Le clerg�
Il y a un monde entre l'aristocratie sacerdotale de J�rusalem et le reste du clerg�.  Au sommet de la hi�rarchie se trouve le Grand Pr�tre.  Responsable de la Loi et du Temple, pr�sident du Sanh�drin seul � pouvoir entrer une fois l'an dans le Saint des Saints, il est le chef incontest� du peuple.  Nomm� autrefois � vie, les rois juifs puis les Romains les nomment et les destituent � leur gr� : le grand pr�tre en place cherche donc � plaire aux autorit�s civiles.  Par ailleurs, cette charge rapporte �norm�ment : part sur les offrandes, b�n�fices sur les ventes d'animaux . . . Et comme ces grands pr�tres appartiennent � quatre familles, on devine leur puissance politique et �conomique !
Les diff�rents responsables du Temple font �galement partie de cette aristocratie et , souvent, de ces m�mes familles.  Tous ces pr�tres sont sadduc�ens.
Les pr�tres ruraux sont environ 7000.  Tr�s proche du petit peuple, ils en partagent la vie, le m�tier et la pauvret�.  R�partis en 24 sections ou classes, ils exercent leur fonction au Temple, � tour de r�le, pendant une semaine par an ainsi qu'aux f�tes de p�lerinage.  On tire au sort celui qui offrira l'encens et comme il ne pourra �tre d�sign� de nouveaux avant que tous y soient pass�s, c'est pratiquement la chance de sa vie.  Certains plus instruits, sont scribes.  Beaucoup sont pharisiens.
Les l�vites sorte de bas clerg� ayant perdu tout pouvoir, sont les parents pauvres du clerg�.  Pr�s de 10 000, r�partis aussi en 24 sections, ils exercent une semaine par an au Temple, des fonctions subalternes : pr�parations des sacrifices, perception des d�mes, musique, police du Temple.
Groupes sociaux du temps de J�sus
Les anciens
Les anciens sont une sorte d'aristocratie la�que aux contours mal d�finis.  L� encore, il y a une grande diff�rence entre les chefs du village et le petit groupe de riches commer�ants ou fermiers qui si�ge au Sanh�drin de J�rusalem.  Ils tiennent � leur pouvoir et sont, pour cela, li�s aussi bien aux occupants romains qu'aux grands pr�tres.  Ils semblent �tre sadduc�ens.
Les scribes et les docteurs de la Loi.
Ils sont essentiellement les sp�cialistes de la Loi, reconnus comme tels, au terme de longues �tudes, vers l'�ge de 40 ans.  Ils ont une grande influence en tant qu'interpr�tes officiels des �critures, aussi bien pour la vie courante que devant les tribunaux.  Certains sont pr�tres, mais la plupart sont la�cs et pharisiens.  V�ritables ma�tres � penser du peuple, ils en partagent souvent la pauvret�.  Les scribes ont entour� la Loi d'une v�ritable haie de prescriptions.  Celles-ci nous apparaissent comme un joug asservissant.  En fait, elles pouvaient �tre un moyen de lib�ration : en �tendant ainsi � tout le peuple les r�gles de puret� primitivement r�serv�es aux pr�tres, elles permettent � tous d'�tre proches de Dieu.
Les publicains
Ces percepteurs ne sont pas les riches fermiers g�n�raux, mais leurs auxiliaires.  Juifs, ils collectent les imp�ts pour le compte de l'occupant romain, pour cette raison et parce qu'ils ont tendance � majorer les imp�ts pour leur propre compte, ils sont mal vus et tenus pour p�cheurs publics.  On d�signe habituellement ces groupes du nom de sectes : le mot n'a �videmment aucun caract�re p�joratif.  Les trois principales sont n�es � l'�poque des Maccab�es (A.T.).
Les pharisiens
Ils ont mauvaise presse, c'est dommage et injuste.  Les pharisiens sont des saints.  Ils se sont s�par�s des Asmon�ens jug�es infid�les et ils se s�parent du p�ch�, d'o� l'origine de leur nom.  Ils sont avant tout soucieux de la saintet� de Dieu dont ils m�ditent assid�ment la Loi.  Parce qu'ils savent qu'il est difficile de vivre sans cesse en pr�sence du Dieu saint, ils s'entourent de tout un r�seau de pratiques.  Mais ils ne sont pas hypocrites : quand le pharisien de la parabole d�clare je�ner deux fois la semaine et donner 10% de ses biens aux pauvres, il le fait !  Ils sont les authentiques t�moins de la vraie foi et J�sus, qui a re�u d'eux sa formation et sa fa�on de prier Dieu, se sent proche d'eux.  Leur seul tort est de penser qu'ils peuvent s'appuyer sur leur saintet� pour s'approcher de Dieu, qu'ils ont bien gagn� le ciel par leurs m�rites.  Si J�sus s'oppose si durement � eux, c'est peut-�tre qu'il est d��u de les voir pervertir ainsi leur saintet� et aussi parce qu'ils ont une grande influence sur le petit peuple qui les admire.  Cette influence tient plus � leur saintet� qu'� leur nombre : ils ne sont gu�re que 6 000.  Certains d'entre eux adopteront envers J�sus et ses disciples une attitude tr�s ouverte, ce sont eux qui sauveront le juda�sme apr�s 70.
Les sadduc�ens
Caste aristocratiques surtout sacerdotale, leur doctrine est mal connue.  Ils semblent ne reconnaitre, comme Loi que le Pentateuque et non les Proph�tes.  Ils ne croient ni � la r�surrection ni aux anges.  Opportunistes en politique, ils collaborent volontiers avec l'occupant romain pour maintenir leur pouvoir.  Ils seront tr�s durs envers J�sus et le christianisme naissant.  Ils n'avaient pas assez de vitalit� religieuse pour survivre au d�sastre de 79 et ils disparaissent alors de l'histoire.
Suite des groupes sociaux
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Les Ess�niens
Sorte de moines vivant en communaut� sur le bord de la Mer morte, leur doctrine est mieux connue depuis la d�couverte, en 1947, des manuscrits de Qumr�m.  Sous la conduite d'un pr�tre qu'ils appellent le Ma�tre de Justice, ils se sont s�par�s des autres juifs qu'ils jugent trop peu fervents.  Ils vivent dans la pri�re et la m�ditation des �critures, pr�parant activement la venue du R�gne de Dieu.  Leur monast�re sera d�truite par les Romains en 70.
Les mouvements baptistes
Entre 150 av. JC. et 300 apr�s, il y eut en Palestine et en dehors de nombreux mouvements baptistes.  Ils se caract�risent par l'importance donn�e au bapt�me comme rite d'initiation ou de pardon et par une attitude hostile au Temple et aux sacrifices.  Les Nasar�ens refusent tout sacrifice sanglant.  Le mouvement de Jean Baptiste s'inscrit dans ce courant, mais il n'a rien de sectaire : il est ouvert � tous et ne rejette rien de la foi traditionnelle.  Ce mouvement survivra � sa mort, semble-t-il, comme en t�moigne le groupe existant � �ph�se vers 54.
Le peuple de la terre
C'est par ce terme m�prisant que les pharisiens d�signent parfois le petit peuple ignorant la Loi, incapable donc d'en respecter les multiples prescriptions et, par le fait m�me, impur.
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