L'enseignement de J�sus laisse, a plusieurs reprises, affleurer sa conception de l'apres-mort. 
Mt 10:28 : Ne craignez pas ceux qui peuvent tuer le corps, mais qui ne peuvent pas tuer l'ame.  Craignez plutot celui qui peut faire p�rir l'ame et le corps dans la g�henne. 
J�sus, ici, encourage les disciples.  Il leur indique tres clairement une limite de l'action de ceux qui s'opposent a eux : ils peuvent tuer le corps, mais non porter atteinte a leur ame.  J�sus distingue ici ame et corps, alors meme qu'il parle de la mort physique.  Il affirme, certes, l'unit� de la personne : Dieu, par son jugement, peut faire p�rir et l'ame et le corps dans la g�henne.  Mais la mort physique n'implique pas celle de l'ame.
Luc 16:19-31 : dans cette parabole du riche et du pauvre Lazare, J�sus veut enseigner la n�cessit� d'�couter la Loi et les Prophetes durant la vie terrestre.  Il choisit pour ce faire un r�cit qui d�crit des �tats de conscience qui suivent imm�diatement la mort.  Peut-il, en tant qu'enseignant responsable, construire un tel r�cit s'il ne croit pas a une existence consciente apres la mort ?
Luc 20: 37-38 : J�sus, en d�bat sur la r�surrection, rappelle en relation avec l'expression le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob que Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants.  Il affirme le principe de la r�surrection.  Et il ajoute son propre commentaire : car tous vivent pour lui.  J�sus parle ici des patriarches - en englobant probablement avec eux leur post�rit� spirituelle - et il utilise le pr�sent : Dieu est tellement le Dieu des vivants que, des maintenant, avant la r�surrection, ils sont vivants, et vivent pour Dieu.  On a ici une affirmation sur l'�tat interm�diaire, qui est ajout�e par J�sus en compl�ment de l'affirmation de la r�surrection a venir.
Luc 23:42-43 : Souviens-toi de moi lorsque tu entreras dans ton regne, demandait le larron, avec en perspective l'avenir lointaint.  J�sus lui garantit bien plus : Aujourd'hui, tu seras avec moi dans le paradis, a savoir le jour meme de la mort.  Rattacher aujourd'hui a je te le dis est une pietre �chappatoire : pourquoi J�sus devrait-il pr�ciser qu'il parle de ce jour-la ?  La seule raison suffisante de cette pr�cision est le contraste avec la demande du brigand.  Le mot paradis rare dans le N.T. �voque les lieux c�lestes et la communion avec Dieu lib�r�e du p�ch�.  On peut aussi argumenter que cette parole du Christ exclut l'id�e d'un sommeil de l'ame : pourquoi souligner l'imm�diatet� s'il s'agit d'une situation dont le brigand sera totalement inconscient ?  Et a quoi bon souligner la communion s'il s'agit simplement de la pr�sence  cote  a  cote de deux ames inconscientes ?

Sommeil de l'ame ?  A plusieurs reprises, cependant, J�sus puis Paul, d�signent les personnes d�c�d�es comme ceux qui se sont endormis.  Il peut s'agir d'une forme de langage att�nu� pour �voquer la mort.  Mais l'usage de J�sus est particulier : lorsqu'il parle d'une personne endormie, c'est pour anticiper la victoire sur la mort qu'il va r�aliser en sa faveur.  Il est tres probable que tel soit aussi le sens pr�cis de l'usage de Paul : une affirmation d'esp�rance, a la lumiere de la r�surrection du Christ, pour dire que d�sormais la mort a perdu son pouvoir mortifere. 

Paul face a la mort.
Paul a �t� souvent confront� a l'imminence de la mort possible.  Les textes ou il parle de l'apres-mort ont la profondeur de l'appropriation personnelle.
Phil 1:21-24 : Paul, face a la mort, dit son d�bat int�rieur entre la perspective de partir et etre avec le Christ et celle de demeurer dans la chair a cause de vous.
Auparavant, il a affirm� que la mort m'est un gain.  Vise-t-il la r�surrection en parlant de la mort comme un gain, ou d�ja l'�tat interm�diaire ?  Il faut remarquer la facon dont Paul lie partir et etre avec Christ : il ne s'agit pas de deux souhaits distincts, mais d'un meme et unique d�sir ; le mot partir d�signe l'instant de la mort : cela permet de conclure que le moment pr�cis de son d�part sera celui ou il sera avec le Christ.  Il est difficile d'envisager une pr�sence sans conscience : en quoi serait-elle de beaucoup meilleure que la communion d�ja v�cue sur terre ?

2Co 5:1-10 : ce texte est le plus complet de Paul sur le sujet, et le plus difficile a d�crypter, car il emploie un langage imag�.  Paul envisage la possibilit� de la destruction de notre demeure terrestre qu'il compare a une tente : il s'agit la du corps dans sa fragilit�.  Mais la foi nous permet de regarder plus loin que cette destruction du corps qu'opere la mort : nous savons que nous avons, alors, une demeure �ternelle dans le cieux... et ce n'est pas une tente fragile, mais une construction qui est l'ouvrage de Dieu !  Ce domicile, nous souhaitons nous en revetir, continue Paul, qui bascule de l'image de l'habitation a celle du vetement, dont on se devet ou que l'on revet.  Ce changement d'image est possible parce que Paul est rest� sur le registre tres personnel du corps et de son devenir.  La mort, c'est se d�vetir de son corps elle nous laisserait nus si Dieu ne nous revetait a nouveau.  Et Dieu a mis en nous l'aspiration , non pas a nous d�vetir dans la mort, mais a nous revetir dans la vie. Cette aspiration nous interroge sur notre vraie demeure, notre veritable chez-nous : notre condition pr�sente nous laisse loin du Seigneur.  Le passage oblig� est la mort, mais elle signifie etre coup� du chez-soi de son corps.  Pourtant, affirme Paul avec force, meme cela, nous pouvons l'affronter plein de courage : car c'est recevoir un vrai chez soi, par la pr�sence du Seigneur.

On trouve dans ce texte une forte affirmation de d�sir de vie : le chr�tien d�sire se revetir, et aspire au triomphe de la vie !  Aucune tendance morbide : si l'on accueille sereinement la mort, l'orientation est et reste toujours la vie, que Dieu a donn�e et qu'il renouvelle.  De maniere assez nette, la conclusion du passage parle de l'�tat interm�diaire, dans la meme tonalit� que le texte de Philippiens.  C'est etre aupres du Seigneur, et recevoir par cette pr�sence le chez-soi dont la mort a priv� en coupant du corps.  La formulation suggere que c'est la pr�sence meme du Christ qui fait office de remplacement a l'habitation qu'offrait le corps au cours de la vie terrestre.  Lui qui en qui tout se tient, fait subsister les ames et leur donne les moyens d'expression et de relation dont elles sont priv�es pas l'absence de corps.
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