Chapitre 28 : Sergent Jhonson

 

 

Une semaine était passée depuis que j’étais sortie de l’hôpital et les moments où j’étais restée seule à la base étaient passés très lentement. C’était un peu déprimant.

Le sergent quant à lui n’était toujours pas rentré.

C’était ma première journée de retour en service actif.

Le général et le colonel Brewster discutaient au briefing avec Myron.

 

CB « C’est clair lieutenant Goldman, d’ici une heure vous devez former une section qui partira dans une heure et demie. Briefing dans trente minutes, rompez. »

 

Myron est sorti, le général et le colonel Brewster ont continué leur discussion.

 

Gal «  Ils ont loupé le point de rendez-vous de pas beaucoup. On a presque plus d’espoir de les retrouver.

CB _ Ils peuvent se nourrir de scarabées et de pousses de bambou.

Gal _ Oui mais là où nous les avons déposés, il n’y a ni scarabée ni pousses de bambou.

CB _ Je n’abandonnerai pas les recherches tant que je ne serai pas sûr qu’ils sont morts.

Gal _ 4 mercenaires viets.

CB _ Et 2 Australiens.

Gal _ Ils savaient ce qu’ils faisaient en s’engageant.

CB _ Je n’ai pas envie de les laisser tomber.

Gal _ Vous voulez risquer la vie de 600 hommes pour en sauver 6 ?

CB _ 6 êtres humains mon général.

Gal _ Qu’est ce qui vous arrive, vous n’avez rien à prouver.

CB _ En arrivant j’ai entendu un dicton : « Entre un domestique et son maître, la responsabilité va à la personne qui voit le plus large. »

Gal _ Vous jouez aux asiatiques maintenant ?

CB _ Qui sait, c’est peut être la seule chance qui nous reste pour gagner cette guerre. »

 

2 heures plus tard, nous étions en mission. Nous étions partagés en 2 groupes. Marvin était à la tête du 1er groupe, et Myron du 2ème. Ils communiquaient par radio.

 

SJ  «  Il n’y a pas de trace de sandales, à vous.

LG _ Poursuivez jusqu’au lieu de rendez-vous Tango.

SJ   _ Bien reçu, 6. Terminé. Purcell avance… 2-6, j’ai des macabées.

LG _ Allez voir ça, et faites bien attention. On arrive.

SJ   _ Obanon, Thrang, N’Guyen, allez-y. Faites attention, ne touchez pas les corps, ils sont sûrement piégés. »

 

Nous étions dans les sous-bois, nous attendions et observions la zone à découvert où étaient les corps. Obanon, Thrang et N’Guyen se sont approchés, ils se sont baissés pour voir s’il y avait encore quelqu’un de vivant. Ils se relevaient lorsqu’ils se sont fait abattre. Nous n’avons rien pu faire.

C’était les corps des membres de l’expédition qu’on avait loupé ; il y avait 5 cadavres et on pouvait donc penser qu’il y avait encore un 6ème vivant.

Marvin était dans tous ses états, il venait de perdre ses premiers hommes.

 

Aux Etats-Unis, une semaine plus tôt, le sergent était arrivé à Huston. Il alla directement voir Jennifer à son bureau. Elle parlait avec 2 hommes, en fait, elle leur criait après car elle voulait des médicaments (toujours la même histoire) lorsqu’il est apparu, ils le dévisagèrent et elle les laissa en plan.

Ils s’enfermèrent dans son bureau. Il l’attrapa à peine étaient-ils dans la pièce et il l’embrassa. Ils ne s’étaient encore rien dits, elle voulait lui parler lorsqu’il reprit ses lèvres avec ardeur. Il l’enlaça très fort contre lui.

 

DcS « Tu as 5 jours d’avance. Qu’est ce qui s’est passé avec ta fille ?

SA   _ Rien, plutôt si ; elle a un nouveau papa. Tu sais, je m’étais promis de lui faire la morale sur la façon d’élever les enfants mais…

DcS _ Il ne t’a pas écouté ?

SA   _ Je ne l’ai même pas rencontré. Il l’a bien élevé, il a fait son travail, c’est une famille.

DcS _ Ecoute, tu devais arriver vendredi, j’ai du travail et des projets.

SA   _ Des projets ? J’ai fait la moitié du tour du monde pour te voir. Tu es docteur major et moi sergent ; je mérite la prison pour ce que j’ai l’intention de faire avec toi. Alors major, vous voulez bien transgresser la loi avec un sergent de 3ème zone ? Je t’en prie… »

 

Ils sont sortis pour s’isoler et sont allés faire un tour en voiture.

 

DcS « Est ce que tu as demandé une autre affectation ?

SA   _ J’y réfléchis.

DcS _ Qu’est ce que tu comptes faire ?

SA   _ Instructeur à l’école d’infanterie ou instructeur d’officiers.

DcS _ Ca n’a pas l’air d’être le bonheur.

DcS _ Je crois que je n’ai jamais connu le bonheur. Je me souviens avoir été heureux dans le passé, et je serai heureux dans le futur, avec toi mais…je n’ai jamais été très heureux dans le présent. »

 

Leurs retrouvailles avaient été compliquées.

 

Au Vietnam. Doc. Hoc écoutait les nouvelles à la radio dans le baraquement.

 

DH « Quels salauds ! Ils leur ont tapé dessus !

MT _ On m’a déjà tapé dessus.

DH _ Mais là, c’est ces salauds de flics de Chicago à la Convention Nationale Démocrate !

AR _ La politique c’est du pipi de chat.

DH _ Du pipi de chat ? ! Ne déconne pas, ce sont ces mecs qui décident de ton avenir. Il faut savoir à quoi s’attendre si tu ne veux pas y laisser des plumes.

MT _ Le pauvre, il fait sa crise ; Doc., t’es au Vietnam ! Y a que les balles qu’il faut savoir éviter. Bye !

DH _ ½ million de soldats au Vietnam et il faut que je tombe sur des abrutis pareil ! Tu viens manger Jhonson ?

SJ   _ Non, ça va, merci.

DH _ Alors salut. »

 

Doc. Hoc sortait lorsque Myron entra.

 

LG «  Sergent, comment ça va ?

SJ   _ Mal, j’ai l’impression que je me suis gouré.

LG _ C’est le cas. Vous auriez dû faire plus attention.

SJ   _ Ils devaient servir d’appât, je le sais maintenant. C’est moi qui les ai tué.

LG _ Non, pas du tout. Ce sont les Viets. Il est de la responsabilité de chaque homme de rester sur ses gardes. Vous ne pouvez pas tenir tous vos soldats par la main.

SJ   _ Je ne pensais pas que c’était comme ça mon lieutenant.

LG _ C’est ça, continuez à vous faire des reproches et ce genre de gaffe recommencera. J’ai confiance en vous et les hommes aussi. Briefing dans 10 minutes. »

 

Plus tard au briefing.

 

CB « Tant que nous ne serons pas sûr que William est mort, je préfère vous garder vous et vos hommes à la base. Etat d’alerte 24h/24, et pas d’alcool.

LG _ A vos ordres. »

 

A la fin du briefing, Jhonson s’est rapidement éclipsé.

 

CB « Lieutenant Goldman, qu’est ce qu’il a ? Y a un problème ?

LG _ Il vient de perdre ses premiers hommes.

CB _ Dommage qu’on ne puisse pas lui dire que ceux sont les derniers.

LG _ Oui. »

 

Dehors près de l’hélico, les corps des hommes de Johnson étaient allongés sous des bâches en attendant d’être rapatriés. Marvin s’est approché, il était comme envoûté et faisait un cauchemar tout éveillé dans lequel ses hommes lui reprochaient d’être morts.

 

GIo « Et sergent, vous venez me baratiner sur la non responsabilité du commandement !

SJ    _ Avant de te relever, il fallait regarder s’il n’y avait pas de Viets dans les sous-bois.

GIo _ Il fallait me le dire.

SJ    _ C’est à chaque homme de faire gaffe à sa peau ici.

GIo _ Mon œil ! Tu réponds à ma question par des pirouettes.

SJ    _ J’ai fait du mieux que je pouvais.

GIo _ En tout cas, ça ne fait pas le compte. Combien vous faudra t il de macabées à votre actif pour que vous compreniez ce que c’est de donner un ordre ? ! »

 

Son cauchemar a pris fin comme ça.

Doc. Hoc traversait la réserve de munition lorsqu’il nous est tombé dessus (Ruiz et moi)

 

DH « Excusez-moi, qu’est ce que vous faites là tous les 2 ?

DW _ C’est calme, c’est là qu’on vient lire de temps en temps.

DH  _ C’est vrai, c’est calme. Qu’est ce que vous lisez ?

DW _ Sur la route de Kerouac.

AR  _ Un livre que ma mère m’a envoyé.

DH  _ En espagnol.

AR  _ Je lui ai écrit que je m’inquiétais parce que je ne rêvais plus en espagnol. Ca me fait du bien de me replonger dans ma langue maternelle.

DH  _ C’est bien ?

AR  _ C’est un peu à l’eau de rose.

DW _ Et toi, qu’est ce que tu fais ?

DH  _ Je remplie une demande de vote par correspondance. Vous avez rempli le votre ?

DW _ Pas encore.

AR  _ Quant à moi, se sont pas les portoricains qui élisent les présidents.

DW _ Et c’est qui d’après toi ?

AR  _ C’est les gens pleins aux as, les multinationales, les vieux blancs qui fument le cigare. Dans ma famille, on pense que c’est une perte de temps.

DW _ Vous vous trompez.

AR  _ Pourquoi tu refuses de porter une arme ?

DH  _ Si jamais je tuais quelqu’un, je ne serais plus le même, ni avec moi, ni avec les autres jusqu’à la fin de mes jours. »

 

Le colonel Brewster discutait avec Myron pour lui présenter le commandant Shan Loy. Un prisonnier blanc avait été aperçu près d’un village du Nord Ouest de la forêt de Loy. Boyle.

Nous devions partir en mission pour vérifier cette piste. Nous allions être déposés entre Ben Thou et Sho Fang en passant par les 2 villages.

Nous devions absolument trouver une piste ; William avait une femme et 2 jeunes enfants.

 

Au même moment, le sergent était avec Jennifer dans une chambre d’hôtel. Ils étaient partis en voiture depuis une semaine. Il mit une bague dans son sac, pour qu’elle la découvre, pour lui faire une surprise.

 

SA   « Je vais partir, je me sens plus vivant au Vietnam.

DcS _ J’aimerais que tu te sentes vivant avec moi Zeke. Une fois la guerre finie, contre qui te battras tu ? »

 

Au Vietnam. Nous étions dans le premier village à inspecter. Les villageois étaient tous présents. Notre traducteur nous dit qu’ils étaient passés ici 3 heures auparavant. Les Viets avaient tabasé William sous leurs yeux. Un gamin prit une orange et…

 

SJ  « Attention mon lieutenant, grenade ! »

 

Nous nous sommes tous aplatis au sol.

 

LG «  Ne tirez pas ! Ne tirez pas ! Jhonson ! Putain, c’est un fruit !

SJ   _ Je vous demande pardon.

LG _ Sergent, se fier à son instinct, c’est bien mais…et puis merde ! »

 

Les villageois n’ont plus voulu parler, ils nous avaient aidé de bon cœur et nous les soupçonnions quand même. Nous sommes partis en leur laissant chacun une boite de bouffe. Nous sommes ensuite rentré à la base.

Les mecs allèrent au bar pour discuter, je préférai aller lire sur mon lit.

 

MT « Dire que j’aurais pu tirer dans le tas !

DP  _ De là où on était, on aurait pu exterminer tout le village.

AR  _ Mais on ne l’a pas fait, arrête d’en parler.

DP _ Je n’arrive pas à oublier Ruiz, J’en suis malade ! Toubib, t’aurais pas un truc pour me calmer ? »

 

Johnson était plus loin, seul à une table.

 

LM « Dure journée sergent ?

SJ   _ C’est rien de le dire.

LM _ Alors Jhonson, c’est vrai ? Tu t’es jeté sur un fruit pour sauver tes petits camarades ?

SJ   _ Je croyais pas qu’être sergent c’était comme ça.

LM _ Oui ben cite moi un truc au Vietnam qui ressemble à ce que tu avais imaginé ?...Au fait… comment va Dèb ?

CB _ Sergent Jhonson !

SJ   _ Garde à vous !

CB _ Tous les autres ailleurs !... Votre premier regret sergent. Si seulement j’avais fait ceci au lieu de cela, de pauvres types seraient encore en vie. On est tous passés par là. Si je vous disais combien d’hommes ont vu leur vie basculer à cause de mes ordres, vous vomiriez ici pendant plus d’une semaine.

Quand j’étais à West Point, j’ai appris la théorie de l’accomplissement de la mission au détriment du bien être des hommes.

Avez vous déjà réfléchi à la vie sergent ? Oui, la vie. C’est bizarre, les Américains respectent la vie, les Vietnamiens la vénèrent et pourtant, et pourtant… Au Vietnam, nous traitons la vie avec autant de respect que si l’on poussait un ballon de baudruche dans une forêt en feu.

La plupart des chefs ne craignent pas de sacrifier la vie pour arriver à leur but, le meilleur des officiers c’est celui qui ne craint pas de courir ces mêmes risques pour sauver des vies. Ne changez rien à vos méthodes. »

 

Au Etats-Unis. Zeke et Jennifer mangeaient dans un drive-in, le soleil tapait. A côté d’eux, il y avait 3 couples de jeunes dans une voiture.

 

Ctr « Moi je pars dans quelques temps pour casser du Viet. »

 

Il se vantait auprès de sa copine et de ses potes.

 

Ctr « Tu vois cette insigne ? Ca veut dire que je suis spécialiste en armes. M16, fusils mitrailleurs, mitrailleuses.

SA  _ Encore un petit gars qui croit aimer son boulot.

DcS _ J’en connais d’autres qui aiment leur travail.

SA  _ Mais toi tu as un beau boulot, tu as raison de l’aimer, c’est important.

DcS _ Toi aussi ton travail est important.

Ctr  _ Mais je te dis qu’on ne peut pas la perdre cette guerre !

Cpe _ On verra.

Ctr  _ Mais c’est tout vu, on a les meilleurs hommes, le meilleur équipement et les hommes sont supers entraînés.

Cpe _ C’est ça.

Ctr  _ En tout cas, les connards de Viets, ils ne me font pas peur.

SA  _ Tu permets Jennifer ?

DcS _ Zeke…

SA  _ Ne t’inquiète pas. Ca va aller…et soldat, comment ça va ?

Ctr  _ Bien.

SA  _ Il me semble t’avoir entendu dire que tu partais pour le Vietnam.

Ctr  _ Oui, je viens de terminer ma formation, je pars dans 10 jours.

SA  _ C’est bien ça. Alors t’es déjà une vraie machine à tuer ! Tu vas casser du Viet, tu vas te faire la main.

Ctr  _ Ouai, je vais leur en mettre plein la vue !

SA  _ Ouai ben écoute moi, ce n’est pas du football que tu vas jouer là-bas. Les Viets aussi savent tuer.

Ctr  _ Et alors ?

SA  _ Et alors ? Tu sais quel bruit elle fait la mort au Vietnam ? Et bien je vais te le dire…bzz, le bruit que font des insectes ; des millions et des millions d’insectes. Toutes les sortes d’insectes attendent que tu sois là-bas. Une nuit tu seras en embuscade avec tes camarades, assis dans le noir et tu verras même pas à 10 mètres devant toi. Et il faut absolument pas faire de bruit car sinon les Viets pourraient te repérer mais c’est pas obligé et là-bas, t’es hypnotisé par bzz. Tu me rappelles un jeune, une grande gueule, je l’ai connu à Shu Lai. C’était mon éclaireur pendant un moment. Une fois il expliquait qu’il était un caïd chez lui et il ne faisait pas gaffe. Il nous conduisait sur une piste quand on a entendu un clic. Alors la grande gueule s’est mise à chialer et à demander sa mère. Mes 2 meilleurs hommes sont allés le voir pour le rassurer et désamorcer la mine mais ce petit con, cette grande gueule a voulu sauver sa couâne et boom ! Il ne restait plus rien, que de la fumée, mes 2 meilleurs hommes et le petit con étaient morts. On n’entendait plus qu’un bruit bzz….Je me demande pourquoi c’est toujours à cause d’un petit con, une grande gueule, un salopard dans ton genre que meurent mes meilleurs hommes, hein ? ! »

 

Zeke était très énervé, il avait cette petite boule coincée dans la gorge, celle qui fait si mal. Les jeunes dans la voiture étaient sans voix. Il y avait un silence pesant, les jeunes le regardaient et ne savaient pas quoi penser. Ce type était il fou ? Zeke a ensuite rejoint Jennifer dans la voiture, ils sont rentrés à l’hôtel. Ils n’avaient rien dit.

 

SA « Je serai mieux là-bas. Tu sais, tout au long de notre discussion, j’ai eu envie de lui déchirer la gorge.

DcS _ Mais tu ne l’as pas fait.

SA   _ Mais que se passera t il le jour où ça arrivera ?

DcS _ Tu repars donc au Vietnam pour pouvoir couper des gorges ?

SA   _ Ce n’est pas aussi simple que ça.

DcS _ Rien n’est aussi simple.

SA   _ J’ai jamais pensé qu’en quittant le Vietnam je pourrais vouloir y retourner.

DcS _ Non mais c’est évident que tu veux y retourner !

SA   _ Alors tu crois ça toi ? »

 

Il se dirigea à grand pas vers le sac de Jennifer et y prit la bague qu’elle n’avait pas remarqué pour la lui donner.

 

SA   « Et ça ? Qu’est ce que c’est ?

DcS _ Je ne sais plus quoi dire.

SA   _ Moi non plus… Je m’étais juré que si jamais je remettais la bague au doigt d’une femme, je ne la quitterai jamais ; et voilà ce qui se passe. Je ne sais pas ce que je dois faire mais je veux le faire avec toi. Tu veux m’épouser ?

DcS _ Oui.

SA   _ Si tu savais comme je t’aime.

DcS _ Moi aussi je t’aime. »

 

La climatisation a rendu l’âme, encore.

 

DcS « Elle a encore lâché, c’est pas vrai ! Qu’est ce qu’on va faire ?

SA  _ Ce qu’on va faire ? On va transpirer. »

 

Au Vietnam. Nous devions avoir quartier libre mais les plans ont été changés. Nous devions nous préparer à partir, William avait été vu.

 

DP  « Même après avoir dormi 12 heures, je suis crevée. J’ai l’impression d’être dans du coton. Toubib, t’aurais pas un truc pour la pêche ?

DH _ Je ne donne pas de petit déjeuné chimique. Reprend du poil de la bête sinon tu vas y rester.

SJ   _ Tout le monde doit être prêt dans 10 minutes. »

 

Marvin est sorti.

 

MT «  Là mes frères, ça s’appelle des emmerdes.

DW _ Comment tu peux dire ça ? C’est ton pote.

AR  _ Il a raison.

DP  _ Jhonson a perdu la boule, il réfléchit beaucoup trop.

DW _ Tu crois quand même pas qu’il nous enverrait au casse pipe ?

MT _ Je n’en sais rien, et je n’en ai rien à foutre de savoir que c’est mon meilleur pote. Je ne veux pas obéir à un sergent fêlé. »

 

Aux Etats-Unis. Après avoir fait l’amour, Zeke et Jennifer se sont endormis.

Le sergent était en train de rêver, Jennifer était enceinte, assise à côté de lui. Elle lui servait à manger. Ils étaient dans la forêt vietnamienne. C’est là que ça tourna au cauchemar. Nous, ses hommes, sommes apparus.

Nous étions en chemise hawaïenne, Taylor avait une radio sur l’épaule que nous écoutions à fond.

 

MT «  On se bouge le cul en mesure pendant que Jhonson essaie de lire la carte ! »

 

Le sergent se leva de table pour nous crier dessus mais nous ne pouvions pas l’entendre.

 

SA  « Et les gars, qu’est ce que vous faites ? Eteignez moi cette radio !

DH _ On devrait peut être éteindre la radio, vous savez, le sergent n’aurait pas été d’accord.

SA  _ C’est ça Hockenberry.

DW _ Mais il n’est pas là.

DP  _ Et quand le chat n’est pas là…

TS   _ Les souris dansent ! !

SA   _ Arrêtez ! ! Sortez de cette piste ! »

 

Nous étions encerclés, le sergent était à quelques mètres et ne pouvait rien pour nous. Nous nous sommes tous fait descendre. Le sergent s’est alors réveillé.

 

SA   « Non !!

DcS _ Qu’est ce qu’il y a Zeke, chéri ?

SA   _ Ce n’est rien, juste un mauvais rêve. Rendors toi. »

 

Au Vietnam. Nous étions en mission. Après avoir traversé une rivière, nous avons fait une pause.

 

LG  « Bon, ça va ?

SJ   _ Oui.

LG  _ Vous allez à droite, moi j’emmène mes hommes sur 2km plus bas. On se retrouve plus haut sur la rivière. Faites gaffe. Je veux William en vie.

MT _ Où on va ? Au Cambodge ?

LG  _ On a une mission à remplir Taylor ; on ira jusqu’à Paris s’il le faut. En avant. »

 

Nous nous sommes mis en embuscade 200 mètres plus loin Jhonson, Ruiz, Dany Taylor 2 nouveaux et moi.

 

GI   « Le plus dur, c’est de poireauter.

MT _ On pourrait demander aux Viets de se magner le cul.

SJ   _ Arrêtez, ça suffit.

AR _ Sergent.

SJ   _ Vicking 6, ici Vicking 2. Contact visuel, je répète, contact visuel, à vous.

LG _ Description, à vous.

SJ   _ 6 Viets, 1 kangourou. Ils se dirigent vers la rivière, à vous.

LG _ C’est à vous de jouer 2, on avance vers vous, c’est bien reçu ?

SJ   _ Bien reçu 6, 2 terminé. »

 

L’Australien avait un capuchon sur la tête et avait son uniforme. Ruiz préparait sa mitrailleuse.

 

AR  « Permission de les bousiller sergent ?

SJ    _ Permission de les bousiller si t’es capable de faire a différence entre les Viets et l’Australien.

AR  _ Sergent ?

DP  _ Jhonson ! Jhonson !

MT _ Ils s’amènent dans notre direction, faut se manier !

DW _ S’ils se rappliquent sur nous, il faudra tirer dans le tas !

SJ    _ Que personne ne tire. Personne ne tire. On va les laisser passer.

DP  _ T’es malade ! Tu ne veux pas les aider à traverser la rivière non plus !

SJ    _ Vous les laissez passer sauf s’ils tirent les premiers et c’est un ordre !

AR  _ Ce n’est pas vrai !

MT _ Qu’est ce qui se passe Jhonson ? T’es un géni ou t’as les chocottes ?

DP  _ Tu déconnes complètement Jhonson ! Putain on les avait !

SJ    _ Ce n’était pas William.

AR  _ Taisez vous. »

 

Un deuxième groupe venait dans notre direction, on pouvait voir un blanc en caleçon – William -.

 

SJ  «  Ruiz, prend Peter avec toi. Faites le tour. Faites attention que le 1er groupe ne revienne pas. Surveillez la rivière. Purcell et Snow, vous vous occupez des 4 derniers. Taylor et Wilson occupez vous des 1er…Feu ! Couvrez-le ! ! »

 

Les Viets sont morts et William a été gravement touché.

 

GIw « Je ne pensais pas qu’on me retrouverait.

SJ    _ Ca a été du gâteau, il suffisait de chercher un Australien en caleçon. Tiens bon, tu vas t’en sortir.

GIw _ Non,…tu écriras à ma femme et à mes 2 enfants.

SJ    _ Non, c’est toi qui le feras. »

 

William est mort dans les bras de Johnson. Rentrés à la base, Brewster est venu parler à Marvin.

 

CB « Sergent, vous avez pris un bien gros risque en les laissant traverser la rivière.

SJ   _ Je ne voulais pas risquer la vie de mes hommes pour sauver un imposteur.

CB _ Comment l’avez vous su ?

SJ   _ Quand ils se sont arrêtés, le présumé William s’est accroupi comme un Viet, pas comme un Américain.

CB _ Australien, c’était un Australien.

SJ   _ On m’avait dit qu’on lui avait enlevé son uniforme, or lui en avait un ; Ce ne pouvait être William.

CB _ Et il s’est avéré que c’était un Viet. Vous et vos hommes vous êtes parfaitement comportés et vous n’avez eu aucune perte. Bon travail Jhonson. »

 

Aux Etats-Unis. Zeke et Jennifer étaient toujours dans leur chambre d’hôtel.

 

DcS « Qu’est ce qui ne va pas ?

SA  _ Rien.

DcS _ Rien ?

SA  _ Rien ne va.

DcS _ Est ce que tu vas repartir ?

SA   _ Mon travail n’est pas terminé.

DcS _ Je sais mais j’ai peur Zeke. Tu voles trop près des flammes.

SA  _ Moi aussi j’ai peur. Je savais qu’en venant ici j’aurais une décision à prendre et là j’ai peur de te perdre.

DcS _ Je te rends ta bague. Fais ce que tu as à faire et si quand tu reviens on éprouve toujours les mêmes sentiments l’un pour l’autre, j’aimerais que tu me repasse cette bague au doigt.

 

Pour être un meneur, un homme doit apprendre à ramener ses hommes. Havellock Ellis 1884.

 

 

A suivre                                                                                              Retour

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