Un
ami du docteur Seymour, le docteur Grenly, était récemment arrivé au camp, il
devait la briefer sur les nouvelles techniques médicales. La veille nous nous promenions
en ville et nous les avions rencontré au détour d’une rue. Elle ne nous avait
pas vu et nous nous demandions ce qu’elle faisait avec lui.
Ce jour là, à l’hôpital ; le docteur parlait avec un médecin à propos du docteur Grenly, venu spécialement des Etats-Unis.
DcS
« Il a mis au point une nouvelle technique pour soigner les grands brûlés.
Il est venu nous en faire la démonstration.
Doc.
_ Tant mieux, on a besoin d’aide. »
Un
arrivage de blessés débarqua, ce fut le début du rush et la fin de leur conversation ;
les blessés devaient être pris en main.
De
notre côté, nous avons pris l’hélico pour partir en mission, Myron ne nous
accompagnait pas, il était chargé d’autre chose ; le sergent était donc
chef de section.
AR
« Et sergent, c’est qui ce gars avec le docteur Seymour ?
SA
_ J’en sais rien, ça doit être un médecin.
DP _ Ouai et bien il m’a tout l’air d’un chaud
lapin.
SA _ Dis pas ça Purcell, t’auras peut être affaire
à lui un jour. »
Johnny
nous a déposés. Peu de temps après, nous nous sommes fait prendre en sandwich
par les Viets ; la situation était difficile et nous avons eu pas mal
de pertes.
Au
même moment à la base, les docteurs Grenly et Seymour étaient en pleine
discussion sur leur sujet de recherche : les grands brûlés. Grenly essaya
de ramener la conversation sur un sujet un peu plus personnel, en effet, il
tenait beaucoup à Jennifer et comptait bien la convaincre de rentrer avec lui
aux Etats-Unis afin de pourquoi pas, commencer quelque chose.
De
notre côté, nous avancions jusqu’à notre point de rendez-vous, du moins nous
essayions et c’est alors que nous sommes tombés sur une partie d’une section,
3 hommes. Ils étaient chargés et semblaient eux aussi en difficulté. Nous
avons donc embarqué tous ensemble sous le feu d’une mitrailleuse.
LM
« Code Naval 3 ici Bravo 2. On a des blessés dont un grave à bord ;
on va les déposer à l’hôpital de campagne de Qui Aï 2 0.
Rad
_ Bien reçu Bravo 2
SA _ Je croyais que votre détachement
patrouillait au nord de la route aujourd’hui ?
GI1
_ On a été séparé des autres. »
Nous
les observions, ils n’avaient pas l’air nets, ils semblaient cacher quelque
chose ; ils avaient l’air de connivence. Un Black et 2 Blancs.
Je
ne les lâchais pas du regard et j’ai vu des petites choses suspectes.
DW
« Qu’est ce qu’il y a dans votre sac là ?
GI2
_ Confidentiel défense.
SJ _ Tu vois ce que je veux dire, des statuettes. »
De
petites statues vertes dépassaient du sac. Elles semblaient être en jade,
finement ciselées, des statuettes religieuses. Elles paraissaient vraiment
très belles et elles devaient avoir de la valeur.
DP « Je crois savoir pourquoi ils ont faussé
compagnie à leur détachement.
MT
_ C’est quoi ces machins là ?
GI _ Ils ont pillé un temple. Il paraît que le
commandant Darling les paye rubis sur l’ongle pour ça.
LM
_ Regardez, encore des Viets.
SA _ Ils ont des roquettes, ils vont sûrement
nous attaquer ce soir.
LM
_ Code Naval 3, ici Bravo 2. On a repéré un groupe armé transportant des roquettes
de 122 Mac. Localisation Eco November 189570. Vous feriez bien d’envoyer du
monde. A vous.
Rad
_ Ici Tango 6. Bravo 2. Joli travail. Ne les perdez plus de vue jusqu’à
l’arrivée des hélicos. A vous.
LM
_ Nous avons des blessés graves. Je les évacue et je reviens sur place. A vous.
Rad
_ Négatif Bravo 2. Je vous ordonne de ne pas quitter la zone. A vous. »
Nous
écoutions tous la conversation et je voyais bien que Johnny hésitait.
LM
« Vous croyez que ça peut attendre ?
SA _ Non, pas question.
LM
_ Impossible Tango 6. A vous.
Rad
_ Bravo 2 c’est de la plus haute importance tactique. Obéissez immédiatement. A
vous.
LM
_ Répétez Tango 6, je vous entends très mal.
Rad
_ Attention Mc Key, ne vous amusez pas à ça. A vous.
LM
_ Répétez Tango 6 ; je ne vous ai pas entendu.
Rad
_ Je vous ordonne de rester sur place, c’est une mission de la plus haute
importance. »
Johnny
a brouillé la fréquence et il a continué vers l’hôpital, je le regardais,
il avait une barre au milieu du front. Nous avons atterri. Nous sommes tous
descendus et nous avons suivi les blessés jusqu’à l’hôpital. Le sergent observait
les moindres faits et gestes des médecins et infirmiers ; et il semblait
très préoccupé. Les toubibs parlaient des blessés comme s’il n’était pas là,
comme si…
SA « Excusez moi mais c’est d’un soldat dont
vous êtes en train de parler.
Doc
_ Sergent pour nous c’est un cas clinique.
SA _ On dirait que vous vous intéressez à un morceau
de viande ; vous ne croyez pas que ce pauvre type a déjà assez morflé
comme ça ? ! »
Nous
avons été obligés de nous éloigner mais la discussion entre le sergent et
le toubib Grenly semblait de plus en plus vive.
Johnny
nous avait laissé et avait immédiatement re-décollé, je n’ai pas eu le temps
de lui parler. Il rentra et alla directement dans le bureau du commandant
où il était attendu.
LM
« Lieutenant Mc Key au rapport, mon commandant.
CD
_ Vous avez désobéi à mes ordres tout à l’heure.
LM
_ Ma radio est tombée en panne, je n’ai pas reçu vos derniers ordres.
CD
_ Dîtes moi, est ce que par hasard je vous donne l’impression d’être né de la
dernière pluie ?
LM
_ Je vous demande pardon mon co…
CD
_ Arrêtez vos conneries Mc Key ! Je ne suis pas d’humeur. Vous avez
désobéi à mes ordres.
LM
_ J’avais 2 blessés mon commandant et j’ai estimé que c’était prioritaire.
CD
_ Vous avez estimé ?... Vous aimez voler n’est ce pas lieutenant ?
LM
_ J’adore ça mon commandant.
CD
_ Vous resterez au sol. Je vous interdit de piloter jusqu’à la fin de l’enquête
disciplinaire. Cette fois vous êtes allés trop loin.
LM
_ Mon commandant si je peux me permettre, nous manquons déjà de pilote, on a
besoin de tous nos effectifs en ce moment.
CD
_ Pas tout le monde.
LM
_ Je vous donne ma parole…
CD
_ Je vous dis que c’était tout lieutenant ! Disparaissez.
LM
_ A vos ordres. »
Il
est sorti, furieux.
Nous
étions nous aussi rentrés à la base ; les mecs et moi sommes allé boire un
coup au bar. Je ne savais pas ce qui s’était passé avec le commandant Darling
mais je me suis dit que Johnny préfèrerait être seul ; de toute façon, je
ne savais pas où il était. Au même moment, il se baladait en ville lorsqu’il
tomba sur Myron et Alex, assis dans un bar.
Ces
derniers discutaient à propos du nouveau commandant Darling et des irrégularités
de certaines missions ainsi que la volonté féroce de certains d’avoir une
promotion.
AD
« On m’a dit qu’il avait monté une opération bidon
LG
_ Il payerait n’importe qui pour avoir de la promotion.
AD
_ Il faudrait arriver à les prendre sur le fait
LM
_ Alex, salut, lieutenant Goldman…Je vais me prendre une cuite, vous la prenez
avec moi ?
LG
_ Vous pilotez demain.
LM
_ Non, le commandant Darling vient de m’interdire de voler.
AD
_ Pourquoi ?
LM
_ C’est vraiment un enfoiré de première. Quand je pense que de pauvres gars
risquent leur peau pour lui ramener des statuettes à cette ordure !
AD
_ Vous voulez dire qu’il ordonne des pillages ? !
LM
_ Ouai, vous devriez le savoir.
LG
_ Non, non ; Darling ne donne certainement pas d’ordre comme ça.
AD
_ Alors si ce que vous dîtes est vrai, il doit y avoir des preuves, un sac. »
De
notre côté, nous étions toujours au bar, nous discutions tout en jouant aux
cartes.
MT « Même les officiers succombent à l’appât
du gain.
SJ _ Le commandant Darling organise le pillage
des temples.
DW
_ C’est dégueulasse.
AR _ Ce qui serait chouette, ça serait de trouver
un moyen de rendre ces statuettes. »
Nous
avons décidé d’agir, Johnson et Taylor sont allés fouiller dans le « baraquement
des acquisitions » ; ils espéraient trouver les statues et ainsi
pouvoir les remettre à leur propriétaire.
SJ
« Je les ai. »
Ils
sont ensuite sortis aussi vite et discrètement qu’ils étaient entrés.
De
son côté, Myron était allé parler au commandant Darling pour essayer de le
faire revenir sur sa décision.
LG
« Je viens vous parler du lieutenant Mc Key…Je reconnais que c’est une
forte tête mais il nous a souvent sorti de situations dangereuses.
CD _ L’affaire Mc Key est
close.
LG _ Nous sommes très nombreux ici à lui devoir
la vie mon commandant.
CD _ N’insistez pas. Autre chose ? »
Le
sergent était allé voir le docteur Seymour à l’hôpital. Elle lui présenta
quelqu’un.
DcS
« Je voulais vous présenter un vieil ami. Le docteur Jonathan Grenly…Zeke
Anderson.
DG _ On s’est déjà rencontré.
SA _ Je crains de lui avoir fait une mauvaise
impression.
DcS
_ Vous devez avouer que Jonathan a un humour un peu particulier.
SA _ Bon ben voilà. Je vais y aller.
DcS
_ Jonathan et moi allons manger en ville demain soir. Ca vous plairait de
vous joindre à nous ? »
Le
sergent accepta et il les planta là. Le docteur Grenly était plus jeune que
le sergent, il faisait également plus propre sur lui, plus snob.
De
son côté, Alex était allée se renseigner auprès d’un des soldats blessés à
propos des statuettes. Elle était tenace et elle harcelait le blessé tant et si
bien qu’il appela un infirmière pour se débarrasser d’elle.
Johnson
et Taylor étaient en ville ; ils avaient contacté une personne qui devait
les aider.
Vtf « Salut GI !
SJ _ Merci mais on a pas le temps. C’est qui ce
gars ?
MT
_ Un intermédiaire. C’est une sorte d’officier de liaison.
SJ _ Ce n’est pas plutôt autre chose ? »
Marcus
avait vu son type. Celui-ci était assis sur une à la table d’un bar. Dès qu’il
vit Marcus il se leva et alla à sa rencontre. Il ressemblait à un homme simple
mais il avait également quelque chose qui fait penser qu’il gérait pas mal
d’affaires.
MT
« Attends moi là.
Vti _ Taylor mon ami. Je suis content de te voir.
MT
_ J’ai quelque chose pour vous, des objets magnifiques à restituer à votre
peuple. Evidemment il y en a pour une petite fortune. C’est carrément hors
de prix mais je suis prêt à discuter. »
Marcus
avait déballé la marchandise et ce gars commença à paniquer.
Vti « Reprenez ça, allez vous en, reprenez
ça ! Partez !
MT
_ Attendez !
Vti _ Allez vous en, partez, c’est un
sacrilège !
MT
_ Attendez !
Vti _ C’est un sacrilège ! Sortez ! Je
ne veux plus vous voir.
MT
_ Tu crois que ça porte malheur ?
SJ _ ... »
Deux
voitures faisaient la course dans les rues et elles manquèrent d’écraser Marcus
et Marvin.
SJ « Il n’a peut être pas tord…
MT
_ Ca va ma petite poule ? Bon, allez, assez rigolé, je crois qu’on va
remettre nous même ces machins à leur place. »
Ils
sont ensuite directement rentrés au camp en ayant toujours les statuettes.
A
l’hôpital, c’était un peu la panique ; le service des urgences ne désemplissait
pas. Anderson et le docteur Seymour revenaient après s’être baladés. Lorsqu’ils
passèrent la porte ; ils virent de nombreux brancard dans l’entré des
urgences.
DG
« Infirmière, préparez la tente à oxygène ! Faites une perfusion
à ce soldat, dépêchez vous ! Il faut du plasma, immédiatement !
Occupez vous de celui-là ! Amenez le moi au bloc ! Sortez sergent !
Docteur Seymour !
SA _ Je peux faire quelque chose ?
DcS
_ Oui, oui, j’arrive docteur ! Mais ne restez pas là Zeke, foutez le
camp ! »
Ils
sont partis pour le bloc, le sergent s’est retrouvé seul au milieu de tous
ces blessés. C’est là qu’il a remarqué un type avec un appareil photo ;
il rembobinait sa pellicule.
SA
« Qu’est ce que fait un photographe dans un hôpital militaire ?
Je n’ai jamais vu ça.
Ph _ C’est pour la publicité personnelle du
docteur Grenly. Ce n’est pas une sinécure, toujours sur la brèche…
SA
_ Qu’est ce que c’est que cette histoire ?
Ph _ C’est une des conditions de sa venue ici.
L’armée s’occupe de sa publicité. »
Le
sergent est resté sur le cul ; Grenly qui ne parlait devant le docteur
Seymour que de son engagement pour la cause ! La blague !
De
leur côtés, Johnny et Alex étaient en plein dans leur enquête. Ils s’étaient
retrouvés pour continuer leurs investigations. Ils allèrent dans le même baraquement
que Taylor et Jhonson peu plus tôt.
LM
« Le commandant a remis une clef pour entreposer les statuettes dans
ce bâtiment. Ecoute, on est bien d’accord, je ne veux pas me retrouver dans
une cellule.
AD
_ Non, ne t’en fais pas, tu me montres les objets en question et moi je
m’occupe de tout. D’accord ?
LM
_ …Ils n’y sont plus.
AD
_ Comment ça ils n’y sont plus ?
LM
_ Je ne comprends pas…
AD
_ Ben où ils sont ?
LM
_ Taylor. C’est certainement Taylor, Marcus Taylor. »
A
ce moment là, Taylor est entré dans le fameux baraquement.
MT
« Oh ! Mademoiselle Devlyn ! Qu’est ce que vous faites là ?
AD
_ Disons que je sais parfaitement ce que vous avez à la main et comment vous
l’avez eu.
SJ _ Ce n’est pas ce que vous croyez. C’est un
copain à…
MT
_ Attend, attend.
AD
_ Vous devriez nous les confier. Personne ne saura où elles sont. D’accord ? »
Ils
ont donné les statuettes et ils sont sortis ; partiellement soulagés
de s’être enfin débarrassés de ces objets.
Le
sergent était dans sa chambre lorsque quelqu’un frappa à la porte.
SA « Ouai c’est ouvert !
DcS
_ Zeke, je voulais m’excuser pour tout à l’heure, j’étais complètement
débordée, je tenais tellement à donner un coup de main à Jonathan.
SA
_ Oh ce n’est pas grave, c’est un professeur. Il y a quelque chose entre Grenly
et vous ?
DcS
_ Disons que…
SA _ Vous pourriez avoir tous les hommes que
vous voulez.
DcS
_ Je suis là parce que je tiens à être avec vous, c’est aussi simple que ça.
SA _ Ca ne durera pas éternellement, tôt ou tard
vous retrouverez une vie normale et moi je serai toujours ce que je suis.
DcS
_ Zeke, si vous arrêtiez un peu de vous apitoyer, vous vous rendriez compte que
je suis amoureuse de vous.
SA _ Si vous arrêtiez de vous apitoyez sur mon
sort, vous comprendriez que vous ne l’êtes pas ! »
Elle
l’a regardé et est sortie en claquant la porte. Il est sorti et l’a regardé
partir.
Alex
avait une interview de prévu avec le commandant Darling. Elle se présenta
à son bureau avec les fameuses statuettes dans un sac. A peine entrée, elle
les posa bien en évidence sur le bureau.
CD
« Avez vous pour habitude d’apporter des œuvres d’art lors de vos interviews
Melle Devlyn ? Ou bien espérez vous que j’en débatte ?
AD
_ On m’a dit qu’elles étaient à vous commandant.
CD
_ Et bien on vous a raconté n’importe quoi. Mais ces statuettes en jade sont
magnifiques.
AD
_ Vous en parlez en connaisseur, ou devrais je dire en collectionneur ?
CD
_ Venez en au fait.
AD
_ J’ai appris que vous aviez incité des hommes qui étaient sous vos ordres à
piller des temples vietnamiens. Une petite prime comme des objets de valeur.
CD
_ Une prime ? Alors vous écrivez des romans maintenant ?
AD
_ Non, mon récit est authentique commandant.
CD
_ Mais enfin qu’est ce que ça veut dire ? Vous ne savez rien que vous
puissiez prouver.
AD
_ Ah si, je devrai en faire un très bon reportage ; le tout agrémenté de
commentaire du caporal Corrio qui a été blessé au cours d’un de ces raids.
CD
_ Je n’ai pas le moindre commentaire à faire à ce sujet.
AD
_ Je ne vous demande aucun commentaire. Je veux autre chose.
CD
_ Allez y, je vous écoute.
AD
_ Faites cesser ces pillages.
CD
_ Autre chose ?
AD
_ Non, commandant Darling.
CD
_ Vous êtes fier de vous mademoiselle ?
AD
_ Oui et maintenant que c’est fait j’ai vraiment besoin d’être enfin dehors. »
Elle
est sortie en claquant la porte.
Le
sergent alla frapper à la porte du docteur Seymour. Elle était seule, elle
attendait ses invités en écoutant de la musique. Il entra et…
SA « Vous voulez que je vous dise ? Je
me demande ce que je fais ici.
DcS
_ Jonathan et vous, vous êtes partis du mauvais pied. Je suis persuadée que
lorsque vous discuterez calmement vous vous entendrez à merveille.
SA _ Oui. »
Le
docteur Grenly entra à son tour.
DG
« Oh pardon je suis en retard, je crois ce n’est pas facile de trouver
une bouteille de bon vin par ici.
SA _ Oui. Vous avez fait très fort l’autre soir.
DG
_ Oui.
SA _ Même avec les Viets aux fesses, je n’ai
jamais vu personne s’agiter comme ça.
DG
_ Oui, c’était un cauchemar mais je crois qu’on a au moins sauvé une ou deux
vies. Et il y en a des vies à sauver. A Boston aussi.
DcS
_ Ne remettons pas ça sur le tapis.
DG _ Oui, Jennifer était appelé à une brillante
carrière à Boston mais elle a préféré y renoncer. Et venir au bout du monde.
SA _ Ce n’est pas les soldats qu’elle soigne ici
qui s’en plaindront.
DG
_ Oui, elle a fait de l’excellent travail ici. D’ailleurs je crois qu’au point
où elle en est aujourd’hui, il est temps qu’elle pense un peu à son avenir.
DcS
_ Je ne t’ai pas attendu pour penser à l’avenir. Le travail que je fais ici
compte beaucoup pour moi. Vous les avez vu tous ces blessés ; ils ont
besoin qu’on les écoute, qu’on les aide.
DG
_ Si vous tenez tant que ça à vous occuper de dépressifs, dîtes vous que vous
en soignerez après la guerre qui auront des problèmes beaucoup plus graves que
ceux que vous soignez ici. Ils rentrent chez eux très abîmés, non seulement
mentalement mais aussi physiquement.
DcS
_ Je crois que si on est là, c’est pour sauver des vies.
DG _ Jennifer, vous avez fait le maximum.
Pourquoi est ce que vous ne quitteriez pas Saigon avec moi ?
SA _ Jennifer a déjà répondu à cette question.
Que voulez vous ? Le mieux pour Jennifer ou bien le mieux pour vous ?
Ca fait à peine une semaine que vous avez débarqué alors je ne crois pas que
vous soyez qualifié pour juger ou parler des problèmes.
DG _ Sergent, où croyez vous que j’ai appris mon
métier ? Dans les pages d’un magasine ? J’ai d’abord fait 4 ans en
fac de médecine puis j’ai été interne pendant 5 ans ; je suis maintenant
professeur depuis 10 ans et je n’ai jamais cessé de pratiquer alors j’estime
être parfaitement qualifié pour parler des problèmes des blessés à qui j’ai
consacré ma vie entière à remettre sur pied.
DcS
_ Je vous en prie, arrêtez. Je suis sûre que nous sommes ici pour les mêmes
raisons, vous et moi alors pourquoi vous mettre en colère comme ça ?
DG _ Excusez moi, j’ai une soudaine envie de respirer
un peu d’air frais. »
Grenly
est sorti. Ils se sont retrouvés tous les 2 ; il y avait encore une certaine
tension dans l’air.
SA « Vous croyez pas qu’il est possible que
Grenly ait raison et que peut être vous devriez retourner à Boston ?…Mais
c’est vrai que je n’aime pas ce gars là, jamais je n’aimerai ce gars là…Si
vous restez ici pour être avec moi et que vous ratiez une opportunité et s’il
vous arrive quoique ce soit
DcS
_ Jonathan s’en va demain quant à moi je resterai aussi longtemps que vous le
voudrez
SA _ Soyez tranquille, vous restez.
DcS
_ Je suis à ma place. »
Elle
s’était rapprochée ; elle l’a embrassé.
J’avais
rencontré Myron en rentrant et il m’avait dit ce qui s’était passé pour Johnny.
Ca me faisait bizarre que ça soit lui qui me dise d’aller le voir. J’ai suivi
son conseil et en effet, il avait besoin d’une épaule secourable. Cette nuit
là, ses bras ne m’ont pas lâchés ; j’ai senti qu’il avait besoin de moi.
Le
lendemain à la piste d’envol, Johnny vérifiait le moteur d’un hélico.
LM
« 3 tours et il est comme neuf.
Pil _ Merci Mc Key.
LM
_ Sois sympa avec l’hélico et il ne t’emmerdera pas. »
Nous
étions sur le point de partir en mission ; Myron a hélé Johnny.
LG « Mc Key !
LM _ Tiens Goldman ! C’est pour quoi que vous êtes armés ? Vous
repartez avec eux aujourd’hui ? J’aimerai bien repartir moi aussi ;
que Darling change d’avis en ce qui me concerne
LG
_ Ouai je compatis
LM
_ Oh c’est pas grave, allez, bonne chance.
LG
_ Merci. »
Nous sommes partis, et pour une fois ce n’était pas Johnny qui était avec nous ; ça faisait bizarre, pas de musique, une autre ambiance. Peu de temps après qu’on nous ait déposé, nous nous sommes fait attaquer ; la situation n’était pas des plus facile et nous avons été obligés de rappeler l’hélico.
LG
« Charly 2 ici Bravo 2-6 ; on s’est replié dans la forêt. Faudrait
venir nous récupérer. A Vous.
Pil _ Bien reçu 2-6. Nous sommes à environ 2 Km
de la où on vous a largué. Signalez votre présence.
LG
_ C’est déjà fait Charly 2 ; on a balancé plusieurs fumigènes, vous
devriez les voir.
Pil _ Ca y est ; on les voit 2-6 ; ne
bougez pas on arrive. »
Johnny
était dans le PC Communication et il suivait toutes nos transmissions sur
notre fréquence.
LM
« Allez, pas de bêtise. »
Dans
la forêt.
Pil « Mitrailleuse à 11 heure !
LG
_ Ne vous posez pas, reprenez de l’altitude, on va essayer de neutraliser
la mitrailleuse ! »
L’hélico
est reparti, nous allions nous enfoncer dans la forêt et nous déployer pour
attaquer la mitrailleuse lorsque nous avons vu que l’hélico avait des problèmes.
Co « Je prends feu ! Je prends feu !
Pil _ On perd de l’altitude ! J’ai plus le
contrôle ! J’ai plus le contrôle !
LM
_ Largue ton réservoir Charly ! Largue !
Pil _ Négatif on a essayé ! On n’a plus aucun
control ; on va se cracher ! »
Nous
observions la scène, un peu choqué c’était inimaginable ; on attendait
qu’ils se crashent et je me disais que j’étais contente que Johnny n’ait pas
été dans l’appareil. En entendant ce qui ce passait, Johnny avait couru jusqu’à
la piste d’envol.
GI « Vous avez pas le droit de piloter.
LM
_ Prévenez Mouds qu’il fasse chauffer le moulin de son hélico et prévenez
Darling que je vais les récupérer !
GI _ Mouds vous allez pas en croire vos
oreilles
CM
_ Ils ont dit de nous tenir prêt mais on ne savait pas qui était le
pilote ! On croyait que vous ne voleriez plus mon lieutenant !
LM
_ A partir de maintenant vous volez avec un hors la loi ! »
Nous
étions toujours dans la merde mais on savait qu’il y avait pire ; c’est
là que Johnny nous a contacté.
LM
« 2-6, ici Alpha Bleu ; vous êtes à 1 Km de leur position. A Vous !
LG
_ Je n’ai jamais été aussi heureux de vous entendre Alpha Bleu. On est pris
sous un feu de mitrailleuse ; on va vous signaler leur position avec un
fumigène jaune après quoi c’est à vous de jouer.
LM
_ Bien reçu 2-6. Je vais essayer de me surpasser ! »
Ca
tirait de tous les côtés, nous attendions que Johnny nous re-contacte. La
mitrailleuse qui nous bloquait s’est tout à coup tue.
LG
« Merci Alpha Bleu ; maintenant vous allez survoler l’appareil qu’ils
ont abattu, ensuite vous viendrez nous ramasser. A vous.
LM
_ Bien reçu. »
Johnny
nous a récupéré puis nous sommes rentrés. Arrivés à la base, nous nous sommes
séparés. J’aurai voulu lui parler mais il est directement allé dans le bureau
de Darling.
CD
« Alors vous n’avez pas pu vous en empêchez, hein ? ! Vous
m’avez désobéi, vous avez repris les commandes de votre hélico !
LM
_ C’est exact mon commandant !
CD
_ À présent je n’ai plus le choix lieutenant, je vais vous envoyer devant une
court martiale pour insubordination !
LM
_ Avec plaisir mon commandant ! Justement j’allais vous recommander d’agir
comme ça ! Je serai heureux d’exposer ma version des faits devant les combattants
expérimentés que sont nos officiers et je suis persuadé que vous aussi…
CD
_ Arrêtez de vous payer ma gueule ! Dîtes vous que les officiers
supérieurs savent à quel point il est important d’obéir aux ordres !
LM
_ Je n’ai pas la moindre appréhension ! Parce que je pense que pour un
officier, ce qui importe c’est de gagner la guerre et pas de se remplir les
poches au dépend des combattants ! Alors faîtes ce que vous avez à faire !
Mon commandant ! »
Il
est sorti et le commandant n’a rien trouvé à redire.
A
l’aéroport de Saigon. Le docteur Grenly se préparait à embarquer.
DG
« Attention à mes bagages
SA _ On m’a dit que vous vouliez me voir.
DG
_ C’est exact sergent. J’avoue que je vous avais sous estimé. Jennifer a plus
de respect pour vous que je ne croyais. Elle vous a écouté.
SA _ Elle prend ses décisions toute seule,
docteur. Pendant que j’y pense, j’ai lu certains de vos articles, agrémentés de
magnifiques photos de vous.
DG
_ J’ai essayé de sauver le plus de vie possible.
SA _ Vous avez surtout passé beaucoup de temps à
choisir quelles photos vous avantageraient le mieux. Allez docteur, je sais ce
que vous êtes, arrêtez de me raconter des histoires ! Vous êtes venu ici
faire de la publicité pour votre clinique et faire votre devoir à bon compte.
DG
_ Laissez moi vous dire quelque chose à propos de publicité, c’est la meilleur
façon de se faire connaître dans un secteur où la concurrence est acharnée.
SA _ Ca à la rigueur je peux le comprendre. Mais
ce que je ne supporte pas c’est que vous vous serviez pour ça d’hommes blessés
au combat.
DG
_ J’ai fait de mon mieux pendant que j’étais ici c’était un fait. C’était une
façon de m’acquitter de mon devoir à bon compte comme vous dîtes. Mais dîtes
moi, et vous sergent, qu’est ce que cette guerre vous rapporte ?
SA _ Elle me rapporte ma solde.
DG
_ C’est tout ? Votre solde ? Et vous croyez avoir votre chance avec
une femme comme Jennifer là-bas aux Etats-Unis ?
SA _J’en sais rien. Je souhaite simplement qu’elle
me voie comme je suis. Comme elle vous voit. »
La
conversation s’est terminée. Grenly est reparti pour Boston. Au même moment,
Jennifer était chez elle, elle était dans son bain, profitant de ce moment,
elle savait qu’elle avait fait le bon choix.
Johnny
était sûr de lui en ce qui concerne son futur, d’ailleurs Darling ne fit
finalement rien, Johnny allait finalement pouvoir revoler.
Avec
un peu de recul, je me suis rendue compte que je n’avais pas été très présente
pour lui durant cette période et je le regrettais.