Entre la mort et la r�surrection
texte de Thierry Huser.
Je crois... la r�surrection de la chair, et la vie �ternelle.  Ces paroles concluent le Symbole des Apotres et disent la force de l'esp�rance au coeur de la foi chr�tienne.  Mais elles laissent en suspens bien des questions que l'on se pose lorsque l'on a perdu un etre cher : qu'en est-il aujourd'hui de ceux qui nous ont quitt� ?  la r�surrection leur est certes promise, mais qu'advient-il d'eux dans l'attente de cet �v�nement ?

Interrog� par les chr�tiens de Thessalonique au sujet de ceux qui se sont endormis dans la mort, Paul donne comme rep�re d'esp�rance la r�surrection.  Mais il ne parle pas de la condition des croyants entre la mort et la r�surrection.  Nous faut-il donc garder un silence respectueux devant ce qu'il ne nous appartiendrait pas de savoir ?

Prenons-en acte, la Bible parle peu de l'�tat interm�diaire : ni d�veloppement syst�matique, ni description pr�cise.  Cette discr�tion tranche avec la place qu'occupe le sujet dans la plupart des �crits ou pratiques d'autres religions, ainsi qu'avec le renouveau actuel d'int�rets pour ces questions.  Deux pistes s'ouvrent pour expliquer cette discr�tion :
  dans l'ancien Testament, on a peu de lumieres sur l'apres-mort, mais on mesure la valeur de la vie.  Le langage sur l'�tat interm�diaire est minimaliste : s'il y a une existence apres la mort, elle ne peut etre que moindre par rapport a celle qui se d�roule sur la terre des vivants.  C'est pour chanter la vie que l'on dit les limites du s�jour des morts : Ce ne sont pas les morts qui louent le Seigneur, ni aucun de ceux qui descendent dans le lieu du silence ; mais nous, nous b�nirons le Seigneur, des maintenant et a toujours.  A sa maniere donc, l'AT apporte ce message tonique, d'une valeur a accorder, aujourd'hui et dans ce monde-ci, a la vie v�cue devant Dieu en se saisissant de toutes les ressources recues.
  le nouveau Testament, quant a lui, est tout �clair� de la lumiere de la r�surrection du Christ, pr�misse et gage de la r�surrection g�n�rale et de la nouvelle cr�ation.  L'esp�rance, c'est la vie �ternelle dans un nouveau corps, sur une nouvelle terre.  On ne traite donc pas l'�tat interm�diaire comme un objet d'esp�rance a part : on pr�f�re d�velopper la pleine lumiere des aboutissements.  Et ceci d'autant plus que bon nombre de spiritualistes marqu�s par la pens�e grecque et refusant tout ce qui est corporel, se seraient volontiers arret�s a l'esp�rance d'une vie sans corps de r�surrection.

Trois conceptions de l'�tat qui s�pare la mort et la r�surrection des croyants ont �t� propos�es :
L'ame ou l'esprit subsiste, mais il n'y a aucune conscience, ni de dur�e, ni de pr�sence de Dieu, entre la mort et la r�surrection.  Le premier �tat de conscience apres la mort est celui du r�veil, a savoir la r�surrection.  Il ne subsiste rien apres la mort : l'homme est une unit� indivisible et meurt totalement, corps et ame ; la r�surrection est une action totalement nouvelle de Dieu.  S'il y a continuit� de personne, cela ne peut etre que par un choix de Dieu qui, nous appelant par notre nom, remodele le nouveau en fonction de l'ancien.

La premiere conception voit l'homme comme un unit� compos�e, la mort �tant la dissociation temporaire de cette unit� voulue par Dieu.  Le corps, moyen de relation avec le monde, est d�truit dans la mort : terrible rupture , avec ses cons�quences d'arrachement et d'incommunicabilit�, qui font de la mort une ennemie.  Mais, par la grace et l'action de Dieu, ce qui fait le fondement de la personne demeure apres la mort, dans la possibilit� d'un vis-a-vis conscient avec Dieu.  La mort ne d�truit pas totalement l'existence humaine, elle la dissocie.  Ce mode d'existence est cependant limit�, amput� : l'homme n'est pas totalement homme sans un corps, son existence est limit�e sans ce moyen d'expression et de relation.  D'ou l'attente de la r�surrection, don d'un nouveau corps adapt� aux conditions de vie voulues par Dieu sur la nouvelle terre.

La troisieme conception considere la mort comme une destruction et une annihilation radicales de la personne.  La puissance de la mort est dite avec la force la plus grande.  L'esp�rance se dit dans la rupture, sans continuit� de la personne autre que celle de Dieu cr�era.

La seconde conception est a mi-chemin entre les deux autres et emprunte a chacune : elle affirme une continuit� de la personne, mais il y a rupture du point de vue de la conscience.  Cette rupture, cependant, n'est pas radicale, car l'ame subsiste, bien que sans conscience d'exister.

Selon quels criteres choisir entre ces conceptions ?  On pourrait imaginer un choix a partir des enjeux : je pr�fere penser que ...  Mais si nous voulons laisser  notre pens�e etre model�e par l'Ecriture, c'est l'examen de son enseignement qui sera d�terminant pour nous.  Malgr� leur maniere souvent indirecte d'aborder le sujet, les textes bibliques nous donnent de vraies orientations, et de pr�cieuses assurances.
Veuillez noter que du a des problemes techniques hors de ma volont�, certains accents et c�dilles n'apparaissent pas dans ce texte. 
Suite de ce texte
Hosted by www.Geocities.ws

1