Chapitre quatre: Finalement

 

 

Le trajet de retour n’a rien eu à voir avec l’aller. Bien sûr ça a été aussi long, dangereux, nous devions faire attention, nous étions en territoire ennemi mais l’ambiance était presque joyeuse, légère, tout allait revenir à la normale pour nous.

Nous rentrions chez nous. Même l’interminable trajet jusqu’à Darkhan m’a paru moins pénible et je ne fus pas la seule à le penser.

Malheureusement, quelques pertes ont assombries notre retour : Stephan San a pris une balle perdue lors d’une attaque, il est mort sur le coup.

Ca a vraiment affecté tout notre petit groupe ; nous étions devenus proches à force de vivre ensemble, d’effectuer des missions dans lesquelles nous comptions les uns sur les autres.

Je lui faisais une confiance totale, il nous avait toujours ramené à la base en un seul morceau et il était mort. Ian Tsé a vraiment été d’un grand réconfort durant cette période.

Je trouvais ça tellement risible de mourir sur le retour, si près de revoir sa famille…On l’a enterré sur place en essayant de respecter ses croyances aborigènes. La cérémonie a été courte, une prière et nous sommes repartis. Nous ne pouvions pas trop nous attarder et avec la chaleur, il était inconcevable qu’on ramène son corps chez lui.

 

A peine arrivés à Darkhan, nous avons rapidement été pris en main par l’administration en place et après une nuit par terre, durant laquelle il m’a été impossible de dormir, nous avons été conduits jusqu’à la gare.

Nous y avons rencontrés certaines connaissances mais personne de réellement proche de nous et Tso Tien San n’était visible nul part. Je sentais Ian Tsé tendu, il n’avait pas eu de nouvelle de son frère depuis un moment et dans ces contrés tout peut arriver.

Nous avons dû prendre le train le lendemain matin, même sans avoir de ses nouvelles. Une fois à l’intérieur, nous avons fouillé tout le train. Nous avions le temps, nous étions là pour 5 jours.

J’avoue que je commençais à sérieusement m’inquiéter ; l’angoisse était bien présente au sein de notre petit groupe. Lorsque nous sommes tombés sur le contrôleur, et qu’il nous a appris que Tso Tien Equiano San avait pris celui de la veille au matin ; tout le monde a soufflé un grand coup.

A partir de ce moment là, Ian Tsé s’est détendu et donc moi aussi.

Nous nous sommes installés et comme il n’était pas dans le même wagon que moi, il a du faire des pieds et des mains pour échanger sa place avec un type afin d’être avec mois dans notre compartiment ; je me demandais déjà comment j’allais faire quand je serai loin de lui ; lui chez ses parents et moi chez les miens. Au début, moins tactile en présence de mes frères, il s’y était fait et mes frères également ; tout était parfait. J’aime cette période même s’il ne se passait rien d’exceptionnel ; le fait que nous soyons ensemble était déjà quelque chose.

J’ai également essayé de retrouver des copines dans le train mais je n’ai vu personne et je n’avais pas eu de nouvelle de Wou depuis Angarsk. J’essayais de ne pas penser au pire mais je ne serai rassurée qu’une fois que je l’aurais vu en cher et en os à Hanoi.

 

Le dernier changement de train avait lieu en gare d’Hanoi, lorsque nous sommes arrivés, tout le monde est descendu ; certains allaient repartir et d’autres rester ici. En tout cas, personne ne nous y attendait. Nous avions prévenu que nous rentrions aux alentours du 5 septembre mais ne connaissant pas la date exacte, nous n’avions rien dit ; il ne nous restait donc plus qu’à rentrer à la maison à pied.

Nous nous sommes quitté devant la gare, Ian Tsé est parti de son côté et nous du notre ; nous nous verrions le lendemain. Ca m’a fait bizarre de le quitter ; nous étions constamment ensemble depuis quelques mois et même si ça n’a pas toujours été facile, ça se passait plutôt bien. Il était le seul à aussi bien canaliser mon énergie.

Il m’a quitté en me proposant de nous retrouver le lendemain en fin d’après midi, aux alentours de 16h30 au bord du petit lac.

Je le quittais un peu triste mais j’étais également tellement impatiente de revoir ma famille, ils m’avaient tellement manqués...

 

Lors du retour, j’ai regardé la ville d’un œil neuf, tout semblait si différent…Les gens n’avaient pas vraiment changé, les lieux étaient les mêmes mais ce n’était pas pareil, l’ambiance, quelque chose flottait, c’était la guerre, présente partout quoique les gens pouvaient en penser.

Mes souvenirs ne semblaient pas correspondre à ce que je voyais. Nous avons fait le trajet en silence, marchant à côté de nos chevaux. Nous étions chacun dans nos réflexions, comme si le retour était plus difficile que ce que nous pensions. Il y avait un petit pincement au cœur, l’angoisse soudaine à l’idée de rentrer, de me retrouver devant les parents.

AU moment où nous nous sommes retrouvés devant la maison, je me suis arrêtée. J’ai eu une hésitation et puis je les ai suivi.

Nous avons laissé les chevaux aux écuries et nous sommes rentrés.

Lorsqu’on a ouvert la porte…

 

Li         Maman ? Papa ?

Ma       Liam ?...Lili ma grenouille! Pu Yi!

L          Maman !

Ma       Oh mes bébés !

 

Sur ce papa est arrivé, ils nous ont serrés dans leurs bras. J’ai cru qu’ils n’allaient jamais nous lâchés. Nous sommes restés comme ça jusqu’à ce que maman se reprenne, qu’elle nous regarde de plus près, qu’elle s’aperçoive qu’on avait maigri, énormément d’après elle et qu’elle entame sa phase gavage.

Elle s’est ruée à la cuisine pour nous préparer des bons petits plats.

La maison embaumait les épices et autres condiments, je retrouvais les odeurs de mon enfance ; ça m’a mis l’eau à la bouche.

Lorsque nous sommes passés à table, nous avons principalement parlé d’Hanoi et de ce qui s’était passé durant les 6 mois où nous avions été absents. Ils ne nous ont posé aucune question même si je suppose qu’ils avaient envie de savoir comment ça s’était passé. Ils attendaient qu’on parle de nous même.

En fait, nous avons passé la soirée à discuter de tout sauf de ce qui s’était réellement passé durant ces quelques mois. Je ne voulais pas m’attarder sur ce que j’avais vu, sur ce que j’avais fait. Comment expliquer une guerre, la guerre qu’on a vécu à quelqu’un qui n’a pas été là, qui n’a pas vu les mêmes choses, qui n’a pas ressenti tout ce que tu as ressenti. J’avais peur de découvrir quelque chose dans leur regard une fois qu’ils auraient été au courant ; je voulais qu’ils voient en moi celle que j’étais avant de partir.

 

Je ne suis pas restée éveillée très tard, je tombais de fatigue, le contre coup, le trajet…lorsque je me suis couchée, je me suis tout de suite endormie.

Ma chambre, mon lit étaient rassurants ; j’ai toujours mieux dormi dans mon lit que partout ailleurs. Les draps étaient propres, une odeur de cerisier blanc embaumait, maman avait du en mettre partout…

Durant la nuit je me suis réveillée en sursaut à cause d’un cauchemar, j’avais chaud, mon pyjama me collait à la peau, j’avais l’impression d’être toute mouillée et ce n’était pas qu’une impression, mes larmes avaient détrempée mon oreiller et mes draps. C’est là que je me suis aperçue que maman était là dans ma chambre assise sur mon lit.

 

Ma       Lili, chut, ce n’est rien

L          Il y en a de partout

Ma       De quoi tu parles ?...Lili…

 

C’est à ce moment là que j’ai vu Liam de l’autre côté de mon lit.

 

Li         Lili, ce n’était qu’un cauchemar

L          Il y a…

Li         Il n’y a pas de sang

Ma       Qu’est ce que…

L          Mais…

Li         Regarde Lili, pas de sang

Ma       Tiens un peu d’eau

L          …Merci

Li         Rendors toi.

 

Je les ai vaguement entendu parler dans le couloir. Je n’ai pas tout compris, ça me parvenait comme assourdis ; j’entendais mais je ne comprenais pas et surtout le lendemain je n’ai pas réussi à m’en souvenir.

 

Ma       Qu’est ce que c’était que ce rêve ?

Li         Elle se réveille parfois en hurlant la nuit, elle se croit alors submergée, elle est recouverte de sang

Ma       Mais…

Li         Elle ne l’avait pas fait depuis longtemps

Ma       A la suite de quoi ce rêve…

Li         Elle ne m’en a jamais parlé, je ne sais pas ce qui s’est passé ce fameux jour, on a été séparés tous les 3.

Ma       Comment était elle après ?

Li         Je ne sais pas si, écoute maman, ce n’est pas facile de parler de ça avec toi.

M         Liam, je t’en pris. Je veux comprendre.

Li         Lorsque je l’ai retrouvée, elle était recouverte de sang et elle serrait convulsivement son sabre.

Ma       Comment ça se fait que cette nuit son cauchemar soit revenu ?

Li         Et bien…

Ma       Dis moi, il s’est passé quelque chose ce soir pour que ce rêve revienne ?

Li         Je ne sais pas si…

Ma       Liam !

Li         Pour la première fois depuis longtemps elle a dormi toute seule.

Ma       …Quoi ? Qui ? Je le connais ?

Li         Oui

Ma       Tso Tien San ?

Li         Ian Tsé San

Ma       Ian Tsé Equiano San? Mais…

Li         C’est sérieux entre eux maman. Je préfèrerais ne pas en dire plus, elle t’en parlera.

Ma       D’accord, je comprends. Va te recoucher.

Li         Bonne nuit maman.

 

Le lendemain lorsque je me suis réveillée, tout le monde était déjà debout à la cuisine et personne n’a rien dit sur l’incident de la nuit. On a fait comme si de rien n’était et je leur en suis reconnaissante pour ça.

L’ambiance était joyeuse à la maison, nous étions tous là, en vie. Lang, Liam, PuYi et moi avons rigolé comme lorsque nous étions enfants c’était agréable de retrouver l’insouciance qu’il me semblait avoir perdu.

 

Vers la fin de l’après-midi je me suis préparée pour rejoindre Ian Tsé. J’ai choisi un joli ao daï bleu avec un liserai jaune, il était mis en valeur avec le corset jaune pâle qui m’enserrait la taille. J’ai relevé mes cheveux, je voulais me faire jolie pour lui ; qu’il me voit pour une fois comme une jeune femme attirante, c’est vrai, il ne me voyait jamais à mon avantage, j’étais soit suant sur le tatami, ou crotté de boue sur le champ de bataille…bref, je voulais que ça change.

 

Je me suis rendue au petit lac, il m’y attendait, avec une fleur, un lys blanc, ma fleur préférée. J’ai trouvé ça très romantique, je ne le savais pas comme ça, un peu mais ça m’a tout de même agréablement surpris.

Nous sommes ensuite allés nous promener en ville, main dans la main ; je trouvais ça un peu intimidant au début mais apparemment, il semblait être plus détendu que moi. Bizarre.

 

I           Relaxe toi Lili

L          Je suis relax

I           C’est pour cela que tu me broies la main

L          Pardon…

 

J’ai voulu retirer ma main de la sienne mais il l’a attrapé, la serré un peu plus fermement et l’a porté à ses lèvres.

Nous nous baladions et c’est vrai qu’au bout d’un certain temps je me suis aperçue que nous n’étions finalement pas le point de mir de tout le monde. Ca m’a détendu et lorsque nous avons rencontré des amis à lui, je me suis sentie presque à l’aise, je dois dire que j’ai trouvé ça quasiment naturel. Ca n’avait l’air de choquer personne, il n’y avait pas de regard en coin, de murmures sur notre différence d’âge, ou le fait que je sois sortie avec son frère, en même temps, c’était si loin... Je me suis détendue et mon sourire s’est encore élargi. Lorsque je pensais à lui, que je le voyais, que j’étais en sa présence, un immense sourire s’inscrivait sur mon visage.

 

Il me ramenait chez moi lorsque nous sommes tombés sur le mémorial dont m’avait parlé maman. En fait, ils avaient construits un temple à l’intérieur duquel les noms des personnes mortes étaient gravés sur les murs. La liste était rallongée et mise à jour tous les jours.

Nous nous sommes arrêtés devant, j’avais envie d’entrer ; je ne voulais pas spécialement voir cette liste mais je sentais qu’il le fallait.

Lorsque nous sommes entrés, j’ai serré la main de Ian Tsé un peu plus fermement ; c’était très impressionnant de voir cette liste de noms. Une boule s’était coincée dans ma gorge, les larmes me montaient aux yeux et comme je ne voulais pas pleurer, ça me faisait mal de retenir mes sanglots.

C’est à ce moment là que j’ai lâché sa main, je voulais faire cette visite seule ; Ian Tsé l’a compris et lui a préféré aller brûler de l’encens pour le repos de leurs âmes.

J’ai lentement parcouru le mur, prenant le temps de lire les noms un par un. J’ai reconnue un certain nombre de personnes qui étaient déjà tombés au combat ; je les connaissais tous plus ou moins bien. Des jeunes de mon âge, des parents d’amis…et c’est là que je l’ai vu Wou Chjongi San (13/12/2999-15/03/3019) Ma meilleure amie était morte et je ne l’ai pas su, ça m’a laissé sans voie. Elle était morte peu de temps après qu’on se soit séparées.

Je touchais son nom du bout des doigts, je repensais à notre dernière conversation, on n’avait pas eu le temps de la finir, nous l’avions reporté car on était persuadé qu’il y aurait un lendemain.

 

L          J’ai tellement de trucs à te dire

W         Qu’est ce qui s’est passé ? Ca va ?

L          Oui, tout est …génial si l’on peut dire. Tu te souviens de ce garçon dont je t’avais parlé ?

W         Oui, celui dont tu n’as jamais voulu me donner le nom ?

L          Je sors avec lui. Mais chut, personne n’est au courant, pas encore du moins.

W         Et tu veux que je le dise à qui sachant que je ne connais même pas son nom ?

L          Ian Tsé Equiano San

W         Le frère de Tso Tien San ?

L          J’aurais tellement de choses à te raconter…

W         On n’a pas le temps…quelle barbe ! La prochaine fois

L          Oui, la prochaine fois, il faut y aller. Fais attention à toi.

W         Oui. Toi aussi

L          On se retrouve à Hanoi

 

J’ai senti Ian Tsé juste derrière moi, je me suis appuyée contre lui et il m’a pris dans ses bras.

 

L          Elle est morte

I           Qui ça ?

L          Wou San

I           …Je suis désolé Lili.

L          Je veux rentrer.

I           Ok, on y va.

 

Il était quasiment 19 heures lorsque nous avons pris le chemin du retour, son bras autour de mes épaules. Nous avancions en silence et puis...

 

L          Je veux que tu dormes chez moi ce soir.

I           Lili, je ne sais pas si c’est une bonne idée, tes parents ne sont même pas au courant pour nous.

L          Je sais… t’as raison mais j’aimerai tellement que tu restes avec moi.

I           …Si tu veux, je resterais avec toi le temps que tu t’endormes.

 

Arrivés devant la maison, il a enlevé son bras de mes épaules. Nous sommes entrés dans la maison main dans la main. Lorsque nous sommes arrivés, toute la famille était présente et ils le mirent tout de suite à l’aise, en fait ils n’ont pas eu l’air surpris, pas surpris du tout ; je soupçonne que Liam ou Pu Yi aient vendu la mèche. Après réflexion, je me suis finalement dis que ce n’était pas plus mal et que ça simplifiait les choses.

Le repas s’est bien passé, il était très à l’aise, en fait je crois que je ne l’avais jamais vu comme ça ; il semblait quasiment dans son élément. Il blaguait avec tout le monde ; il a même débarrassé la table…J’ai été agréablement surprise.

Après ça nous sommes allés au salon ; là mon père a voulu en apprendre un peu plus sur lui ; c’était la première fois qu’il agissait comme ça avec un de mes copains et ça m’a un peu gêné (ça m’a également fait sourire) puis nous avons fini la soirée avec une partie de ma-jong dans le patio.

Lorsque mes parents sont allés se couchés, maman s’est retournée vers nous et a ajouté

 

Ma       Au fait, Ian Tsé San, je t’ai sorti une serviette pour ta toilette et une tenue pour dormir. Tout est posé sur le lit de Lili.

I           …Merci.

Prt       Bonne nuit.

Ts        Bonne nuit

 

Je suis restée muette sous la surprise. Une fois la partie finie, nous sommes allés nous coucher. Je l’ai conduit jusqu’à ma chambre. C’est la première fois qu’un garçon dormait à la maison avec le consentement des parents ; je trouvais ça un peu intimidant.

Lorsque j’ai fermé la porte et que je me suis tournée vers lui, il avait retrouvé son visage sérieux. Je le regardais, il était assis sur mon lit.

 

I           Approche toi…Ca va ?

L          Oui. Je suis contente que tu sois là.

I           Je suis content d’être là avec toi. J’ai aimé passer une soirée avec ta famille.

L          Je suis désolée pour mon père.

I           Ce n’est pas grave, c’est normal que ton père veuille protéger sa petite fille.

L          Je ne suis plus une petite fille

I           Ca je le sais Mia

L          Mia ? Tu m’as appelé Mia ?

I           Pour moi Mia, Lili, Li An’ c’est la même personne, toi. Je t’aime toi.

L          Je t’aime aussi Ian Tsé.

I           Allez approche toi.

L          Qu’est ce que tu fais ?

I           Je te mets au lit…

 

Je l’ai regardé en souriant l’air de dire « c’est ça, je te crois »

 

I           Pour dormir Lili.

 

Il m’a attrapé par la taille et a doucement a commencé à me déshabiller. Il a d’abord dégrafé mon corset, m’a fait tourner sur moi pour m’enlever ma ceinture puis m’a enlevé mon kimono. J’étais devant lui en sous-vêtements, je le regardais en souriant.

Il m’a dégrafé mon soutien gorge et m’a enlevé ma culotte.

Il a alors levé les yeux vers moi.

 

I           On va dormir Li An’ Où es ton pyjama ?

L          Dans le coffre là.

 

Il s’est levé, a ouvert le coffre, en a sorti mon pyjama et c’est à nouveau tourné vers moi.

 

I           Lève les bras. Voilà…La jambe droite, la gauche, c’est bon. Allez, au lit.

 

Je me suis rapprochée, j’étais debout entre ses jambes, légèrement appuyé sur lui et je le regardais dans les yeux. Je l’ai embrassé du bout des lèvres tout en défaisant la ceinture de son kimono.

 

I           Li An…

L          Je te déshabille et je te mets au lit…avec moi.

 

J’ai lentement écarté les pants de son kimono, tout en caressant son torse. J’ai fait glisser mes mains sur son corps, le long de ses bras pour lui enlever son kimono.

J’ai ensuite déplié son hakama et lorsqu’il s’est levé, il est naturellement tombé à ses pieds. J’ai attrapé le bas de pyjama que maman avait laissé sur mon lit pour lui. Je me suis accroupie, il a passé une jambe puis l’autre et je l’ai remonté le long de ses jambes pour finalement attacher le cordon a sa taille tout en lui caressant les fesses.

 

L          Au lit ?

I           Oui.

 

Je me suis couchée et il s’est allongé à côté de moi. Il a tout de suite passé son bras droit autour de mes épaules pour me rapprocher de lui. J’étais bien, la tête posée sur son épaule.

 

L          Je suis contente que tu sois là.

I           Moi aussi. Dors ma puce.

L          Bonne nuit.

I           Bonne nuit à toi aussi.

 

Je ne me suis pas réveillée cette nuit là, il avait l’art et la manière de me sécuriser, de me calmer et de ne me faire penser qu’aux choses positives.

 

Le lendemain nous sommes allés au dojo pour nous entraîner, c’était agréable de retrouver ce lieu dans lequel j’avais grandi, j’y avais mes habitudes et c’était rassurant.

Lorsque nous sommes arrivés là bas, nous sommes tombés sur Tso Tien. Il partait et au moment où je l’ai croisé ; je ne savais pas quoi faire ni quoi dire. On ne s’était pas revus ni parlé depuis que l’on s’était quittés à Darkhan.

Je suis restée muette sous la stupeur.

 

T          Salut Ian Tsé.

I           Salut Tso Tien ; Li An’, je vais me changer. On se rejoint sur le tatami.

L          Ok. Tout de suite. ..Alors Tso Tien, ça va ?

T          Oui, et toi ?

L          Ca va…je voulais te dire…enfin pour…

T          Il n’y a pas de problème… je ne t’en veux pas…vraiment.

L          Vraiment ?...Bon, tant mieux, alors ami ?

T          Ca a toujours été le cas, non ?

L          Oui, bien sûr. Bon, je vais me changer. A plus.

T          A plus.

 

Lorsque nous sommes sortis de vestiaires, je me suis aperçue que nous étions seul Ian Tsé et moi. Il n’y avait personne. Après une séance d’entraînement, nous avons commencé à nous affronter.

C’est là que Ian Tsé m’attrapa pour me faire basculer ; j’ai atterri sur le dos, comme souvent. Je le regardais en souriant, je m’étais laissée faire et nous le savions tous les deux. Il s’agenouilla et se coucha sur moi pour m’embrasser. Je l’entourais de mes bras et de mes jambes pour le faire basculer afin de me retrouver sur lui. Je souriais, il souriait.

 

I           Lili, on devrait peut être se lever.

L          J’ai envie de rester dans tes bras.

I           Il faut y aller, allez Li An’…Imagine si quelqu’un arrivait

L          On pourrait dire que c'est une nouvelle prise…

 

Il m’a regardé en soulevant un sourcil, l’air de dire…

 

L          D’accord, c’était juste une proposition.

 

Il s’est relevé puis m’a aidé à me relever. Nous nous sommes ensuite dirigés vers nos vestiaires respectifs. Je m’étais déshabillée de mon côté, prête à prendre ma douche quand je décidais finalement de le rejoindre.

Je m’enroulais dans ma serviette et sortis. Je traversais le couloir pour me retrouver dans les vestiaires masculins. Je me dirigeais vers sa douche au son de l’eau. Je tapais à la porte.

 

I           Oui ?

L          C’est moi.

 

Il a ouvert la porte, il était nu et il semblait assez surpris. Il s’est décalé pour me laisser passer et je suis entrée. J’ai accroché ma serviette au crochet et je me suis collée à lui sous les jets d’eau. Je me suis mise sur la pointe des pieds pour l’embrasser, lui caressant les fesses. J’aime ses fesses, musclées, bien rebondies avec un creux sur le côté ; à croquer. Il me tenait serré contre moi et je passais mes mains autour de son cou. Il m’embrassait de plus en plus passionnément, ses mains remontaient de mes hanches jusque dans mes cheveux. Il repoussa quelques mèches ; enlevant par la même occasion l’eau qui me dégoulinait sur le visage. J’avais très envie de lui et je voyais également son désir monter. Il m’a attrapé sous les aisselles pour me coller un peu plus à lui et j’ai coincé mes jambes sur ses hanches.

C’est là que nous avons entendu quelqu’un venir vers nous. Nous nous sommes regardés un peu paniqués quand on a compris qui s’était.

 

Li         Ian Tsé San? C’est Liam San. Je pourrais te parler ?

I           Là je suis sous ma douche…Peut être que tu pourrais attendre…

 

Liam San s’était apparemment rapproché ; en fait il était devant la porte. Je n’avais pas bougé d’un pouce, j’étais toujours dans ses bras. Nous nous regardions, je commençais à glisser le long de son corps à cause de l’eau et de la gravité et même si Liam nous avait interrompu, je sentais toujours l’excitation de Ian Tsé.

Liam était toujours derrière la porte, il parlait mais on ne l’écoutait pas.

J’embrassais Ian Tsé, il essayait de se concentrer sur ce que lui disait Liam mais je faisais tout pour l’en empêcher. Il s’appuya contre le mur, je sentais sa résistance fondre comme neige au soleil.

J’avais très envie de lui et je n’en avais rien à faire que mon frère me surprenne. Je commençais à doucement bouger le bassin histoire de l’exciter. Ian Tsé me fit les gros yeux puis il se mordit les lèvres. Je le faisais souffrir et je souriais. Il devait se concentrer, il posa ses deux mains à plat contre le mur et commença à respirer plus bruyamment.

Le bruit de la douche permettait de couvrir en parti nos soupirs et c’est là que nous avons entendu Liam parler un peu plus fort pour couvrir le bruit de l’eau.

 

Li         Alors, pour ce soir c’est bon ?

I           Oui…

Li         Bon, vu que tu passes autant de tant que Lili sous la douche, je te laisse. Au fait, Lili, je vous attends dehors.

 

J’ai regardé Ian Tsé, comment avait il su que j’étais dans cette foutue douche ?! Je me suis laissée glisser, je n’en revenais pas, comment ? Bref, ça nous a un chouillat refroidit.

 

L          Il sait comment refroidir une ambiance !

I           Viens que je te frotte le dos.

 

Ce soir là nous avons passé la soirée à la maison.

Au fil du temps, nous avons passé toujours plus de temps ensemble. Malgré nos emplois du temps respectifs, nous étions quasiment inséparable. J’avais trouvé mon équilibre et il en était le point central.

J’avais recommencé ma vie, telle que je l’avais laissé en partant. Je n’avais pas repris mes études, je m’accordais une année sabbatique. Je travaillais principalement avec les enfants au dojo et je continuais l’entraînement militaire comme toute personne entre 18 et 40 ans.

En effet, revenir du front ne nous en dispensait pas. En fait, je faisais constamment du sport, pour l’entraînement, pour le plaisir, pour le travail.

 

C’est là qu’un jour lors d’une promenade, au bout de quasiment 2 mois il m’a dit que j’étais invitée à manger chez ses parents. Je suis restée sans voie et j’ai commencé à paniquer ; ça impliquait tellement de chose ; c’était sérieux entre nous, vraiment. Je le savais déjà mais là…disons que ça apportait un côté officiel aux choses.

 

I           Lili, demain soir tu es invitée chez moi pour le repas.

L          Quoi ? Tu…

I           Ma mère t’invite pour manger demain soir à la maison.

L          Oh mon dieu ! Qu’est ce que je vais porter ? Qu’est ce que je vais leur dire ?

I           Eh, relax ; ça va bien se passer… Je prends donc ça pour un oui.

L          Oui mais il faut que je pense à ce que je vais lui offrir, à... A demain.

 

Je suis partie en courant, il fallait que je rentre à la maison pour tout préparer. Je l’ai planté là sans rien ajouter. Au bout de quelques mètres j’ai fait demi tour et…

 

L          À quelle heure je dois venir ?

I           Je viendrais te chercher à 19h15.

L          Je serai prête.

 

J’ai couru dans sa direction, je l’ai embrassé et je suis repartie en courant.

Arrivée à la maison, j’étais toujours aussi excitée, ma course ne m’avait pas calmée.

 

L          Maman ! Maman !

Ma       Li An’, qu’est ce qui se passe ?

L          Les parents de Ian Tsé m’on invités à manger chez eux.

Ma       Oh mon dieu !

L          J’ai dit la même chose. Qu’est ce que je vais porter, qu’est ce que je vais leur apporter…et s’ils ne m’aiment pas ? S’ils pensent que…

Ma       Ils vont t’adorer. Calme toi. On va d’abord voir ce que tu vas porter.

 

Nous avons passé le reste de la journée à s’occuper de moi. Maman m’a prêté le kimono qu’elle portait la première fois qu’elle a mangé chez ses beaux parents. Elle ne l’a porté qu’une fois, elle l’a ensuite emballé pour ne le sortir que lorsqu’elle voulait l’admirer et se souvenir du bon vieux temps.

Ce kimono était mauve avec des reflets gris perle. Un dragon blanc y était représenté partant du bas pour remonter et finir sur l’estomac.

Mon corset était gris perle avec le même dragon dur le devant, la ceinture était également gris perle ; quant aux peignes ils étaient mauves laqués, magnifiques ; c’était un de ceux dont on avait sous aucun prétexte le droit de toucher.

On a ensuite réfléchi à un maquillage assorti à ma tenue.

Toutes les 2, nous sommes enfin allées voir mamassan pour préparer les présent que j’allais offrir à la famille de Ian Tsé San.

Après maintes délibérations, nous nous sommes finalement décidé, j’apporterais un panier avec de l’encens et des fruits en signe d’offrande et de respect envers les anciens et les morts.

Ainsi qu’un mélange de feuilles à boire en infusion pour rester en bonne santé et enfin du riz pour que la famille n’ait jamais faim.

Ce paquet était complet, passé (respect envers les ancêtres), présent (l’infusion pour garder la santé dans le présent) et futur (riz pour ne manquer de rien)

 

Nous avons donc réussi à tout organiser en un temps record, tout était prêt, ce qui n’a nullement empêché que je me sente très nerveuse, je n’ai d’ailleurs presque pas dormi cette nuit là.

Lorsque je me suis réveillée le lendemain, j’avais une mine affreuse. Après le repas de midi, maman a commencé à me préparer avec l’aide de Lang et de mamassan ; et ça a duré toute la journée.

Je me suis baignée, on m’a coiffé, maquillé, manucurée et enfin habillée.

 

L’ambiance était spéciale à la maison, lorsque je suis finalement sortie de la chambre de maman, enfin prête. Papa était tout ému, Lang était toute excitée quant à mes frangins ; ils paraissaient bien silencieux.

Maman a ensuite voulu me prendre en photo ; habillée comme ça, je lui ressemblais beaucoup 25 ans auparavant.

Lorsque Ian Tsé est arrivé, il est resté sans voie ; lui aussi était très beau, ses cheveux étaient lissés, il avait revêtu un superbe kimono de ville bleu nuit avec l’hakama noir. Je n’avais d’yeux que pour lui ; nous étions dans notre petit monde et maman a du répéter 2/3 fois qu’on devait se tourner vers l’objectif.

 

Nous sommes ensuite rapidement parti, notre rickshaw nous attendait devant la maison. J’étais silencieuse tout le long du trajet, je serais sa main ; il essayait bien de me dérider mais je lui faisait des réponses monosyllabiques, ce qui a eu pour conséquence le silence complet durant la fin du trajet.

Lorsque nous sommes arrivés, je suis restée bien une minute au bas du rickshaw sans rien dire. J’ai commencé à respirer puis il m’a pris par la main pour me conduire jusque devant l’entrée. Leur maison était plus petite que la notre mais elle possédait un étage avec un balcon faisant le tour. Le chemin était pavé et de par et d’autre, on pouvait observer de nombreuses espèces différentes de plantes

 

I           Relax.

 

Il a poussé la porte d’entrée, j’ai enlevé mes socques et je l’ai suivi.

Ses parents étaient au salon, assis cote à cote ; Tso Tien était assis derrière eux. Nous nous sommes assis face à eux et nous nous sommes inclinés, les mains sur les genoux, la tête à 5 centimètres du sol.

Il y a eu les échanges de politesse, nous avons bu une petite collation puis je leur ai offert le panier rempli de présents. Ils l’ont ouvert et ont paru être content des présents et de leur signification.

La conversation a commencé, je répondais consciencieusement à leurs questions. Ce n’était pas très naturel. Je n’étais pas du tout à l’aise ; j’avais très peur qu’ils ne m’aiment pas, que je ne leur plaise pas, qu’ils considèrent que je sois trop jeune pour Ian Tsé …Bref, je ne me sentais pas à l’aise alors qu’ils faisaient tous des efforts.

Mes mains étaient posées sur mes genoux, je tremblais et c’est là que j’ai senti Ian Tsé me prendre la main. J’ai baissé les yeux vers nos doigts entrelacés, ça m’a fait sourire.

 

IMa     Li An’ Shaka San, vous voudriez me suivre à la cuisine ?

L          Bien sûr.

 

Je me suis levée et je l’ai suivi en silence. Qu’on m’appelle par mon nom me mettait mal à l’aise, j’avais l’impression que j’avais fait quelque chose de mal.

 

IMa     Il faut vous détendre Li An’ Shaka San

L          Appelez moi Li An’ San s’il vous plait.

IMa     Alors, comment avez vous rencontré Ian Tsé ?

L          Il était le maître d’arme de mon frère.

IMa     Bien sûr, Liam San c’est bien ça ?

L          Oui…Vous avez besoin d’un coup de main ? Je peux vous aider ?

IMa     Non, je voulais seulement qu’on puisse parler entre femme.

 

Je me suis un peu raidie et elle l’a vu.

 

IMa     Vous allez devenir vexante Li An’.

 

Je crois que j’ai retenu mon souffle à ce moment là, je suis sûr d’avoir pâli sous mon maquillage.

 

IMa     Je ne suis pas votre ennemi, nous sommes là pour apprendre à vous connaître.

L          Je sais mais…je ne sais pas comment vous expliquer ça, j’ai l’impression que toute ma vie va se jouer ce soir.

IMa     Vous ressemblez à Ian Tsé, ne prenez pas tout au tragique.

 

Et là je ne sais pas comment c’est arrivé, je me suis ouverte à elle.

 

L          Mais parce que c’est important, j’ai l’impression de l’avoir aimé toute ma vie.

IMa     Vous savez c’est encore ressent, vous avez du temps pour consolider votre relation.

L          Je le sais.

IMa     Ian Tsé n’est pas très bavard mais apparemment d’après ce que je connais de votre histoire ; ça a été le coup de foudre.

L          Oui, enfin avec un décalage de 4 ans.

IMa     Comment ça ?

L          Je me souviens encore du jour où j’ai eu le coup de foudre pour Ian Tsé, c’était le jeudi 6 mars 3014. Il était en tenu de karaté et c’était la première fois que Liam me permettait de m’entraîner avec lui et Ian Tsé.

 

Je revoyais le dojo, Ian Tsé, j’étais perdue dans mes souvenirs. J’étais revenu à la réalité, j’ai posé les yeux sur elle. Elle est restée sans voie. Elle m’a souri.

 

L          Pour lui c’est arrivé un peu plus tard.

IMa     Vous me rappelez le père de Ian Tsé et moi, moi aussi j’ai eu le coup de foudre pour lui alors qu’il était plus vieux que moi de quelques années. Vous savez je vous aime bien. Vous êtes comme lui, sportive, volontaire, d’ailleurs si j’ai bien compris, vous désirez également vous orienter vers une carrière plutôt sportive je crois...

L          Oui, c’est ce qui me plait.

IMa     Vous avez raison, suivez votre instinct, faites ce qui vous plait…Venez, on va rejoindre les hommes au salon.

 

A partir de ce moment là, tout s’est parfaitement déroulé, je me suis détendue ; et tout c’est tellement bien passé que ils nous ont invité à passer la nuit chez eux.

Lorsque nous sommes allés nous coucher, il m’a conduit jusqu’à sa chambre à l’étage. Elle lui ressemblait, tout était à sa place, des sabres étaient accrochés au mur, des photos de grands maîtres, des calligraphies avec les règles de vie à suivre.

J’en ai fait le tour lentement.

 

L          Je ne te reconnais pas complètement dans cette chambre.

I           Parce qu’elle n’a pas bougée depuis quasiment 10 ans. J’ai changé.

L          Je ne crois pas que tu es tant changé que ça.

I           Si, la preuve, j’ai fini par accepter les sentiments que j’ai pour toi.

 

Il m’a fait sourire et il m’a attrapé pour me serrer dans ses bras, m’embrasser.

 

La vie s’est ensuite organisée de manière différente, nous passions beaucoup de temps chez lui ; je trouvais que c’était parfait, je me voyais déjà dans quelques années, 2, 3 ans en train de préparer mon mariage.

 

Tout était parfait lorsque la décision est tombée au mois de décembre ; Ian Tsé repartait début janvier. J’étais tellement dans mon petit monde que je n’avais pas intégré le fait que les maîtres d’armes devaient rempiler 3 fois 6 mois avec des périodes de repos de 4 mois.

Lors de nos conversations je disais souvent « quand tout sera fini », pour moi ça signifiait « quand nous serons revenus » alors que lui comprenait « quand j’aurais effectué tous mes tours »

Ca a été un choc, j’ai eu l’impression que tout mon monde s’effondrait, il allait partir, il allait me quitter.

 

Les fêtes de Noël sont arrivés plutôt vite, je voyais le temps s’égrener bien trop vite. Nous avons passé les fêtes en famille ; une fois chez lui, une fois chez moi.

Nous avions décidé d’échanger nos cadeaux lors d’une soirée où nous serions seulement tous les 2.

Il avait réservé une sorte de petit kiosque où nous allions passé cette soirée. J’avais préparé de nombreux petits plats, j’avais revêtu la tenue des geishas.

J’avais tenu à tout préparer et lorsqu’il m’a vu toute pomponnée, il m’a dit combien il me trouvait belle.

La soirée s’est très bien passée, c’était une soirée en amoureux, discussion aux chandelles, petit repas ; j’appréciais ce moment d’intimité.

Nous nous sommes échangé nos cadeaux après le dessert ; on a rigolé lorsque on a chacun ouvert nos paquets : nous avions eu la même idée, nous sommes échangé des anneaux.

Je me préparais ensuite pour la cérémonie du thé. Il me regardait. Je pris la bouteille et je versais le thé dans sa tasse. Mes mains tremblaient, j’étais nerveuse.

La signification de cet acte avait changé au fil des siècles pour maintenant être une promesse d’amour entre 2 personnes.

Il me prit les mains et m’aida à verser le thé dans les tasses, comment pouvait il arriver à me rassurer en une fraction de seconde. J’ai bu en premier, je lui ai passé la tasse, il a posé ses lèvres au même endroit que moi.

Nous étions liés désormais.

Nous avons passé la soirée et la nuit ensemble.

 

Deux semaines étaient passées et Ian Tsé partait aujourd’hui. Même si j’essayais de faire bonne figure, de me rassurer, j’avais très peur qu’il reparte. Bien sûr, il avait déjà l’expérience du feu mais je n’aimais pas le fait qu’il soit obligé de tenter le diable encore.

 

Il venait de sortir de chez moi, il allait partir par le train de 15 heures. On avait décidé que ça serait mieux que je ne vienne pas à la gare car ça allait être trop dur, nous nous étions donc dit au revoir chez moi. J’avais eu du mal à le laisser partir mais finalement je l’ai vu s’éloigner avec Liam et je suis allée dans ma chambre pour pleurer.

Je suis sortie peu après pour aller au dojo, j’avais besoin de me défouler, de me vider l’esprit, d’arrêter de penser à lui. Je tapais sur ce maudis sac depuis 10 minutes lorsque j’ai aperçu l’horloge.

Son train partait dans 20 minutes et il fallait que je le revoie ne serais ce qu’une fois malgré ce qu’on s’était dit. J’ai rapidement enfilé mon kimono de karaté, j’ai enfourché mon vélo et j’ai pédalé aussi vite que j’ai pu.

Je l’ai aperçu alors qu’il arrivait à la gare. Son frère et ses parents l’accompagnaient. J’ai crié son nom en sautant de mon vélo. Il s’est alors retourné.

 

L          Ian Tsé !!

I           Lili ? Qu’est ce que tu fais là ?

I           Je ne pouvais pas te laisser partir comme ça.

 

J’étais devant lui, une boule dans la gorge, je n’osais plus bouger, je sentais les larmes me monter aux yeux. J’ai alors vu la peine su son visage.

 

L          Tu ne peux pas me quitter.

I           Je vais revenir. Y en a pour 6 mois.

L          Promet moi que tu vas rentrer.

I           Je vais revenir, promis, on a partagé la cérémonie du thé, tu connais mes pensées, je connais les tiennes, tu m’es destiné. Je reviendrai de l’enfer pour toi. Je t’aime. Ecoute, la première chose que je fais en rentrant c’est demander ta main à ton père.

L         

I           Tu m’entends ? Je t’aime.

L          Je sais, je t’aime aussi.

 

Il s’est approché un peu plus. Il tenait mon visage entre ses mains et il m’a doucement embrassé. Il a d’abord effleuré ma lèvre supérieure, je me demandais si j’avais senti ses lèvres ou son souffle.

J’ai passé mes mains autour de son coup, ses mains ont glissées dans mes cheveux ; on s’est embrassé à en perdre haleine puis on s’est séparés. Il m’a serré dans ses bras encore quelques minutes puis il s’est dirigé vers ses parents. Il les a embrassé rapidement puis il est monté dans le train. De la fenêtre, il nous a fait signe et lorsque le train n’a plus été visible ; Liam m’a pris dans ses bras. Je me suis remise à pleurer.

Ses parents ont été très gentils, ça mère était une femme énergique et elle m’a fait comprendre qu’elle espérait que je vienne les voir de temps en temps car je faisais partie de la famille.

 

Li         Ne t’inquiètes pas, il va revenir.

 

Mais Ian Tsé n’a pas tenu sa promesse, il n’est jamais revenu.

 

 

A suivre                                   Retour

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