Chapitre 13: Les Catous

 

 

Ce jour là, nous étions en mission, nous devions faire une reconnaissance de la région et nous nous sommes fait attaquer. Ce n’était pas nouveau, nous avions l’habitude mais là, nous étions moins nombreux, encerclés, en fait, avec du recul, nous étions bons pour l’abattoir, heureusement pour nous, c’était une chose à laquelle nous ne pensions pas sur le moment.

Là, les Viets se sont tout à coup repliés. Sur le coup, c’est ce que nous avons cru, parce que nous n’avons rien entendu, aucun bruit, les Viets ne tiraient plus. Nous n’avons rien compris.

 

Le sergent s’était avancé plus ou moins à découvert pour voir ce qui s’était passé, nous l’attendions en arrière, prêt à intervenir, observant les alentours lorsqu’il nous a appelé.

Il nous a crié qu’ils étaient tous morts, nous nous sommes approchés, et nous avons pu voir qu’ils avaient été tués à l’aide de fléchettes. C’est pour cela que nous n’avions rien entendu, le problème, c’est que nous n’avions rien vu non plus. Ca nous a quelque peu effrayé.

C’est là que des types, des montagnards, nous sont tombés dessus, encerclés, nous ne pouvions qu’obtempérer. Nous les avons reconnus à leurs tenues bien particulières.

 

Ils n’étaient pas hostiles, du moins ils ne semblaient pas l’être, mais ce n’était pas rassurant quand même. Ils ne parlaient que leur dialecte, ils ne nous avaient pas parlé, nous n’utilisions que les signes pour échanger. Ils nous ont fait comprendre qu’il fallait qu’on les suive.

Ils nous ont conduits jusqu’à leur village quelques kilomètres plus au sud. Ils nous menaient à la pointe de leurs armes (arcs, flèches et fléchettes) On ne voulait rien tenter, on avait vu l’efficacité avec laquelle ils s’étaient débarrassé des Viêt-Congs.

 

AR  «  D’après toi, c’est quoi ces mecs ?

HO  _ Ce sont sûrement des Catous, une population aborigène. »

 

Arrivés à leur village, ils nous ont fait nous arrêter au milieu du village, à côté d’une énorme marmite.

 

MT  « En fait, j’ai la pénible impression qu’on va servir de plat de résistance. »

 

Le village était relativement grand, il y avait beaucoup d’espace entre chaque case et avait une forme générale plutôt circulaire, rien à voir avec les villages vietnamiens que nous connaissions.

Un homme blanc est alors sorti d’une case un peu plus grande ; il avait la 30taine, faisait dans les 1 mètre 90, le crâne rasé, il était costaud et vêtu comme les Catous, il portait juste un sarong et des colliers . Il parlait avec un Catou, beaucoup plus petit, plus vieux, il avait un air débonnaire, c’était certainement le chef.

 

DP  « Et, regardez !

SA  _ On dirait un Américain.

HO _ En tout cas, il parle leur dialecte.

MT _ Ce n’est pas net tout ça, c’est complètement zarbi. »

 

Ce grand type ainsi que le plus petit se sont approchés, Myron s’est avancé vers eux.

 

CK «  Bonjour, voici le chef du village, Chronoun. Qui êtes vous ?

LG _ Lieutenant Goldman, 1er détachement, 3ème bataillon du 44 d’infanterie, 196ème brigade d’infanterie légère. Qui êtes vous ?

CK _ Kathim.

LG  _ Kathim ? Juste Kathim ?

CK _ C’est un nom Catou, j’appartiens à cette tribu. Que faisiez-vous ?

LG  _ On a toutes les raisons de croire que les Viêt-Congs transitent dans le coin.

CK _ Ils vous ont attaqués ?

LG  _ Oui, et les Catous nous ont sauvé la mise. Nous vous en remercions.

CK _ Ne me remerciez pas, je vous aurais laissé vous débrouiller seuls, mais le chef est toujours content de saigner des porcs. Il a les mêmes pensées pour les troupes gouvernementales, mais il a un petit faible, il aime les Américains. Vous pouvez rester ici, mais ne profitez pas de notre hospitalité.

MT _ Il respire le mal cet oiseau là. »

 

Nous les avions entendus, tout ce qu’on pouvait dire c’est que ce type n’était pas très engageant.

Myron a pris la radio pour signaler où nous étions et comment nous allions. On nous a ordonné de rester où nous étions, et également mettre un programme sur pied, pour que les Catous puissent se défendre de manière autonome et moderne. L’armée voulait que nous en fassions nos alliers.

Le lendemain nous avons donc été livré en armes dans le but de leur apprendre à se battre. Un hélico nous a apporté les caisses. Ca nous a surpris, nous allions leur donner des armes.

 

DP  « Dis, c’est pas vrai qu’on va leur filer des armes ?

DW _ Si, des mitrailleuses, des mortiers et des M16. »

 

Lorsque Kathim a ouvert les caisses, nous avons bien vu sur son visage que ça ne lui plaisait pas du tout.

 

CK « Vous pouvez renvoyer ces armes.

LG  _ Dites au chef qu’avec ces armes vous pourrez défendre votre village.

CK_ Mais vous ne comprenez pas, personne ne fait attention à eux avec leurs arcs et leurs flèches, mais avec de vraies armes, on va les prendre pour cible.

LG  _ Dites-le au chef.

SA  _ Il n’a pas tout à fait tort.

LG  _ Mais c’est l’occasion pour ce peuple d’entrer dans le XXème siècle ! »

 

Le chef accepta les armes, il était tout content de recevoir de l’aide de la part de ses amis Américains.

Nous avons dû leur apprendre à s’en servir. Nous avions mis sur pied des petits groupes de travail. Les débuts ne furent pas évidents du tout. Nous avons bien failli avoir un ou deux accidents, mais heureusement pour nous, Kathim veillait au grain. Ruiz s’occupait et supervisait l’entraînement des futurs mitrailleurs. Un jour, l’un d’entre eux faillit tous nous tuer avec son arme. Ce Catou s’était laissé entraîner par son arme, celle-ci s’est emballée parce qu’il avait laissé son doigt trop longtemps appuyé sur la gâchette. Tout le monde s’était aplati, ne sachant pas comment atteindre ce type armé.

Kathim a accourut, lui a arraché l’arme des mains et a engueulé Ruiz, lui disant qu’on ne confiait jamais à un débutant plus de 6 balles. C’était dangereux, d’autant plus qu’il y avait en plus des problèmes de compréhension entre nous et les Catous.

Avec du recul, nous avons réussi à avoir de bons résultats en peu de temps.

 

Un jour, un commandant de l’armé sud-vietnamien : Thung est venu au village. Je le trouvais complètement antipathique. C’était un homme mielleux envers les autorités américaines et il était certainement dangereux.

Il menaça indirectement Myron « Les accidents sont fréquents ici, il faut faire attention » Il se sentait menacé dans son autorité sur les Catous, nous nous introduisions tel un virus dans ses projets.

Il fallait que les Catous soient plus autonomes, dans leur alimentation par exemple, alors, lors d’un briefing, nous avons discuté, et nous avons décidé de se faire larguer quelques porcs, des volailles, et des graines.

 

AR MT « On a pas tous eu la chance de grandir dans une ferme !

SA       _ Si je comprends bien, vous deux, c’est pas vraiment votre truc.

AR MT_ Non, pas vraiment.

SA       _ J’ai une idée, creuser des latrines, c’est plus dans vos cordes. »

 

Nous avons éclaté de rire, le sergent leur a cloué leur clapé.

L’ambiance était beaucoup plus détendue durant ces quelques jours, notre mission était plus cool, plus agréable. Nous avons à nouveau été mis à contribution, nous devions construire des clôtures, des abris pour nos propres besoins. Myron n’était pas doué avec des outils et le bricolage, ce jour là, nous construisions nos abris et il se tapa sur le doigt avec son marteau. Il voulait hurler mais il ne le fit pas parce qu’il était devant ses hommes et une petite fille et qu’il ne voulait pas avoir l’air ridicule.

Il préféra s’éloigner, je le regardais avec un petit sourire, j’aurais eu envie de m’occuper de lui, mais je ne l’ai pas fait, pas devant eux.

Horn s’était pris d’affection pour cette gosse. Elle traînait toujours avec nous et elle nous regardait toujours avec de grands yeux interrogateurs. C’était marrant.

 

SA  « Horn, tu vois mes mains, qu’est ce qu’il y a dessus ?

HO _ De la crasse.

SA _ Non, mais à part ça…j’ai des ampoules, ça faisait trois ans que je n’avais pas manié un marteau. »

 

A ce moment là, les Catous sont arrivés en courant, ils faisaient des rondes dans les environs et les éclaireurs avaient vu passer un convoi Viêt-Cong pas très loin.

 

SA «  Ok, d’accord, on va leur monter une embuscade aux petits oignons. Jhonson et tes hommes, sur cette crête avec le mortier ; Ruiz et Wilson, installez-vous avec vos hommes au-dessus du sentier. Taylor avec moi et les autres sur le sentier. »

 

Ce fut facile, nous connaissions bien les environs maintenant et nous leur sommes tombés dessus très facilement ils n’ont rien vu arriver. Mais il y avait un problème, lorsque nous sommes allés identifier ces hommes, nous nous sommes aperçus que c’étaient ceux de Thung, ils portaient leurs uniformes et ils transportaient de l’opium. Cela ne présageait rien de bon pour nous. Nous avons dû nous réunir, ça s’imposait et Thung fut convoqué.

En plus de Thung il y aurait également le Sergent Anderson, Myron, Kathim et le Capitaine Andrews qui seraient présents à cette fameuse réunion. Thung était de mauvaise humeur, il se sentait pris au piège, et il voulait adresser un rapport à Saigon, histoire de nous faire peur et de brouiller les pistes.

Lorsqu’il est reparti du village, le sergent lui a fait peur, il lui a dit qu’il allait se faire un collier avec ses oreilles qu’il aurait auparavant taillées en pointe. Thung l’a pris au sérieux. Il faut dire que la guerre a détraqué pas mal de types et qu’il y avait quelques fétichistes dans ses rangs. Certains avaient franchi toutes les étapes, les mêmes que moi dans un premier temps, mais ils avaient continué jusqu’à repousser les derniers liens qui les séparaient d’une sorte de folie. C’est ce qui nous différenciait.

La gamine venait souvent voir Horn, ce jour là, elle vint vers lui avec 2 pièces de tissus dans les bras. Elle voulait lui offrir, c’est marrant parce qu’ils se comprenaient sans se parler.

 

HO «  Salut, tu viens t’asseoir avec nous ma chérie ? C’est pour nous ? Ca s’est pour Dany et ça pour moi ?

DP  _ C’est génial, c’est chouette, qu’est ce que c’est ?

HO _ C’est un sarong Dany, c’est une jupe, ouai, une jupe pour la fête de demain.

DP  _ La fête de demain ? Horn, de quoi tu parles ? »

 

Le lendemain en effet, il y avait une fête, organisée par le chef mais Myron et moi n’en étions pas encore là. Nous avions repéré un coin sympa pas très loin du village, avec une petite rivière à l’eau claire pour nous isoler un peu. Ce soir là, nous nous sommes discrètement éclipsés. Nous étions à peine à la lisière de la forêt que nous nous jetions déjà l’un sur l’autre. En fait, il s’était retourné vers moi en me tendant le bras pour que j’attrape sa main et là, je l’ai attrapé par le col de sa chemise, et je l’ai embrassé à pleine bouche. Il a été surpris, agréablement surpris. J’étais avide de ses baisés, j’aimais la façon qu’il avait de poser ses mains sur moi, de me caresser. J’aimais sa douceur mêlée à une certaine sûreté dans ses gestes.

Nous étions en phase l’un avec l’autre, et ce malgré notre différence d’âge, presque 10 ans.

Nous avions tant envie l’un de l’autre que nous avons fait l’amour sur les rives boueuses de cette rivière. Il était sur moi et j’aimais passer mes mains sous son T-shirt, sentir sa peau glisser sous mes doigts, descendre le long de ses omoplates pour finir à la naissance de ses fesses. Je crevais de désir, ça faisait quelques jours que nous ne pouvions être seul, j’agrippais ses fesses pour le tenir encore plus fermement contre moi. Si j’avais pu, je lui aurais sauté dessus dans tous les coins du village. Il s’était déjà débarrassé de mon T-shirt et s’attaquait à mon soutien gorge ; il fit lentement glisser mes bretelles et commença à jouer avec le bout de mes seins. Il me regardait avec une lueur de malice dans les yeux, pour faire durer la torture.

Je sentant le désir monter, nous chauffer le ventre, il déboutonna mon pantalon ; lui n’en avait déjà plus, je m’étais occupé du sien.

Nous étions complètement inconscients nous n’avons même pas pris le temps de trouver un endroit un peu abrité, nous ne pensions pas au risque à ce moment là, c’était le dernier de nos soucis. Dans ces moments là, le militaire n’existait plus, l’officier encore moins ; je sentais, je savais qu’il s’abandonnait vraiment avec moi. Tout ce que nous voulions, c’était être l’un avec l’autre, et faire l’amour.

Ce n’était pas une simple histoire de baise comme on pourrait dire vulgairement. Il y avait plus que ça, mais nous n’en étions pas encore conscient. Nous avons fini par un bain de minuit et il a ensuite fallu se séparer.

Je n’en avais pas envie, je ne voulais qu’une chose, qu’il m’embrasse, j’aimais tellement ses baisers.

Quand je suis revenu, je me suis discrètement couchée mais Ruiz ne dormait pas, je crois qu’il m’attendait.

 

AR  « T’es toute mouillée.

DW _ Je suis allée me baigner dans une petite rivière.

AR  _ Si tu me l’avais dit, je serais venu avec toi.

DW _ J’aime bien me baigner seule. Bonne nuit. »

 

Le lendemain, c’était la fête, et nous attendions cette journée avec impatience.

Ce séjour chez les Catous était vraiment une sorte de break dans cette guerre, c’est comme si nous n’étions plus au Vietnam. Nous étions tous en sarong, (le mien me faisait une mini jupe) avec nos rangers.

Nous avons commencé par un repas succulent, fait de spécialités à base de riz.

Ensuite, les femmes Catous se sont mises à danser pour nous, elles avaient revêtu leurs costumes de fête, c’était vraiment très jolie, très coloré.

Le moment de la dernière danse est arrivé et les femmes m’ont dit de les rejoindre. Je leur avais demandé de m’apprendre, je voulais lui faire la surprise. En fait, j’ai dansé uniquement pour Myron et je crois qu’il l’a compris. Je m’en suis plutôt bien sortie ; ma chemise nouée sous la poitrine et mon sarong me donnaient un côté sexy dont je n’étais plus trop coutumière, les mecs non plus. En plus, mes cheveux commençaient à ne plus être si court, mon côté féminin ressortait à nouveau.

 

MT «  Elle est mignonne la petite !

SJ   _ Houai !

AR _ Vas-y Dèb ! »

 

Myron ne disait rien, mais je sentais ses encouragements dans ses yeux. Quand nous avons eu fini, Kathim a commencé à nous parler.

 

CK «  S’il vous plait, selon la coutume Catou, c’est maintenant à vous d’assurer le spectacle. »

 

Nous nous sommes tous regardé, nous avons tous pensé à la même chose, nous avons sorti le magnétophone, et nous nous sommes mis à chanter en play-back sur la chanson de James Brown « Please, please, please »

C’était d’autant plus drôle que nous mimions les paroles en même temps. Tout le monde participait, même Myron, il s’amusait, il était redevenu un jeune de même pas 30 ans, insouciant. Je le trouvais craquant avec ses lunettes rondes, son sarong, sa chemise ouverte, ses rangers…ça donnait un ensemble, indéfinissable, mais moi j’aimais. Parmi la section, seul le sergent est resté spectateur. Kathim nous regardait en souriant ; ça lui rappelait certainement son ancienne vie.

Après ça, c’était le moment de danser ; Horn a pris la gamine dans ses bras pour danser, et il se marrait ; les mecs ont invité des filles Catous, et Myron m’a invité moi. Je n’aurais pas cru qu’il le ferait, d’autant plus que nous n’étions pas tout seul, mais personne n’a tilté, du moins je crois.

A un moment, Ruiz a demandé à Myron qu’ils échangent de partenaire. Il a accepté, il ne pouvait rien dire de toute façon. Je venais juste de donner un baiser furtif à Myron, et il l’avait vu, moi qui croyais avoir été discrète.

 

AR  « Alors, ça va ?

DW _ Oui, pourquoi tu me demandes ça ?

AR _ Comme ça, je ne sais pas.

DW _ Crache le morceau sale fouine !

AR  _ T’aime te baigner seule, tu parles ! T’étais pas seule, il y avait le lieutenant !

DW _ Ca va. Oui, mais si jamais…

AR  _ …T’inquiètes, tu me connais. »

 

Ca s’est tout à coup mis à péter dans tous les coins. Nous nous sommes fait attaquer au mortier, et nous ne pouvions rien faire, nous n’avions pas nos armes avec nous, nous ne pouvions que subir en attendant que ça se finisse. Il y a eu beaucoup de morts et le village était détruit.

Ca s’est tout à coup arrêté, mais il m’a semblé que ça avait duré longtemps, nous avions rampé jusqu’à des lieux plus abrités. Myron n’était pas très loin de moi et en jupe ce n’était pas très pratique.

Horn était effondré, il avait été projeté au sol par une explosion et la petite était morte. Il la tenait serré contre lui, et il refusait de la lâcher. Il se balançait d’avant en arrière en pleurant, il était sous le choc, elle lui rappelait sa petite sœur.

 

SA  « Horn, rends leur la petite maintenant. Tu m’entends ? Elle appartient à sa tribu. »

 

Myron avait appelé Saigon, pour savoir ce qui s’était passé. D’après le haut commandement, c’était une erreur, une regrettable erreur. Kathim pensait quant à lui que c’était Thung qui avait fait ça pour se venger. En tout cas, nous avions pour ordre d’évacuer le village.

Le chef parut déçu ; ses amis l’abandonnaient, je crois qu’il a dû se sentir trahi. Kathim lui, s’y attendait, il connaissait le fonctionnement de l’armée.

 

Nous nous sommes changés, nous avons repris nos anciens vêtements, fait notre paquetage, nous leur avons dit au revoir et nous sommes partis. Nous étions tous mal à l’aise, un peu honteux.

Thung arriva au moment ou nous quittions le village, il était joyeux, et ça nous a fichu un coup au moral. Nous avions à peine parcouru 500 mètres que nous avons entendu des coups de feu.

 

DW « Ecoutez, ce sont des coups de feu.

LG  _ Non, ce n’est peut-être pas ça. »

 

Ca a recommencé.

 

DP  « Maintenant il n’y a aucun doute.

SA  _ Moi j’y retourne.

LG  _ Sergent ! …Attendez, on vous accompagne. »

 

Nous sommes très vite revenus sur nos pas, et Thung a été désagréablement surpris.

 

SA  « Salut !

VtT _ Lieutenant, que faites-vous là ?

SA  _ On est de corvée de poubelle

VtT _ Votre mission est terminée.

LG  _ Notre mission est d’aider la population de ce village et c’est ce que nous allons faire. »

 

Les Catous étaient tenus en joue par les hommes de Thung et Kathim était au milieu du village, à genou, les mains attachées dans le dos, entravées à un bambou. A voir son visage, on pouvait deviner qu’ils lui avaient tapé dessus, il avait morflé.

 

SA  « Maintenant je vais vous donner un ordre, vous avez 30 secondes pour évacuer. 1, 2…

VtT _ Attendez, c’est normal qu’il y ait des tensons entre alliés.

SA  _ …3,4, oh puis merde ! 27, 28, 29… »

 

Un Catou a pris un M16 qui était caché sous de la paille, il fit feu et nous l’avons suivi.

Thung s’est enfui dans les hautes herbes, avec le sergent sur ses talons. Thung réussit à quasiment disparaître dans les hautes herbes, à se faufiler, il se glissa derrière Anderson, il allait lui tirer dans le dos mais heureusement, Kathim était là. Il lui sauva la vie.

Durant l’échange de coup de feu, Chronoun fut tué, Kathim devint le nouveau chef. Nous avions appelé Saigon pour connaître les instructions, nous repartions.

Les Catous avaient décidé de partir ailleurs pour tout recommencer.

 

LG « C’est loin la Thaïlande.

CK _ Avec un peu de chance, on y arrivera. Au début, je t’ai détesté, tu sais.

SA _ C’est vrai que moi non plus je n’étais pas particulièrement amoureux de toi.

CK _ J’ai une famille qui doit se demander où je suis. Tu peux les rassurer ? Leur donner mes plaques ?

SA _ D’accord Sergent Carter.

CK _ Vous avez appris ?

SA _ Oui, Sergent Carter. Dégagé de ses obligations, un détail vachement important, surtout depuis que tu m’as sauvé la vie. Je n’aurais pas aimé devoir cela à un déserteur. »

 

Ils ont formé une colonne qui s’est ébranlée et ils sont partis. Nous leur avons souhaité bonne chance, ils en auraient besoin.

Plus de 45000 Montagnards furent entraînés dans les forces spéciales américaines entre 1961 et 1971.

 

 

A suivre                                                                                              Retour au sommaire

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