Chapitre 28 : Sergent Jhonson
Une
semaine était passée depuis que j’étais sortie de l’hôpital et les moments où
j’étais restée seule à la base étaient passés très lentement. C’était un peu
déprimant.
Le
sergent quant à lui n’était toujours pas rentré.
C’était
ma première journée de retour en service actif.
Le
général et le colonel Brewster discutaient au briefing avec Myron.
CB
« C’est clair lieutenant Goldman, d’ici une heure vous devez former une
section qui partira dans une heure et demie. Briefing dans trente minutes,
rompez. »
Myron
est sorti, le général et le colonel Brewster ont continué leur discussion.
Gal
« Ils ont loupé le point de rendez-vous de pas beaucoup. On a presque
plus d’espoir de les retrouver.
CB
_ Ils peuvent se nourrir de scarabées et de pousses de bambou.
Gal
_ Oui mais là où nous les avons déposés, il n’y a ni scarabée ni pousses de
bambou.
CB
_ Je n’abandonnerai pas les recherches tant que je ne serai pas sûr qu’ils sont
morts.
Gal
_ 4 mercenaires viets.
CB
_ Et 2 Australiens.
Gal
_ Ils savaient ce qu’ils faisaient en s’engageant.
CB
_ Je n’ai pas envie de les laisser tomber.
Gal
_ Vous voulez risquer la vie de 600 hommes pour en sauver 6 ?
CB
_ 6 êtres humains mon général.
Gal
_ Qu’est ce qui vous arrive, vous n’avez rien à prouver.
CB
_ En arrivant j’ai entendu un dicton : « Entre un domestique et son
maître, la responsabilité va à la personne qui voit le plus large. »
Gal
_ Vous jouez aux asiatiques maintenant ?
CB
_ Qui sait, c’est peut être la seule chance qui nous reste pour gagner cette
guerre. »
2
heures plus tard, nous étions en mission. Nous étions partagés en 2 groupes.
Marvin était à la tête du 1er groupe, et Myron du 2ème.
Ils communiquaient par radio.
SJ « Il n’y a pas de trace de sandales, à
vous.
LG
_ Poursuivez jusqu’au lieu de rendez-vous Tango.
SJ _ Bien reçu, 6. Terminé. Purcell avance…
2-6, j’ai des macabées.
LG
_ Allez voir ça, et faites bien attention. On arrive.
SJ _ Obanon, Thrang, N’Guyen, allez-y. Faites
attention, ne touchez pas les corps, ils sont sûrement piégés. »
Nous
étions dans les sous-bois, nous attendions et observions la zone à découvert où
étaient les corps. Obanon, Thrang et N’Guyen se sont approchés, ils se sont
baissés pour voir s’il y avait encore quelqu’un de vivant. Ils se relevaient lorsqu’ils
se sont fait abattre. Nous n’avons rien pu faire.
C’était
les corps des membres de l’expédition qu’on avait loupé ; il y avait 5
cadavres et on pouvait donc penser qu’il y avait encore un 6ème
vivant.
Marvin
était dans tous ses états, il venait de perdre ses premiers hommes.
Aux
Etats-Unis, une semaine plus tôt, le sergent était arrivé à Huston. Il alla
directement voir Jennifer à son bureau. Elle parlait avec 2 hommes, en fait,
elle leur criait après car elle voulait des médicaments (toujours la même
histoire) lorsqu’il est apparu, ils le dévisagèrent et elle les laissa en plan.
Ils
s’enfermèrent dans son bureau. Il l’attrapa à peine étaient-ils dans la pièce
et il l’embrassa. Ils ne s’étaient encore rien dits, elle voulait lui parler
lorsqu’il reprit ses lèvres avec ardeur. Il l’enlaça très fort contre lui.
DcS
« Tu as 5 jours d’avance. Qu’est ce qui s’est passé avec ta fille ?
SA _ Rien, plutôt si ; elle a un nouveau
papa. Tu sais, je m’étais promis de lui faire la morale sur la façon d’élever
les enfants mais…
DcS
_ Il ne t’a pas écouté ?
SA _ Je ne l’ai même pas rencontré. Il l’a bien
élevé, il a fait son travail, c’est une famille.
DcS
_ Ecoute, tu devais arriver vendredi, j’ai du travail et des projets.
SA _ Des projets ? J’ai fait la moitié du
tour du monde pour te voir. Tu es docteur major et moi sergent ; je mérite
la prison pour ce que j’ai l’intention de faire avec toi. Alors major, vous
voulez bien transgresser la loi avec un sergent de 3ème zone ?
Je t’en prie… »
Ils
sont sortis pour s’isoler et sont allés faire un tour en voiture.
DcS
« Est ce que tu as demandé une autre affectation ?
SA _ J’y réfléchis.
DcS
_ Qu’est ce que tu comptes faire ?
SA _ Instructeur à l’école d’infanterie ou
instructeur d’officiers.
DcS
_ Ca n’a pas l’air d’être le bonheur.
DcS
_ Je crois que je n’ai jamais connu le bonheur. Je me souviens avoir été
heureux dans le passé, et je serai heureux dans le futur, avec toi mais…je n’ai
jamais été très heureux dans le présent. »
Leurs
retrouvailles avaient été compliquées.
Au
Vietnam. Doc. Hoc écoutait les nouvelles à la radio dans le baraquement.
DH
« Quels salauds ! Ils leur ont tapé dessus !
MT
_ On m’a déjà tapé dessus.
DH
_ Mais là, c’est ces salauds de flics de Chicago à la Convention Nationale
Démocrate !
AR
_ La politique c’est du pipi de chat.
DH
_ Du pipi de chat ? ! Ne déconne pas, ce sont ces mecs qui décident
de ton avenir. Il faut savoir à quoi s’attendre si tu ne veux pas y laisser des
plumes.
MT
_ Le pauvre, il fait sa crise ; Doc., t’es au Vietnam ! Y a que les
balles qu’il faut savoir éviter. Bye !
DH
_ ½ million de soldats au Vietnam et il faut que je tombe sur des abrutis
pareil ! Tu viens manger Jhonson ?
SJ _ Non, ça va, merci.
DH
_ Alors salut. »
Doc.
Hoc sortait lorsque Myron entra.
LG
« Sergent, comment ça va ?
SJ _ Mal, j’ai l’impression que je me suis
gouré.
LG
_ C’est le cas. Vous auriez dû faire plus attention.
SJ _ Ils devaient servir d’appât, je le sais
maintenant. C’est moi qui les ai tué.
LG
_ Non, pas du tout. Ce sont les Viets. Il est de la responsabilité de chaque
homme de rester sur ses gardes. Vous ne pouvez pas tenir tous vos soldats par
la main.
SJ _ Je ne pensais pas que c’était comme ça mon
lieutenant.
LG
_ C’est ça, continuez à vous faire des reproches et ce genre de gaffe
recommencera. J’ai confiance en vous et les hommes aussi. Briefing dans 10
minutes. »
Plus
tard au briefing.
CB
« Tant que nous ne serons pas sûr que William est mort, je préfère vous
garder vous et vos hommes à la base. Etat d’alerte 24h/24, et pas d’alcool.
LG
_ A vos ordres. »
A
la fin du briefing, Jhonson s’est rapidement éclipsé.
CB
« Lieutenant Goldman, qu’est ce qu’il a ? Y a un problème ?
LG
_ Il vient de perdre ses premiers hommes.
CB
_ Dommage qu’on ne puisse pas lui dire que ceux sont les derniers.
LG
_ Oui. »
Dehors
près de l’hélico, les corps des hommes de Johnson étaient allongés sous des
bâches en attendant d’être rapatriés. Marvin s’est approché, il était comme
envoûté et faisait un cauchemar tout éveillé dans lequel ses hommes lui reprochaient
d’être morts.
GIo
« Et sergent, vous venez me baratiner sur la non responsabilité du
commandement !
SJ _ Avant de te relever, il fallait regarder
s’il n’y avait pas de Viets dans les sous-bois.
GIo
_ Il fallait me le dire.
SJ _ C’est à chaque homme de faire gaffe à sa
peau ici.
GIo
_ Mon œil ! Tu réponds à ma question par des pirouettes.
SJ _ J’ai fait du mieux que je pouvais.
GIo
_ En tout cas, ça ne fait pas le compte. Combien vous faudra t il de macabées à
votre actif pour que vous compreniez ce que c’est de donner un
ordre ? ! »
Son
cauchemar a pris fin comme ça.
Doc.
Hoc traversait la réserve de munition lorsqu’il nous est tombé dessus (Ruiz et
moi)
DH
« Excusez-moi, qu’est ce que vous faites là tous les 2 ?
DW
_ C’est calme, c’est là qu’on vient lire de temps en temps.
DH _ C’est vrai, c’est calme. Qu’est ce que vous
lisez ?
DW
_ Sur la route de Kerouac.
AR _ Un livre que ma mère m’a envoyé.
DH _ En espagnol.
AR _ Je lui ai écrit que je m’inquiétais parce
que je ne rêvais plus en espagnol. Ca me fait du bien de me replonger dans ma
langue maternelle.
DH _ C’est bien ?
AR _ C’est un peu à l’eau de rose.
DW
_ Et toi, qu’est ce que tu fais ?
DH _ Je remplie une demande de vote par
correspondance. Vous avez rempli le votre ?
DW
_ Pas encore.
AR _ Quant à moi, se sont pas les portoricains
qui élisent les présidents.
DW
_ Et c’est qui d’après toi ?
AR _ C’est les gens pleins aux as, les
multinationales, les vieux blancs qui fument le cigare. Dans ma famille, on
pense que c’est une perte de temps.
DW
_ Vous vous trompez.
AR _ Pourquoi tu refuses de porter une
arme ?
DH _ Si jamais je tuais quelqu’un, je ne serais
plus le même, ni avec moi, ni avec les autres jusqu’à la fin de mes
jours. »
Le
colonel Brewster discutait avec Myron pour lui présenter le commandant Shan
Loy. Un prisonnier blanc avait été aperçu près d’un village du Nord Ouest de la
forêt de Loy. Boyle.
Nous
devions partir en mission pour vérifier cette piste. Nous allions être déposés
entre Ben Thou et Sho Fang en passant par les 2 villages.
Nous
devions absolument trouver une piste ; William avait une femme et 2 jeunes
enfants.
Au
même moment, le sergent était avec Jennifer dans une chambre d’hôtel. Ils
étaient partis en voiture depuis une semaine. Il mit une bague dans son sac,
pour qu’elle la découvre, pour lui faire une surprise.
SA « Je vais partir, je me sens plus
vivant au Vietnam.
DcS
_ J’aimerais que tu te sentes vivant avec moi Zeke. Une fois la guerre finie,
contre qui te battras tu ? »
Au
Vietnam. Nous étions dans le premier village à inspecter. Les villageois
étaient tous présents. Notre traducteur nous dit qu’ils étaient passés ici 3
heures auparavant. Les Viets avaient tabasé William sous leurs yeux. Un gamin
prit une orange et…
SJ « Attention mon lieutenant,
grenade ! »
Nous
nous sommes tous aplatis au sol.
LG
« Ne tirez pas ! Ne tirez pas ! Jhonson ! Putain, c’est un
fruit !
SJ _ Je vous demande pardon.
LG
_ Sergent, se fier à son instinct, c’est bien mais…et puis merde ! »
Les
villageois n’ont plus voulu parler, ils nous avaient aidé de bon cœur et nous
les soupçonnions quand même. Nous sommes partis en leur laissant chacun une
boite de bouffe. Nous sommes ensuite rentré à la base.
Les
mecs allèrent au bar pour discuter, je préférai aller lire sur mon lit.
MT
« Dire que j’aurais pu tirer dans le tas !
DP _ De là où on était, on aurait pu exterminer
tout le village.
AR _ Mais on ne l’a pas fait, arrête d’en
parler.
DP
_ Je n’arrive pas à oublier Ruiz, J’en suis malade ! Toubib, t’aurais pas
un truc pour me calmer ? »
Johnson
était plus loin, seul à une table.
LM
« Dure journée sergent ?
SJ _ C’est rien de le dire.
LM
_ Alors Jhonson, c’est vrai ? Tu t’es jeté sur un fruit pour sauver tes
petits camarades ?
SJ _ Je croyais pas qu’être sergent c’était
comme ça.
LM
_ Oui ben cite moi un truc au Vietnam qui ressemble à ce que tu avais
imaginé ?...Au fait… comment va Dèb ?
CB
_ Sergent Jhonson !
SJ _ Garde à vous !
CB
_ Tous les autres ailleurs !... Votre premier regret sergent. Si seulement
j’avais fait ceci au lieu de cela, de pauvres types seraient encore en vie. On
est tous passés par là. Si je vous disais combien d’hommes ont vu leur vie
basculer à cause de mes ordres, vous vomiriez ici pendant plus d’une semaine.
Quand
j’étais à West Point, j’ai appris la théorie de l’accomplissement de la mission
au détriment du bien être des hommes.
Avez
vous déjà réfléchi à la vie sergent ? Oui, la vie. C’est bizarre, les
Américains respectent la vie, les Vietnamiens la vénèrent et pourtant, et
pourtant… Au Vietnam, nous traitons la vie avec autant de respect que si l’on
poussait un ballon de baudruche dans une forêt en feu.
La
plupart des chefs ne craignent pas de sacrifier la vie pour arriver à leur but,
le meilleur des officiers c’est celui qui ne craint pas de courir ces mêmes
risques pour sauver des vies. Ne changez rien à vos méthodes. »
Au
Etats-Unis. Zeke et Jennifer mangeaient dans un drive-in, le soleil tapait. A
côté d’eux, il y avait 3 couples de jeunes dans une voiture.
Ctr
« Moi je pars dans quelques temps pour casser du Viet. »
Il
se vantait auprès de sa copine et de ses potes.
Ctr
« Tu vois cette insigne ? Ca veut dire que je suis spécialiste en
armes. M16, fusils mitrailleurs, mitrailleuses.
SA _ Encore un petit gars qui croit aimer son
boulot.
DcS
_ J’en connais d’autres qui aiment leur travail.
SA _ Mais toi tu as un beau boulot, tu as raison
de l’aimer, c’est important.
DcS
_ Toi aussi ton travail est important.
Ctr _ Mais je te dis qu’on ne peut pas la perdre
cette guerre !
Cpe
_ On verra.
Ctr _ Mais c’est tout vu, on a les meilleurs
hommes, le meilleur équipement et les hommes sont supers entraînés.
Cpe
_ C’est ça.
Ctr _ En tout cas, les connards de Viets, ils ne
me font pas peur.
SA _ Tu permets Jennifer ?
DcS
_ Zeke…
SA _ Ne t’inquiète pas. Ca va aller…et soldat,
comment ça va ?
Ctr _ Bien.
SA _ Il me semble t’avoir entendu dire que tu
partais pour le Vietnam.
Ctr _ Oui, je viens de terminer ma formation, je
pars dans 10 jours.
SA _ C’est bien ça. Alors t’es déjà une vraie
machine à tuer ! Tu vas casser du Viet, tu vas te faire la main.
Ctr _ Ouai, je vais leur en mettre plein la
vue !
SA _ Ouai ben écoute moi, ce n’est pas du
football que tu vas jouer là-bas. Les Viets aussi savent tuer.
Ctr _ Et alors ?
SA _ Et alors ? Tu sais quel bruit elle
fait la mort au Vietnam ? Et bien je vais te le dire…bzz, le bruit que
font des insectes ; des millions et des millions d’insectes. Toutes les
sortes d’insectes attendent que tu sois là-bas. Une nuit tu seras en embuscade
avec tes camarades, assis dans le noir et tu verras même pas à 10 mètres devant
toi. Et il faut absolument pas faire de bruit car sinon les Viets pourraient te
repérer mais c’est pas obligé et là-bas, t’es hypnotisé par bzz. Tu me
rappelles un jeune, une grande gueule, je l’ai connu à Shu Lai. C’était mon
éclaireur pendant un moment. Une fois il expliquait qu’il était un caïd chez
lui et il ne faisait pas gaffe. Il nous conduisait sur une piste quand on a
entendu un clic. Alors la grande gueule s’est mise à chialer et à demander sa
mère. Mes 2 meilleurs hommes sont allés le voir pour le rassurer et désamorcer
la mine mais ce petit con, cette grande gueule a voulu sauver sa couâne et
boom ! Il ne restait plus rien, que de la fumée, mes 2 meilleurs hommes et
le petit con étaient morts. On n’entendait plus qu’un bruit bzz….Je me demande
pourquoi c’est toujours à cause d’un petit con, une grande gueule, un salopard
dans ton genre que meurent mes meilleurs hommes, hein ? ! »
Zeke
était très énervé, il avait cette petite boule coincée dans la gorge, celle qui
fait si mal. Les jeunes dans la voiture étaient sans voix. Il y avait un
silence pesant, les jeunes le regardaient et ne savaient pas quoi penser. Ce
type était il fou ? Zeke a ensuite rejoint Jennifer dans la voiture, ils
sont rentrés à l’hôtel. Ils n’avaient rien dit.
SA
« Je serai mieux là-bas. Tu sais, tout au long de notre discussion, j’ai
eu envie de lui déchirer la gorge.
DcS
_ Mais tu ne l’as pas fait.
SA _ Mais que se passera t il le jour où ça
arrivera ?
DcS
_ Tu repars donc au Vietnam pour pouvoir couper des gorges ?
SA _ Ce n’est pas aussi simple que ça.
DcS
_ Rien n’est aussi simple.
SA _ J’ai jamais pensé qu’en quittant le
Vietnam je pourrais vouloir y retourner.
DcS
_ Non mais c’est évident que tu veux y retourner !
SA _ Alors tu crois ça toi ? »
Il
se dirigea à grand pas vers le sac de Jennifer et y prit la bague qu’elle
n’avait pas remarqué pour la lui donner.
SA « Et ça ? Qu’est ce que
c’est ?
DcS
_ Je ne sais plus quoi dire.
SA _ Moi non plus… Je m’étais juré que si
jamais je remettais la bague au doigt d’une femme, je ne la quitterai
jamais ; et voilà ce qui se passe. Je ne sais pas ce que je dois faire
mais je veux le faire avec toi. Tu veux m’épouser ?
DcS
_ Oui.
SA _ Si tu savais comme je t’aime.
DcS
_ Moi aussi je t’aime. »
La
climatisation a rendu l’âme, encore.
DcS
« Elle a encore lâché, c’est pas vrai ! Qu’est ce qu’on va
faire ?
SA _ Ce qu’on va faire ? On va
transpirer. »
Au
Vietnam. Nous devions avoir quartier libre mais les plans ont été changés. Nous
devions nous préparer à partir, William avait été vu.
DP « Même après avoir dormi 12 heures, je
suis crevée. J’ai l’impression d’être dans du coton. Toubib, t’aurais pas un
truc pour la pêche ?
DH
_ Je ne donne pas de petit déjeuné chimique. Reprend du poil de la bête sinon
tu vas y rester.
SJ _ Tout le monde doit être prêt dans 10
minutes. »
Marvin
est sorti.
MT
« Là mes frères, ça s’appelle des emmerdes.
DW
_ Comment tu peux dire ça ? C’est ton pote.
AR _ Il a raison.
DP _ Jhonson a perdu la boule, il réfléchit
beaucoup trop.
DW
_ Tu crois quand même pas qu’il nous enverrait au casse pipe ?
MT
_ Je n’en sais rien, et je n’en ai rien à foutre de savoir que c’est mon
meilleur pote. Je ne veux pas obéir à un sergent fêlé. »
Aux
Etats-Unis. Après avoir fait l’amour, Zeke et Jennifer se sont endormis.
Le
sergent était en train de rêver, Jennifer était enceinte, assise à côté de lui.
Elle lui servait à manger. Ils étaient dans la forêt vietnamienne. C’est là que
ça tourna au cauchemar. Nous, ses hommes, sommes apparus.
Nous
étions en chemise hawaïenne, Taylor avait une radio sur l’épaule que nous
écoutions à fond.
MT
« On se bouge le cul en mesure pendant que Jhonson essaie de lire la
carte ! »
Le
sergent se leva de table pour nous crier dessus mais nous ne pouvions pas
l’entendre.
SA « Et les gars, qu’est ce que vous
faites ? Eteignez moi cette radio !
DH
_ On devrait peut être éteindre la radio, vous savez, le sergent n’aurait pas
été d’accord.
SA _ C’est ça Hockenberry.
DW
_ Mais il n’est pas là.
DP _ Et quand le chat n’est pas là…
TS _ Les souris dansent ! !
SA _ Arrêtez ! ! Sortez de cette
piste ! »
Nous
étions encerclés, le sergent était à quelques mètres et ne pouvait rien pour
nous. Nous nous sommes tous fait descendre. Le sergent s’est alors réveillé.
SA « Non !!
DcS
_ Qu’est ce qu’il y a Zeke, chéri ?
SA _ Ce n’est rien, juste un mauvais rêve.
Rendors toi. »
Au
Vietnam. Nous étions en mission. Après avoir traversé une rivière, nous avons
fait une pause.
LG « Bon, ça va ?
SJ _ Oui.
LG _ Vous allez à droite, moi j’emmène mes
hommes sur 2km plus bas. On se retrouve plus haut sur la rivière. Faites gaffe.
Je veux William en vie.
MT
_ Où on va ? Au Cambodge ?
LG _ On a une mission à remplir Taylor ; on
ira jusqu’à Paris s’il le faut. En avant. »
Nous
nous sommes mis en embuscade 200 mètres plus loin Jhonson, Ruiz, Dany Taylor 2
nouveaux et moi.
GI « Le plus dur, c’est de poireauter.
MT
_ On pourrait demander aux Viets de se magner le cul.
SJ _ Arrêtez, ça suffit.
AR
_ Sergent.
SJ _ Vicking 6, ici Vicking 2. Contact visuel,
je répète, contact visuel, à vous.
LG
_ Description, à vous.
SJ _ 6 Viets, 1 kangourou. Ils se dirigent vers
la rivière, à vous.
LG
_ C’est à vous de jouer 2, on avance vers vous, c’est bien reçu ?
SJ _ Bien reçu 6, 2 terminé. »
L’Australien
avait un capuchon sur la tête et avait son uniforme. Ruiz préparait sa
mitrailleuse.
AR « Permission de les bousiller
sergent ?
SJ _ Permission de les bousiller si t’es
capable de faire a différence entre les Viets et l’Australien.
AR _ Sergent ?
DP _ Jhonson ! Jhonson !
MT
_ Ils s’amènent dans notre direction, faut se manier !
DW
_ S’ils se rappliquent sur nous, il faudra tirer dans le tas !
SJ _ Que personne ne tire. Personne ne tire.
On va les laisser passer.
DP _ T’es malade ! Tu ne veux pas les aider
à traverser la rivière non plus !
SJ _ Vous les laissez passer sauf s’ils tirent
les premiers et c’est un ordre !
AR _ Ce n’est pas vrai !
MT
_ Qu’est ce qui se passe Jhonson ? T’es un géni ou t’as les
chocottes ?
DP _ Tu déconnes complètement Jhonson !
Putain on les avait !
SJ _ Ce n’était pas William.
AR _ Taisez vous. »
Un
deuxième groupe venait dans notre direction, on pouvait voir un blanc en
caleçon – William -.
SJ « Ruiz, prend Peter avec toi. Faites le
tour. Faites attention que le 1er groupe ne revienne pas. Surveillez
la rivière. Purcell et Snow, vous vous occupez des 4 derniers. Taylor et Wilson
occupez vous des 1er…Feu ! Couvrez-le ! ! »
Les
Viets sont morts et William a été gravement touché.
GIw
« Je ne pensais pas qu’on me retrouverait.
SJ _ Ca a été du gâteau, il suffisait de
chercher un Australien en caleçon. Tiens bon, tu vas t’en sortir.
GIw
_ Non,…tu écriras à ma femme et à mes 2 enfants.
SJ _ Non, c’est toi qui le feras. »
William
est mort dans les bras de Johnson. Rentrés à la base, Brewster est venu parler
à Marvin.
CB
« Sergent, vous avez pris un bien gros risque en les laissant traverser la
rivière.
SJ _ Je ne voulais pas risquer la vie de mes
hommes pour sauver un imposteur.
CB
_ Comment l’avez vous su ?
SJ _ Quand ils se sont arrêtés, le présumé
William s’est accroupi comme un Viet, pas comme un Américain.
CB
_ Australien, c’était un Australien.
SJ _ On m’avait dit qu’on lui avait enlevé son
uniforme, or lui en avait un ; Ce ne pouvait être William.
CB
_ Et il s’est avéré que c’était un Viet. Vous et vos hommes vous êtes
parfaitement comportés et vous n’avez eu aucune perte. Bon travail
Jhonson. »
Aux
Etats-Unis. Zeke et Jennifer étaient toujours dans leur chambre d’hôtel.
DcS
« Qu’est ce qui ne va pas ?
SA _ Rien.
DcS
_ Rien ?
SA _ Rien ne va.
DcS
_ Est ce que tu vas repartir ?
SA _ Mon travail n’est pas terminé.
DcS
_ Je sais mais j’ai peur Zeke. Tu voles trop près des flammes.
SA _ Moi aussi j’ai peur. Je savais qu’en venant
ici j’aurais une décision à prendre et là j’ai peur de te perdre.
DcS
_ Je te rends ta bague. Fais ce que tu as à faire et si quand tu reviens on
éprouve toujours les mêmes sentiments l’un pour l’autre, j’aimerais que tu me
repasse cette bague au doigt.
Pour
être un meneur, un homme doit apprendre à ramener ses hommes. Havellock Ellis
1884.