Chapitre 32 : Noël au Vietnam
Quelques
jours plus tard, alors que nous étions en mission, nous avons repéré des Viets.
Ils n’étaient que huit, assis autour d’un feu. Nous les avons encerclés, et…
LG « Les mains en l’air !
MT
_ Le premier qui bouge, j’le descends !
SA _ Lâchez vos armes ! »
Ils
se sont regardés, et ils ont détallés, ils se sont dispersés dans des
directions différentes. Ils tentaient le tout pour le tout. Nous leur avons
couru après ; ils ne devaient pas nous échapper, alors nous leur avons
tiré dessus.
Au
même moment, dans un bar d’Oakland ; Marvin discutait avec 2 types, Bob et
TJ. Il les avait rencontré dans l’avion durant le trajet de retour.
SJ « Quelle est bonne cette bière…On
dirait qu’elle est vachement meilleure qu’avant.
CB
_ C’est normal, c’est la 1ère bière du démobilisé, elle est
forcément meilleure.
CT
_ Ca vient du fait qu’on est en vie. Peut être que tout prend une saveur
différente après notre retour.
SJ _ J’arrive pas à comprendre, il y a moins de
8 jours les Viets m’ont fait prisonnier et je me suis dit que tout était
terminé. Une petite voie m’a dit « T’es pas près de t’en sortir »
CB
_ Tu t’en es sorti mon frère. Ces salauds ont bien failli me trancher le cou.
CT
_ Moi, pendant des mois j’ai été dans la jungle et je n’ai pas eu une seule
égratignure. Et voilà qu’un espèce d’ivrogne me tire une balle dans le derch’
dans mon propre baraquement.
SJ _ Oui mais maintenant on est rentré ;
alors aux copains là-bas, et à ceux qu’on a perdu.
CB _ Amen.
CT _ On vous a expliqué comment vous tenir en
civil ?
CB _ Arrête. Pour ça, je n’ai pas besoin
d’explication, et les gonzesses n’ont qu’à bien se tenir. ; parce que Bibi
c’est 98Kg de muscle prêt à toutes les aventures pour la seule satisfaction de
ces dames. Les plus belles filles seront à mes pieds.
SJ _ D’accord, mais sans blague, tu ne trouves
pas ça bizarre toi ? On s’est battu pendant plus d’un an, tout à coup on
est démobilisé, sans rien nous dire.
CB _ Qu’est ce que tu veux qu’ils nous
disent ? C’était un rêve ?
SJ _ Je crois que ça mérite quand même une
préparation, qu’est ce qu’ils ont dit aux combattants de la 2ème
guerre mondiale ?
CB _ Ils ont eu droit aux honneurs parce que
c’était une vraie guerre.
CT _ Ils ont été rapatriés par bateaux, ils ont
eu le temps de réfléchir, eux. Ils ont eu droit à des défilés, une femme et un
boulot les attendait.
CB _ Le Vietnam ce n’est pas la joie. Ils
veulent qu’on se l’efface de la mémoire.
CT _ C’est ce que j’essaie de faire, je dirai à
personne que j’étais là-bas
SJ _ Ouai ben moi je n’ai pas honte de ce que
j’ai fait au Vietnam.
CB _ Oui mais il n’y a pas de quoi en être
fier. »
Au
Vietnam. Nous n’avions finalement qu’un prisonnier, tous les autres avaient été
abattus. Nous retournions à notre point de rendez-vous lorsque Mc Kahn bouscula
le prisonnier. Celui-ci tomba.
DH
« Et ! Doucement, non mais ça ne va pas ? ! Tu te crois
où ?
MT
_ Ces salauds auraient pu nous empêcher de fêter Noël.
DH
_ Je sais.
MT
_ Ils nous auraient tous descendus.
DH
_ Mais quand c’est Noël il faut être sympa. On en a tué 5, n’oublis pas.
Sergent, il se remet à saigner.
SA _ T’a qu’à lui faire un pansement. Fait gaffe
à ton portefeuille.
LG _ Sergent, on va faire une pause ici, on est
en avance sur le rendez-vous. Placez les sentinelles.
DW
_ Ce n’est pas trop tôt, je suis vanné. »
Doc.
Hoc a commencé à s’occuper du blessé.
DH
« Il faut que ta blessure reste propre. Il ne faut pas que ça s’infecte…
Tu ne comprends rien à ce que je raconte.
Vt _ Vous ne portez pas d’arme ?
DH
_ Je suis infirmier.
Vt _ Mais vous êtes soldat quand même, vous ne
seriez pas objecteur de conscience ?
MT
_ Il connaît la politique Doc. Il t’a repéré au premier coup d’œil. Où t’as
appris à parler notre langue ?
Vt _ A Paris.
MT
_ A Paris ? T’es un gosse de riche ; c’est tes vieux qui t’ont payé le
voyage ?
Vt _ Vous connaissez la politique vous aussi.
MT
_ Oui, pour l’instant on est dans le même bain. Moi je suis pauvre mais libre.
Et toi ? Pourquoi t’en es là ?
VT _ Je veux combler le gouffre qui sépare les
classes.
DW
_ Tu crois vraiment en ces histoires de fou ?
Vt _ Mais vous ne croyez pas en les valeurs
que vous défendez ?
DW
_ Je me bats pour que mes copains restent en vie.
Vt _ Ce n’est pas une raison suffisante.
MT
_ Bien joli toutes ces théories mais pour moi le communisme c’est du toc, tout
le monde a envie de devenir n° 1.
AR _ T’en es preuve vivante Marcus.
DP _ Mais vous tuez le 1er qui n’est pas d’accord avec vous ; c’est ce
qui se passe en URSS. Il me semble qu’on ne peut pas obliger tout le monde à
penser la même chose.
DW
_ Ce n’est pas aussi simple que ça Dany ; ils pensent que ce n’est qu’une
étape dans la révolution.
DP _ C’est de l’assassinat Dèb ! Juste pour
une idée ! Les gens doivent pouvoir s’exprimer !
Vt _ Vous êtes bien naïf jeune homme, que vont
me faire les agents sud-vietnamiens d’après vous ?
DP _ Si vous refusez de leur dire ce qu’ils
veulent savoir, à mon avis vous allez déguster. »
Au
même moment à Oakland.
SJ « Allez, la dernière bière est pour moi
et je propose qu’ensuite on aille à San Francisco prendre notre avion pour que
chacun rentre chez lui. »
2
soldats blancs sont entrés dans le bar et se sont installés au comptoir. Marvin
allait renouveler leurs consommations et…
SJ « Vous venez de rentrer vous aussi ?
Bienvenu messieurs, c’est moi qui régale.
1Bl
_ Non on n’a pas soif.
2Bl
_ Dégage, ne me touche pas !
SJ _ Désolé, vous êtes du 1er de
cavalerie mais on peut boire ensemble.
2Bl
_ La cavalerie n’a rien à voir là dedans. Je ne fréquente plus que des gens de
ma race, t’a pigé ? !
CB
_ Bienvenu en Amérique Marvin.
2Bl
_ C’est ça, bienvenu, où chacun a le droit de fréquenter qui il veut. Les
nègres j’en ai ras le bol !
SJ _ Espèce d’enfoirés !
Salauds ! »
Marvin
s’est énervé, il a empoigné le type par le col et l’a foutu par terre. Ils ont
commencé à se battre. Marvin avait l’avantage, il plaqua le type au sol
brandissant une bouteille cassée dans la main droite.
CB
« Saigne le cet enfoiré !
SJ _ Non, ça suffit !
CB _ Alors je vais le faire.
SJ _ Non ! Foutez moi le camp !
Maintenant ! Tous les 2 ! Ce n’est rien les gars, laissez tomber. Il
faut se barrer de là avant que les flics arrivent. Ca va y a rien de cassé.
CB _ J’aurais pu le tuer.
CT _ Moi aussi.
SJ _ Moi aussi et c’est ça qui m’a fait peur.
Quand on rentre du Vietnam, on n’a plus le droit d’être aussi stupide que ces
mecs là. Allez les gars, on se tire. »
De
notre côté, nous atterrissions à la base. Nous allions jusqu’à notre
baraquement lorsque nous avons vu le sergent Hunegan se faire interviewer par
une journaliste.
Jlt « Je suis en compagnie du sergent Anion
Hunegan, de l’Etat du Tennessee. Le sergent est responsable du ravitaillement
du camp Barnett. On dirait que vous avez reçu beaucoup de cadeaux sergent.
SH
_ Absolument, les hommes vont pouvoir fêter dignement Noël.
Jlt _ Et ces cadeaux, qui vous les a
envoyé ?
SH
_ Un peu tout le monde, la légion américaine, les anciens combattants, des
minorités religieuses, des écoliers et des jeunes étudiants. Vous constatez que
seule une minorité de citoyens américains n’approuve pas notre action au
Vietnam.
DP _ Sergent, où peut on avoir une de ces
lettres ?
Jlt _ J’ai l’impression que ce groupe de soldat
rentre justement de mission. Où étiez vous ?
MT
_ On est allés faire des prisonniers…
SA _ On n’a pas le droit d’en parler
mademoiselle mais on est là et on a pas de quoi se plaindre.
Jlt _ Quels sont vos projets pour fêter
Noël ? Vous par exemple, comment vous appelez vous ?
LM _ Lieutenant John Mc Key. On a adopté un orphelinat près de la base et on va
offrir un bon repas et quelques petits
cadeaux aux enfants. Peut être que ces cadeaux sont pour eux sergent ?
SH _ Oui lieutenant.
Jlt _ Voilà qui est charmant.
AR _ On est charmant, vous pouvez le dire aux
spectateurs en Amérique.
Jlt _ Mais dîtes le vous même.
AR _ Quoi ? !
Jlt _ Ca va passer à la télé.
AR _ Alberto Ruiz, je viens du Bronx.
MT
_ Il s’est échappé du zoo du Bronx.
Jlt _ Vous voulez dire quelque chose à votre
famille en Amérique ?
AR _ Je dis bonjour à mon père, ma mère et ma
sœur, et que je les aime.
DW
_ Et si Marvin Jhonson regarde la télé, on l’embrasse très fort. Marvin
Jhonson.
Jlt _ Qui ?
AR _ Un copain à nous qui est rentré.
Jlt _ C’est très gentil ! Qu’avez vous à
dire aux personnes aux Etats-Unis qui désapprouve la guerre ? »
Nous
nous sommes tous sorti du champ de la caméra. Le sergent s’est retrouvé seul en
plein milieu. La journaliste s’est avancée vers Anderson.
Jlt « Vous peut être ? Votre
nom ?
SA
_ Sergent de première classe Anderson. Je suis de l’Idaho. Le soutien de tous
les Américains est indispensable si on veut gagner cette guerre. On ne peut
rien sans votre aide, même si vous n’êtes pas d’accord avec ce qu’ils font ici,
les hommes qui servent l’Amérique méritent votre respect ; alors prenez un
peu de temps, parlez leur, ça ne coûtera rien, vous apprendrez peut être des
trucs et ils vous en seront drôlement reconnaissant. Joyeux Noël à tout le
monde.
Jlt _ Merci beaucoup. »
Myron
avait filé dans sa chambre à la descente de l’hélico. Le sergent est allé le
voir une fois l’interview finie.
SA
« Toc, toc…
LG
_ Si c’est une bonne nouvelle vous entrez, sinon vous repartez.
SA
_ Ici il n’y a jamais de bonne nouvelle mon lieutenant. Tenez, Joyeux Noël.
LG
_ Merci.
SA
_ Pas de quoi.
LG
_ Et ça s’est pour vous.
SA
_ Merci beaucoup.
LG
_ Comment va Jennifer ?
SA
_ Bien, elle m’a envoyé un paquet recommandé : une tablette de chocolat,
des chaussettes neuves, une chemise hawaïenne et un livre (Sigmund Freund,
l’Interprétation des rêves)
LG
_ Vous allez découvrir que vous êtes un obsédé sexuel.
SA
_ Non, ça ne sera pas une découverte.
LG
_ Combien de Noël avez vous passé à l’étranger ?
SA
_ Je ne sais pas, je les ai tous oubliés, excepté le premier. J’étais dans un
trou près de la frontière de la RDA, j’avais 18 ans tout rond. Je devais monter
la garde devant un aéroport désaffecté, c’était la veille de Noël, je faisais
les 100 pas devant un hangar, je claquais des dents tellement j’avais
froid ; mes amis devaient se saouler la gueule quelque part, je n’avais
aucune famille au monde et je commençais à broyer du noir. Et c’est là que tout
à coup l’idée m’est venue que j’étais en train de faire ce qu’un soldat devait
faire.
LG
_ Un soldat aussi doit vivre.
SA
_ Oui mais j’ai pensé que tant que je monterais la garde, quelqu’un pouvait
fêter Noël. Tant que je serai de garde, les gens n’auraient aucun souci à se
faire.
LG
_ Zeke Anderson, protecteur du monde et de la démocratie.
SA
_ Vous savez, c’est la 1ère fois de ma vie que j’ai eu l’impression
de faire quelque chose d’important. Et ça continue. »
Ils
ont ensuite ouvert leurs cadeaux. Le sergent avait reçu une bouteille et Myron
une radio offerte par toute la section. Quand à moi, je lui avais offert une
belle chaîne en argent. J’avais discrètement glissé le paquet dans sa chambre
avec un mot. « Joyeux Noël avec toute ma tendresse et mon affection »
J’avais
offert une belle chemise à Johnny. Il fut vraiment ravi, il avait une façon
d’être, on aurait dit un gamin ouvrant un paquet, il avait un énorme sourire
ses yeux pétillaient, c’était un vrai plaisir de lui faire des cadeaux, rien
que pour ça, ça valait le coup.
Ruiz
passait de plus en plus de temps avec Susanna, ce jour là, il alla l’attendre
devant l’entrée de l’hôpital. Elle sortit, et il vit qu’elle paraissait
abattue. Voyant que ça n’allait pas, il lui fit raconter ce qui n’allait pas.
AR
« Tu as eu beaucoup de blessés aujourd’hui ?
InS
_ Pas tant que ça, j’ai eu ma première reprise.
AR
_ Reprise ?
InS
_ Mon premier patient est revenu. Il y a environ 4 mois, il est arrivé sur un
brancard ; rien de grave, quelques éclats d’obus.
AR
_ C’est moche ça.
InS
_ C’était le fils d’un fermier du Minnesota, il était très reconnaissant qu’on
l’ai remis sur pied et là ça n’a pas été possible. Il avait 3 balles dans la
poitrine et tous ses organes internes étaient perforés.
AR
_ Susanna, tu te fais trop de mal.
InS
_ C’est tellement dur à avaler ! Il était là, il suffoquait, il clignait
des yeux, balayait les 4 coins de la pièce à la recherche de quelqu’un pour le
soigner... Quand il est mort, le médecin a dit qu’on n’aurait pas dû le
renvoyer sur le front.
AR
_ Je sais que c’est très dur mais n’en fais pas une affaire personnelle. On est
en guerre, il y a toujours des victimes, personne ne te demande de faire des
miracles.
InS
_ Justement, j’avais envie de faire un miracle, j’avais envie qu’il se remette
à vivre, je sais que c’est ding mais j’ai l’impression que c’est de ma faute.
AR
_ Dans ce cas, tu dois te féliciter pour tous ceux que t’as remis sur pied et
qui sont en vie.
InS
_ Il n’avait que 6 jours à faire, il devait rentrer après les fêtes. »
Ruiz
l’a prise dans ses bars pour la réconforter. Après qu’elle se soit calmée, il
lui offrit la rose qu’il avait conservée dans son dos tout ce temps. Il
l’invita ensuite à passer Noël avec notre section.
Dans
le Mississipi. Un car s’arrêta à l’entrée de la ville de Tupelo. Marvin
descendit du bus, il était toujours en uniforme, il avait l’air un peu perdu
alors qu’il connaissait cette rue depuis son enfance. A 20 mètres même pas, il
y avait la bute et au sommet la barrière qu’il avait enjambé si souvent. Il
retrouva les mêmes gestes qu’autrefois, il pensait les avoir oublié et la
preuve que non, certaines choses sont encrées trop profondément pour être
oubliées.
Il
enjamba la barrière et se retrouva dans le jardin potager de ses parents. Son
père y travaillait et…
Ppa
« Marvin !
SJ _ Papa !
Ppa
_ Marvin mon fils ! Maman ! C’est Marvin ! Notre fils est de
retour !
Ma _ Marvin ! Oh seigneur ! Je n’ai
pas arrêté de compter les jours, tu es ce qui pouvait m’arriver de mieux dans
la vie !
SJ _ Et toi tu es la femme la plus
merveilleuse ! Je suis là ! Je suis revenu ! Je suis chez
moi ! Je n’aurais jamais cru que je puisse m’en sortir !
Ma _ Regarde moi ces médailles, et c’est galons
de sergent comme il est beau ! Tu es un vrai héro !
SJ _ Mais tu sais, il y en a pleins d’autres
là-bas.
Ma _ Oui mais il n’y en a qu’un qui soit notre
fils. Oh mon dieu ! Tu es devenu tout maigrichon sans les petits plats de
ta mère !
SJ _ Oui, d’ailleurs là-bas je pensais souvent
à ça et j’en avais l’eau à la bouche.
Ma _ Tu vas voir, on va te requinquer ;
qu’est ce que tu dirais de ce menu ? D’abord un jambon de Virginia avec
des carottes et des petits pois, de la salade et 1 ou 2 clous de girofles, une
tarte au légume de mon jardin avec des galettes de maïs.
SJ _ Arrête maman, tu vas me tuer.
Ma _ Alors pour tes funérailles, je te
préparerai une tarte à la patate douce…Oh lala ! Il va falloir que je te
remplume. Marvin, ça me fait tellement plaisir que tu sois à la maison !
Pa _ Tu sais mon fils, on est drôlement fier
que tu sois de retour, bienvenue. »
Au
Vietnam. Dany se rendait au dispensaire en compagnie de Taylor et Doc. Hoc.
MT
« T’as failli casser la gueule au mec qui t’avais piqué ta boîte et
maintenant tu vas l’offrir à une bande de dingues.
DP _ Moi aussi j’ai fait un séjour chez les
dingues, n’oublies pas ça. Et puis, c’est Noël, t’as pas envie de faire des
cadeaux ?
MT
_ Mais si j’en ai envie. Dès que je serai en ville j’irai offrir mon corps aux
copines de Doc.
DH
_ Je demanderai à sœur Bernadette de brûler un cierge pour toi.
MT
_ Non merci, on n’a pas besoin de ça. »
Dany
est entré dans le dispensaire. Doc. et Marcus se sont assis sur un banc et ont
commencé à discuter.
MT
« Tu sais que je pense que tu es bon pour les dingues tôt ou tard ?
Tu ne t’es toujours pas remis de la mort de ce Viet ? »
L’interrogatoire
des sud-vietnamiens avait été particulièrement dur et notre prisonnier était
mort des suites de tes blessures.
DH
« Je ne me remets pas de la cause en général. Tu connais cette
phrase ? - La mort de chaque homme me fait du mal car j’aime toute
l’humanité.- C’est de John Donne.
MT
_ Il aurait mieux fait de se casser la jambe celui-là au lieu de dire des conneries
pareilles. C’était sûrement un Viet et il a du tuer des centaines d’Américains.
DH
_ Mais c’était notre prisonnier, c’est nous qui devons nous occuper de nos
prisonniers de guerre et ces salauds de sud-vietnamiens l’ont torturé à mort,
tu te rends compte ?
MT
_ Les Viets m’ont torturés il y a 8 jours et je parie qu’ils font la même chose
aux pilotes qui se crashent.
DH
_ Je sais mais on doit se montrer meilleurs qu’eux, enfin je n’en sais rien, il
avait l’air sympa, il était même brillant, intelligent.
MT
_ Oui mais mon vieux, c’est la guerre, on tue des mecs avec qui on s’entendrait
bien si on était voisin.
DH
_ Qu’est ce qui ne va pas ?
MT
_ Tu me demandes ce qui ne va pas ? Je passe Noël au Vietnam ! Voilà
ce qui ne va pas !
DH
_ C’est Jhonson qui te manque n’est ce pas ? Tu sais, même si je ne le
connaissais pas aussi bien que toi, il me manque aussi.
MT
_ Je hais ce pays. »
Aux
Etats-Unis. Marvin était dans le jardin, il discutait avec son père pendant que
celui-ci jardinait.
Pa « Alors ils t’ont donné 30 jours de
permission et tu reprends ton service ?
SJ _ Ils m’ont donné 30 jours de perm’ et j’ai
fini mon service.
Pa _ Qu’est ce que tu racontes ?
SJ _ Je serai définitivement démobilisé dès que
je me serai inscrit à la fac.
Pa _ Mais je croyais que tu avais l’intention de
faire carrière dans l’armée ?
SJ _ Moi aussi mais tu sais, l’armée c’est pas
tellement exaltant.
Pa _ Mais la guerre est terminée Marvin, l’armée
c’est la sécurité, un toit sur la tête et de quoi manger, soigné aux frais de la
princesses.
SJ _ Oui, et ils pourraient me renvoyer au
Vietnam mais ce n’est pas le problème ; je veux aller plus loin papa, j’ai
envie de m’instruire.
Pa _ T’instruire ? Mais dans quel
domaine ?
SJ _ Je ne sais pas encore, j’ai une grande
envie d’apprendre, j’aimerais étudier l’administration, je sais, tu trouves
peut être ça fou mais la société avance. Ca bouge, le monde s’ouvre pour les
noirs dans ce pays et je ne veux pas louper ma chance. Je vais m’inscrire à
l’université du Mississipi.
Pa _ Mais tu plaisante !
SJ _ Non, j’irai juste après le nouvel an.
Pa _ Les Blancs vont te manger tout cru.
SJ _ Non, c’est là que tu te trompes. Il y a 10
ans, ils m’auraient tué pour avoir pensé à ça, mais maintenant ce n’est plus
pareil. Le gouvernement est obligé de me protéger et je toucherai une bourse
de150 $ par mois.
Pa _ Qu’est ce que tu reproches à l’école
d’agriculture ?
SJ _ Je ne veux pas être fermier.
Pa _ Ah, c’est ça ! Oui, fermier c’est un
boulot acceptable pour moi mais pas pour toi !
SJ _ Bien sûr que c’est un boulot
acceptable ! J’ai simplement envie de faire autre chose. Je veux
progresser. Je croyais que tu serais content pour moi.
Pa _ Je suis inquiet pour toi mon fils. J’étais
inquiet pour toi quand tu étais au Vietnam et je suis inquiet pour toi
maintenant. Enfin bon, j’ai du travail.
SJ _ Si tu veux, je t’aide, je n’ai pas peur de
me salir.
Pa _ Non, reste là toi. Tu te reposes, il faut
que je réfléchisse à tout ça. »
Au
Vietnam. Hunegan jouait aux cartes, tout
en surveillant les cadeaux qu’on avait reçus.
DP « Excusez moi sergent…
SH _ Tiens, Purcell, tu te proposes pour la
corvée de chiotte ? Tu te sacrifies pour tes petits camarades ?
DP _ Je viens prendre les cadeaux pour
l’orphelinat, pour les enfants.
SH _ Je ne vois pas du tout de quoi tu parles.
DW
_ Il parle des cadeaux que vous avez reçus hier. Le lieutenant Mc Key avait dit
qu’il viendrait les chercher. Un camion va passer dans 10 minutes.
AR _ Sergent s’il vous plait, on veut donner une
petite fête pour les orphelins. Ce n’est pas pour nous mais pour des enfants.
SH _
Votre philanthropie est touchante Ruiz mais ces paquets resteront ici.
Vos orphelins sont des païens, ils ne connaissent pas Noël de toute façon.
DH
_ Quoi ! Mais ce n’est pas vrai ! Vous avez des cadeaux pour 300
hommes ! Enfin sergent ! Vous êtes ding ! En plus, c’est pour
des enfants, soyez sérieux !
SH _ Il va me filer une crise d’hémorroïdes
celui-là ma parole ! Ces gosses sont de futures Viêt-Congs ! Et de
toute façon, j’ai que dalle ici !
AR _ Si ça ne vous dérange pas, on va vérifier
nous même.
SH _ Ne fais pas ça, ça serait mauvais pour ton
matricule. Déguerpissez sinon je vous fais récurer les chiottes avec vos
brosses à dents.
DP _ Compris sergent. On s’excuse. Ruiz viens
avec nous, j’ai une solution. »
Taylor
était dans un bar, seul, il commençait à broyer du noir. Un pote à lui est venu
lui parler de désertion.
De
notre côté, nous étions retournés voir le sergent Hunegan, nous avions nos M16
cette fois–ci.
Lorsqu’il
nous a vu tous les 4…
SH « 12 mois à l’ombre, c’est le
tarif !
DP _ Vous allez payer le même tarif ; si
ce n’est pas plus.
DH _ Exactement sergent. Toutes vos magouilles
de mafioso en uniforme commencent à porter sur les nerfs.
AR _ Alors Doc. va prendre les paquets…
DW
_ …Et vous oublierez qu’on vous les a volé et nous on oubliera que vous les
aviez volé et personne ne sera au courant de vos magouilles. Ca vous paraît
équitable les gars ?
DP _ Très équitable, et toi ?
DH _ Ah oui, moi je trouve ça vachement équitable.
AR _ Bon alors, qu’est ce qu’on attend pour
charger ? Doc. vas-y.
DW
_ Ben sergent, ce n’est pas une raison pour faire la tête. Aidez nous plutôt un
peu. »
Aux
Etats-Unis. Marvin était assis sur la terrasse, il discutait avec Marge, sa
belle sœur. Elle était en visite avec son fils, il jouait à leurs pieds. Elle
était venue seule, elle était en plein divorce.
Mr
« Tu sais Marvin, j’ai toujours été très attirée par toi.
SJ _ Oui mais t’es sortie avec mon frangin.
Mr
_ Parce que tu étais parti.
SJ _ Je faisais ma préparation.
Mr
_ Je me sentais seule.
SJ _ Tu te sentais toujours seule, c’est là le
problème. Bon, excuse moi, c’est du passé, j’ai des projets…
Mr
_ Oui, j’en ai entendu parler.
SJ _ Mais c’est pas vrai ! Au Vietnam mon
meilleur pote se fou de ma gueule, mon père me prend pour un fou et toi tu
crois que je suis un martien. Je veux m’élever, c’est quand même pas
interdit !
Mr
_ Ce n’est pas si important que ça.
SJ _ Si c’est très important car il s’agit de ma
vie. Je ne veux pas la gâcher car certaines personnes sont…jalouses, car c’est
de la jalousie. Ecoute Marge, j’e n’ai pas envie que les gens souffrent à cause
de mes ambitions. Je ne veux pas regretter toute ma vie ce que je n’aurais pas
eu le courage de faire.
Mr
_ Je vais partir. Allez, viens mon bébé, viens là Rodney. »
C’était
la veille de Noël.
Au
Vietnam. Nous étions sur la route, Johnny était au volant du camion qui nous
menait à l’orphelinat. Toute la section était là.
AR « Jolie balade, hein ?
InS _ Tu as eu raison d’insister pour que je
vienne.
AR _ C’est la seule chose que tu ais accepté.
InS _ Oh arrête Ruiz !
GIL
_ Elle est dure Ruiz.
AR _ Elles ont le sang chaud ces femmes là Luis.
Elles peuvent ensorceler un homme jusque dans sa tombe.
GIL
_ C’est sympa d’avoir emmené vos copines.
InS _ C’est surtout sympa à vous de nous avoir
invité. »
Le
camion a ralenti puis s’est arrêté. Il y avait une vache en plein milieu de la
route et elle ne comptait apparemment pas bouger. Quelques hommes sont
descendus pour la pousser.
AR « Et si on l’écrasait histoire de faire
un petit barbecue.
DW
_ Tu penses toujours qu’à bouffer.
InS _ Regarde ces fleurs, elles sont
superbes !
AR _ Ah, les fleurs et les femmes Luis, ça
marche à tous les coups.
GIL
_ Les désirs de madame sont des ordres.
InS _ Mais vous n’êtes pas obligé.
GIL
_ Mais si, c’est noël ! »
Luis
est descendu, Susanne semblait s’être détendue. Luis s’est approché du bosquet
de fleurs. Il avançait pour en cueillir une quand il y eu une explosion. Là où
une seconde il y avait Luis, il n’y avait maintenant plus qu’un corps
ensanglanté, un pantin désarticulé sur le sol. Les fleurs étaient piégées, Luis
était mort sur le coup, c’était un guet-apens. Ils nous attendaient, ils
savaient que nous allions passer par là.
Ca
s’est mis à tirer.
AR
« Baisse toi ! »
Ruiz
tirait Susanna par la taille pour qu’elle se mette à l’abri mais elle regardait
fixement le corps de Luis.
AR
« Je sais à quoi tu penses, mais arrête ! Ce n’est pas de ta faute,
tu m’entends ? ! »
Taylor
et Doc. Hoc sont descendu du camion pour récupérer Luis.
DH
« Il est mort.
LG _ Doc. mettez le dans un poncho.
SA _ Feu à volonté ! Ca vient des
arbres !
LG _ Mc Key GO! On y va! ! »
Nous
sommes partis sur les chapeaux de roue, mais les Viets nous ont suivis jusqu’à
l’orphelinat. Les infirmières se sont réfugiées à l’intérieur.
DW
« Ils veulent nous empêcher de fêter Noël.
LG _ Il y a 2 ou 3 tireurs embusqués.
SA _ Il faut aller les chercher.
LG _ Mc Key, contournez les avec Purcell, Wilson
et Anderson. »
Nous
les avons poursuivi, nous en avons eu 2 mais nous savions très bien que
d’autres viendraient.
Aux
Etats-Unis. Les Jhonson était à table, ils prenaient le repas de Noël ensemble.
SJ « Merci maman, c’est le meilleur repas
que j’ai jamais fait.
Ma
_ Je n’ai jamais été aussi heureuse qu’aujourd’hui. C’est une chance
merveilleuse que tu sois parmi nous.
Pa _ Allez fiston, à nos retrouvailles.
Ma
_ Je peux peut être apporter ma tarte aux patates douces.
Pa _ Attend, mon fils viens dans la cuisine une
seconde…J’ai bien réfléchi à ton départ pour la faculté.
SJ _ Et ça t’ennuie de me voir partir.
Pa _ Tu sais, ça peut être très dur quand un
fils dépasse son père.
SJ _ Rassure toi.
Pa _ Non, non, écoute moi. Tu vois, moi je sais
car j’ai dépassé mon père ; toi tu n’as pas connu ton grand père mais il y
a certains évènements qui lui ont fait du mal, qui lui ont enlevé son amour de
la vie, à tel point qu’il n’a pas été capable de garder son emploi. Et oui,
j’ai eu honte de mon père ; et je crois qu’il a eu honte de moi quand j’ai
commencé à avoir un travail stable.
SJ _ Tu as été un excellent père pour moi et
j’ai toujours été très fier de toi.
Pa _ Oui seulement toi, tu vas aller plus loin,
plus j’y réfléchis et plus j’en suis fier. Tu te rends compte, tu vas être le
premier de la famille à aller à l’université.
Ma
_ A table !
SJ _ Papa, c’est uniquement grâce à toi et à
maman que je m’en suis sorti. J’ai toujours su que je pouvais compter sur vous,
et c’est grâce aux valeurs que vous m’avez transmises.
Pa _ Mon fils, tu vas aller à l’université et
tu vas leur montrer de quel bois tu es fait. Dieu te bénisse. »
A
l’orphelinat. La soirée se passait très bien. Les cadeaux avaient été
distribués et les gosses étaient aux anges.
LM
« Ma sœur, nous les avons eu, enfin pour l’instant.
BS _ Pour l’instant ?
LM
_ Pour, nous pensons qu’ils vont revenir. Ils nous attendaient, ils savaient.
Je m’excuse ma sœur, je crois que c’est notre amitié qui a tout déclenché. On
vous aidera à déménager, j’espère que vous me pardonnerez.
BS _ Ecoutez, il n’y a rien à pardonner.
LM
_ Je suis vraiment bien avec les enfants. On gagne du terrain, on le perd, tout
le monde s’en fou mais les enfants c’est différent, ça compte. Ils m’ont donné
des raisons d’espérer.
BS _ Gardez espoir John Mc Key. Maintenant vous
allez raconter une histoire de Noël aux enfants.
LM
_ Moi ?
BS _ Faite le, et c’est un ordre.
LM
_ Bien m’dame. Allez les enfants, venez, je vais vous raconter une
histoire. »
Je le regardais de loin, il souriait, il semblait
vraiment heureux. A ce moment, seuls les enfants comptaient, il n’avait d’yeux
que pour eux. En voyant ça, je sus qu’il serait un père génial.
Dehors, Ruiz montait la garde en dehors du jardin de
l’orphelinat. Susanna était dedans, elle alla à sa rencontre.
AR « Ca va toi ?
InS _ Pas vraiment. Si on m’avait dit il y a 1 an que
je passerai un Noël pareil… Je crois…
AR _ Il ne faut surtout pas culpabiliser à cause de la
mort de Luis. C’est les Viets qui l’ont tué. Pour moi c’est très simple ;
l’affreuse réalité du Vietnam.
InS _ Oui mais si je n’avais rien dit à propos de
fleurs, il…
AR _ Tu n’aurais rien dit à propos des fleurs si je ne
t’avais pas invité, peut être que c’est ma faute.
InS _ Mais non Alberto.
AR _ Je sais bien mais c’est pour...
InS _ C’est à cause de cette horrible guerre ; on
dirait que tous les gens que j’approche finissent par mourir. Qui sera le
prochain ? Toi Alberto ? Tu comprends pourquoi je refuse de trop
m’engager…
AR _ Tu n’es pas la seule à ne pas vouloir trop
t’engager dans la vie. Je dirais même qu’on refuse tous de se mouiller. Par
exemple on parle des gens qui se sont fait descendre, qui se sont fait buter,
des grands brûlés, on dit qu’ils ont eu chaud, on évite de s’attacher à ceux
qui arrivent.
InS _ C’est pour se protéger, c’est normal.
AR _ Mais si on va trop loin, on finit par se perdre,
on devient un mort vivant.
InS _ Qu’est ce que je vais faire maintenant ?
AR _ Tu vas être mon ami, je serai le tien. Joyeux
Noël à toi Susanne.
InS _ Joyeux Noël Alberto. »
Elle l’a embrassé à travers les barreaux, Myron
passait près d’eux à ce moment là.
LG « Vous montez la garde Ruiz ?
AR _ Oui mon lieutenant. »
Myron a continué et s’est arrêté à côté du sergent.
LG « Qu’est ce que vous en pensez sergent ?
SA _ Il fait noir.
LG _ C’est tout ?
SA _ A mon avis ils ne reviendront pas cette nuit.
LG _ Non, ils ne feraient pas une chose pareille,
c’est Noël.
SA _ Alors on va monter la garde à tour de rôle, on
lèvera le camp demain matin.
LG _ Vous pouvez faire minuit, 2 heures ?
SA _ Mon lieutenant, je préfère rester debout toute la
nuit, on a trop rarement l’occasion de monter la garde pour des bonnes sœurs et
des enfants. »
Je suis sortie pour prendre l’air, j’ai vu Myron, je
voulais un peu parler avec lui ; on ne s’était presque pas vu de toute la soirée.
DW
« Myron ? »
C’est
là que j’ai vu le sergent.
DW
« Pardon, lieutenant ? »
Le
sergent a compris, il s’est écarté de quelques mètres.
LG
« Quelque chose ne va pas ?
DW
_ Non, rien, je voulais juste voir comment tu allais.
LG _ Je vais bien comme tu le vois. Au fait,
merci pour ton cadeau. Je porte ta chaîne, regarde. »
Il
a ouvert le col de sa chemise, et je l’ai vu. J’ai effleuré cette chaîne du
bout des doigts, comme quelque chose qu’on n’a pas le droit de toucher.
DW
« Je savais qu’elle était faîte pour toi.
LG _ J’ai moi aussi quelque chose pour toi, un
cadeaux de Noël. »
Il
a sorti une boîte de sa poche.
DW
« Qu’est ce que c’est ?
LG _ Ouvre et tu verras.
DW
_ …Un bracelet.
LG _ J’espère qu’il te plait.
DW
_ Bien sûr, tu sais bien que tout ce qui vient de toi me plait. Merci.
LG _ Attend, je vais te l’attacher. »
Je
l’ai embrassé pour le remercier, un baiser volé, puis je l’ai serré dans mes
bras. Il commençait à desserrer son étreinte quand il s’aperçut que moi je ne
desserrais pas la mienne. Il comprit que je voulais rester dans ses bras un peu
plus longtemps que je ne devrais. Il me serra alors très fort sur son cœur, ses
bras m’entouraient, m’enlaçaient complètement puis il m’embrassa les cheveux et
il s’écarta de moi. On se regarda, tout était dit.
DW
« Joyeux Noël.
LG _ Joyeux Noël à toi aussi.
DW
_ Joyeux Noël sergent. »
Je
suis retournée à l’intérieur.
LG
« Ah ! Le Vietnam, pays des nouvelles expériences…
SA
_ J’aurais aimé avoir un cadeau comme ça pour Noël. Faîtes voir…Ah, elle ne s’est
pas fichue de vous. Qu’est ce qu’on pourrait faire d’autre ?
LG
_ Etre avec Jennifer, chez vous. Je pourrais m’occuper de mon père, qu’est ce
que vous en dîtes ? Vous croyez qu’ils dorment mieux sachant qu’on est
là ?
SA
_ Non, plutôt moins bien.
LG
_ C’est aussi mon avis.
SA
_ Moi je commence à me sentir bien où je suis, même si je préfèrerais être avec
Jennifer, je n’y suis pas, je suis là et ça me convient. Ca vous semble
bizarre ?
LG
_ Pas plus que ce que vous dîtes d’habitude. »
Aux
Etats-Unis. Marvin avait fini de manger, il alla à la cuisine, la télé était
allumée.
SJ « Mais c’est ma section ! »
Il
regardait le bout de bande qui avait été enregistré à notre retour de mission.
L’émotion fut à son comble quand nous lui avons passé un petit bonjour. Nous ne
l’avions certainement pas oublié, d’ailleurs on se reverrait.
Ma
« Marvin ! Le café est servi chéri !
SJ _ Oui, j’arrive maman. »
Jlt
« C’était Noël 1968 au camp Barnett près de Saigon au Sud Vietnam."
Le
jour de Noël 1968, 8 soldats américains sont mort au Vietnam et 1 au Laos.