Chapitre 27 : Les liens les
plus forts
Le
lendemain nous devions partir en mission sans le sergent.
Marvin
assistait à son premier briefing en tant que seul sergent de la section
Vicking.
CB
« Cette mission consiste je le répète à éviter l’engagement avec
l’ennemi. Vous serez transportés dans la province de Bing Diong pour effectuer
un enlèvement du côté du point ECO dans un village situé à 8 Km de la zone
d’atterrissage. La cible est un collecteur d’impôts Viêt-Cong détenant des
informations importantes sur l’infrastructure Viêt-Cong. Il est impératif que
vous me le rameniez ici vivant pour interrogatoire. Comme je vous l’ai expliqué
durant le briefing, ni les uniformes qu’on vous a remis, ni les armes ne
pourront vous identifier comme des soldats américains. Vous y allez incognito.
C’est tout, bonne chance. »
Le
trajet en hélico fut assez long, nous avons eu donc pas mal de temps pour
parler. Taylor se posait beaucoup de question sur la mission.
MT
« Arrêter un collecteur d’impôt Viet Congs, tu trouves que c’est une
mission pour les forces spéciales ?
SJ _ Tu l’as entendu comme moi, les Viêt-Congs
les envoient dans les villages, ils terrorisent les paysans et les forcent à
leur donner de l’argent et de la bouffe.
MT
_ Ouai ben si tu trouves que c’est du terrorisme ! »
Le
sergent était parti la veille, assez tard pour arriver cet après-midi là vers
les 14 heures. Il avait juste une adresse écrite sur un papier, et le taxi le
déposa devant une jolie maison. Il alla sonner et Carol vint lui ouvrir. Il la trouvait
toujours aussi jolie.
Cic
« Bonjour Zeke.
SA
_ Bonjour Carol. Comment ça va ?
Cic
_ Très bien, tu n’as pas eu trop de mal à nous trouver ?
SA
_ Non j’ai sauté dans un taxi à l’hôtel. C’est sympa comme quartier.
Cic
_ Oui, on s’y plait et surtout il y a
une école pas loin.
SA
_ Justement puisqu’on en parle, où est ma fille ?
Cic
_ Elle est dedans. »
La
situation était un peu bizarre, il y avait beaucoup de gêne. Elle referma la
porte, ils étaient sur le pas de la porte.
Cic
« …Attend Zeke, tu ne l’as pas revu depuis 2 ans.
SA
_ 19 août 1966.
Cic
_ Ce que je veux dire…prend ton temps, sois patient, ne t’attend pas à des
miracles, c’est qu’une petite fille. Elle n’a aucune idée de ce que ça veut
dire la guerre.
SA
_ Moi non plus. »
Elle
le fit entrer et le laissa patienter dans le salon pendant qu’elle allait
chercher Cathy dans sa chambre.
Il
regardait les photos alignées sur la cheminée, elles représentaient sa fille
avec un autre papa. Elles arrivèrent toutes les 2, Cathy était cachée dans les
jambes de sa mère. Elle portait une jolie robe rose assortie à ses chaussettes.
Un ruban de la même couleur que sa robe retenait ses cheveux châtain foncés en
une queue de cheval. Elle avait les mêmes cheveux que sa mère.
Le
sergent s’accroupit pour pouvoir lui parler et être à son niveau.
SA
« Cathy, tu te souviens de moi ? Ca fait pas mal de temps je sais.
Tu te rappelles qui je suis ?...Je suis ton papa. »
Cathy
le regardait sans rien dire, ce n’était pas une situation des plus facile. Il
avait un peu peur qu’elle ne se souvienne pas de lui.
SA
« …Et tu te rappelles du jeu auquel on jouait ?... Tu comptais
jusqu’à 10 et j’allais me cacher. Après tu venais me chercher. Alors si tu
veux, tu vas fermer les yeux d’accord et moi je vais aller me cacher et… »
Cathy
a couru pour se jeter dans les bras de son père.
Cci
« Non ! Papa ! T’en vas plus jamais papa ! »
Le
sergent a serré sa fille très fort dans ses bras. Carol regardait la scène avec
les larmes aux yeux.
Au
Vietnam. Nous étions en mission et ça ne se déroulait pas très bien. Nous
avancions lentement lorsque Ruiz appela Myron.
AR
« Mon lieutenant ! Mon lieutenant !
DP _ Encore un pas et…
AR _ Un pas de plus et vous étiez bon pour le
sac poubelle.
LG _ Je croyais vous avoir dit de ne pas faire
de bruit Ruiz !
DW
_ Viet ! »
Myron
avait failli se faire mordre par un serpent et on aurait dit qu’il s’en
foutait, que mourir lui importait peu. Nous avons regardé les Viets de loin,
nous ne pouvions rien faire, il fallait attendre
A
la base, dans le bureau de Brewster, ça gueulait (encore)
Gal
« Vous êtes en train de suivre une route sans retour ! Il y a 8 jours
vous accusez des officiels du Pentagone en visite de se servir de la guerre
comme d’une occasion d’offrir de l’avancement aux officiers et cette semaine alors
que je vous ai donné l’ordre de fermer les bordels de la rue Pasteur, vous
prenez l’initiative d’utiliser du personnel médical de l’armée et des
médicaments afin d’encourager la prostitution ! Si ce sont des ennuies que
vous recherchez mon colonel, c’est la bonne méthode !
CB
_ Mon général, je n’ai pas l’intention de sacrifier le moral ni la vie de mes
hommes pour obtenir une décoration. Je ne suis pas venu au Vietnam pour faire
progresser ma carrière ni pour remporter un concours de popularité mais pour la
gagner la guerre ! Selon mon analyse, seul un très petit nombre de soldat
sont capables d’y parvenir et je les veux ces hommes. Et une fois que je les
aurais obtenus je ferais tout ce qu’il faudra pour les maintenir en pleine
forme.
Gal
_ C’est la dernière fois que je me mouille pour vous. Je ne pourrais plus vous
protéger.
CB
_ J’ai compris mon général »
Le
général est sorti et le colonel a fait venir un soldat.
CB
« Sergent, venez dans mon bureau et apportez liste des réquisitions de la
semaine. Alors, où on en est avec ma commande d’entrecôtes ? Vous avez
trouvé ce que je vous avais demandé ?
GI _ J’ai contacté tous les bureaux d’intendance
mon colonel, il n’y a rien, ni entrecôte, ni côte de bœuf.
CB
_ C’est bien dommage car les hommes du Tits II ont subi de lourdes pertes et
une bonne entrecôte aurait pu leur remonter le moral.
GI _ En fait, il n’y a qu’une douzaine
d’entrecôte de ce côté du 108ème parallèle, pour le général
Abrahams.
CB
_ Donnez moi la feuille de fourniture.
GI _ Mon colonel, il paraît que le général
Abrahams est aussi attaché à son régime de viande rouge qu’à la défaite du
communisme en Asie du Sud Est.
CB
_ Ecoutez moi sergent, ici à la page 10, il y a bien marqué entretoise ?
GI _ Mais ce sont des entretoises de fuselage,
ça n’a rien à voir avec des entrecôtes.
CB
_ Oui mais une erreur peut toujours se glisser quelque part ; vous allez
faire envoyer les entretoises à l’aide de camp du général Abrahams et les
entrecôtes ici. Rompez »
Dans
la jungle. Nous attendions en guettant les Viets, ils étaient trop nombreux
pour nous et c’est à ce moment qu’il y eut un incident.
MT
« Et !
DH
_ Ca va ? Ce scorpion t’a piqué ?
MT
_ Je ne crois pas.
DH
_ Fais voir. Si tu meurs dans la demi-heure, tu m’appelles.
SJ _ Mon lieutenant, on a perdu une heure,
qu’est ce que vous voulez faire ? Essayer de rattraper le temps perdu ou
bien annuler ?
LG
« Quel est votre avis la dessus sergent ?
SJ _ Lieutenant, il y a une colline à 2 Km, si
on passe de l’autre côté, on sera pratiquement au point ECO.
LG
_ Bien, dîtes aux hommes de se mettre en route. »
Aux
USA. Zeke était dans le jardin, il mangeait une glace avec Cathy.
SA « Attention, tu vas tacher ta robe.
T’aime ça les glaces ?
Cci
_ Oui.
SA _ Moi aussi, qu’est ce que t’aimes
encore ? L’école ?
Cci _ Surtout quand la maîtresse nous emmène en
promenade.
SA _ T’aime bien te promener ? Et
pêcher ?
Cci _ Oui.
SA _ C’est maman qui t’a appris ?
Cci _ Non, c’est Harry qui m’a… »
Elle
a tout à coup arrêté de parler.
SA « Qu’est ce qu’il y a ma puce ?
Cci
_ Maman m’a dit de ne pas te parler Harry car ça te ferait du chagrin. T’as du
chagrin ?
SA
_ Non, pas du tout. Je suis bien content qu’il t’emmène à la pêche. Tu l’aimes
bien Harry ?
Cci
_ Oui, je l’aime.
SA
_ Tant mieux, ça me fait plaisir.
Cci
_ Tu ne le diras pas à maman que je t’en ai parlé ?
SA
_ Non. Ca sera notre petit secret.
Cci
_ En fait, si t’es parti c’est que je ne t’ai pas obéi à toi et à maman.
SA
_ Cathy, non, ce n’est pas vrai ; tu es la plus gentille petite fille dont
puisse rêver un papa. Si je suis parti, ça n’a rien avoir avec toi.
Cci
_ Tu t’es disputé avec maman ?
SA
_ Non, non. Jamais je n’ai eu envie de vous abandonner ta maman et toi. Il faut
que tu le saches. Je ne sais pas comment t’expliquer ça. Je suis parti car mon
pays avait besoin de moi. Tu comprends ? Je suis soldat, je suis parti
faire mon travail.
Cci
_ Est ce que tu reviendras habiter ?
SA
_ Tu veux dire avec vous ? Non, je ne pense pas, mais je vais te faire une
promesse, je serai toujours tout près de toi.
Cci
_ Je t’aime mon petit papa chéri.
SA
_ Moi aussi je t’aime. »
Au
Vietnam. Nous avions contourné les Viets. Il y eut un autre incident, avec Ruiz
cette fois-ci.
LG « Avancez !
AR
_ Faut entrer là ?
LG
_ Oui, il faut entrer là.
AR
_ C’est un cimetière.
LG
_ J’espère que vous n’êtes pas superstitieux.
AR
_ Ce n’est pas de la superstition, mais du respect.
LG
_ Faîtes le tour, on se rejoint plus loin.
SJ _ Mon lieutenant, le collecteur vient de
quitter le village avec 2 soldats.
LG
_ C’est le moment d’agir. Jhonson avec Taylor, vous vous occupez des 2 soldats.
Purcell, vous arrêtez l’autre, le collecteur et n’oubliez pas que le colonel le
veut vivant pour l’interroger. »
J’étais
fatiguée, bien plus que d’habitude, c’est vrai qu’on m’avait dit de me ménager
et je ne les avais pas écouté. J’avais remarqué que Myron n’était pas dans son
assiette, il était énervé et semblait imprévisible.
Nous
étions en embuscade, nous avions des consignes strictes, nous devions le
ramener vivant et c’est là que nous avons vu Myron se lever. Nous étions
scotchés, il se dirigeait à grand pas vers les Viets, il tua les 2 soldats. Il
avait le collecteur en joue, nous nous sommes tous levés.
Je
ne l’avais jamais vu comme ça, le regard fixe, il semblait être dans un autre
monde. Il avait le doigt sur la gâchette, et était près à tirer.
Vtc
« Ne tirez pas ! Ne tirez pas !
SJ _ Mon lieutenant ! Ca ne vous servira à
rien si vous le tuez !
DP _ Mon lieutenant, Alex est vengé.
LG
_ C’est à cause d’eux qu’elle est morte !
SJ _ C’est pas de tuer un Viet de plus qui vous
la rendra !... Vous n’avez peut être plus rien à perdre mais vous êtes
responsables de vos hommes ! »
Je
tentais le tout pour le tout, j’espérer qu’il m’écouterait.
DW
« Lieutenant, Myron, j t’en prie, baisse ton arme.
LG _ Pourquoi elle ? Pourquoi est elle
morte ?
DW
_ Je n’en sais rien. »
J’ai
baissé son arme, je désirais rester un peu seule avec lui.
DW
« Marvin, sergent…Ramenez le à la zone d’atterrissage »
Il
comprit.
SJ
« Ok, bon, on y va, ne tardez pas trop."
Ils
sont partis en emmenant le prisonnier. Myron était assis sur une souche, il ne
disait rien. Je me suis accroupie en face de lui.
DW
« Oh Myron, je suis désolée, j’aurais dû être là pour toi. »
Je
l’ai serré dans mes bras.
DW
« J’aurais voulu être là pour toi comme tu l’as été pour moi… Il va
falloir y aller. »
Il
s’est relevé en silence, et moi je n’ai pas pu me relever. J’ai tout à coup eu
très mal au ventre, comme si on me donnait des coups de poing dans le ventre.
J’étais à terre et Myron me regardait, impuissant.
DW
« Aï ! J’ai mal au ventre, je saigne, Myron aide moi.
LG _ Accroches toi à mon cou »
Il
m’a soulevé et m’a transporté jusqu’à l’hélico. Il courrait et chaque
soubresaut me faisait horriblement mal.
En
voyant l’appareil atterrir, Myron s’est mis à hurler.
LG « On embarque ! !
Dépêchez-vous ! On y va, on a un blessé !
LM
_ Qu’est ce qui s’est passé ? !
LG _ A l’hôpital ! Vite !
DW
_ J’ai mal… »
Tous
l’hélico semblait s’inquiétait de mon sort.
Aux
Etats-Unis. Carol était à la cuisine, Zeke la rejoignit après avoir couché sa
fille.
SA
« C’est plus facile d’envoyer un peloton se coucher qu’une gamine de 6
ans.
Cic
_ Elle t’a demandé de lui lire une histoire ?
SA
_ Oui, Winnie l’ourson. Et après elle a installé sa nouvelle poupée dans son lit.
Harry n’est pas rentré ?
Cic
_ Non, pas encore, il a un procès très important dans quelques jours. Tu veux
un verre ? Je sais qu’il tient à te rencontrer
SA
_ Non merci. Moi aussi j’aimerais le rencontrer… Carol, je suis complètement
crevé alors je vais me coucher. Je vais rentrer. Carol, je suis content de
t’avoir revu Cathy et toi. Vous avez la vie que vous méritiez.
Cic
_ Oh, Zeke…
SA
_ Sois heureuse Carol, tu sais que je vous aime toutes les deux. Et si jamais
t’as besoin de quoi que ce soit, compte sur moi. »
Il
est directement rentré à son hôtel. Là il a appelé l’aéroport pour réserver un
aller simple en avion de Cagnetteville à San Antonio au Texas, pour le
lendemain matin.
Au
Vietnam. J’étais à l’hôpital, il y avait eu plus de peur que de mal. Myron
était auprès de moi.
LG « Pourquoi tu ne m’a pas dit que tu
devais te reposer ?
DW
_ T’avais déjà assez fait.
LG _ Je n’aurais pas supporté de te perdre toi
aussi. »
Quelqu’un
frappa, c’était Johnny, il avait attendu dans le couloir durant tout ce temps.
Quand il vit que Myron me tenait la main…
LG « Je te laisse.
LM
_ Ca va ?
DW
_ Oui, maintenant ça va mieux. Ca me fait plaisir que tu sois venu me voir.
LM
_ Tu m’as fait peur, tu n’es jamais raisonnable.
DW
_ Tu me connais.
LM
_ Oui, bon, si tu vas bien… alors je te laisse.
DW
_ S’il te plait reste un peu avec moi, jusqu’à ce que je m’endorme, s’il te
plait. »
Il
m’a embrassé le front, et s’est assis sur un fauteuil. Lorsque je me suis
réveillée le lendemain il n’était plus là.
Cette
fois là j’avais eu de la chance, ça aurait pu avoir des conséquences graves.
Le
lendemain c’était le jour de courrier. Dany reçut un colis de sa mère, elle lui
envoyait régulièrement de supers petits gâteaux qu’il partageait avec nous.
Ce
jour là, ils étaient tous dans le baraquement.
AR « Purcell, on dirait que ta maman t’as
envoyé des petits gâteaux.
SJ _ Ta mère s’est la meilleure.
MT
_ Ta mère doit faire les meilleurs gâteaux du Montana. »
Dany
a ouvert la boîte, elle était vide.
DP « On m’a piqué mes gâteaux !
AR
_ Ben ne m’regarde pas comme ça, j’étais avec toi. »
Dany
est sorti furieux pour gueuler contre la distribution.
GI
« Mais t’excites pas Purcell ! On a sûrement confondu ton colis avec
un autre. »
Après
avoir relu ses papiers, il a pu renseigner Dany.
GI « Apparemment, ton paquet a été remis à
un autre gars qui l’a ramené sans l’avoir ouvert.
DP
_ Comment s’appelle ce gus ?
GI _ Tu connais le règlement, je n’ai absolument
pas le droit de te donner ce renseignement. Si tu désires faire une
réclamation, tu donneras un faire part écrit aux autorités. Un formulaire
qui… »
Dany
s’est énervé, il a déchiré la moustiquaire derrière laquelle se tenait le GI et
l’a attrapé par le col.
DP
« Je t’ai demandé le nom du type qui te l’a rapporté ?
GI _ Manks, entretien des véhicules. »
Dany
s’est rendu au garage ; Ruiz, Jhonson et Taylor étaient sur ses talons.
DP « Il est là Manks ?
GIM
_ Ca dépend, qu’est ce qu’on lui veut ?
DP _ Je suis le soldat Dany Purcell, Manks.
GIM
_ Ta mère est une fameuse pâtissière Purcell mais…la prochaine fois, tu lui
demanderas de mettre plus de raisins secs. »
Dany
s’est précipité sur le type et lui a enfoncé la tête dans un bidon d’huile.
AR « Arrête ! Lâche le allez !
MT
_ Ca suffit !
SJ _ Tu vas lui faire boire tout le bidon
d’huile !
TS _ Mais lâche le !
Arrête ! ! »
Ils
ont dû attraper Dany pour qu’il arrête.
MT
« Pour des gâteaux ! Pff… !
SJ _ Bien plus que des gâteaux
Marcus ! »
Ils
m’ont laissé sortir de l’hôpital mais pendant 3 jours, je ne devais pas aller
en mission. Il faudrait que je reste couchée au moins 6 heures durant la
journée.
Ce
soir là, Baker nous invita dans les quartiers du colonel Brewster. Un grand
festin nous attendait.
SC « Alors les mecs, qu’est ce que vous
dîtes de ma surprise ?
MT
_ C’est le pied.
SJ _ Le grand pied Baker !
DP _ J’aimerai bien que ce homard arrête de me
regarder comme ça !
SC _ Tiens goutte moi ça.
DW
_ C’est du cognac. »
Quelques
bouteilles de champagne plus tard…
SJ « J’avais jamais eu un casque de
général entre les mains.
DW
_ Ben vas-y, mets le. Je veux voir la tête que t’a.
SJ _ Si le colonel s’en aperçoit ?
MT
_ Mon vieux, il fallait mieux y penser avant d’ouvrir la première bouteille de
champagne.
TS _ Ouai, ouai.
AR _ Il te va très bien.
MT
_ Tourne. Tu sais que t’es le portrait craché de John Wayne, à l’ombre.
DP _ Et Baker, c’est quoi ça ?
SC _ Ca ? Du caviar.
MT _ C’est un truc qui vient d’Iran à 20 $ les
30 grammes.
DP _ Tu te fou de moi ! J’ai reçu un
malheureux petit gâteau avec une bougie dessus pour mon anniversaire, et lui,
il se paye ça ! Comment ça se mange ?
DW _ Tu trempes ton biscuit dedans.
DP _ C’est assez salé.
DW _ C’est normal, c’est des œufs de
poisson. »
Dany
a tout recraché sur la table.
TS « T’es dégueulasse !
SC _ C’est moi qui vais tout nettoyer,
merde !
MT
_ Tu n’as aucune éducation !
DP _ 20 $ les 30 grammes. J’ne sais pas ce que
vous pensez, mais j’ai vraiment l’impression d’être un citoyen de deuxième
classe.
MT
_ On en est tous là.
AR _ Si tu crois que ce n’est pas pareil dans le
civil ; il y a les privilégiés et les autres.
SJ _ Non, non, pas dans l’armée Ruiz, chacun a
les mêmes chances que les autres. Tout le monde peut y arriver.
DP _ Tu sais bien que ce n’est pas du tout comme
ça que ça marche ; enfin Jhonson ! Les ¾ du temps, on est à suer le
burnous dans la jungle pendant que le général Eliot est tranquillement chez lui
à mener la belle vie !
SC _ Dany, c’est un général, il a les avantages.
DP
_ Tu sais bien qu’il y a pleins de privilégiés aux Etats-Unis mais t’en fais
pas, les enfants de ces mecs là, on les envoie pas faire cette putain de guerre
et tu sais pourquoi ? Parce que nous sommes les ploucs, les métèques et
les nègres qui comptons pour du beurre, et si on en est là, c’est pour ça.
DW
_ Ce n’est pas vrai pour tout le monde, il ne faut pas généraliser. Bon, je
vais me coucher. Je suis fatiguée. »
En
rentrant j’ai vu qu’il y avait de la lumière chez Myron…
DW
« Comment ça va ?
LG _ Tu veux que je te dise la vérité ? Je
n’ai jamais été aussi près de disjoncter qu’aujourd’hui. Je t’offre un
verre ?
DW
_ Oui, à condition que tu me dises ce que tu y mets dedans.
LG _ Le meilleur whisky qu’on puisse trouver
ici.
DW
_ Alors mets m’en un double. A Alex.
LG _ A Alex.
DW
_ Qu’est ce que c’est?
LG _ Oh rien. Des papiers qui lui appartiennent.
DW
_ Je me rappelle quand elle a écrit cet article. Je n’arrivais pas à comprendre
en quoi les malheurs d’une poignée de soldats pouvaient l’intéresser. »
J’ai
lu l’article à haute voie.
D
H Lawrence disait que la guerre n’était que souffrance et pourtant les hommes
du lieutenant Goldman continuent à se battre sans leurs camarades, sans leur
innocence et sans larme. Si vous me demandez pourquoi, la réponse est simple…
LG
_ Comme tous les bons soldats, ils gardent leur peine pour après la
guerre. »
Je
ne suis pas restée longtemps, je suis allée me coucher.
Le
décès d’Alex avait tout coupé entre nous ; aucun de nous deux ne
désiraient faire quoi que ce soit pour le moment. Nous étions redevenus amis.
16
journalistes américains donnèrent leur vie durant la guerre du Vietnam.