Chapitre 24 : Disparus
Nous
avons réussi à nous éloigner, nous avancions lentement ; il était appuyé
sur moi. Nous avons eu juste assez de temps et beaucoup de chance car tout
sautait autour de nous. Je ne suis finalement pas morte là-bas.
Nous
avons avancé jusqu’à ce que nous n’entendions plus de bruit. Nous nous sommes
installé dans un coin qui nous a semblé abrité. C’était près d’une petite
rivière, à proximité d’un bosquet très touffu, nous avons pu nous y glisser. Je
crois que nous ne pouvions pas trouver mieux.
La
première chose que j’ai fait c’est de regarder la jambe de Myron, la plaie
était propre, heureusement car les moyens du bord étaient plutôt rudimentaires.
La balle était ressortie, de toute façon si cela n’avait pas été le cas, je
n’aurais pas pu l’extraire.
Nous
avons ensuite fait l’inventaire de nos sacs. Nous n’avions plus de radio, elle
était naze je l’avais laissé là-bas. Nous n’avions plus grand-chose, mis à part
quelques biscuits, une trousse de premier secours et nos gourdes que je venais
de remplir.
J’ai
laissé Myron dans le bosquet, j’avais eu chaud et je me sentais poisseuse, à
défaut d’une douche, je voulais au moins me rafraîchir un peu, et je suis donc
allée à la rivière. J’étais fatiguée, tout m’est tombé sur les épaules d’un coup.
Une grande lassitude s’est abattue sur moi.
Je
remettais ma chemise lorsque 2 mains m’ont arrêté ; j’ai sursauté, j’ai
été surprise parce que je n’avais rien entendu, certainement à cause de la
fatigue.
Je
sentais son souffle derrière moi, il a posé un baiser moite sur ma nuque
fraîche, ça m’a fait frissonner.
Sa
main droite caressa ma gorge et glissa lentement jusqu’à mon épaule ; à ce
moment là il me tenait serré contre lui et je pouvais sentir son cœur taper
dans mon dos.
Il
m’a murmuré dans un souffle : « J’ai tellement envie de toi. »
Jusque
là je n’avais rien dit, je laissais faire Myron. Je me disais que si je disais
quelque chose ça casserait la magie et ça impliquerait de ma part que je doive
faire un choix. Je ne pensais pas être encore prête à ça.
Je
me suis retournée, nous étions face à face ; il m’a attrapé les épaules et
a fait glisser ma chemise. Il s’est tout à coup arrêté, il m’a regardé, il a vu
que je me mordillais la lèvre inférieur et il savait ce que ça voulait
dire ; il attendait un signe de ma part.
Je
l’ai regardé dans les yeux et il a lu sur mes lèvres ces quelques mots. «
Fais moi l’amour. »
Lorsqu’il
me touchait, je ne savais plus où j’étais ; c’était différent de l’époque
où l’on était ensemble, c’était plus fort et quand il m’a embrassé…dans un
gémissement je me suis littéralement jetée sur lui ; nous étions serrés
l’un contre l’autre. J’étais avide de ses baisers, tant et si bien qu’il se
retrouva coincé dos à un arbre.
Il
me souleva et je l’entourais de mes jambes que je coinçais sur ses hanches, il
me tenait serré contre lui et nous n’arrêtions pas de nous embrasser, il
m’enflammait littéralement. Puis je l’ai arrêté, je l’ai regardé et il a
comprit. Il nous mena jusqu’au bosquet. Cet instant de lucidité nous permis de
ne pas rester en plein milieu. Je crois que pendant ces moments il n’avait plus
conscience de la douleur à sa jambe ; il en avait fait abstraction.
J’étais
accrochée à lui, je ne le lâchais pas, je ne voulais plus le lâcher ; et
nous nous sommes installés dans ce fameux bosquet. Je n’avais pas touché terre
depuis la rivière et il m’a allongé par terre. Lorsque mon dos a touché le sol,
je l’enserrais encore de mes jambes.
Je
m’arc-boutais contre lui tout au bonheur de sentir son corps contre le mien.
C’est comme si je ne pouvais pas me détacher de lui. Je m’étais déjà débarrassé
de ma chemise et il fit remonter mon débardeur d’une main tandis que sa langue
se promenait sur mon ventre.
Ses
lèvres effleurèrent ensuite la peau douce de ma gorge et vinrent se poser sur
mes seins palpitants.
Il
n’y avait plus rien, seulement nous deux ; rien de ce qui nous entourait
n’avait d’importance. Je n’entendais que lui, son souffle, tout notre
environnement avait été zappé. Nous étions retombés dans notre folle
inconscience. Je vivais chaque seconde, chaque minute en ne pensant qu’à ça.
J’étais terriblement consciente de nos 2 corps l’un contre l’autre, j’avais
l’impression de ne ressentir qu’une chose, ses mains, se baladant sur moi,
s’égarant sur les moindres parcelles de mon corps.
Je
tenais à Johnny mais il y avait Myron et je ne pouvais rien y changer.
Sa
peau, son odeur me manquaient et là, je les retrouvais enfin. J’attendais ce
moment depuis qu’il m’avait embrassé, même si j’ai, pendant longtemps, refusé
de me l’avouer.
Le
lendemain, je me suis réveillée la première ; nous étions enlacés. Tout
semble si irréel le soir, et puis le jour ramène la réalité. Je me suis dégagée
et j’ai commencé à ramasser mes vêtements éparpillés sur le sol. Il s’est
réveillé à son tour.
LG
« Dèb, bonjour »
J’étais
dos à lui, j’essayais de me contenir.
LG « Qu’est ce qu’il y a ?
DW
_ Rien. »
Il
s’était levé, il s’est placé derrière moi et m’a pris dans ses bras. Il
m’enlaçait complètement.
LG « Je sais à quoi tu penses, mais ils ne
sont pas là ; alors arrête. Pour le moment on est là, et je t’aime.
DW
_ Oh Myron. »
Lorsqu’il
me disait ça, j’avais qu’une envie c’était de lui répondre la même chose mais
je ne pouvais pas. Je tenais sa main gauche et je commençais à sentir mes
larmes monter.
LG « Je sais… Je vais te laisser repartir
mais fais attention car c’est la dernière fois. »
Dire
que nous nous étions enfin réveillés ensemble ; moi dans ses bras, j’en
avais rêvé des centaines de fois, mais pas comme ça, pas là. Ca me rendait
d’autant plus triste.
Au
même moment, notre section était revenue à notre dernière position connue. Il
n’y avait plus rien, ça fumait encore, une odeur macabre s’élevait de cette
clairière. Le sol était jonché de corps brûlés au napalm.
SJ « Et ! C’est Fergusson !
MT
_ Laisse le, il est mort.
Cal _ Pas de trace de Goldman et de Wilson.
AR _ C’est la radio.
DP _ On va essayer de les récupérer mon
caporal ?
Cal _ On doit rentrer.
DP _ Mais il faut faire quelque chose !
Cal _ On doit rentrer soldat !
DP _ A vos ordres.
SJ _ On peut rien faire à quatre.
AR _ Oui, et tu as entendu, il faut rentrer.
MT
_ De toute façon, s’ils sont toujours vivants, ils sont sûrement loin. »
Johnny
est arrivé pour les récupérer ; il attendait des nouvelles.
LM « Alors ?
DP _ Rien.
LM _ Putain de dieu ! Bougez vous le
cul ! On décroche !! »
Ils
sont rentrés, ils étaient tous abattus. Johnny était déboussolé, et il était
agressif avec tout le monde.
DP « On peut pas repartir ?
LM
_ Dans 20 minutes, il fera nuit ; on ne pourra pas les voir !
DP _ On ne peut rien faire de plus ?
LM
_ Vous croyez que vous êtes le seul à y penser ?... Excusez moi. Pointez
vous demain à 5 heures. On ne peut rien faire maintenant, mon rotor est
mort. »
Dans
le baraquement, l’ambiance était explosive.
AR « On aurait pu sauter de l’hélico,
pourquoi on ne l’a pas fait quand on a vu qu’ils s’étaient fait toucher ?
On les a laissé tombés !
SJ _ Arrête Ruiz !
AR _ On les a laissé tomber !! Peut être
qu’ils seraient encore …en vie.
SJ _ J’en sais rien mais… »
Dany
est entré ; ça a coupé les conversations.
AR « Alors, t’as vu Mc Key ? Au moins
on se bougera le cul.
DP _ Ca servira à rien.
SJ _ Qu’est ce qu’il y a, pourquoi tu dis
ça ?
DP _ Pour rien, on n’est pas assez nombreux.
AR _ Tu crois qu’on va te filer un
bataillon… ?! »
Ils
étaient excédés par le manque de moyens mis en œuvre pour nous retrouver.
Pendant
ce temps, au bureau d’Alex…
LM « Il faut que je te parle.
AD _ Attend…
LM _ Pour toi, cet article est plus
important ?!
AD _ Oui parce qu’il parle de Myron et de
Déborah. C’est le plus bel article que j’ai écrit depuis que je suis
arrivée. »
Johnny
l’a lu et il a changé de couleur.
LM
« Mais qu’est ce que tu racontes ! J’ai dis qu’ils avaient disparus,
pas qu’ils étaient morts ! Je comprends que tu veuille faire de l’effet
mais là, tu les condamnes !
AD _ J’étais sûre que tu ne retrouverais pas
Myron ; un jour ou l’autre ça devait arriver. Je suis vraiment désolée
pour Déborah, je le sentais.
LM _ Arrête ! Je te rappelle qu’il y a
quelques temps tu étais très amoureuse de lui.
AD _ Tout était fini entre nous.
LM _ Ne joues pas à ce petit jeu avec moi ;
il mérite mieux que ça voyons ! Et ce n’est pas une raison pour lui
retirer la vie !
AD _ Je n’ai pas envie de parler de Myron.
LM _ Alex !
AD _ Je t’ai dis que je n’ai pas envie d’en
parler !!
LM _ Tu n’es pas seule au monde ; tu as
peut être raison, ils sont peut être morts mais moi j’ai envie de
croire ! »
Johnny
était furieux, il avait la voie qui tremblait et il partit en claquant la
porte.
Ce
soir là, la section traînait au bar ; Dany était complètement bourré.
Jhonson les a rejoint et c’est là qu’un type l’a énervé.
GI « Et ! Jhonson ! Je crois
qu’on peut t’appeler sergent maintenant ! »
Marvin
lui a mis une beigne.
GI « Non mais ça va pas !
SJ _ Je t’interdis de dire que parce que le
sergent est à l’hosto, je cherche à le remplacer !
GI _ Excuse moi mais aujourd’hui on a reçu un
rapport sur toi et tout le monde pense que ce sera toi le nouveau sergent.
SJ _ Je suis désolée… Tout ce qu’il boit c’est
pour moi, d’accord ? »
Dany
n’arrêtait pas de parler, l’alcool lui déliait la langue et il fit un discours
sur la stupidité de cette guerre.
Le
lendemain, dès 5 heures ils étaient au bas de l’hélico. Ils partaient avec
Johnny.
De
notre côté, la situation avait changé, nous nous étions fait capturer la veille
par des Viets. Ils nous avaient surpris, nous n’avions que nos 45 et presque
plus de munitions. Ca avait été facile pour eux ; nous n’avions presque
pas résisté ; ça n’aurait servi à rien.
Ils
nous avaient tout enlevé, nous étions en t-shirt et pantalon, les mains
attachées dans le dos.
Nous
avons entendu un hélico passer au dessus de nous, c’était Johnny, je l’ai
reconnu parce que lorsqu’il est passé, la musique était à fond histoire de ne
pas s’entendre réfléchir.
J’allais
crier, je savais qu’il ne m’entendrait pas mais…Ils m’ont donné un coup dans le
ventre.
LG « La touchez pas !!
DW
_ Oh merde ! Ca va la jambe Myron ?!
LG _ Disons que ça pourrait aller mieux, ça
commence à être infecté.
DW
_ Peut être qu’ils ont un médecin.
LG _ T’inquiètes pas, ça va aller. »
Nous
nous sommes arrêtés dans un village.
DW
« S’il vous plait, vous n’auriez pas un médecin ? Bac si ?
LG _ Arrête, tu vas les faire chialer.
DW
_ Je vois que vous avez à manger ; ça ne me déplairait pas de manger un
bout… Où est ce qu’ils nous emmènent d’après toi ?
LG _ S’ils avaient voulu nous donner aux Viets,
ils l’auraient déjà fait, là on va vers le nord. Plus on va s’enfoncer dans
leur territoire moins ça sera facile de nous retrouver. »
Nous
étions assis dans un coin, les mains attachées dans le dos. Une femme est venue
nous apporter 2 portions de riz.
LG « Mamassan, j’ai les mains
attachées. »
Il
lui montra ses mains attachées pour qu’elle le détache et elle cracha dans son
riz.
LG « T’as toujours faim, j’ai un peu de
sauce. »
On
partagea ma portion de riz ; il mangeait dans mes mains et vis versa.
A
la base. Un homme était venu parler à Alex, il voulait la débaucher pour un
journal. Il lui proposait un poste à Paris, c’est là que se déroulaient les
négociations pour la paix.
C’était
une chance pour elle ; mais elle désirait d’abord savoir si Myron était
réellement mort. Elle était plutôt indécise.
Dans
la forêt. Nous avions repris notre route. Nous avons dû traverser une
rivière ; j’ai glissé et je suis tombée. Le fait d’avoir les mains
attachées m’empêcha de me relever tout de suite. Ils me frappèrent dans le dos
pour que j’aille plus vite, ça n’arrangea rien.
LG « Et !! Arrêtez ! Elle n’arrive
pas à se relever ! Eh !! »
Ils
ont arrêté.
LG « Ca va ?
DW
_ Non, ils m’ont vraiment fait mal. »
Avant
de repartir du village, nous avions vu 2 Américains, Hans et Samuel. Ils
avaient eux aussi été fait prisonnier. Ca nous a remonté le moral de les voir,
d’échanger quelques mots. Oh bien sûr, ce fut court mais c’était toujours ça de
pris
Notre
section était rentrée de mission sans nous et ça perturbait Dany.
DP « On aurait dû les trouver !
AR _ C’est la guerre Dany, on n’y peut rien.
MT
_ Tu vas la fermer Dany ! »
Dany
a mis une beigne à Marcus.
MT
« Tu crois que t’étais le seul à y penser ?
DP _ Tu n’y étais pas, tu n’as rien à
dire !
SJ _ On se calme ! On quitte le camp à 5
heures demain matin. 6000 cartouches pour l’hélico. Ruiz, 300 balles par
personnes plus 4 grenades par personne. Une ration de bouffe pour une journée
et 2 paquets de clopes.
MT
_ Qui t’as donné tout ces renseignements ?
SJ _ Le commandant Siks, parce que je suis
sergent mon pote !
AR
_ Félicitation.
SJ _ Merci »
Durant
la journée, nous étions arrivés dans un camp. On nous avait mis dans des cages,
cote à cote. On ne pouvait se tenir ni debout ni couché. C’était insalubre.
C’était
dur, mon dos me faisait mal, il était tout engourdi. J’avais des bleus énormes.
DW
« Qu’est ce que fait le garde ?
LG _ Il dort, je ferai bien pareil.
DW
_ Je m’en doute.
LG _ On doit être dans la forêt de Boyloyle. Pas
loin de la piste Ho Chi Min. Ils vont sûrement nous envoyer dans le Nord. On
est près de la rivière Bentoy.
DW
_ Ces 2 cages ont déjà servi…
LG _ A quoi tu penses ?
DW
_ A Hans et Samuel. Je me demande ce qu’ils font maintenant. »
Un
des Viets s’était levé, il voulait uriner dans les hautes herbes et c’est ce
qu’il fit. Le problème c’est qu’il n’avait pas vu le Viet qui était justement
couché dans ces mêmes hautes herbes. Le type s’est levé d’un coup, il était
furax et ils ont commencé à s’engueuler. C’était tellement ridicule comme
situation que nous avons éclaté de rire ; quand ils s’en sont aperçus, ils
ont arrêté de s’engueuler et ont commencé à taper sur nos cages. Ca nous a
stoppé, mais ça nous avait permis de penser à autre chose durant un court
moment.
Alex
était à Saigon, elle prenait le thé en attendant un de ses indics.
Quand
il arriva, il l’entraîna discrètement dans une ruelle sombre.
VtI « C’est dangereux.
AD
_ Ecoutez, je voudrais des informations sur la bataille de Benkat pour savoir
si 2 personnes ont été tuées.
VtI _ Beaucoup de personnes sont mortes Matrang a
fait venir des hommes du Nord ; c’est dangereux de parler.
AD
_ Ecoutez, c’est très important pour moi ; l’une des 2 personnes c’est le
lieutenant Goldman.
VtI _ J’ai toujours fait ce que vous vouliez…
AD
_ Et je vous ai toujours récompensé.
VtI _ Le danger est plus grand.
AD
_ La récompense le sera aussi, prenez ceci.
VtI _ Je vais essayer. »
Dans
la forêt. Nous étions toujours coincés dans nos cages mais j’avais réussi à me
libérer les mains.
DW
« Je me suis détachée les mains.
LG _ Dépêche toi.
DW
_ Ca y est, approche toi.
LG _ Non, part.
DW
_ Approche toi.
LG _ Ils arrivent, fait ce que je te dis !
DW
_ Je reviendrai. »
Je
l’ai embrassé et je me suis enfuie. Je n’arrivais pas à croire que je l’avais
laissé.
Je
courrais lorsqu’un gamin m’a stoppé net. Il devait avoir 16 ans à tout casser
et il m’avait dénoncé. Je fus entouré par 4 Viets armés.
Ils
m’ont emmené dans un baraquement, celui du chef. On me fila un coup de cross
dans le dos ; exactement là où j’avais cette douleur lancinante.
J’étais
par terre, je ne me sentais pas bien, la douleur était de plus en plus forte,
j’en aurais pleuré mais je me suis retenue. J’étais à terre, je voyais leurs
chaussures. Ils m’ont relevée ; j’étais assise par terre, sur mes talons.
CVt
« Vous vous croyez où ?
DW
_ La vache, il nous comprend…
CVt
_ Est ce que vous comprenez soldat ?
DW
_ Je suis le soldat Joe Brody. »
J’ai
reçu un coup dans le ventre, je me suis retrouvée à terre. Ils m’ont jeté un
sceau d’eau dessus.
DW
« Merde… ils portent mes pompes !
CVt
_ Le jeune Tang a eu le bras coupé à cause des Américains ; il les déteste
comme tout bon Vietnamien. Les hommes de cette région vous auraient tué si mes hommes ne vous avaient pas
trouvé, vous entendez soldat ? !
DW _
J’entends.
CVt
_ Vous vous dirigiez vers la rivière mais il y avait un champ de mine droit
devant vous. Vous seriez mort sans Tang. Vous avez eu 2 fois la chance. Si vous
tentez encore quelque chose, je vous fais abattre. »
Le
commandant n’était pas complètement débile, il voyait bien que je n’étais pas
un homme et il fit sortir ses hommes. Ce qu’il avait devant les yeux lui
paraissait plutôt attrayant et il voulait posséder une Américaine comme ces GIs
possédaient les Vietnamiennes.
Il
me releva brusquement et me passa la main sur la poitrine, je lui crachai
dessus et il me gifla. Il recommença et voulut m’embrasser, c’est là que je lui
mis mon genoux dans l’entre jambe. Il se plia en 2, il était humilié et je le
regardais avec tout le dégoût qu’il m’inspirait. Il alla s’asseoir à son bureau
et appela un garde pour qu’il me raccompagne jusqu’à ma cage.
Il
allait se venger et il valait mieux pour moi que je ne sois pas dans les
parages lorsque ça arriverait.
LG « Qu’est ce qui c’est passé ?
DW
_ Rien.
LG _ Dèb, qu’est ce qu’il t’a fait ?
LG _ Rien, je ne lui en ai pas laissé le
temps. »
Il
m’a pris la main ; j’ai passé une nuit épouvantable, j’avais le dos et la
mâchoire bleus et engourdis.
Le
lendemain, c’était la première mission de Marvin en tant que sergent.
DP « Ca fait tout de même drôle
d’effectuer une mission sans Dèb, le sergent et le lieutenant.
AR _ Il faudra faire gaffe cette fois-ci si on
veut rester en vie.
SJ _ Gardez vos distances et ne parlez
pas. »
Alex
était en ville pour à nouveau rencontrer son informateur. Ce dernier ne savait
rien, ce n’étai pas la même compagnie que d’habitude qui le renseignait. On ne
pouvait rien savoir, tout le monde se taisait. Personne ne dirait ce qui
c’était passé.
La
section avait pour mission de poser des pièges sur un chemin reliant la piste
Ho Chi Min.
A
la base, Johnny attendait Alex à son bureau.
AD « Alors ?
LM
_ On ne les a pas retrouvé.
AD
_ Alors c’est fini, pour l’armée ils sont morts.
LM
_ Non, ils sont encore portés disparu. Il y a toute une compagnie qui vient de
sortir ; ils vont faire des prisonniers et on saura ce qui s’est passé.
AD _ Mais moi je sais ce qui s’est passé, ils
ont été massacrés ! Tués par cette putain de guerre et l’armée n’en a rien
à foutre ! ! Tu sais, je croyais que je n’aimais plus Myron mais…
Quand il était en mission, je sentais sa présence à mes côtés mais je sens plus
rien ; je sais qu’il ne reviendra pas. »
Elle
s’est mise pleurer dans les bras de Johnny.
Dans
le camp. Nous avons eu la surprise de voir Tang roder auprès de nos cages. Il
s’approcha un peu plus près et nous donna un couteau. Après m’être détachée, je
passai le couteau à Myron.
Nous
avons assommé le garde et nous nous sommes enfuis.
LG « Tu crois qu’on peut lui faire
confiance ?
DW
_ On n’a pas le choix. »
On
s’arrêta pour reprendre notre souffle et savoir quelle direction nous devions
prendre lorsque…Je vis un Viet devant moi, il me pointait son arme
dessus ; il n’avait pas vu Myron qui le prit à revers. Il l’immobilisa et
lui prit son fusil.
LG « Alors, qu’est ce qu’on en fait ?
DW
_ Je voudrais lui faire un truc qu’il m’a appris. »
Je
lui ai pris le fusil des mains et je lui ai fracassé la mâchoire avec la
crosse. Nous l’avons laissé à terre, il était en sang. Nous allions partir,
lorsque nous avons vu Tang, il nous montrait une direction.
LG « Qu’est ce qu’il veut ?
DW
_ Apparemment il veut nous aider. Nous sommes américains.
VtT
_ Viêt-Cong coupé bras, Américains amis. »
Nous
avons suivi ses conseils. Après nous avoir aidé, Tang retourna au camp, il
était en ébullition. Le commandant s’approcha de Tang et lui tira dans la tête.
Il savait que c’était lui qui nous avait aidé.
De
notre côté, nous continuions, nous ne savions pas que nous nous dirigions vers
la section.
GI
« Viet !! »
Ils
ont commencé à tirer et nous nous sommes jetés à terre. Nous étions couchés,
cachés derrière un tronc d’arbre qui avait été coupé. Nous avions seulement le
fusil que nous avions volé au Viet et presque pas de munitions. Nous fûmes
d’ailleurs rapidement à court.
Alex
de son côté, était en entretien avec son recruteur. Elle avait décidé de
partir, elle ne se voyait pas rester ici sans lui. Ce type allait s’occuper de
tout (papiers, transfert, logement…), elle n’aurait rien à faire
Dans
la jungle. Nous étions dans la merde, nous avions les Viets aux fesses et on
nous tirait dessus (nous ne savions pas que c’était notre section). Nous étions
pris entre 2 feux.
AR « Et ! Je les vois plus, où est ce
qu’ils sont passés ?
MT
_ Tu t’en fous ! Tire !
SJ _ Purcell, Viet à 3h !!
DP _ Mais putain, merde ! Qu’est ce que
t’attends pour les flinguer ? ! »
Nous
étions coincés, nous ne pouvions rien faire. Je ne sais même pas s’ils
s’étaient aperçus que nous ne tirions plus. Les Viets qui nous poursuivaient,
tiraient, peut être ne faisaient ils pas la différence.
DW
« Myron, t’entends, ce sont des armes américaines.
LG _ Et ! Nous sommes
américains ! »
Il
y avait énormément de bruit, les cris, les armes…
AR « Ils crient qu’ils sont
américains !
MT
_ C’est ça ! Et moi je suis Ho Chi Min !
DP _ Où est ce qu’il a appris à tirer avec un
lance-roquette ce trou du cul ! Je m’en occupe !!
SJ _ Bon, couvrez le !! »
Dany
a couru comme un dératé ; il a plongé, a glissé et s’est retrouvé allongé
à côté de moi. Il me tenait ne joue, son doigt était crispé sur la gâchette et
il était prêt à tirer
DW
« Dany, calme toi ; c’est moi, Dèb.
SJ _ Cessez le feu !! Dany, qu’est ce qui
se passe ?
DP _ Et les gars, c’est Dèb et le
lieutenant !
SJ _ Tu les vois ?
AR _ Oui, droit devant. »
J’ai
pris Dany par le cou.
Les
Viets étaient toujours là, et ils continuaient à tirer.
Nous
nous sommes finalement repliés, nous sommes rentrés, nous allions reprendre nos
vies même s’il resterait toujours quelque chose.
Myron
avait été transporté au dispensaire ; Alex vint le voir.
LG « C’est bien toi ?
AD
_ Oui, c’est bien moi, ne me quitte plus jamais. »
Je
n’avais rien, mis à part des bleus, rien de cassé. J’avais seulement besoin de
repos, de manger et des heures de sommeil.
Johnny
a insisté pour que je dorme avec lui, il ne voulait plus me quitter, il m’a
même promis qu’il me laisserait dormir et que ça serait plus tranquille avec
lui qu’avec tout plein de types. Il m’a laissé un peu, il devait revenir d’ici
pas longtemps.
J’étais
toute seule, sur le point de me mettre au lit lorsque quelqu’un frappa à la
porte.
DW
« Non c’est pas vrai ! C’est un mauvais rêve ! Je veux
dormir ! ! »
J’ai
ouvert la porte et là, ce fut un vrai défilé.
LM
« Salut chérie. »
Lorsqu’il
m’a embrassé, ça m’a fait mal.
DP « Salut Dèb
MT
_ Salut Dèb
AR _ Salut Dèb
SJ _ Salut
DW
_ Qu’est ce que vous faîtes là ? Et ça ? Vous savez qu’on n’a pas le
droit de boire dans les baraquements. Johnny tu dis rien.
MT _ Mais il faut arroser ça.
DW
_ Quoi ?
MT _ Ce p’tit con de Marvin a pris du galon.
DW _ C’est vrai ? J’te félicite mais ce
soir je veux juste dormir.
AR _ Dans ce cas on va te border et te regarder
dormir.
DP _ Tu sais qu’on t’adore.
DW _ Moi aussi je vous adore »
Ils
sont restés un petit moment dans la chambre, pas trop longtemps. On a bu une
bière et Johnny les a mis dehors pour que je puisse dormir. Il m’a ensuite
bordé et m’a embrassé sur le front.
Il
a été au petit soin pour moi et il m’a vraiment laissé dormir.
On
a estimé à environ 2300 Américains à voir été considéré comme Disparus en
mission (MIA) durant la guerre du Vietnam. Des reporters ont indiqués que
certains seraient encore prisonniers en Asie du Sud Est.