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| J�sus et la mort. Jusques a quand, Seigneur ? Texte de M. Paul App�r�. Insupportable, la mort ! R�voltant, le spectacle quotidien de son triomphe tranquille ! On a beau faire, prier, esp�rer : c'est elle qui, toujours, a le dernier mot. Jusques a quand ? Les cimetieres sont trop petits ; il faut chaque jour en repousser les limites. L'effroyable faucheuse est a l'oeuvre partout, arrachant inlassablement aux vivants les etres qu'ils ch�rissent. On a commenc� de fleurir les tombes : gerbes et couronnes savamment compos�es sont venues par millions garnir leur pierre froide. Et l'on a constat� que, ces douze derniers mois, le marbre neuf s'�tait beaucoup vendu. D'ou l'on a conclu que les corteges sombres de proches endeuill�s avaient �t� nombreux cette ann�e encore. Jusques a quand ? Un a un, tous nos bien-aim�s nous quittent : pere, mere, frere, soeur, fils, fille, amis, compagnons de route. Autant de ruptures, d'arrachements qui, chaque fois, nous consternent, nous d�solent. C'est peu de dire que nous en avons notre claque des deuils ! Mais que peut bien changer notre ras-le-bol a l'affaire ? La camarde est en marche et nul ne peut l'arreter. Jusques a quand ? Triste condition que celle des hommes ! Condamn�s, dans l'attente de leur propre mort, a porter le deuil des autres. Oui, triste condition ! D'autant qu'ils paraissent devoir affronter seuls leur sort. Car Dieu dans tout cela - Je pose la question -, ou se trouve-t-il donc ? Nous allons ici bas de deuil en deuil ; nous passons notre vie a dire 'Adieu' ; il n'est pas un seul etre cher dont nous ne serons pas un jour cruellement priv�s. C'est au point qu'il parait que la mort est notre seul horizon. Et Dieu ? Que fait-il donc ? On nous a dit qu'il avait le pouvoir, Lui, de r�sister a la mort, mieux : de la vaincre, l'an�antir meme. Qu'attend-il alors pour se manifester ? pour voler a notre secours et lui arracher ceux d'entre nous qu'elle convoite ? Ou est Dieu ? Que fait-il ? Pourquoi n'intervient-il pas ? Des questions que tous, une fois au moins, nous nous sommes pos�es. Auxquelles, par cons�quent, il convient que nous cherchions une r�ponse. Pour ce faire, je ne vois pas mieux ce matin que vous proposer de revenir ensemble tres brievement sur un vieil �v�nement, fidelement rapport� par Jean dans le onzieme chapitre de son pr�cieux �vangile. Nous sommes dans la banlieue de J�rusalem. Deux soeurs Marthe et Marie, viennet de perdre l'etre qui leur �tait le plus cher : leur frere encore jeune, Lazare. |
| Jusqu'au bout, elles sont rest�es confiantes. D'autant plus qu'elles avaient inform� J�sus du drame qu'elles vivaient et qu'elles le savaient en route pour les rejoindre. Lui pr�sent, elles n'auraient �videmment plus a s'inqui�ter : n'en avait-il pas gu�ri d�ja des multitudes de malades comme leur Lazare ? Et puis, J�sus �tait un ami, un tres grand ami de leur frere. Jusqu'au bout, donc, elles sont rest�es confiantes. Mais les heures ont pass�, les jours meme, sans que J�sus n'apparut. Et la sant� de Lazare a continu� de se d�grader. Rapidement. Jusqu'au moment ou, contre toute attente, il est mort. Terrible d�sillusion pour Marthe et pour Marie. Qui, lorsque nous les retrouvons, ne comprennent pas. Entre temps, J�sus est arriv�, mais trop tard. Pourquoi ? ''Seigneur, dit Marthe, si tu avais �t� ici'' ''Seigneur, reprend Marie, si tu avais �t� ici, mon frere ne serait pas mort.'' Leur douleur est extreme. Leur d�sarroi aussi. Qui leur inspire une forme de reproche : ''Pourquoi Seigneur, n'es-tu pas venu plus tot ? Pourquoi avoir tard� comme tu l'as fait ? Pourquoi nous avoir laiss�es seules face a la mort ? Pourquoi surtout n'avoir pas sauv� notre Lazare ? Mais pas seulement notre Lazare : ton Lazare ? celui que tu aimais tant ? Nous ne comprenons pas.'' Leur reproche est a peine d�guis�. Mais qui oserait leur en tenir rigueur ? et leur jeter la premiere pierre ? Pas moi en tout cas. Qui n'ai pas toujours r�sister a la tentation de demander des comptes au Seigneur. Parce que j'avais l'impression que celui ou celle qui venait de me quitter faisait partie de ses amis, et que je savais que rien a priori ne l'empechait de me le ou la conserver. ''Seigneur, pourquoi? Un mot de ta bouche suffisait. Et tu t'es tu ! Pourquoi ? Ah! Si tu avais voulu ''Si tu avais �t� ici, mon frere ne serait pas mort.'' Qui devant l'agonie d'un parent ou la d�pouille d'un ami, n'a jamais �t� ainsi tent� de reprocher a Dieu son �trange ''absence'' ? Pr�sent, et pourtant ''absent''. Marthe, donc, et Marie en veulent au Seigneur. Discretement, certes, mais assez pour que J�sus juge bon de s'expliqer en leur offrant tout a la fois un geste, un signe, une parole qui les �claireront une bonne fois sur sa v�ritable position face a la souffrance et a la mort des hommes. |
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| Du a un probleme technique ind�pendant de ma volont�, certains accents et c�dilles n'apparaissent pas dans ce texte, veuillez m'en excuser. |