Chapitre 17: Forces populaires

 

 

Ce jour là, nous étions à la base, nous expérimentions un nouveau matériel : un lance-flammes. Darling nous avait annoncé que nous devions effectuer une mission spéciale, en association avec une section sud-vietnamienne. Justement l’un de ces types était en train d’essayer le lance-flammes et à cause de son incompétence, il fit de gros dégâts. Jhonson et moi étions juste à côté, et nous avons eu chaud.

 

AR  « Ils sont tarés !

SJ   _ Des paysans comme soldat ! Oh maman ! !

DW_ Il a brûlé un baraquement !

AR _ Baisse la pression ! !

GI  _ Qui m’a foutu un abruti pareil !

LG _ C’est ce qu’on appelle la politique de la terre brûlée. J’aurai pas besoin de me raser pendant au moins une semaine.

SA _ Ouai !

SV _ Je vais lui parler.

LG _ Il n’a pas l’air commode. »

 

Le sergent Vin était un homme sec avec un visage sévère, strict dans sa tenue et ses manières. Il s’est dirigé vers le type au lance-flammes et il l’a engueulé comme du poisson pourri.

 

SJ « Tu ne crois pas qu’il y va un peu fort

DW_ Il a failli nous faire griller Marvin !

SA  _ Comment ça va les gars ?

DW_ Bien mais à ce tarif là, ça va pas durer longtemps. Si au moins Taylor et Dany étaient avec nous… Pourquoi est ce qu’ils travaillent au garage ?

SA  _ Les pousse-pousse qui travaillaient au garage ont été engagés par leur armée.

DW_ C’est nul ! Ils ne sont pas malins.

SA  _ Tu oublis qu’on est à l’armée ! »

 

Taylor et Dany étaient au garage de la base, c’était le premier jour de leur nouveau job.

Un sergent, leur nouveau patron leur expliquait ce qu’ils allaient devoir faire, et notamment s’occuper de 2 voiture : Marie-louise 1 et Marie-louise 2.

Ce sergent était un malade, il aurait presque tué n’importe qui aurait abîmé ses 2 voitures chéries ; elles devaient toujours rester impeccable.

 

Sgi  «  Les hommes qui travaillaient ici avant vous, étaient de bons éléments. J’espère que vous allez faire du bon travail.

DP  _ Oui sergent.

Sgi  _ Lorsqu’elles reviennent au garage, les voitures doivent être dans le même état que lorsqu’elles sont sorties de l’usine, c’est à dire impeccable, dehors, dedans et sous le capot. Bon, je vous laisse.

MT  _ Avec quoi on peut nettoyer ça ?

DP¨ _ Je croyais que tu t’y connaissais ?

MT _ J’ai eu mon permis.

DP  _ Il va falloir s’y mettre. »

 

Deux types sont alors arrivés en voiture.

 

1GI «  Alors c’est vous les 2 nouveaux garagistes ?

MT _ Et lui c’est le père siffleur ?

1GI _ Faut croire que vous n’étiez pas de bons soldats si vous remplacez les 2 connards !

2GI _ Vous nettoyez les bagnoles ?

DP  _ Oui.

1GI _ Le sergent veut que ses bagnoles soient étincelantes.

2GI _ Bye ! »

 

Ils sont partis en faisant crisser les pneus et dans un nuage de poussière.

 

MT  « Connards !

DP  _ C’est 2 grands marrants ces mecs ! »

 

Le lendemain matin, dans la chambre d’Alex.

 

AD  « Debout lieutenant! Je croyais que tu voulais te lever à 5h ?

LG  _ A 5h demain matin.

AD _ Debout paresseux! … Tu reviens ce soir ?

LG  _ Logiquement oui ; je vais me taper 2 heures de convoi militaire, on va me présenter aux nouvelles recrues, je vais leur dire « Bienvenu, vous êtes assez grands, maintenant vous pouvez aller vous faire bousiller ! »

AD  _ Oh non! Arrête!

LG  _ Mais c’est vrai, ces gars sont sous entraînés, sous équipés et ce sont des paysans qu’on a sortis de leur village !

AD _ En ce moment je fais un article, aujourd’hui je vais dans le village de Fulham ; j’en verrai sûrement quelques-uns.

LG  _ Tu ne m’as pas parlé de ça hier soir.

AD _ Non, je crois qu’on faisait autre chose hier soir…Ces gens ne veulent pas partir de leur village, leurs ancêtres y sont enterrés et ils y ont fait leurs vies. C’est tout à fait normal.

LG  _ Il y a des combats là-bas.

AD _ Non, puis de toute façon, il y aura des soldats avec nous.

LG  _ Comment tu y vas ? En camion ?

AD _ Non, en hélico.

LG  _ Avec Mc Key!

AD _ Oui, avec Mc Key. Lui au moins ne fait pas la tête toute la journée !

LG  _ Je fais la tête moi ? ! »

 

Alex a éclaté de rire, Myron l’a attrapée et l’a porté jusqu'à son lit pour l’embrasser.

A cette même heure, le docteur Seymour travaillait déjà. Elle était au téléphone, harcelant le dispensaire de la Croix Rouge de Saigon pour obtenir du dapson afin de soigner les soldats atteints de la malaria.

Le sergent Anderson entra à ce moment là.

 

SA  « Je vois que vous savez comment traiter avec l’armée.

DcS _ Comment ?

SA   _ En gueulant.

DcS _ Excusez-moi mais je n’arrive pas à obtenir le médicament dont j’ai besoin. »

 

Le sergent et le docteur Seymour s’appréciaient et ils passaient toujours plus de temps ensemble.

Nous nous étions déjà aperçus que le sergent Vin n’était pas du tout commode et ça se confirma durant la mission.

Avant de partir, j’avais vu Alex monter dans l’hélico de Johnny et ça m’a fait bizarre, rien de palpable, mais un sentiment pas très agréable tout de même.

Durant la mission, nous avons pu nous apercevoir que les paysans étaient plutôt maladroits, et ça nous fit nous poser des questions, en fait, ça ne nous rassurait pas du tout.

 

AR « La moitié de ces mecs là est Viêt-Cong, l’autre moitié va se débiner à la première occasion, j’tle dis Johnson !

SJ   _ Lâche-moi un peu Ruiz ! »

 

Un soldat sud-vietnamien glissa sur un tronc mouillé et atterrit dans l’eau. Nous l’avons tous regardé se relever.

 

AR  «  T’as compris maintenant ?

SA _ Le temps ne passe pas vite aujourd’hui. »

 

Nous avons été attaqués, nous étions pris sous un feu de mitrailleuse lorsqu’un paysan prit apparemment la tangente.

 

DW « Et ! Reviens ! !

AR  _ Tu vois, ils nous lâchent ces salauds ! »

 

L’ennemi était partout, même dans les arbres. Le paysan que nous avions cru voir s’enfuir est revenu, il attaqua et descendit par derrière un Viet qui nous coinçait. L’attaque finie, ce paysan fit son rapport au sergent Vin.

 

Vt  « C’est un paysan sergent Vin.

SV _ Vous êtes surpris ? Vous avez vu ce qu’ils savent faire les paysans sergent Anderson ? !

SA _ Ouai ! Vous êtes aussi ding que nous ! »

 

Le docteur Seymour se rendit au dispensaire de la Croix-Rouge de Saigon afin d’obtenir les médicaments dont elle avait tant besoin. Dany et Taylor l’accompagnaient en voiture.

L’homme qu’elle était venue voir venait juste de les lui envoyer, elle avait donc fait le trajet pour rien. Il l’invita ensuite à déjeuner, il savait qu’elle était psychologue et il désirait lui faire part de ses problèmes personnels, sa fiancée voulait le plaquer. Lorsque Dany et Taylor virent le docteur Seymour sortir avec l’infirmier, ils furent très surpris.

 

DP  « Dis donc, quand elle est arrivée, elle voulait l’engueuler, et maintenant…

MT _ Avec sa veste de para, elle a pas dû oser. »

 

Dany et Taylor ont alors vu les 2 mecs du garage qui les avaient emmerdés ce matin là.

 

DP « On ne va pas laisser passer une occas pareil !

MT _ Ces mecs sont plus gradés.

DP  _ J’en ai rien à faire.

MT _ Attend, j’ai une meilleure idée, regarde bien. »

 

Le premier GI était en train de se faire cirer les pompes. Il était assis sur une chaise sur le trottoir et un gamin s’occupait de ses chaussures ; il ne le faisait pas assez vite ni assez bien à son goût car il l’engueulait.

 

1GI «  Fais briller mes pompes !

DP  _ Calme-toi, peut être qu’il n’a jamais fait ça !

1GI _ Tu peux peut-être lui montrer ?

MT _ Pourquoi pas, mais là où je suis le meilleur, c’est au volant.

2GI _ Ca devient intéressant !

1GI _ On parie de l’argent ?

MT _ Non, celui qui perd devra travailler une semaine au garage.

1GI _ Ok.

MT _ Préparez-vous à perdre ! Les bagnoles seront pleines de merde ! Croyez-moi, vous ne serez pas déçus ! Salut !

DP  _ C’est peut être pas très malin ! T’as vu comment conduit ce mec ? C’est un fou du volant.

MT _ Ouai mais il ne sait pas où je vais l’emmener ! Tu te souviens du petit virage au bout de la ligne droite ?

DP  _ Taylor, t’es génial.

MT _ Ouai ! »

 

Toutes les fois où Johnny allait à Fulham, il apportait des petites choses aux enfants, de la nourriture et diverses choses. Il avait un grand cœur mais c’est un côté qu’il ne montrait pas aux autres.

Lorsqu’il a atterrit, il fut pris d’assaut par les gosses.

 

VtH «  Mademoiselle, Mademoiselle, vous êtes Américaine ?

AD  _ Oui.

VtH _ J’aime les Américaines.

LM  _ Redonne lui ça immédiatement !

AD  _ Quoi ? …Comment tu t’appelles ?

LM  _ Laisse-la, c’est mon amie. Il y a du riz et des biscuits là-bas.

VtH _ Des cigarettes ?

LM  _ Ne m’énerve pas Henry ! Allez vas-y.

AD  _ Henry?

LM  _ Il voulait que je lui donne un nom, alors j’ai choisi Henry.

AD  _ Où sont ses parents ?

LM  _ Ils sont morts depuis 5 ans, il n’en est pas sûr. Presque tous les enfants du village sont orphelins.

AD  _ Mais se sont des enfants, comment se débrouillent-ils ?

LM  _ Les gens du village leurs donnent des trucs, et moi je leurs apporte quelques petites choses à chaque fois que je viens. On y va ?

AD  _ Tu vas dans un autre village ?

LM  _ Oui.

AD  _ Reprend moi au retour.

LM  _ Tu as déjà tout vu, ça sert à rien.

AD  _ Non, je vais parler aux enfants, je vais faire un article sur eux. »

 

Au même moment, Dany et Taylor se préparaient pour la course, ils étaient sur la ligne de départ, les deux voitures côte à côte. Ils avaient réquisitionné un type dans la rue pour qu’il donne le départ.

 

1GI «  Alors, prêt ?

MT _ Ca va être votre fête.

Vt   _ Attention ! Prêts ?!Partez !! »

 

La route était dangereuse, accidentée, elle n’était pas goudronnée, ce n’était en fait qu’un chemin amélioré, et à l’allure à laquelle ils allaient, c’était dangereux.

 

DP  «  Attention Marcus !!

MT _ On y arrive !

DP  _ Ils n’on rien vu les cons ! »

 

Marcus les avaient emmené là où il voulait, les 2 types n’avaient pas vu le fameux virage et ils ont atterrit dans la rivière. Marie-louise n° 1 était cradingue. Taylor et Dany se sont arrêté pour les narguer.

 

1GI  « Saloperie de route !!

2GI  _ Tu vas te faire engueuler !

1GI  _ Comment ça ? ! Je ne suis pas seul !

MT  _ Ne restez pas trop dans la flotte, le cirage risquerait de partir.

DP  _ Bon, ce n’est pas tout ça, mais on a d’autres choses à faire. Bye ! »

 

De notre côté, dans la jungle, nous avions fait halte pour nous reposer. Thran, faisait un bandage à un paysan. Il était infirmier. Nous avions sympathisé, il était très gentil, toujours souriant. Je l’aimais bien.

 

AR  «  Thran, tu veux que je t’aide.

VtT _ Non merci.

AR  _ Dis-lui que ce n’est pas grave, qu’il va s’en sortir. Vous avez été courageux.

VtT _ Il ne comprend pas.

AR  _ Dis-lui quand même. »

 

Ruiz s’est éloigné, et c’est là qu’il a vu les paysans sud-vietnamiens déshabiller les Viêt-Congs mort.

 

AR  «  Alors vous vous ramenez des petits souvenirs ?

SV  _ Je vous interdis de dire que nous sommes des voleurs !

LG  _ Ruiz !!

SA  _ Non, laissez-moi faire mon lieutenant…Ruiz ?

AR  _ Oui ?

SA  _ Ce ne sont pas de voleurs.

AR  _ Alors pourquoi ils leurs enlèvent leurs fringues ? Ce n’est pas bien de toucher aux morts.

SA  _ Ils en ont besoin. Leurs femmes en font des vêtements pour les enfants. Maintenant tu vas leur faire des excuses.

AR  _ Oh sergent…

SA  _ Ruiz ! »

 

A Saigon, le docteur Seymour revenait du restaurant avec l’infirmier de la Croix-Rouge, ils rentraient au dispensaire quand un Viet tira sur le para. Il s’effondra, son arme tomba à terre, hors de sa portée. Le Viet marchait vers lui, il allait l’achever.

 

Gip «  Docteur ! Mon revolver ! Vite, il va me tuer ! »

 

Elle regardait la scène, a hésité quelques secondes puis s’est baissée, a prit l’arme et a tiré sur le Viet. Elle l’a eu d’une balle. Elle était sous le choc et n’avait pas bougé quand la police militaire est arrivée.

 

MP «  Mademoiselle ? … C’est fini ; ne vous inquiétez pas, donnez-moi votre arme. »

 

Il lui parlait comme à une enfant qu’on a peur de brusquer.

Lorsque Johnny est revenu à Fulham pour reprendre Alex, le village était en flamme, tout avait été détruit et il n’y avait aucune trace d’Alex. Il est ensuite venu à notre rencontre, il voulait parler à Myron. Il avait besoin d’aide.

A l’approche de son appareil, je m’étais avancée, j’écoutais la conversation avec le sergent.

 

LM  «  J’ai laissé Alex à Fulham, les Viets ont attaqué le village pendant que je n’étais pas là. Tout a été détruit.

LG  _ Il y a des blessés ?

LM _ Je ne sais pas, j’ai atterri et je l’ai cherchée partout. J’espère qu’elle se planque quelque part.

LG _ Pourquoi vous l’avez laissée, vous êtes complètement malade ? ! !

LM _ C’est elle qui l’a voulu pour son article ! Si elle est vivante, je la retrouverai mais je n’ai qu’un mitrailleur, il faut que vous me passiez un homme.

SA _ Vous pouvez y aller, on va rester ici.

LG _ Si je ne suis pas là dans une heure, vous rassemblez tout le monde et vous rentrez. Allons-y.

SA _ Bonne chance. »

 

A Saigon. L’ambulance venait d’emmener le para à l’hôpital. Il s’en sortirait, il espérait maintenant que sa copine aurait quelques remords de l’avoir largué, et qu’elle reviendrait vers lui. (Il y a des fous partout !)

La police militaire ramena le docteur Seymour jusqu’à la jeep ; Dany et Taylor finissaient de la charger.

 

DP  «  T’es génial Taylor, en plus ils vont se faire engueuler.

MT _ Quand je suis né, j’avais déjà un volant dans les mains ; j’ai su m’en servir tout de suite.

MP _ Et les mecs, faites attention, le docteur ne fait pas de cadeau.

MT _ Qu’est ce que vous voulez dire ?

MP _ Le docteur vient de descendre son premier Viet, et d’une seule balle.

DcS_ Allons-nous en d’ici. »

 

Il régnait un grand silence dans la jeep durant le retour, personne n’osait trop parler.

 

DP  «  Je crois qu’il faut vous dire que si vous ne l’aviez pas tué, c’est lui qui l’aurait fait.

DcS _ D’accord, j’essayerais de m’en souvenir. »

 

Dans la jungle, près de Fulham, Alex et les enfants se planquaient ; ils attendaient que les Viets s’éloignent. Henry était en quelque sort le chef, et il dit à une fillette d’aller voir aux alentours si les Viets étaient toujours dans le coin.

 

AD  «  C’est dangereux où elle va ?

VtH _ Elle va voir ce qu’il y a là-bas. Ce n’est pas dangereux, elle est petite, ils ne la verront pas. »

 

La petite est revenue peu après.

 

VtH «  Ils sont partis, on peut aller… Ce n’est pas grave si les GIs ne reviennent pas, nous on reste avec vous. »

 

De notre côté, nous n’avions pas bougé depuis que Johnny était venu. Nous finissions de manger quand un éclaireur est revenu en courant.

 

DW «  Thran, qu’est ce qui se passe ?

VtT _ Les Viêt-Cong arrivent. »

 

Les paysans se sont tous rapidement changés, ils enfilaient les tenues de l’ennemi.

 

SV  «  Donnez-nous vos armes, vite.

SA  _ Vin, qu’est ce qui se passe ?

SV  _ Ne posez pas de question. Donnez nous vos armes.

AR  _ Thran, qu’est ce qui se passe ?

VtT _ Je ne sais pas. »

 

Nous leur avons finalement donné nos armes.

Nous étions encerclés, nous avions les mains sur la tête en signe de défaite ; ils nous conduisaient comme leurs prisonniers jusqu’aux Viêt-Congs.

 

DW «  Sergent, faut qu’on fasse quelque chose.

SA  _ Cool Wilson, cool. »

 

Nous avons rencontré la section Viêt-Cong, le sergent Vin nous a présentés comme ses prisonniers. La section Viet voulait nous récupérer et ensuite nous emmener, mais Vin les a convaincu et leur a dit que c’était à eux de faire ça. Les autres ont gobé l’histoire.

Au même moment, Johnny et Myron étaient arrivés à Fulham où ils retrouvèrent Alex. Dès qu’elle vit Myron, elle se jeta dans ses bras, elle voulait emmener les enfants mais ce n’était pas possible, il n’y avait pas assez de place et Henry lui dit qu’elle devait partir et les laisser. Il lui dit de faire un article sur eux, les enfants du village et de bien mentionner son nom : Henry.

De notre côté, la situation était délicate, les Viêt-Congs avaient continué leur chemin mais nous étions toujours gardés comme des prisonniers même si les Sud-vietnamiens avaient un peu relâché la pression.

 

SA  «  Allez, arrêtez !

SV  _ Vous avez peur ? Je vous ramène à la pointe de mon fusil, ramené par un paysan !

SA  _ Vous serez traînés en cours martiale, ça serait dommage, vous êtes un bon soldat.

SV  _ Ce n’est pas grave. »

 

Notre éclaireur est revenu en courant, les Viêt-Congs revenaient dans notre direction ; ils devaient avoir découvert les corps sans uniformes.

Durant quelques secondes, le sergent Vin hésita, ça se mit à tirer, il ordonna à ses hommes de nous rendre nos armes. Le sergent Vin est mort durant l’échange de coups de feu.

Nous avons essayé de nous replier jusqu’au point de rendez-vous pour être évacués, mais ce n’était pas facile ; nous avons demandé l’appui aérien.

 

SA «  Allo, ici 2-6, bousillez tout ce qui est mobile ; attention, les pyjamas noirs sont avec nous. »

 

Les paysans avaient encore les uniformes Viêt-Congs.

Au camp, Taylor et Dany étaient au garage quand ils virent une dépanneuse arriver, elle tractait Marie-louise n°1.

 

DP  « Alors, où est ce que vous avez récupéré ce tracteur ?

1GI _ La ferme !

MT _ Vous avez maquillé Marie-louise ?

Sgi  _ Qu’est ce que vous avez fait à Marie-louise ?

MT _ Viens, on se tire, ça va chauffer pour eux. »

 

C’est là qu’ils ont rencontrés le sergent, nous venions de rentrer de mission.

 

SA  «  Salut les gars, comment ça va au garage ?

MT _ Bien. J’ai entendu dire que vous aviez pris une sacrée dérouillée ?

SA  _ Oui, ça a chauffé.

DP  _ Depuis comment de temps vous n’avez pas vu le docteur Seymour ?

SA  _ Depuis ce matin, pourquoi ?

DP  _ Je crois que vous devriez aller la voir. »

 

Jennifer venait de prendre une douche, elle était assise sur son lit en peignoir quand le sergent entra. 

 

SA  « Je peux entrer ?

DcS _ Oui, ça s’est bien passé aujourd’hui ?

SA  _ Oui, et vous ?

DcS _ Ca s’est bien passé.

SA  _ J’ai rencontré Taylor et Purcell.

DcS _ Ah oui. Ca fait un drôle d’effet. On a quand même le dapson.

SA  _ Non, non parlez moi.

DcS _ Je n’ai rien à dire. Je l’ai tué… Je me souviens quand j’étais petite, mon père voulait m’apprendre à tirer… Je n’avais pas peur des balles, mais du bruit qu’elles pouvaient faire, et là, je n’ai rien entendu. Mais maintenant ça va.

SA  _ Non ça va pas.

DcS _ Si, …la seule chose c’est que je résous les problèmes des autres et je ne suis pas capable de résoudre les miens.

SA  _ Quand un soldat a envie de pleurer, qu’est ce que vous lui dîtes ? »

 

Jennifer a pleuré dans les bras du sergent Anderson. Il l’a serré très longtemps dans ses bras pour la consoler.

Tuer quelqu’un n’est jamais facile, même si l’on se dit qu’on n’avait pas le choix et que c’est la guerre.

Certains malheureusement s’y sont habitués.

Il est estimé à environ 1 million d’enfants qui furent orphelins ou devinrent sans abris durant la guerre du Vietnam.

 

 

A suivre                                                                                              Retour au sommaire

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