J�sus et la mort
Un geste d'amour ...
Ce n'est pas sur que Marthe et Marie l'aient imm�diatement remarqu�.  Son importance, pourtant est capitale.  Que fait J�sus apres qu'on l'a inform� de l'�tat critique dans lequel se trouve Lazare ?  Il prend la route de Jud�e.  Pourquoi ?  D'abord, pour etre avec les siens.

J�sus sait que Lazare ne gu�rira pas ; qu'il pr�c�dera meme son arriv�e.  Ce n'est donc pas pour lui qu'il prend la direction de B�thanie.  C'est pour Marthe et Marie.  S'il n'a pas l'intention de leur �pargner un deuil, il n'a pas l'intention non plus de les laisser seules dans leur peine.  Il ira donc vers elles, et jusque chez elles, pour les entourer de son affection et de ses soins.  Non, il ne sera pas dit qu'il a abandonn� ses amies au coeur de l'�preuve !  Il sera a leur cot�, pour qu'aucune ne se sente livr�e a elle-meme dans un moment aussi douleureux de son existence.

Admirable initiative, qui nous rappelle que, quoi qu'il paraisse, le Seigneur est toujours AVEC NOUS.  Ici.  A notre cot�.  En ami, afin que, dans l'�preuve, par lui nous recevons la consolation et le r�confort de Dieu.  Et de fait, sa pr�sence alors nous assure et nous fortifie.  Notez bien qu'elle ne nous garantit pas la d�livrance ; mais elle nous assure d'un soutien, d'un appui solides.  C'est pourquoi en son temps d�ja, le psalmiste pouvait chanter :
Meme si je passe par la vall�e obscure,
je ne redoute aucun mal, Seigneur,
car tu m'accompagnes. 
Tu me conduis, tu me d�fends,
voila ce qui me rassure.

Non qu'elle que soit notre situation ce matin, nous ne sommes pas seuls !  J�sus est ici, qui veut, par sa proximit�, nous convaincre de sa d�termination a nous assister fidelement, dans les temps d'�preuve en particulier, de maniere qu'en fin de compte, nous soyons vainqueurs.  N'oublions jamais qu'il est et restera jusqu'a la fin Emmanuel : non seulement Dieu avec nous, mais encore Dieu pour nous ; non seulement Dieu a notre cot� mais encore Dieu est de notre cot�.  Or, des lors que Dieu est pour nous, qui peut etre contre nous ?  C'est pourquoi nous avons cette certitude  : quand bien meme nous serions expos�?s tout le long du jour a la mort, nous remporterons la plus complete victoire par celui qui nous a aim�s au point de venir prendre sa place ici, pour nous secourir et nous affermir en temps utile.

A l'annonce de son arriv�e, Marthe, la premiere, a couru a la rencontre de J�sus.  C'est maintenant au tour de Marie de se lever et de se hater d'aller au-devant de lui.  Marie n'est pas seule : les amis qui �taient avec elle pour la consoler l'ont suivie.  C'est donc a plusieurs qu'ils rejoignent J�sus.  Et laissent paraitre leur d�sarroi.  A la vue de J�sus, rapporte Jean, tous �clatent en sanglot.  ON attend la r�action du Maitre.  Elle ne tarde pas a s'exprimer - verset 33- d'abord : il est profond�ment attrist� et troubl� ; - verset 35- ensuite : lui aussi se met a pleurer.  Quelques proches de Marthe et Marie interpretent aussitot ses larmes comme un aveu d'impuissance.  Et demandent : Lui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, ne pouvait-il pas faire aussi que Lazare ne meure pas ?  Ils n'ont rien compris.  J�sus sait qu'il rendra bientot la vie a son ami.  Ce n'est donc pas sa perte qu'il pleure.  Non.  S'il pleure, c'est AVEC Marthe, Marie et les autres.  Parce qu'il ne peut rester insensible a leur souffrance et qu'il fait sien leur deuil.  Et ce n'est pas parce que lui connait la fin de l'histoire qu'il ne vit pas intens�ment chaque �tape douloureuse.

Un signe de compassion, disions-nous.  J�sus d�montre ici une �tonnante capacit� de sympathie.  Rien de ce qui nous touche ne l'�pargne.  Sommes-nous dans la peine ?  Il porte avec nous le deuil.  Comme nous sommes loin des divinit�s que se sont cr��es les hommes !  Notre Dieu, qui s'est si parfaitement r�v�l� en J�sus, ce jour-la, du cot� de B�thanie, est tout sauf un etre impassible.  Il ne cesse au contraire de vibrer avec nous.  Melant ici son rire et la ses larmes aux notres.  Face a la souffrance et a la mort en particulier, il partage notre tristesse.  Et pas seulement notre tristesse : notre trouble aussi.  D'ou ces pleurs qu'il verse avec nous malgr� qu'il connaisse, lui, la fin de l'histoire.

Il arrive, c'est vrai, que devant notre d�tresse il se taise.  Nous nous demandons alors s'il sait seulement ce que nous �prouvons.  Ou si notre peine lui est �trangere.  Croyez-moi : nous serions mieux inspir�s de lever les yeux vers lui : il y a tout lieu de penser que nous verrions alors son visage baign� d�ja de larmes.  Plus encore qu'a nous-meme, la mort qui s�pare les etres et fait saigner les coeurs lui r�pugne.  D'ou ce grondement et, finalement, ces sanglots que lui arrache son spectacle.

Tous ne nous comprendront pas toujours dans notre peine.  Et nous nous sentirons parfois bien seuls.  Peut-etre un peu coupables aussi.  Sachons nous rappeler alors qu'il en est un au moins qui, jusqu'au bout, compatira.
Suite de ce texte . . .
Du a un probleme technique ind�pendant de ma volont�, certains accents et c�dilles n'apparaissent pas dans ce texte, veuillez m'en excuser.
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