mais des milliers de pistes. »
La pluie a cessé dans la
nuit, mais en repartant le matin, nous étions encore trempés et surtout éreintés.
Trois heures de marche plus
tard, nous arrivions enfin au pont.
LG « Alors voilà enfin ce foutu pont !
SA _ Oui mon lieutenant, voilà le pont ! »
C’était un pont tout simple,
en bois ; en le voyant on n’aurait pas dit qu’il était essentiel pour
les Viets et le transport de marchandises.
Nous avons patiemment
attendu que le soleil se couche, certains somnolaient, chauffés par les rayons
du soleil, pendant que d’autres montaient la garde. Ca nous permis de récupérer
un peu de notre nuit.
Il fut décidé que le
sergent Anderson prendrait la place d’Idjam dans la phase finale de la mission,
et donc, lui, le sergent Michaël et Leroy commencèrent à se préparer à la nuit
tombée.
Juste avant d’y aller, la
pleine lune fut masquée par un nuage, à notre grand soulagement. Tout le monde
était impatient que ça se termine.
GIl « Dépêchez-vous,
plus vite on aura fini, plus vite je monterai mon studio.
SA _ Allez, on y va.
SM_ Ouais ! Allons-y,
tu l’auras ton studio mon frère. »
Ils se sont doucement enfoncés
dans l’eau. Il n’y avait aucun bruit. Ils ont nagé jusqu’au pont, lentement,
en silence. Là, ils sont restés un bout de temps à poser des explosifs sur
les piliers.
Pendant ce temps, sur la
plage…
LG « Jhonson, allez
chercher les autres, vous descendrez sur la berge et vous les couvrez.
SJ _ Ok »
Marvin est allé chercher
les autres un peu plus loin. Nous étions tous éparpillés dans les hautes herbes.
SJ « Les gars, faut descendre pour les couvrir.
AR _ Ne t’excite pas, on a
tout notre temps.
SJ _ Où est la gosse ?
AR _ Avec Baker, c’est à
son tour de s’en occuper. »
Marvin est ensuite allé
voir Baker.
SJ « Baker, où est la gamine ?
SC _ C’est Ruiz qui l’a.
SJ _ Mais il m’a dit que c’était ton tour !
SC _ A moi ? Elle
était là il y a une seconde. Elle s’est endormie, s’est ensuite réveillée puis
elle s’est dirigée par là. Elle doit être avec Ruiz maintenant.
SJ _ Et merde ! Va rejoindre les autres. »
Marvin a rejoint le lieutenant,
il était nerveux. On peut dire que cette gosse s’était bien fichue de nous !
LG « Qu’est ce qu’il
y a ?
SJ _ La gosse s’est tirée. »
Ils revenaient tous les
trois à la nage, assez confiants, ils avaient fini, il fallait juste qu’ils
atteignent la berge et qu’on fasse tout sauter. Après on pourrait rentrer.
Nous retenions notre souffle, prêts à intervenir.
GIl « C’est fini, voilà,
j’arrive mon studio.
SM_ On les a eus ! »
C’est là que nous avons
tout à coup entendu du bruit. Nous avons levé la tête en direction du pont
et nous avons aperçu la gosse, elle courait pour avertir les 2 Viets qui montaient
la garde. C’est ce moment là que la lune a choisi pour se dévoiler.
LG « Dépêchez-vous !! »
Ils ont commencés à accélérer
la nage, ils ne faisaient plus attention s’ils faisaient du bruit où non,
il fallait qu’ils nagent plus vite, qu’ils avancent.
Nous avons ouvert le feu,
on les a couverts comme on pouvait. Leroy nageait plus lentement que les autres,
il était à la traîne et il fut touché juste en arrivant sur la rive.
GIl « Leroy, donne-moi
le cordon ! »
Tout a sauté et ça a illuminé
la nuit. Des morceaux de bois se sont mis à voler dans tous les sens.
Pendant le feu d’artifice,
le doc essayait de sauver Leroy mais rien n’y a fait, sa blessure était bien
trop grave, il avait pris une balle en pleine tête.
Michaël était tout excité,
il avait eu son pont, il n’avait pas vu dans quel état était Leroy.
SM « On a réussi mon
frère, on a réussi Leroy ! Tu vas rentrer à la maison ! Leroy !
Leroy !!
DR _ Je suis désolé sergent, il est mort.
SM _ Leroy, ne déconne pas !
Saloperie de guerre ! Saloperie de guerre ! »
Nous avons passé une nouvelle
nuit dans la jungle, à 10 Km du pont.
Au petit matin 2 hélicos
sont venus nous chercher.
Le sergent Michaël était
resté toute la nuit auprès du corps de Leroy. Nous l’avions laissé seul.
LG « Attention, ils
arrivent, vous allez dans le premier, et vous dans le deuxième. Et !
Vous ! Allez l’aider à le transporter.
SC _ Désolé sergent, on doit l’emporter. »
Nous avons transporté le
poncho jusqu’à l’hélico, le sergent Michaël nous a suivi sans rien dire.
Nous sommes rentrés,
toujours en silence.
Nous avions effectué une mission
à haut risque, et nous nous en sommes sortis, nous avons eu de la chance en
effet, au Vietnam, un soldat avait 1 chance sur 55 de mourir durant son service.