| . . . suite des sacrements vs Harry Potter. . . |
| Harry Potter, un orphelin �lev�, par son oncle et sa tante non magicien, est �g� de 11 ans lorsqu'il re�oit une (des milliers) invitation � se joindre � un groupe tr�s sp�cial, les �tudiants de l'�cole des sorciers. Avant l'entr�e scolaire, Harry doit s'acheter tous les objets rituels et v�tements compos�s d'une cape ressemblant �trangement � une aube (v�tement du pr�tre). Tout au long de ses achats, dont il ne connait pas le sens, il est accompagn� d'une sorte de parrain qui lui explique la symbolique de ces objets. J'ai trouv� int�ressant cette approche par un parrain qui accompagne personnellement l'enfant dans ses premiers pas dans les rituels en les expliquant, je dirais, th�ologiquement pour laisser l'enfant vivre ses propres exp�riences plus tard. Harry arrive � son �cole, l'endroit ressemble � une magnifique �glise, presqu'une cath�drale avec ses colonnes et ses milliers de chandelles. Les endroits magnifiques ont le pouvoir extraordinaire de nous sortir de notre quotidien, de nous couper psychologiquement de la routine, ce qui permet d'�tre disposer � accueillir la pr�sence et le myst�re de Dieu. Fait � noter, dans ce film, toutes les pi�ces ont une fonction sp�ciale d�pendant de ce que les gens font � cet endroit. Alors que nous avons l'habitude de tout faire au m�me endroit : les grandes c�l�brations, l'Eucharistie, l'administration des sacrements, les r�unions, les ressourcements, la r�conciliation etc. La disposition et l'atmosph�re d'une pi�ce joue un immense r�le psychologique et �motionnel dans les rites de passages sp�cialement sur les enfants. Toujours dans le film Harry Potter, tous les �l�ves doivent subir � tour de r�le le rituel du chapeau magique. Une fois sur la t�te de l'enfant, ce chapeau sp�cial sonde le coeur du jeune, d�voile son caract�re et indique son appartenance � une �quipe (une maison). Je songeais que nous avons l'habitude de regrouper tous nos jeunes peu importe leurs talents, leurs forces par territoire. Ce qui oblige souvent des m�langes explosifs ou au contraire compl�tement amorphe, comme ce fut le cas dans l'initiation sacramentelle de ma fille. Alors que nous pourrions facilement proposer diff�rentes formes d'initiation, sans tenir compte du d�coupage des paroisses pour tenir compte du go�t des jeunes et de leurs �nergies. Par exemple, certains jeunes aiment le plein-air, ils pourraient vivre leur initiation dans un camp lors d'une fin de semaine d'�t�. Pour d'autres, ce serait les arts, pour d'autres la musique, ou encore, le sport. Tout au long de son cheminement, Harry est accompagn� dans l'ombre par un vieux sage protecteur, nomm� Dumbledore. Mais ce qui m'a particuli�rement touch�e et m'a fait prendre conscience des liens de ce film avec l'initiation sacramentelle de nos jeunes est ce petit passage dit par ce vieux sage. Le contexte est qu'apr�s une premi�re bataille avec les forces du mal personnifi�es par le sorcier Voldemort, la m�re d'Harry meurt. Celui-ci encore b�b� se retrouve avec une cicatrice en forme d'�clair sur le front. Une deuxi�me bataille avec le m�chant Voldemort survient alors qu'Harry a 11 ans. Ce dernier r�ussit � gagner parce qu'� chaque fois que le m�chant sorcier touche Harry, sa peau br�le. Le sage explique ensuite � Harry la raison de sa victoire. Voici l'extrait du livre : "Ta m�re est morte pour te sauver la vie. S'il y a quelque chose que Voldemort est incapable de comprendre, c'est l'amour. Il ne s'est jamais rendu compte qu'un amour aussi fort que celui de ta m�re avait pour toi laisse sa marque. Pas une cicatrice, ou un signe visible... Avoir �t� aim� si profond�ment te donne � jamais une protection contre les autres, m�me lorsque la personne qui a manifest� cet amour n'est plus l�. Cet amour reste pr�sent dans ta chair. ...c'est pour cela qu'il (Voldmort) ne supportait pas de te toucher. Toucher quelqu'un qui a �t� marqu� par quelque chose d'aussi beau ne pouvait susciter en lui que de la souffrance." Extrait de ROWLING, J.K. Harry Potter � l'�cole des sorciers, �ditions Gallimard Jeunesse, 1998, page 292. Apr�s un texte comme celui-ci comment ne pas faire de lien avec J�sus, Fils de Dieu qui a donn� sa vie pour nous et son signe invisible nous est offert par deux sacrements le bapt�me et la confirmation ? Et le plus beau de la situation, alors que nous avons tellement de difficult� � expliquer � nos jeunes le symbole de la croix, sa richesse, cet amour inimaginable de Dieu et les sacrements, les signes tangibles qui ensuite ne laissent pas de trace, ce vieux sage en quelques lignes explique clairement simplement ce myst�re et les jeunes comprennent ! � la sortie de cette salle bond�e de jeunes et de parents, il y avait une file d'attente de plusieurs centaines de personnes qui attendaient d'entrer voir le film Harry Potter. Je me suis mise � me poser des questions : Nous avons une grande tradition riche de symboles, avons-nous perdu la fa�on de les transmettre ? En voulant trop adapt�e certaines traditions, avons-nous perdu notre saveur particuli�re ? En voulant � tout prix en garder d'autres traditions, avons-nous fig� dans l'�volution normale d'une religion ? Est-ce que le petit nombre de pr�tres, le peu d'agents de pastorale engag�s, avons-nous perdu, en �glise, les moyens de rejoindre nos jeunes de mani�re signifiante ? Mais j'avais une interrogation sur nos jeunes actuels habitu�s � la rapidit� et � la technologie, (un directeur d'�cole avec qui j'ai travaill� les appelait la g�n�ration Zapper parce qu'ils ne restent pas tr�s longtemps concentr�s et si �a ne fait pas leur affaire, ils changent de jeux, de programmes, ils zappent !) est-ce que nos jeunes ont toujours soif d'apprendre sur leur tradition, de se ressourcer, de s'engager personnellement, de vivre des �v�nements signifiants, des c�r�monies de grandes envergures avec d�corum ou en sont-ils rendus � vivre par procuration � travers des acteurs au cin�ma ? Devant un tel engouement pour un film en comparaison avec le r�el d�sint�ressement des jeunes et des parents pour les sacrements, les questions se posent sur la pertinence d'offrir dans la forme actuelle, des sacrements dans un monde o� J�sus Ressuscit� semble ne plus avoir de place ni de valeur. Dans une soci�t�, o� ces rites sont vus comme un fardeau pour la majorit�, selon mon exp�rience, mais que les gens se sentent oblig�s de vivre pour �tre dans la norme. La phrase que j'ai entendu le plus souvent est "si mon enfant d�sire se marier � l'�glise, il doit �tre confirm�" suivi par "si mon enfant d�sire un jour �tre parrain, marraine d'un enfant" ! Les sacrements ne sont plus vus comme des signes tangible de J�sus Ressuscit� qui nous aime et nous promet un aujourd'hui et un au-del� meilleur. |
| Fin du texte . . . |
| Premi�re partie du texte |
![]() |