Chapitre 22 : J Doyle

 

 

Lorsque j’ai ouvert les yeux ce matin là, Johnny n’était plus là. J’aurais dû être debout depuis un moment, j’étais vraiment en retard, pourquoi ne m’avait-il pas réveillé ?

Je me suis habillée en vitesse puis je suis sortie en courant, j’ai bousculé Myron au passage.

 

DW «  Excuse moi.

LG  _ Je viens te prévenir que tu ne pars pas en mission avec nous. Ton père arrive ici aujourd’hui.

DW _ Qu’est ce que c’est que cette blague ?

LG  _ Ce n’est pas une blague. Bon je te laisse, je dois y aller, profites-en.

DW _ Merci de m’avoir prévenue, bonne chance, fais attention. »

 

Je suis rentrée dans la chambre de Johnny, je n’en croyais pas mes oreilles. Je me suis assise sur le lit, et c’est là que quelqu’un a frappé à la porte. J’ai ouvert et je me suis trouvée en face d’une femme, apparemment une civile. Brune, à peu près le même age que moi, pulpeuse, jolie, les cheveux au carré, Comment était-elle arrivée jusqu’ici ?

 

CiA « Excusez moi, je me suis apparemment encore trompée ; ce n’est pas évident de se retrouver dans cette base…

DW _ Je peux peut être vous aider ; qui cherchez vous ?

CiA _ Le lieutenant John Mc Key, il est pilote.

DW _ Que lui voulez vous ?

CiA _ Je m’appelle Adeline Knox, je suis sa petite amie, enfin je veux dire… »

 

Là j’ai zappé tout ce qui a été dit après ça, j’avais qu’une envie c’était de m’enfuir.

 

DW  «  Attendez le ici, vous ne vous êtes pas trompée. Au revoir. »

 

Je suis sortie, je n’en revenais pas, j’étais mi-furieuse, mi-abasourdie. Je n’aurais jamais dû me lever.

J’ai évité Johnny toute la journée, je ne savais pas quoi lui dire, je préférais prendre un peu de temps.

J’ai attendu le retour de ma section avec impatience, je tournais dans la base, j’ai lu, je me sentais très seule.

Je me suis demandée ce qu’elle avait ressenti en marchant dans cette chambre. Le lit était encore chaud de la nuit, tout était rangé même si le tiroir du haut laissait voir quelques un de mes vêtements et il y avait une photo de moi sur son bureau. Si la situation avait été inversée, je ne sais pas comment j’aurai réagi.

Lorsque Johnny est rentré, je l’ai observé de loin, je l’ai vu rentrer dans sa chambre. Plus tard, j’ai vu Adeline sortir de chez Johnny, elle avait apparemment pleuré. La discussion n’avait pas dû être très agréable.

Ma section est rentrée vers les 15h, je les ai attendu à la piste d’envol. Je discutais avec eux lorsque j’ai aperçu mon père de loin.

 

AR  «  Visez moi ça, c’est un des mecs les plus importants de New York.

MT  _ Qu’est ce qu’il viendrait faire au Vietnam ? »

 

Je ne me sentais pas à l’aise, et lorsqu’il me reconnut, il se dirigea à grand pas vers moi.

GW «  Déborah, ma chérie.

DW _ Papa. »

 

Les mecs ouvraient des yeux grand comme des soucoupes

 

GW «  A voir la tête de tes copains, je parie que tu n’as jamais vraiment parlé de ta famille… Est ce que je pourrai te parler, en privé ?

DW _ Oui. »

 

Myron a eu la gentillesse de nous laisser son bureau.

A peine étions nous tous les deux qu’il me serra dans ses bras. Il n’a pas mis très longtemps avant de s’exprimer sur le but de sa visite.

 

GW «  Je n’irai pas par 4 chemins, je veux que tu rentres avec moi aux Etats-Unis.

DW _ D’accord.

GW _ C’est presque trop facile.

DW _ Mais à une condition.

GW _ Je m’en doutais.

DW _ Si des amis à moi profitaient du même tarif préférentiel ?

GW _ C’est impossible, je ne peux pas faire ça. Rentre avec moi, sois raisonnable, tu peux te faire tuer.

DW _ C’est un risque que je prends, il faut jouer le jeu jusqu’au bout.

GW _ Mais ce n’est pas un jeu !

DW _ Tu vois ce que je veux dire.

GW _ Promet moi au moins de rester vivante.

DW _ Pas de promesse que je ne serai pas capable de tenir. »

 

Je me suis toujours demandé pourquoi mon père était venu à ce moment là, et pas avant. Lorsque nous sommes sortis, Johnny était là, je me suis jetée à l’eau.

 

DW «  Johnny, je dois te parler.

LM _ Oui, viens par là. … Je t’ai cherché toute la journée, je ne t’ai pas trouvé. Qu’est ce qui se passe ?

DW _ Tu veux le savoir ? Qu’est ce qu’elle foutait là ?

LM _ Calme toi ! C’était mon ex-copine. Je lui avais envoyé une lettre de rupture ; elle voulait venir me voir pour en parler, et elle a attendu d’avoir suffisamment d’argent pour venir.

DW _ Bien sûr, et elle a fait tout ce chemin pour s’entendre se faire jeter une 2ème fois ! Prend moi pour une conne ! Tu crois quand même pas que je vais te croire ! T’as mal géré tes 2 nanas ! Salut !

LM _ Attend…

DW _ Laisse moi ! »

 

Je l’ai laissé en plan, en fait, je ne savais pas pourquoi j’avais réagi aussi violemment car il ne m’avait pas menti et je le savais, j’étais injuste avec lui ; qu’est ce que je cherchais ?

J’ai rejoint mon père, nous avons passé le reste de la journée ensemble jusqu’à ce que je l’amène à l’aéroport et qu’il prenne son avion.

Le sergent avait par hasard rencontré un vieux pote dans un bar : Jim Doyle.

Myron et le sergent avaient une mission spéciale le lendemain, ils allaient travailler avec les Navy Seals, ça promettait d’être dangereux.

Alex avait écrit un article explosif, et elle avait su garder quelque renseignement ultra confidentiel sur le non fonctionnement d’un nouveau système de radar. Pour la remercier, un lieutenant l’invita à la Garden-party de l’ambassade américaine qui aurait lieu le lendemain. Elle pourrait ainsi décrocher quelques articles intéressants. Elle lui demanda également à tout hasard s’il n’y avait pas de poste à l’arrière pour un ami à elle (Myron)

Ce soir là, le sergent rencontra Doyle dans un bar. Il travaillait pour la CIA et recrutait pour son agence, il voulait Anderson. Celui-ci se posait beaucoup de question sur l’après-guerre, ce qu’il ferait et il envisageait sérieusement d’accepter cette proposition.

Au même moment, Myron et Alex étaient dans leur chambre et ils s’engueulaient, toujours pour la même raison.

 

AD «  Tu sais, j’ai rencontré un lieutenant qui travaille au bureau des renseignements. Il aurait peut être un travail pour toi…

LG  _ Ecoute, demain je vais en mission alors on en reparlera une fois que je serai rentré.

AD _ T’en a rien à foutre de moi !

LG  _ Oui, c’est un peu ça !

AD _ Mais j’en ai marre ; il y a des fois je me dis qu’il faudrait que tu sois blessé comme ça tu ne repartirais plus ! J’en ai marre de demander l’heure toutes les 2 secondes quand t’es en mission, de courir comme une dingue jusqu’à la piste d’atterrissage. Tu comprends ? ! Il faut que ça change, il faut que ça change ! »

 

Elle était très énervée et alluma une cigarette en tremblant.

Le lendemain, Myron, le marsouin Ross et le sergent partirent en mission. Le type des Navy Seals se considérait comme supérieur et il leur faisait sentir. La mission était dangereuse et au cas ou ils seraient capturés, il leur donna une capsule de cyanure, ça ne présageait rien de bon.

Tout ne se déroula pas très bien. Dès le début, Myron se fit piquer par un scorpion, le sergent lui proposa de rester sur place, ils le reprendraient au retour, mais Myron refusa. Ross leur fit bien comprendre que de toute façon, il ne ralentirait pas pour lui.

Ils avaient pour mission de récupérer une mallette qui se trouvait dans un hélico qui s’était écrasé. Ils trouvèrent l’appareil exactement là où on leur avait dit, écrasé sur les rives d’une petite rivière, de l’autre côté d’où ils arrivaient. Il n’y avait apparemment personne.

Ross les laissa dans les broussailles, il alla inspecter la carcasse de l’hélicoptère tout seul. Il venait de trouver la mallette, allait revenir sur ses pas quand il fut tué par derrière. Il s’écroula sur la berge et laissa tomber la mallette dans le courant. Myron se jeta à l’eau pour la récupérer et c’est à ce moment que les Viets sont sortis de tous les côtés. Le sergent aida Myron à sortir de l’eau, il allait de plus en plus mal, le poison faisait petit à petit son effet ; et le fait de ne pas rester couché n’arrangeait pas les choses. Cette mission devait normalement donner de ses nouvelles toutes les 2 heures, et ce ne fut pas le cas.

Alex était à la petite sauterie de l’ambassade, elle était saoule et noyait son chagrin dans l’alcool. C’est là qu’elle entendit des pilotes (dont Johnny) parler de la mission à laquelle participait Myron : ça faisait 6 heures qu’ils n’avaient plus de contact radio avec eux. En apprenant ça, Alex disjoncta.

Le lieutenant qui avait invité Alex revint avec 2 verres, et une forte envie de danser. Il pensait que cette soirée était un rencard et qu’il pourrait conclure ; elle n’avait plus la tête à s’amuser et elle le repoussa.

Il insista lourdement et Johnny intervint ; il lui cassa la figure et ils partirent tous les 2 en courant.

Myron et Anderson arrivèrent à leur point de rendez-vous au moment où l’hélico atterrissait. Ils avaient les Viets aux fesses, le sergent le couvrait pendant qu’il embarquait. L’hélico décolla à peine était il dedans, le sergent était toujours à terre et ils partaient sans lui.

C’est là que Myron se mit à hurler, à menacer de jeter la mallette s’ils n’atterrissaient pas pour récupérer le sergent. Le pilote céda.

Arrivés à la base, quelqu’un les attendait pour récupérer la mallette. Ils refusèrent de la lui donner ; ils voulaient la remettre en main propre au général même si Myron était mal en point.

 

SA  « Je tiens à dire que c’est grâce au lieutenant Goldman qu’on s’en est sortis ; et même piqué par un scorpion, il a continué la mission au risque de sa vie.

Gal _ Vous ne leur aviez pas dit que cette mallette était un leurre ? La vraie était à 20 Km de là, vous faisiez diversion. »

 

Myron fut transporté à l’hôpital et Alex vint le voir.

Lorsqu’il ouvrit les yeux, elle était là ; il prit ça pour un acte de réconciliation, mais ça ne fut pas le cas. Elle lui annonça qu’entre eux deux, c’était définitivement fini.

Cinq jours plus tard, nous repartions en mission, Myron était des nôtres.

Nous marchions tranquillement lorsque nous avons entendu du bruit. Myron prit ses jumelles, il vit un homme dans un arbre il fit ensuite passer les jumelles au sergent qui reconnut Doyle.

Il était à moins d’un kilomètre de notre point de ralliement et il nous attendait pour qu’on l’aide à transporter une caisse contenant des armes russes.

Peu après nous sommes tombés sur des Viets et ça faillit mal finir. Smity manqua de se prendre une grenade en pleine tête. Une fois rentrés, Anderson parla à Myron.

 

SA  «  Lieutenant, Smity voudrait savoir si, …enfin, pour sa promo…

LG  _ Dîtes lui que c’est comme s’il était sergent. »

 

Myron trouvait que notre dernière mission était bizarre.

Nous avions appris que nous n’avions pas été attaqués par des Viets, mais par des montagnards, alors que normalement ils sont de notre côté. En fait, Doyle s’était servi de nous comme d’une escorte.

Le sergent alla lui parler, celui-ci soutenait que leur rencontre était une pure coïncidence.

Le lendemain, Myron rencontra Alex ; il lui demanda des renseignements sur Doyle.

Doyle demanda expressément à Zeke de dire à Myron d’arrêter son enquête.

Myron et moi parlions beaucoup, je savais qu’il tenait à Alex ; ce n’était pas lui qui avait mis fin à leur relation mais je savais également qu’il y avait quelque chose qui le préoccupait, il y réfléchissait beaucoup et il refusait de m’en parler.

Il y avait des tensions au sein de la section à propos de la prochaine promotion. Certains pensaient que c’est Marvin qui aurait dû être promu et pas Smity. La question était « Pourquoi un blanc aurait-il une promo et pas un noir ? » Tout était maintenant une question de couleur de peau.

Jhonson n’était pas d’accord, pour lui c’était à Smity d’avoir cette promo parce que ça faisait plus longtemps qu’il était ici, et puis ça l’aiderait, il était marié et avait un gosse.

En tout cas, Taylor était dans une rage folle.

C’est dans cet état d’esprit qu’il alla accueillir le lieutenant Patterson.

Il entra dans une pièce à l’intérieur de laquelle il y avait une jeune femme.

 

MT  «  Je suis venu changer les couches d’un officier… Patterson.

LP   _ Je suis le lieutenant Patterson.

MT _ Seconde classe Taylor, à vos ordres mon lieutenant. Désolé.

LP   _ Ce n’est pas grave. »

 

Le lieutenant Patterson était une belle femme, un officier de couleur, ce qui était plutôt rare.

Marcus était là pour aider Patterson à s’installer. Elle avait besoin de lui pour déplacer quelques meubles, aménager la pièce. C’est comme ça qu’elle fit tomber un cadre, il se brisa en touchant terre. C’était la photo d’elle et sa grand-mère, morte 3 semaines auparavant. C’était récent et elle y était encore très sensible, et les larmes lui montèrent aux yeux. Taylor lui proposa de lui réparer. Elle avait le cafard et il lui dit qu’il lui apporterait la bande des Negros Spiritual. Il avait déjà le béguin pour elle.

Plus tard dans la journée, Smity alla chercher ses nouveaux galons de sergent, il passa par la réserve de munitions pour aller au plus court. C’est là qu’il vit Doyle et 2 Viets charger des caisses d’armes dans un camion. Doyle le vit également.

Smity alla tout de suite prévenir le sergent Anderson, ce dernier discutait alors avec le lieutenant Patterson.

Smity tomba ensuite sur Marvin dans le baraquement.

 

SJ   « Smity, félicitation.

GIs _ Tiens, c’est pour toi.

SJ   _ Qu’est ce que tu fais ? Reprend tes galons, je me fiche de ce que les gens disent.

GIs _ Ils me les ont donné en double, je sais que tu seras un super sergent.

SJ   _ Merci. »

 

Peu après, Smity fut retrouvé dans la réserve, inconscient, il était blessé à la tête. Quelqu’un lui avait tiré dessus à bout portant avec un calibre 22, ce n’était donc pas des Viets. Il avait peut être une chance de s’en sortir mais ce n’était pas sûr du tout.

Pendant ce temps, Johnny et Myron étaient en grande discussion. Ils s’étaient par hasard retrouvés sous la douche (les douches communes pour officiers)

 

LM «  Vous feriez mieux de faire gaffe avec Alex, elle est malheureuse ; c’est une fille super et vous risquez de la perdre.

LG  _ Ca vous arrangerait, comme ça vous pourriez être avec elle.

LM _ Dîtes pas de bêtises.

LG  _ Et vous avec Déborah ? Où en êtes vous ? Car vous savez…

LM _ A parce que…

LG  _ Non, mais on ne sait pas ce que l’avenir nous réserve… Salut. »

 

Plus tard dans la journée, Myron vint me voir ; il avait besoin d’aide. Nous sommes partis faire des photos des entrepôts d’opium des Montagnards. Nous avons fait un premier passage, nous prenions des photos, tout se passa bien ; au 2ème passage, les Montagnards commencèrent à nous tirer dessus.

A la base, Johnny était sur le point d’emmener Alex manger au restaurant. Il voulait lui remonter le moral. Ils allaient partir lorsqu’un soldat du PC communication vint le prévenir qu’un hélico avait des problèmes.

Dans l’hélico, ce n’était pas une partie de plaisir.

 

PlD «  Merde ! Le co-pilote est tombé sur le siclic ! Enlevez le de là !

DW _ Dufy, le mitrailleur est touché !

PlD _ Moi aussi.

DW _ Dufy !

PlD _ Je n’arrive pas à redresser ! »

 

J’avais pris la place du mitrailleur. Au même moment à la base.

 

LM  «  Alex, ne bougez pas, je reviens.

AD  _ Non, je viens avec vous. »

 

Dufy communiqua avec la base, nous étions mal barrés.

 

PlD «  Le co-pilote et le mitrailleur sont morts, je suis blessé et je ne suis pas sûr de pouvoir tenir jusqu’au bout.

LM _ Lieutenant Dufy, j’écoute ?

LG _ Le lieutenant Dufy est inconscient, je me suis mis à la place du co-pilote, que dois-je faire ? Je tiens le siclic.

AD  _ Johnny, c’est Myron !

LM  _ Bon, tenez le siclic bien droit Myron, c’est Mc Key, à vous.

DW  _ J’ai pris la place de Dufy, qu’est ce que je fais ?

LM  _ Déborah ?!... Bon, on va faire comme je t’ai appris. Myron, vous en faîtes pas, vous avez un super pilote, elle va vous ramener.

DW  _ T’étais avec moi et c’est toi qui étais aux commandes.

LM  _ Tiens le siclic Dèb, tire le collectif, l’appareil va prendre de l’altitude.

DW  _ Ok.

LM  _ Fait attention à ce que le siclic reste bien droit à la verticale. Myron, lisez moi les coordonnées. La vitesse du vent c’est le plus grand devant vous. Celui à votre droite c’est la position du rotor et en dessous vous avez l’altimètre.

LG  _ Je vois 60 nœuds, 45% pour le rotor et on doit être à 500 pieds d’altitude…On est beaucoup trop près des arbres !

LM  _ Regardez pas en bas, écoutez, ne regardez pas en bas !!

AD  _ Johnny, faîtes quelque chose !

LM  _ Regardez l’horizon, les instruments et augmentez la puissance.

LG  _ Dîtes à Zeke que les Montagnards n’en voulaient pas aux GIs mais à Doyle. Il doit faire du trafic de drogue, dîtes lui d’en parler au commandant Darling.

AD  _ Demandez lui où il est, repérez le ! Il faut savoir.

LM  _ Taisez vous, emmenez la !

AD  _ Non, non, je me tais, c’est bon, je vais voir Anderson.

LM  _ Essayez de vous concentrer. »

 

Anderson était avec Patterson à côté de la réserve de munition. Elle voulait lui montrer le camion de Doyle. Il était plein d’armes russes et il y en avait aussi pour 200 000 $.

Alex alla chercher le sergent Anderson et lui transmis les infos.

 

AD  «  Myron et Déborah vont tenter de ramener l’appareil de Dufy.

SA  _ Ca va aller Mademoiselle Devlyn ?

AD _ Oui.

AR _ Sergent ?

SA  _ Excusez moi. Qu’est ce qu’il y a Ruiz ?

AR _ Smity est mort.

SA  _ Calibre 22 à bout portant dans la tête, c’est signé la CIA. C’est Doyle qui a fait ça. »

 

Le sergent alla parler au commandant Darling. Il voulait la permission de prendre une dizaine d’hommes pour arrêter Doyle à Saigon. Le commandant accepta.

Pendant ce temps, dans l’hélicoptère.

 

LG  «  J’ai la sueur qui me dégouline de partout.

LM _C’est normal, c’est la trouille, tout le monde serait dans le même état que vous à votre place.

LG  _ Attendez, je crois qu’on y est.

DW _ Je vois la base. »

 

Jusque là, je n’avais rien dit, je m’étais concentré sur les infos et rien d’autre. J’avais la main crispée sur le manche, j’étais complètement flippée.

 

LM «  Dèb, il va falloir réduire les gaz, maintenant fais bien attention aux cadrans. Tu vas relâcher doucement le collectif et tirer le siclic en arrière. Quelle est la vitesse de l’air maintenant ?

LG  _ 40

LM _ Vous devriez apercevoir une clairière au milieu de la base.

LG  _ Dîtes leur de dégager, on a besoin de place !

LM _ On va essayer d’atterrir en faisant un glissé au lieu d’atterrir verticalement.

DW _ Ok.

LM _ On va faire un atterrissage en visuel.

DW _ Qu’est ce que c’est que ce charabia ?

LM _ Je te l’ai déjà expliqué.

DW _ Non !

LG  _ Expliquez !

LM _ Ne panique pas ! Je vais tout te ré expliquer. Quand la vitesse de l’air approchera du zéro et que tu seras prête à atterrir, alors là, il faudra regarder le sol et pousser le collectif très doucement en avant. Où est ce que vous êtes là ?

DW _ On a dépassé les arbres.

LM _ Donnez moi la vitesse.

DW _ 15 et ça descend vite.

LM _ Remet la gomme pleine puissance !! Ca va aller, on se décontracte, on va recommencer. Faudra couper les gaz plus vite cette fois-ci. Allez-y, il faut se remettre dans la direction du vent, une légère touche sur la pédale de gauche pour l’horizontal. Où êtes vous ?

DW _ On est juste au dessus de la base.

LM _ La vitesse de l’air ?

LG  _ C’est encore 15 et ça descend très vite.

LM _ Pousse doucement le collectif.

DW _ Doucement le collectif.

LM _ A vous de jouer maintenant. J’ai confiance en toi. »

 

Nous avons réussi à atterrir sans trop de casse, ils avaient alerté tous les secours, pompiers, ambulances…

 

DW «  On a réussi ! »

 

J’ai pris la tête de Myron entre les mains pour lui donner un baiser. J’ai fait ça sans arrière pensé, c’était une impulsion. J’avais un goût de fer dans la bouche, elle était pâteuse, j’avais eu la peur de ma vie.

Johnny arrivait en courant, je suis très vite descendue de l’hélico et je me suis jetée dans ses bras.

 

LM  «  J’ai cru ne jamais te revoir, je t’aime Déborah.

DW  _ Je le sais, je suis désolée ; je t’aime moi aussi. »

 

Myron s’était glissé hors de l’hélico, il s’était assis par terre, il ne voulait plus bouger. Il était livide et j’ai cru qu’il allait vomir dans son casque.

Doyle avait été arrêté en ville, 2 soldats le surveillaient mais il réussit à s’échapper en les égorgeant. Il s’enfuit et le sergent partit sur ses traces. Il prit une ruelle et se retrouva dans une impasse. C’est là qu’ils commencèrent à se battre. La situation n’était pas des plus facile, ils avaient approximativement la même force. Le sergent vit une chaîne qu’il réussi à attraper et il étrangla Doyle.

Plus tard dans la chambre de Myron…

 

LG  «  Même sur une chaise, je suis trop loin du sol.

LM _ Vous avez vécu une sacrée expérience, grâce à vous, Dufy est vivant.

LG  _ Merci d’être là Alex.

AD _ Pas de quoi.

LM _ J’ai un pote aux messes, si vous avez faim…

LG  _ Non, j’ai l’estomac qui a assez travaillé pour aujourd’hui.

AD _ Vous pouvez me ramener à ma voiture ?

LG  _ Si tu veux, je te raccompagne en hélico.

LM _ Je crois qu’en ce qui concerne les hélicos, on a eu  notre compte pour aujourd’hui, vous trouvez pas ?

AD _ Je préfère la terre ferme.

LM _ Si Déborah viens, vous lui direz que je suis dans ma chambre. Salut. »

 

Nous étions tous au bar de la base.

 

AR  «  Je ne croyais pas que Smity me manquerait autant.

DW _ Il avait sa place ici.

DP  _ Ca fait un vide sans lui.

SJ    _ Je vais me charger d’écrire à sa femme.

AR  _ C’est bien de ta part Marvin.

MT _ J’arrête. »

 

Taylor s’est levé de table, il a rejoint le lieutenant Patterson, elle venait d’entrer dans le bar.

 

LP   «  Taylor, bonsoir.

MT _ Bonsoir.

LP   _ J’ai su ce qui était arrivé à votre ami.

MT _ On était copain mais je n’étais pas aussi proche de Smity que Johnson. Vous savez, on regrette de ne pas avoir mieux connu tous ceux avec qui on était et qui sont morts.

LP   _ Je voulais vous remercier pour les bandes.

DW _  Je laisse tomber la partie les gars. »

 

Avant de me coucher, je suis passée prendre des nouvelles de Myron.

Je l’ai trouvé assis sur une chaise, il était livide, fatigué, il semblait complètement vidé.

Il m’a dit que Johnny m’attendait mais je suis quand même resté un peu ; je ne voulais pas le laisser tout seul, il avait l’air si fragile, il me donnait envie de m’occuper de lui.

Il voulut me servir un verre mais sa main tremblait tellement…alors je lui ai pris et je nous ai servi. Il subissait le contre coup de la journée, je crois que si Johnny ne m’avait pas donné des cours, j’aurais été dans le même état.

Il s’est levé, a posé le verre sur la table, il me regardait.

 

LG  «  Je suis content que tu sois passé. Alex est venue avec Mc Key.

DW _ Tu vois, ce n’est pas vraiment fini entre vous. »

 

J’avais posé mon verre, j’étais debout, en face de lui, j’allais partir. Il me regardait bizarrement.

 

LG  «  Je tiens à elle mais quand t’es là ça n’a plus d’importance.

DW _ Dis pas des choses comme ça. »

 

Il s’était approché de moi.

 

LG  «  C’est vrai, depuis quelques temps, il y avait quelque chose qui me trottait dans la tête. Tu l’as senti, et c’était toi, toujours toi.

DW _ Mais nous deux, c’est fini, et depuis un moment maintenant.

LG  _ Attend, on a sous-estimé ce qu’il y avait entre nous.

DW _ Je suis avec Johnny et … »

 

Il semblait plus sûr de lui, il s’est encore approché, m’a pris par la taille, pour me serrer contre lui et m’a obligé à le regarder dans les yeux.

 

LG  «  Dis moi, dans les yeux, que nous deux c’est pas spécial…Dit le moi. Je ne te demande pas de quitter Mc Key pour moi.

DW _ Oui, nous deux c’est spécial, mais qu’est ce que ça fait de plus ? J’aime Johnny. »

 

Je n’aimais pas comme ça se passait, on aurait dit que je me justifiais

 

LG  «  Ca change tout et rien en même temps. Trinque avec moi.

DW _ A quoi ? A quoi on sert ?

LG  _ A rien.

DW _ Alors à rien. »

 

Il m’avait lâché, il me regardait dans les yeux. Il passa sa main sur ma joue, et il la remonta jusque dans mes cheveux

 

DW  «  Arrête, ne fais pas ça. »

 

Il n’a rien dit, il a continué puis il s’est approché de moi et m’a embrassé. Lorsque ses lèvres se sont posées sur les miennes, ce fut comme un moment de grâce, comme si j’avais attendu ce moment une éternité. J’ai senti sa langue s’insinuer lentement et glisser contre la mienne, c’était si agréable. Je le laissais faire, j’appréciais tellement ce moment. Je m’étais encore approchée de lui, j’étais collée à lui et mes bras étaient passés sans m’en rendre compte autour de son cou. Lorsque j’ai repris mes esprits, je l’ai repoussé.

Nous nous sommes regardé, et là, j’ai vu quelque chose dans ses yeux, il avait gagné et il le savait.

 

DW  «  Excuse moi, je dois y aller ; Johnny m’attend »

 

Je suis rapidement sortie, tout avait changé ce soir là.

1679 avions de l’Air Force furent abattus durant les combats, 704 hommes d’équipages furent tués, 1226 furent sauvés

 

 

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