Chapitre 29 : Accro
Ce
jour là, nous rentrions de missions. Nous sommes allés directement dans notre
baraquement pour poser nos affaires et c’est là que j’ai trouvé un paquet et
une lettre sur mon lit.
AR « Alors, ça vient de qui ?
DW
_ Je n’en sais rien.
AR _ T’a encore fait des ravages ? »
J’ai
ouvert la lettre, c’était une invitation ; mais elle n’était pas signée.
J’ai ouvert le paquet, il y avait une robe à l’intérieur. Elle était belle,
prune, courte et à ma taille.
MT
« Alors, qu’est ce que c’est ?
DW
_ Une invitation.
MT
_ De qui ?
DW
_ Je ne sais pas, je ne reconnais pas l’écriture, ça ne vient pas de Johnny.
AR _Elle s’attendait à ce que ça vienne de Mc
Key.
DW
_ Non pas du tout, de toute façon ce n’est pas son genre. Je ne sais pas de qui
ça vient. Je ne pense pas que je vais y aller.
AR _ Tu pourrais y aller, pour t’amuser un peu,
te changer les idées.
DW
_ Pour tomber sur un tocard ou un tordu, merci mais non merci.
MT
_ On pourrait te suivre au cas ou.
DW
_ Peut être, je ne sais pas…non, oui…d’accord mais au moindre problème je
rentre illico. »
J’attendais
ce rendez-vous du lendemain avec impatience, j’étais toute excitée même si je
ne voulais pas le montrer. J’avais très envie de m’amuser et surtout, je me
demandais qui pouvait bien se cacher derrière tout ça.
La
robe m’allait parfaitement, j’étais superbe dedans. Ce n’est pas moi qui l’ai
dit, c’est mes copains. A chaque fois que je m’habillais comme une femme, ils
n’en revenaient pas, ils voyaient désormais un pote et le côté féminin passait
à la trappe.
A
20 heures pile, une jeep s’arrêta devant notre baraquement, le chauffeur ne
voulut rien me dire, il me conduisit jusqu’à une maison en ville que je ne
connaissais pas. Taylor et Ruiz me suivaient en voiture et j’avoue que ça me
rassura.
Lorsque
je suis entrée, je n’ai tout d’abord vu personne. La pièce était éclairée à la
bougie, une table état dressée, et ça sentait bon la cuisine.
J’avançais
de quelques pas et la porte se referma derrière moi. Je me suis retournée et
quelle ne fut pas ma surprise de voir Johnny sur son 31.
LM
« Bonsoir.
DW
_ Johnny ?
LM
_ Accepterais tu de passer une soirée en ma compagnie ? Ca ne t’engage à
rien.
DW
_ Pourquoi avoir agi comme ça ?
LM
_ J’avais peur que tu ne veuilles pas venir. Là, j’ai éveillé ta curiosité. Je
savais que tu serais venue rien que pour savoir qui j’étais.
DW
_ Tu as raison. Tu me connais bien. »
Chacun
de notre côté nous avions énormément réfléchi à l’autre, à notre relation. Nous
avions pris conscience que notre manque de dialogue était le problème. On ne
parlait jamais de choses importantes et ce soir là, ça a changé, nous avons
vraiment parlé. Nous avons dansé, j’étais bien, détendue, à l’aise et ça
faisait un certain temps déjà que je ne m’étais pas sentie comme ça. Tout était
parfait, la soirée, le repas et c’était assez troublant. Je savais que je
tenais à lui et tout était compliqué.
Lorsqu’il
m’a raccompagné à la base, Taylor et Ruiz m’attendaient dans le baraquement.
Johnny m’avait avoué qu’ils étaient dans le coup.
MT
« Alors finalement c’était Mc Key ?
DW
_ Oui, et vous le saviez très bien bande d’hypocrites !
AR _ Tu as passé une bonne soirée ?
DW
_ Oui.
AR _ Tu nous en veux ?
DW
_ Non, bonne nuit. »
Le
lendemain soir nous sommes à nouveau sortis ; il m’a emmené danser.
J’adorais danser avec lui, nous étions les rois de la piste et lorsqu’il me
tenait serré contre lui, qu’il me regardait dans les yeux, je savais qu’il y
avait quelque chose, que c’était toujours là.
Il
m’a raccompagné jusqu’à la porte de mon baraquement. Là, il m’a donné un baisé,
tout doux, léger comme une plume, un de ceux où tu te demandes si tu as rêvé.
Je
me suis couchée, et j’ai essayé de m’endormir mais rien n’y a fait. Je
n’arrêtais pas de penser à lui. Je ne savais pas quoi faire, finalement je me
suis levée et je suis allée taper à sa porte.
Il
m’a ouvert, il était en caleçon ; nous n’avons rien dit. Il m’a prit la
main et m’a fait entrer.
Nous
nous sommes endormis dans les bras l’un de l’autre.
Sur le matin, quelqu’un a frappé à la porte. Je n’ai pas bien vu mais il m’a
semblé que c’était Myron. Je crois qu’il était venu pour parler à Johnny,
s’excuser peut être.
Trois
semaines étaient passées depuis nos retrouvailles, Johnny était adorable, au
petit soin, ça n’avait jamais aussi bien marché entre nous.
Myron
et Johnny n’étaient plus réellement en froid, le fait que nous soyons à nouveau
ensemble était pour quelque chose dans cet état de fait. C’est lui qui m’avait
eu.
Ce
jour là, nous étions en ville, il conduisait pour rentrer à la base lorsque
nous avons renversé une gamine.
DW
« Oh mon dieu !
LM
_ Je ne l’avais pas vu ! Elle s’est jetée sous mes roues ! »
Nous
sommes rapidement descendus de la jeep.
DW
« Elle est en vie.
LM
_ Il y a un médecin ?
BS _ Laissez moi passer. »
Une
bonne sœur est arrivée en courant, elle a relevé la fillette.
BS « Elle n’a rien, elle est juste un peu
secouée.
LM
_ Tout de même, vous ne savez pas s’il y a un médecin dans le coin ?
DW
_ Il serait plus raisonnable de la faire examiner.
BS _ Il y a un hôpital pas loin.
LM
_ On y va. Où habite elle ?
BS _ Elle est orpheline comme de nombreux
enfants.
DW
_ Johnny je dois rentrer.
LM
_ Je suis vraiment désolé.
DW
_ C’est pas grave, file, vas-y. Je vais me débrouiller.
LM
_ Je t’aime, à ce soir.
DW
_ A ce soir. »
A
la base. Doc. entra dans notre baraquement. Dany était allongé sur son lit, il
fumait de l’herbe. Depuis quelques temps Dany passait son temps à fumer, ça
posait de plus en plus de problème et moi je n’étais jamais là. Il avait
apparemment commencé à se droguer depuis un moment et nous n’avions rien vu.
DP « Qu’est ce que tu veux me raconter mon
grand copain doc ? Barratine moi, je te reçois
5/5.
DH
_ Ce n’est pas du barratin. Ca va mal se terminer
cette histoire. Ca fait 15 jours que tu fumes, si tu ne décroches pas maintenant,
ça va mal se finir. C’est comme un puit sans fond.
DP _ Allez casse toi ! »
Doc.
Hoc sortait au moment où Ruiz et Taylor entrèrent.
MT
« Purcell, ça sent l’herbe à 3Km.
DP _ C’est pour ça que tu te radines.
MT
_ S’il faut que tu fumes, fais le ailleurs ; sinon on va tous avoir des
ennuis.
AR _ A quoi ça te sert ? Ils vont te foutre
en taule.
DP _ Je m’en balance, occupe toi de tes
affaires !
AR _ J’ai envie de comprendre pourquoi tu te
fais du mal.
DP _ Laisse tomber !
AR _ Non, je ne veux pas laisser tomber !
On est amis. On peut compter l’un sur l’autre mais je ne peux pas compter sur
un mec qui plane à 7000 pieds.
DP _ Arrête ! On n’est pas dans la
jungle ! J’me tire ! »
Johnny
ramenait la sœur et la fillette à l’orphelinat. A peine étaient ils arrivés,
que la gamine sortit de la voiture en courant. Ils la regardèrent rentrer.
BS « Elle a de la chance.
LM
_ De la chance de vivre comme ça ?
BS _ Oui, il y a des centaines d’enfants sans
toit en ville. Ici elle a de quoi se loger, se nourrir et se vêtir. Nous sommes
3 sœurs pour nous occuper de 100 petites filles. »
Johnny
remarqua une femme entourée de nombreuses personnes. Elle méditait.
LM
« Dîtes moi, c’est une bouddhiste ; qu’est ce qu’elle fait là ?
BS _ C’est Diülan.
Elle jeûne et prie depuis 4 semaines.
LM
_ Prier et jeûner depuis un mois ? Pour quoi faire ?
BS _ Pour trouver son « moi »
intérieur. Elle médite, elle recherche la pureté de l’âme, vous
comprenez ? Le sens de la vie, son véritable but.
LM
_ Croyez vous qu’une seule vie puisse suffire à cette guerre ?
BS _ Mais vous raisonnez en bouddhiste vous
même. Vous devriez parlez à Diülan.
LM
_ Non mais je voudrais vous reparler, je ne plaisante pas ; la pureté de
l’âme c’est peut être hors de ma portée mais je me suis souvent posé des
questions sur le sens de ma vie. Et les réponses que j’ai trouvées sont
insuffisantes. »
Johnny
est rentré, nous avons dîné en tête à tête et nous avons passé le reste de la
soirée tous les 2.
Au
même moment dans un bar de Saigon.
GI « Purcell, faut pas boire seul sinon ça
va finir pas se savoir.
DP
_ Ca se sait déjà.
GI _ Purcell, je te présente Lehanders,
Lehanders, je te présente Purcell.
DP
_ Comment ça va Lehanders ?
GIl _
Bien, je rentre de me bronzer la coine à Canoy. La plage, le soleil, les filles…
DP
_ Comment t’as pu avoir des vacances ?
GIl _ Je
les ai prises. Le commandant Pekerwood avait besoin
d’un homme pour transporter les explosifs. C’est pas lui qui va se plaindre. Il
dit que je suis fait pour ce genre de boulots. Canoy
c’est le pied.
DP
_ C’est où Canoy ?
GIl _ A
Shu Long du côté des docks.
DP
_ Est ce que tu penses que la prochaine fois tu pourrais emmener un
copain ?
GIl _
C’est loin du secteur militaire tu sais, il y a que des originaux, des blacks
déserteurs, c’est pas de tout repos. Ils sont méfiants ces mecs là-bas. »
Un
GI est venu acheter de la came à Lehanders ; Dany est sorti avec eux pour
conclure le deal et ils se sont tous fait arrêter à la sortie du bar.
Le
lendemain, nous nous préparions à partir en mission. Nous devions enlever un
Officier Vietnamien qui pouvait identifier une demie douzaine de communistes.
Il voulait coopérer avec les Américains mais il avait peur de représailles
contre sa famille alors nous avions mis au point ce stratagème.
Tout
était déjà réglé, nous partirions avec 2 hélicos pour qu’ils croient que c’est
une simple mission et nous interviendrions en fin de journée. Nous serions
également accompagnés de 4 éclaireurs Viets.
Johnny
avait été marqué par cette gamine et cette bonne sœur. Il retourna les voir, il
avait un cadeau pour la petite, une vache qui meugle quand on la retourne.
LM
« Ecoute, c’est marrant.
BS _ Elle n’entend pas, elle est sourde. »
La
gosse partit avec la peluche.
LM
« Je me demandais pourquoi elle ne riait pas.
BS _ Les Nord-vietnamiens font des
exemples ; ils lui ont crevé les tympans avec une mine de crayon.
LM
_ Pauvre bébé…je dois partir, au revoir.
BS _ On va prier pour vous, vous êtes si gentil
avec Xuan.
LM
_ J’ai failli la tuer bon dieu ! Pardon ma sœur.
BS _
C’est juste une mauvaise habitude lieutenant.
LM
_ Pourquoi sont ils autour de Diülan ?
BS _ Ils croient qu’elle meurt de faim.
LM
_ C’est vrai qu’elle ne s’épargne pas beaucoup.
BS _ Ca n’a pas d’importance pour elle, elle
croit que ça se répercutera dans ses vies futures.
LM
_ Ca serait bien si on pouvait être sûr de ça.
BS _ Diülan ne
raisonne pas comme ça.
LM
_ Une deuxième vie pour rectifier le tir…
BS _ Pourquoi faire des erreurs la première
fois ?
LM
_ On ne fait pas exprès. On ne contrôle pas ses erreurs, je n’ai aucune
autorité sur les évènements. Je peux me planter demain comme devenir
centenaire.
BS _ Et si vous vous plantiez demain comme vous
dîtes ?
LM
_ J’aurais eu des bons et mauvais moments, rien dont je puisse être fier. Mon
seul regret serait de laisser mon amie, malgré tout ce qui s’est passé, c’est
la meilleure chose qui me soit arrivé. Je l’aime.
BS _ C’est bien…Mais vous pouvez également être
fier, vous êtes venus pour aider ses malheureux à se battre pour leur pays.
LM
_ Non, je suis venu ici car ça m’excitait de piloter mais aujourd’hui ça ne me
suffit plus.
BS _ Gardez espoir John Mc Key. »
Le
lendemain, le sergent était revenu. Ce jour là, nous étions prêt à partir en
mission.
MT
« J’espère que t’es content, ils ont foutu Dany en prison !
DH
_ J’y suis pour rien, d’ailleurs il doit sortir cet après-midi.
AR _ Pour être collé de corvée de chiotte.
DW
_ A sa place, je préfèrerais encore rester où je suis.
SA _ Hockenberry !
Rapplique ici ! Tout de suite !
DH
_ Oui sergent ?
SA _ C’est toi qui as fait ça ? »
Un
« Peace and love » avait été tagué sur le sol de la piste d’embarquement, sur
l’emblème officielle de la base.
Anderson
lui montra le sol.
DH
« Je ne me permettrais pas sergent, ça s’appelle dégradation du matériel
militaire.
SA _ Exact.
DH
_ Et pour ça, on dit rien ?
SA _ Ca s’est différent, c’est l’emblème du SOG,
c’est normal qu’elle soit là.
DH
_ A mon avis, ce n’est pas l’emblème officiel, je ne suis pas sûr que ce soit
très réglementaire.
LG _ Allez, on y va, on embarque ! »
Plus
tard dans la journée, Dany fut libéré de prison. Il était seul, pommé, crade et
il puait. Il alla jusqu’à notre baraquement pour se faire une dose.
Dans
la jungle. Myron nous donna les instructions pour la mission.
LG
« Alors voilà, on fait semblant de bivouaquer ici jusqu’à ce soir.
Ensuite on se repliera à 200 mètres d’ici. On restera en contact visuel ;
je veux le silence absolu, on communiquera uniquement par signes. »
Le
lendemain nous nous sommes réveillés trempés par la rosée.
A
la base. Dany était réveillé, il était en train de prendre une dose lorsque
quelqu’un entra dans le baraquement. Il fit tomber tout son attirail.
DP
« Oh merde !
SH
_ Tiens, c’est notre ami Purcell !
DP
_ Qu’est ce qui se passe ?
SH
_ Je suis le sergent Hunegan, je venais voir si tu
étais réveillé et si tu étais fin prêt pour ta mission.
DP
_ Mais quelle mission ?
SH
_ Une mission qui convient parfaitement à ta sensibilité…la corvée de
chiotte !
DP
_ Oh non ! C’est pour les bleus !
SH
_ C’est ça, pour les bleus et les bons à rien ! Je me demande dans quelle
catégorie je te mets ?
DP
_ Soyez sympa, j’ai le ventre creux.
SH
_ Alors saute dans tes fringues, l’heure du grand merdier vient de sonner pour
toi soldat ! »
Après
le petit déjeuné, Hunegan vint chercher Dany pour lui
donner ses instructions. Il n’arrêtait pas de l’enfoncer en lui disant qu’il
était le roi de la corvée de chiotte, qu’il était fait pour ça, qu’il avait ça
dans le sang.
Dans
la jungle. Le sergent nous dispatchait autour de la zone, 2 des 4 viets qui nous accompagnaient n’étaient pas nets et ce
n’était pas très rassurant.
Nous
encerclions le boumker. Quelques hommes partirent pour une opération
éclaire ; il fallait enlever cet officier sans se faire remarquer, ils
devraient y aller au corps à corps, les tuer au couteau.
Lorsqu’ils
sont revenus avec le prisonnier, un des éclaireurs viet lui tira dessus et
s’enfuit. Le sergent partit à sa poursuite et réussi à l’avoir. Le blessé ne
fut pas gravement touché.
DH
« Vous inquiétez pas lieutenant, il s’en sortira.
SA _ Je crois qu’on devrait décamper ; avec
tout le raffut qu’on a fait, ils ne devraient pas tarder à tous
rappliquer. »
A
la base. Après sa corvée finie, Dany retourna au baraquement. Sur le chemin il
rencontra Lehanders.
GIl « Qu’est ce qui t’es arrivé Purcell ? Ils t’ont foutus de corvée de
chiotte une fois que t’es sorti ? C’est dégueulasse.
DP
_ Lehanders, reparle moi un peu de Canoy.
GIl _
S’ils t’acceptent, c’est le pied. Le problème c’est que t’es blanc, ils vont te
surveiller. Moi je t’ai à la bonne mais n’essaye pas d’y aller.
DP
_ Et si j’y vais quand même, qui je dois demander ?
GIl _
Demande « Gros Jack », dis lui que tu viens de ma part. Si tu ne lui
reviens pas, je préfère ne pas être à ta place.
DP
_ Bon, ben je vais prendre une douche.
GIl _
Ouai, c’est pas du luxe, t’en a besoin. »
Nous
étions rentrés de mission, mais nous n’avons pas vu Dany.
Johnny
avait réquisitionné Doc. Hoc.
LM
« Ecoutez merde, ils ne sont pas tellement nombreux, il y a juste 6
gosses.
DH
_ Ces gosses sont des civils, je n’y peux rien.
LM
_ Et 3 religieuses.
DH
_ Y en avait 2 au début, ensuite 6 et puis maintenant 9.
LM
_ Ecoutez, ceux sont de pauvres innocents incapables de se défendre seuls.
DH
_ Mon lieutenant, je vous répète que ceux sont des civils, adressez vous aux
mecs des services sociaux ; leur rôle à eux c’est de s’occuper des civils
qui en ont besoin.
LM
_ Les services sociaux ne voudront jamais, ils n’ont aucun impact politique.
Enfin, vous avez bien prêté le serment d’Hippocrate !
DH
_ Non, je suis infirmier et pas docteur. En plus, ce que vous me demandez de
faire là ça va me mettre dans un sacré pétrin avec le colonel, déjà que ma côte
de popularité n’est pas à son top en ce moment.
LM
_ Je me suis peut être trompé sur vous ; je me disais que si vous pouviez
vacciner les filles dans les rues alors… »
Il
accepta finalement. Plus tard, alors qu’il était en train de charger une jeep
de médicaments pour l’orphelinat, le colonel le surprit.
CB
« Hockenberry, le sergent des fournitures a appelé
mon bureau en disant que vous réquisitionniez un tas de médicaments ; il a
cru que vous retourniez vacciner dans les bordels, il s’est d’ailleurs proposé
pour vous aider. Expliquez moi ça ? »
Plus
tard, devant l’orphelinat.
DH
« J’ai cru que j’étais foutu mais il était d’accord.
LM
_ J’en étais sûr, je te l’avais dit… Voilà ma sœur, la livraison est finie, on
va y aller.
BS _ C’est très gentil.
LM
_ Ce n’est pas grand chose. »
En
début de soirée. Je rentrais dans le baraquement, je cherchais Dany pour lui
parler un peu et c’est là que je tombais sur lui. Il avait le crâne rasé et
semblait être sur le départ.
DW
« Dany, qu’est ce que t’a fait à tes cheveux ?
DP _ Laisse tomber, tout va bien. »
Son
calme m’a paniqué, je savais ce qu’il était sur le point de faire.
DW
« Ne fais pas ça, je t’en prie, fais pas ça.
DP _ Ma vie vient de basculer Dèb. Tout est sans
dessus dessous, j’ai craqué, je suis à bout. »
Je
me suis approchée de lui et je lui ai pris les mains.
DW
« Je ne te laisserai pas tomber Dany, je te le promets. Je ferai ce qu’il
faudra, je t’aiderai à t’en sortir mais ne déserte pas, pas ça. »
Il
m’a lâché les mains.
DP « T’étais en mission hier, moi ils m’ont
collé de corvée de chiotte ; j’ai cru que j’allais mourir de honte. Je me
suis planqué toute la journée. Je dormais, je prenais une dose et ainsi de
suite. Je ne peux pas rester, je ne peux plus, je suis crevé.
DW
_ Et qu’est ce que tu vas faire Dany ?
DP _ Je suis passé chercher ma solde au bureau
et je vais monter une société de massages à Shu Long avec des potes.
DW
_ Un renard dans le poulailler. Ecoute moi Dany, je veux te revoir en vie alors
je t’en prie, fait attention.
DP _ Salut Dèb, fait gaffe à toi. »
Il
est parti dans la nuit, sans se retourner. Je savais que j’aurais dû le retenir
mais je ne l’ai pas fait.
DW
« Fais gaffe à toi Dany. »
Durant
la guerre, bien qu’il y ait ½ millions de soldats présents au Vietnam, il y eut
seulement 24 cas de désertion avérés.