Chapitre 30 : Désintox
Trois
jours plus tard, nous étions Taylor Ruiz Jhonson et moi dans Shu Long à la
recherche de Dany.
Nous
nous étions partagés et nous posions des questions à droite à gauche, Taylor et
moi d’un côté et Ruiz et Jhonson de l’autre.
Pendant
ce temps, pas loin dans un bordel…
GIl
« Purcell ! Réveille toi !
DP
_ Lehanders, qu’est ce qu’il y a ?
GIl
_ Ce qu’il y a c’est que Suzy t’a encore fait les poches, je t’avais dit de
faire gaffe avec elle…C’est le pied, on dirait que toi et Shu Long vous étiez
fait pour vous rencontrer. »
Nous
nous sommes retrouvés à un carrefour.
SJ « Ca fait trois jours qu’il est parti,
si on ne le retrouve pas, le lieutenant va le porter déserteur.
MT
_ C’est dans ce quartier que Dany t’a dit qu’il allait ?
DW
_ Quand on déserte, tu sais bien qu’on a pas le choix, il est à Shu Long, c’est
sûr.
MT
_ Alors pourquoi personne ne l’a vu ? On cherche depuis ce matin et
personne ne sait rien.
AR _ Ils savent mais ils ne veulent rien dire
ces salauds. Ils croient qu’on est des mouchards.
DW
_ Je n’aurais pas dû le laisser partir.
AR _ Ce n’est pas de ta faute.
SJ _ Tu n’aurais pas pu le retenir.
MT
_ Je n’aime pas ce quartier, je comprends pourquoi la police militaire ne se
risque pas ici.
AR
_ Et si on rentrait à la base histoire d’interroger ce fameux Lehanders ?
M _ Y a que ça à faire.
SJ _ Allez, on rentre à la base. »
Nous
nous sommes retrouvés encerclés par une bande de blacks.
GIl « Alors il paraît que vous vous baladez
partout en posant des question ?
MT
_ Oui, on est curieux, on aime poser des questions.
GIl _ Mais il faut une permission, ma permission.
SJ _ On est simplement à la recherche d’un
pote, un copain appelé Purcell.
GIl _ Il est possible que vous soyez de la CIA.
AR _ Tu rigoles ! Est ce qu’on a la gueule
d’agents des stups ?
GIl _ Eux non mais toi oui.
DW
_ Ce mec, Purcell, tu sais où il est ?
GIl _ Ce paysan ?
MT
_ Ce paysan est un pote à nous et on tient à aider nos potes.
GIl _ Epargnez vous cette peine ! Faites une
croix sur cette putain de guerre et rejoignez nos rangs.
DW
_ On parlera politique plus tard, où est Purcell ?
GIl _ Il se planque et maintenant c’est nous ses
copains.
AR _ On aimerait l’entendre de sa bouche. »
Ils
nous ont conduits jusqu’à lui. Dany était allongé sur un lit, il était dans les
vapes.
GIl « Moi je n’ai pas l’impression qu’il ait
envie de partir.
DW
_ Dany !
DP _ Dèb, Taylor, Ruiz, Jhonson ! Ca fait
plaisir, vous venez ? Y a de la place pour tout le monde.
DW
_ Dany, on est venu te ramener à la base.
DP _ C’est ici ma maison.
GIl _ Moi je dis qu’il se plait ici.
DW _ Non !! »
Ils
ont sorti les crans d’arrêt.
MT
« Tu te mêle pas de ça tu entends ? ! Il fait parti de notre
section.
GIl _ Il fait parti de notre unité maintenant,
pigé ? ! ...
1GI
_ …Et on est prêt à le défendre.
GIL
_ Et si vous le voulez, il va falloir que vous le preniez.
SJ _ Non, ça va les gars. Bon, Dany, si tu
préfères rester ici, d’accord, fait comme tu veux.
AR _ On venait juste prendre de tes nouvelles.
DP _ Je ne suis jamais senti aussi bien.
AR _ Ok, c’est cool. »
Nous
sommes rentrés à la base.
Myron
et le sergent étaient en mission. Ils cherchaient la piste Viêt-Cong qui
servait au transport des armes. Myron la trouva par hasard en traversant une
rivière.
LG
« C’est par la rivière qu’ils passent leur ravitaillement.
SA
_ Quoi ?
LG
_ Elle n’est jamais très profonde et de toute façon, ils mettent des plaques
métalliques quand c’est nécessaire.
SA
_ Sacré p’tit bons hommes !
LG
_ J’appelle le colonel Brewster. »
L’hélico
est venu les chercher, Brewster les attendait sur la piste.
CB
« Bravo. Vous savez s’ils savent qu’on a découvert la piste ?
LG
_ Non, ça m’étonnerait.
CB
_ Vous y retournerez avec vos hommes leur faire une petite surprise.
SA
_ Désolé. J’ai quelque chose de très important à faire. Je vous rejoins plus
tard au briefing.
CB
_ C’est Purcell ?
LG
_Oui.
CB
_ Alors il est toujours avec vous ?
LG
_ Toujours mon colonel.
CB
_ Je sais ce que vous allez me dire ; c’est un excellent élément mais
votre section n’est faite que de très bons éléments.
LG
_ Alors qu’est ce qu’il faut que je fasse ?
CB
_ C’est à vous de décider mais faites attention à ne pas faire d’erreur. »
Myron
est ensuite allé dans sa chambre. Le sergent l’a rejoint, a frappé à la porte…
LG
« Entrez !
SA
_ Lieutenant, j’ai parlé de Purcell aux hommes.
LG
_ Et moi j’ai pris une décision à son sujet.
SA
_ Ah bon ?
LG
_ Nous ne pouvons plus le prendre en charge. C’est un déserteur et un drogué,
on ne peut pas attendre.
SA
_ Mais ce n’est pas un récidiviste, il mérite bien une seconde chance !
LG
_ Ecoutez ! La section est faite d’excellents éléments qui ne prennent pas
de drogue. Ils sont sous ma responsabilité eux aussi. Je ne veux pas qu’un
salopard s’amuse à s’intoxiquer pendant que ses petits camarades se font tirer
dessus. On ne sait même pas où il est.
SA
_ Maintenant si, à Shu Long.
LG
_ Quelqu’un a pu lui parler ?
SA
_ Oui, Taylor, Jhonson, Wilson et Ruiz.
LG
_ Est ce qu’il veut revenir ?
SA
_ Ils disent qu’il est trop accroc pour prendre une décision, savoir ce qu’il
veut.
LG
_ Bon, c’est clair, on ne peut rien pour lui.
SA
_ Mon lieutenant, je peux y aller moi même. On le ramène ici, on s’occupe de
lui, comme ça il pourra décider seul de son avenir.
LG
_ Et comment allez vous faire ? Shu Long est un guêpier, rempli de
déserteurs, de mercenaires et de Viêt-Congs. Il faudrait avoir un commando pour
aller le chercher.
SA
_ Exactement.
LG
_ Vous plaisantez j’espère ! Il n’en est pas question !...Sergent, si
vous croyez que je ne m’inquiète pas pour Purcell, vous avez tort mais il n’est
pas question que vous fassiez ça. »
Le
soir même, le sergent, Johnny et Jhonson allaient chercher Dany à Shu Long.
Seuls
les officiers et sous-officiers s’étaient risqué dans cette entreprise. Johnny
était au volant, prêt à partir à tout moment, Jhonson étaient armé et
surveillait l’entrée. Le sergent était entré, également armé, il trouva Dany,
assis sur un lit.
SA
« Purcell ?
DP
_ Sergent, vous venez vous amuser ?... Je ne suis pas très doué pour
rouler mais je vais m’améliorer.
SA
_ Ouai, allez on repart.
DP
_ Repartir vers quoi, la guerre ? Vous pouvez aller la faire toute seul.
SA
_ Regarde dans quel état tu es ! Tu ne peux pas continuer ! »
Le
sergent prit la tête de Dany entre ses mains. Il le regardait dans les yeux et
commença à lui taper la tête contre le mur. Il lui parlait en même temps comme
pour qu’il comprenne mieux.
DP
« Sergent, arrêtez ! Vous me faites mal !!
SA
_ Tu veux que je te fasse voir à quoi tu ressemble ? !
DP
_ Vous me faites mal !
SA
_ Pourquoi tu ne m’en a pas parlé ? Pourquoi tu ne m’as rien dit ? Tu
vas me répondre ! ! Pourquoi ? ! J’aurais pu
t’aider ! »
Jhonson
est entré pour prévenir le sergent qu’il y avait du monde dehors.
SJ « Sergent, faut se barrer !
DP
_ Sergent, vous me faites mal !
SA
_ Casse toi Jhonson ! ! »
Anderson
s’est tout à coup arrêté, se rendant compte de ce qu’il faisait.
SA « Je te demande pardon. J’te ramène,
attend, je vais te porter pour te ramener à la base. »
Il
sortait avec Dany sur les épaules quand il vit qu’il était attendu
SJ « Sergent, on a de la compagnie.
GIl
_ Où est ce que vous allez ?
SA
_ Ecoutez les gars, on veut pas d’emmerdement. On ramène notre copain à la
base.
GIl
_ Ce n’est pas ton copain, c’est plus ton copain.
GIl
_ Attend, pas de faux mouvements. Je me demande si tu es prêt à sacrifier ta
vie pour ce mec parce que moi je suis prêt à mourir pour lui. Je veux juste le
soigner et je te jure que si jamais tu approches, je te descends. Jhonson, va à
la jeep, je te suis comme ton ombre. »
Ils
sont rentrés tous les 4 sains et sauf.
Le
lendemain matin, Doc. Hoc était à l’orphelinat lorsque Johnny est venu le
chercher pour qu’il vienne voir Dany. Nous l’avions attaché sur son lit pour ne
pas qu’il s’échappe et qu’il y retourne. Nous étions tous là lorsque Doc. Hoc
est arrivé.
DP « Doc. Hoc, dis leur de me détacher, je
ferais de mal à personne.
DH
_ C’est à toi qu tu ferais du mal. Tu peux être sûr que si on te détache, tu
repartiras direct pour Shu Long histoire de prendre une petite dose.
DP _ Je ne suis pas accroc, je prends une dose
quand j’en ai envie.
DH
_ Oui, c’est à dire tous les jours du matin au soir.
DP _ Va te faire foutre !
DH
_ Je ne suis jamais qu’un infirmier, je ne suis pas toubib.
DW
_ T’es quand même mieux placé que nous.
DH
_ Oui ben tout ce que je peux vous dire c’est que la semaine qui va arriver ne
va pas être marrante aussi bien pour lui que pour nous.
AR _ Oui mais s’ils le renvoient avec un blâme,
ça ne sera pas drôle non plus.
DW
_ On ne peut tout de même pas le dénoncer.
MT _ Vous croyez qu’on a raison ? Je
connais des mecs dans mon quartier qui en sont morts.
DH _ Non, il n’est pas accroc depuis longtemps
et puis il est jeune et en bonne santé. Evidemment il va avoir l’impression de
mourir, à un moment il voudra même mourir mais si on le surveille de prêt, ça
devrait bien se passer. Encore une chose, si ses fonctions vitales se
déglinguent, vous m’appelez et c’est moi qui avertirai les supérieurs.
SJ _ C’est d’accord, et qu’est ce qu’on fait en
attendant ?
DH
_ Il faut lui parler de n’importe quoi et tout le temps. Il ne faut pas qu’il
pense à la drogue ou à sa souffrance. Il faut lui parler de la pluie et du beau
temps.
MT
_ Dany, je vais te parler de ma grand mère Taylor ; quand j’étais petit,
elle m’emmenait à St Louis et on passait la journée à observer les bateaux
charger et décharger et je me disais qu’un jour je prendrais un de ces bateaux
et que j’irai très loin pour visiter des pays. Et tu vois, je suis là, au
Vietnam. »
Ruiz,
Taylor et moi passions tout notre temps au chevet de Dany. Doc. Hoc avait
fabriqué un jeu pour le distraire, pour pas qu’il ne pense trop.
AR « Allez, Dany, fais un petit effort.
C’est Doc. Hoc qui a inventé ce jeu, c’est une sorte de monopoly.
DP _ Je ne veux pas jouer à ces jeux de
gamins !
DW
_ Allez, sois sympa, on fait ça pour t’aider.
DP _ Vous voulez m’aider ? Alors va me
chercher une petite dose Dèb.
DH _ Non.
DP _ Ne fais pas le con Doc., ce n’est pas
comme si j’étais accroc. Je veux juste une petite dose pour me soulager.
DH _ Non, en plus c’est à toi de jouer. 1, 2, 3,
4, 5, 6, 7.Excellent, super, tu as une prime.
AR _ Allez, j’ai besoin d’une paire de pompe.
DH _ 1, 2, 3. Pas de bol, direct en prison pour
vente de drogue ; c’est du propre ! En taule jusqu’à la fin de la
guerre.
DP _ Qu’est ce qu’on gagne à ce jeu ?
DW
_ Le droit de rentrer en un seul morceau chez soi.
DP _ Et si je gagne, vous me ramenez la
came ?
TS _ Non !
DP _ Je vais vomir !
DW
_ Attend. »
Je
suis restée toute la journée à ses côtés. Doc. Hoc a du partir et Taylor a
remplacé Ruiz. Dany était malade, il n’arrêtait pas de vomir.
MT
« Il a encore gerbé, oh putain, la corvée de chiotte à côté c’est un
plaisir. »
Je
donnais de l’eau à Dany quand…
DW
« C’est rien, ça va passer.
DP _ Je t’en prie Dèb, fais quelque chose, je ne
tiendrai pas le coup.
DW
_ Ca va aller, je te le promets, je vais m’occuper de toi.
DP _ Je ne peux pas attendre, il me faut un
truc, maintenant ! Ah ! ! J’ai une crampe à la jambe !
DW
_ Attend. »
Je
lui détachais la jambe où il avait sa crampe afin de le soulager et il m’envoya
valdinguer plus loin. J’avais mal à la tête ; elle avait violemment heurté
le pied d’un lit. Je me suis tout à coup sentie comme vidée, je n’avais plus la
force de me lever. Je me suis sentie partir et je suis tombée dans les pommes.
Je suis restée inconsciente que quelques secondes, et pendant ce temps.
Après
s’être détaché, Dany s’est rué vers la porte, il l’ouvrait quand il se fit
stopper par Taylor. Il eut du mal à le contenir, car Dany avait sa force décuplée
par le manque.
MT
« Et Ruiz ! Doc. Hoc ! Ruiz ! Venez m’aider ! »
Jhonson
et Ruiz sont arrivés en courant et ont immobilisé Dany sur son lit.
SJ « Va chercher le sergent ! Vas-y
vite Doc. ! »
Lorsque
le sergent est arrivé, Dany, attaché, s’était endormi sur son lit.
SA « Comment ça va ?
MT
_ Il s’est mis à roupiller dès qu’on l’a mis sur son pieu.
AR _ C’est la première fois qu’il dort depuis
qu’on l’a ramené, enfin si on peut appeler ça dormir. »
J’étais
assise sur un lit
SA « Ca va ?
DW
_ Oui.
SA _ Combien de temps ça va encore durer
Doc. ?
DH
_ Si on a de la chance encore 24 à 36 heures.
DW
_ Qu’est ce qu’on va faire si on nous envoie en mission ?
SJ _ C’est vrai, on ne peut pas le laisser tout
seul.
SA _ On a une mission demain. »
Il
s’est assis sur le lit de Dany.
SA « Purcell, Purcell, comment ça va ?
DP _ On dirait qu’une division m’est passée
dessus.
SA _ D’après Doc. t’en as encore pour 24 heures.
T’as passé le plus dur.
DP _ Sergent, j’ai toujours pensé que vous étiez
le meilleur, même quand nous étions vraiment dans la merde. Je savais que je
pouvais compter sur vous.
SA _ Je suis avec toi, tu peux compter sur moi.
DP _ Alors ramenez moi une petite dose, pour me
calmer.
SA _ Purcell, je ne peux pas faire ça, tu le
sais.
DP _ Si sergent. Je vous en prie, ne me laissez
pas dans cet état. Je ne tiendrai pas le coup.
SA _ Je ne peux pas.
DP _ Espèce d’enfoiré ! Doc. Hoc, je ne
tiendrai pas le coup. Doc. Hoc, aide moi.
DW
_ Sergent, on ne peut pas le laisser comme ça.
SJ _ Surtout si on part demain. »
Lorsque
Dany s’est endormi, à la nuit tombée, nous l’avons transporté jusqu’à une jeep.
Nous étions sur le point de partir et…
AR « Merde !
CB _ Qu’est ce que vous faîtes là ?
DH
_ Là mon colonel ?
CB _ Oui, là soldat, dans cette jeep. Non mais
vous vous foutez de moi ! Purcell ! »
Dany
n’a pas répondu, Brewster a regardé sa tête.
CB « Il est en pleine période de
sevrage ?... Vous êtes sourd ou quoi ? ! Je vous demande s’il
est en période de sevrage ?
SJ _ Oui mon colonel.
CB
_ Et vous l’emmenez où comme ça ?
MT
_ A l’orphelinat, la bonne sœur s’occupera de lui pendant qu’on sera en
mission.
CB _ Vous devez savoir qu’il y a des programmes
de désintoxication.
DW
_ On sait aussi que s’il est prouvé qu’il a pris de la drogue, il sera envoyé
chez lui avec un blâme.
CB _ Faîtes attention qu’il soit bien attaché.
AR _ Oui mon colonel. »
Il
s’est éloigné, nous n’en revenions pas. Nous avons conduit Dany à l’orphelinat
Le
lendemain au briefing, nous avons apprit l’objet de notre mission : le
Cambodge. Nous avons été transporté jusqu’à la rivière qui servait de piste Ho
Chi Minh. Nous avons attendu.
LG « Tous les hommes sont en place ?
SA _ Oui.
LG _ Les éclaireurs vont se pointer dans 5
minutes. Il y a 13 véhicules et 50 hommes, peut être plus.
SA _ C’est plus que ce qu’on pensait.
LG _ Je sais, on s’occupe des éclaireurs et on
fait sauter le 1er camion. Ca sera le déclic pour l’aviation qui
viendra finir le travail. Exécution. »
Dany
s’est réveillé à l’orphelinat, attaché sur un lit, enfermé dans un lieu qu’il
ne connaissait pas. Il se mit à crier pour que quelqu’un vienne. Sœur
Bernadette lisait une histoire aux enfants quand elle entendit Dany hurler dans
une pièce d’à côté. Elle s’arrêta et alla le voir.
BS « Chut, allons, calmez vous.
DP _ Je ne vous connais pas.
BS _ Je suis sœur Bernadette, vos amis vous ont
confié à moi. Ne bougez pas, je vais vous détacher, ça ira mieux. Mais donnez
moi votre parole d’honneur que vous n’essaierez pas de vous enfuir.
DP _ …Oui, oui. »
Après
qu’elle l’ait détaché, Dany s’est levé.
DP « Dans quel sorte d’établissement sommes
nous ? Un hôpital ?
BS _ Non, un orphelinat.
DP _ Vous avez des médicaments ?
BS _ Pour les enfants oui.
DP _ Je suis malade, j’ai besoin de médicaments.
BS _ Ce que j’ai ne vous soulagera pas. »
Dany
était désespéré, il devint agressif.
DP « Vous n’avez pas l’air de comprendre,
je suis malade, j’ai mal partout… D’un coup de point je pourrais vous vous
casser la tête ! !
BS _ C’est possible mais je ne crois pas que
vous feriez une chose pareille. »
Dany
a bousculé sœur Bernadette, elle est tombée par terre. Il allait franchir la
porte quand il s’est arrêté. Il est revenu sur ses pas et s’accroupi devant la
sœur.
DP « Je vous demande pardon, vous devriez
me rattacher, je ne suis pas assez fort. »
Il
s’est mis à pleurer, sœur Bernadette l’a pris dans ses bras et l’a ensuite
recouché.
BS « Peut être que je pourrais simplement
fermer la porte à clef si vous voulez… »
Dans
la jungle. 2 sud vietnamiens avaient enlevé et ligoté les 2 éclaireurs
Viêt-Congs du convoi. Ils leur avaient pris leurs uniformes et remplacés à la
tête du convoi.
L’ennemi
n’y a vu que du feu. Tout s’est passé comme prévu, on a fait sauter leur convoir et nous n’avons eu aucune
perte. Nous sommes rentrés.
Plus
tard à la base. Nous buvions un coup au bar de la base lorsque Doc. Hoc est
venu avec une lettre pour Jhonson.
DH
« Jhonson, c’est pour toi.
SJ _ Qu’est ce que c’est encore ? »
Il
a ouvert l’enveloppe et un sourire a illuminé son visage.
SJ « Et ! J’ai 35 jours de perme et
je suis libérable !
DW
_ En 35 jours, tu vas oublier que t’es un soldat.
SJ _ Je vais passer Noël chez moi.
AR _ Veinard !
TS _ Félicitation ! »
Au
même moment, le sergent ramenait Dany au baraquement.
SA « Ne t’inquiètes pas, le lieutenant sera
très compréhensif, ça va aller. Voilà Purcell, bienvenu à la maison.
DP _ Oui, merci.
SA _ Et Purcell, si tu te donnais un coup de rasoir,
et que tu prenais une douche, tu aurais l’air d’un vrai soldat. »
Dany
entrait dans le baraquement lorsque le colonel Brewster arriva près du sergent.
CB
« Comment va t il ?
SA
_ Bien maintenant, il est sevré mais c’est surtout son amour propre qui en a
pris un coup. »
Le
colonel Brewster est entré pour lui parler.
CB
« On dirait que vous n’êtes pas fier de vous… Repos soldat. Je vous
écoute.
DP
_ Vous croyez qu’il y a de quoi être fier ? Etre une loque humaine
pleurnichant après sa dose, j’ai même frappé une bonne sœur.
CB
_ Et vous croyez qu’à cause de ça, vous êtes un être méprisable ? J’ai été
témoin de la mort d’un camarade autrefois et j’ai été content car cela
signifiait que je pourrais dormir.
DP
_ Quoi ?
CB
_ J’ai été prisonnier 2 ans de suite en Corée…
DP
_ Je vous demande pardon mais ce n’est pas pareil, vous n’étiez pas un drogué
comme moi, vous étiez un héro…
CB
_ J’ai craqué comme des centaines d’autres, oh bien sûr on avait des excuses,
on nous tabasait tous les jours, on restait dans la neige debout, on ne sentait
même plus nos pieds. Et ils nous empêchaient de dormir si longtemps qu’on en
aurait tué père et mère pour quelques heures de sommeil.
DP
_ Ce n’est pas comparable…
CB
_ Mon ami Temple, il n’a jamais craqué, il leur répondait en leur crachant à la
gueule ; il avait plus de courage que la plupart d’entre nous.
DP
_ Qu’est ce qu’ils lui ont fait ?
CB
_ Ils l’ont massacré à coup de crosse, juste en face de moi et d’un dénommé
O’Bryan. On a regardé la scène sans rien faire parce que si on avait moufté,
ils nous auraient privé de sommeil encore une nuit. On a troqué la vie de notre
ami Temple contre quelques misérables heures de sommeil, seulement O’Bryan ne
s’est jamais réveillé.
DP
_ Ils l’ont tué lui aussi ?
CB
_ Non, ils ne l’ont même pas touché, il s’est tourné vers le mur et il est mort
parce qu’il n’en pouvait plus. Je suppose qu’après tout ça il ne pouvait plus
supporter de vivre.
DP
_ Il a choisi la facilité.
CB
_ A mon avis, il est mort pour rien. Il n’a pas aidé Temple et il n’a plus
jamais aidé personne après ça.
DP
_ Je comprends cette histoire mais ils vous torturaient, ce n’est pas pareil.
CB
_ Mais vous ne croyez pas que cette guerre vous torture vous aussi ? Vous
souffrez Purcell, vous souffrez parce que vous êtes sensible et tant que je
serai en vie, jamais je n’oublierai le dégoût que j’ai eu quand j’ai vu Temple
mourir ; mais maintenant je m’en sers et je vous conseille à vous aussi de
vous en servir. Que se soit de la souffrance ou de la culpabilité, faites quelque
chose de positif sinon vous pouvez tourner la tête contre ce mur et mourir à
votre tour. Je vous laisse. »
Nous
étions dehors à discuter avec le sergent lorsque le colonel Brewster est sorti.
Une minute plus tard, Dany sortit avec une serviette et un rasoir à la main.
En
plus de cette histoire, Brewster devait gérer un autre problème, bien plus
épineux.
La
section du lieutenant Beller avait massacré tout un village à Phu An. Le haut
commandement avait décidé d’étouffer cette histoire mais Brewster n’accepta pas
cette décision. Il voulait tout balancer à la presse et ne pas se cacher
derrière des excuses (pression, embuscade, guerre, nécessité). Il ne voulait
pas que ce crime reste impuni. La rumeur avait bien fonctionné et tout le monde
était au courant de ce qui s’était passé.
Nous
ne fréquentions pas les hommes de Beller à l’époque car nous passions tout
notre temps à nous occuper de Dany ce qui ne nous empêchait pas d’être au
courant et de les éviter.
Nous
n’arrivions pas à comprendre comment on pouvait en arriver là et surtout
comment ils pouvaient arriver aussi simplement à se dédouaner, et ne pas
prendre la pleine mesure de leurs actes. Je revoie encore ce type, Jones, il
avait une oreille humaine momifiée entourée de papier alu. Il avait utilisé du
sel je crois. Il l’avait toujours sur lui. C’était écoeurant, effrayant. Où la
barbarie s’arrêterait elle ?
Finalement
Brewster fut transféré
Pour
les seules années 1969 et 1970, 16000 soldats furent rendus à la vie civile
pour déshonneur dû à la possession de drogue.
« En
temps de guerre, la vérité est tellement précieuse qu’elle devrait toujours
servir de garde fou au mensonge. » W. Churchill