Esa� oublia rapidement le droit qu'il avait perdu d'�tre le chef de la famille que Dieu b�nirait. Mais Jacob y pensait souvent. Sa m�re lui avait parl� un jour du message de Dieu avant la naissance des enfants.
Isaac �tait vieux � pr�sent et sa vue avait baiss�. Il se mit au lit parce qu'il pensait mourir bient�t. Puis il appela Esa�. "Tu es mon fils a�n�", lui dit-il. "Je dois te donner ma b�n�diction avant de mourir. Va chasser un chevreuil pour me pr�parer un civet comme je les aime. Quand je l'aurai mang�, je te b�nirai." Esa� prit son arc et ses fl�ches et partit.
Mais R�becca avait tout entendu. Si Jacob devait �tre le chef de la famille, il fallait qu'il re�oive cette b�n�diction sp�ciale. Au lieu de laisser Dieu r�aliser lui-m�me ses plans pour les deux gar�ons, elle �chafauda une ruse pour tromper Isaac et ravir la b�n�diction � Esa�. "Va tuer deux chevreaux dans le troupeau", insista-t-elle aupr�s de Jacob, "et j'en ferai un civet d�licieux que ton p�re ne s'apercevra pas qu'il ne s'agit pas de celui d'Esa�. Tu feras semblant d'�tre Esa�, tu lui apporteras le civet et nous verrons bien qui obtiendra la b�n�diction.
Jacob craignait que la supercherie soit d�couverte. Son p�re, malgr� sa vue tr�s faible, ne le confondrait jamais avec Esa�. Mais R�becca avait r�ponse � tout. Elle cuisina rapidement la viande, puis enveloppa la peau des chevreaux autour du cou et des bras de Jacob, pour qu'il paraisse aussi poilu qu'Esa�. Elle le rev�tit ensuite des habits d'Esa� qui avaient l'odeur des pr�s et des bois, et l'envoya porter � son p�re un civet et savoureux.
Quand Jacob entra dans sa tente, Isaac fut surpris que son fils ait pu prendre et pr�parer si rapidement un chevreuil. "Qui est-ce ?", demanda-t-il. Il en avait d�j� l'eau � la bouche, rien que de sentir le fumet du civet. "C'est Esa�", r�pondit Jacob nerveusement. "Es-tu r�ellement Esa� ?", demanda Isaac avec suspicion. "On dirait la voix de Jacob ; approche !"
Presqu'en tremblant, Jacob s'approcha et Isaac t�ta ses bras. Les peaux poilues et l'odeur des v�tements d'Esa� sembl�rent le rassurer. Il commen�a � manger de bon app�tit. Quand il eut termin� le repas, il donna solennellement � Jacob la b�n�diction paternelle r�serv�e au fils a�n�. Au nom de Dieu, il lui promit le succ�s et d�clara qu'il serait le chef de la famille toute enti�re.
� peine avait-il termin� et Jacob s'�tait-il retir� pr�cipitamment de la tente, qu'Esa� arriva, apportant gaiement le gibier � son p�re. Quand Isaac entendit la v�ritable voix d'Esa�, il poussa un cri d'horreur. Il raconta d'un trait � Esa� ce qui venait de se passer et tous deux se rendirent compte qu'on les avait tromp�s. Esa�, tout � sa d�ception, pleura am�rement. Puis, la col�re l'emporta. "Je tuerai ce Jacob !", jura-t-il.
R�becca entendit les menaces qu'il hurlait. Elle comprit qu'elle devait �loigner Jacob par mesure de s�curit�. Elle sugg�ra � Jacob par mesure de s�curit�. Elle sugg�ra � Isaac que Jacob retourne dans le pays d'o� elle �tait venue, afin d'y trouver une femme de sa famille. Isaac approuva et Jacob, encore effray� et choqu�, quitta le foyer qu'il aimait, dit adieu � sa m�re et partit pour son long voyage. |
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