Le deuil qui vous afflige (2)
Il arrive que, dans un couple, chacun des conjoints se fie sur l'autre pour apporter soutien et r�confort.  Or, il ne semble pas que ce soit toujours possible, et. selon les parents, c'est une des grandes difficult�s dans le deuil d'un enfant.  On a d�j� mentionn� que le deuil se vit individuellement, et ainsi chacun peut se sentir isol�, m�me abandonn� par son conjoint.  Chaque individu dans le couple doit alors trouver la bonne fa�on, pour lui, de vivre son deuil.  Il peut �tre difficile, pour chacun des membres d'un couple, d'accepter les diff�rences dans les manifestations de votre deuil.  Ces diff�rences sont pourtant normales, et v�cues par la plupart des couples.  Chacun pourra peut-�tre b�n�ficier d'avoir un ami, ou un parent, avec qui il pourra parler de sa peine.
"Il me semblait que mon mari et moi, on n'avait pas perdu le m�me enfant . . . a force d'en parler, j'ai finalement accept� sa r�action, et lui, la mienne. . ."
  On observe aussi des r�actions diff�rentes selon les mod�les familiaux.  Chez les familles monoparentales, le parent vit le fardeau de la solitude face � la responsabilit� des autres enfants, face aux d�cisions � prendre.  Il pourra �tre d'autant plus important de d�velopper un r�seau de soutien ad�quat, ou d'entrer en contact avec un groupe d'entraide pour parents endeuill�s.
  Chez les familles recompos�es, les ex-�poux ont � prendre des d�cisions face � leur enfant, autant avant la mort qu'apr�s, et cela peut �tre tr�s difficile.  Les nouveaux conjoints de l'un ou de l'autre vivent aussi un deuil, de m�me que leurs enfants, et les enfants du nouveau noyau familial, s'il y a lieu.  Tout cela devra n�cessiter des n�gociations, particuli�rement autour des rites fun�raires, et demande beaucoup de flexibilit� et de communication, ce qui n'est pas n�cessairement �vident, vu les circonstances.  Ici aussi, un r�seau de support pourra apporter du soutien, et cela, � chacun des parents.

Vos r�actions possibles . . .

�motivement
"il me semble que j'ai eu toutes les r�actions possibles : une journ�e, je me sentais triste, le lendemain, je me sentais coupable . . . il y a m�me des journ�es o� j'�tais furieux contre mon fils. . . j'ai eu souvent le sentiment qu'il m'avait abandonn� . . . je pouvais rester plusieurs jours dans un �tat d'h�b�tude profonde et ensuite pleurer sans arr�t . . . j'avais l'impression de vivre dans les montagnes russes . . . rien n'est pr�visible . . . c'est tr�s difficile . . ."
Ce t�moignage r�sume bien ce que les parents peuvent ressentir, apr�s la mort de leur enfant.  En effet, les parents �prouvent toutes sortes de sentiments, tels la culpabilit�, la peur, l'anxi�t�, l'isolement, la d�pression, la tristesse, le d�sespoir, la col�re.  Il se peut que vous n'�prouviez pas tous ces sentiments, et il se peut aussi que vous sentiez beaucoup de confusion dans vos �motions.
  Vous pouvez penser que vous avez l'impression de perdre la raison.  Vous pourrez vous sentir en col�re contre votre enfant, contre vous-m�me, contre votre entourage.  Certains peuvent remettre en question leur comp�tence en tant que parents :
"J'aurais d� le prot�ger contre cela, . . . je ne dois pas �tre un bon parent, puisque je n'ai pas pu pr�venir . . ."
  Attendez-vous � �prouver ces sentiments.  Ils sont normaux pendant votre deuil, et il peut �tre tr�s important pour vous de vous rem�morer vos forces exp�riment�es dans le pass�, de r�apprendre � vous faire confiance.  Le soutien de votre famille et de vos amis est fondamental � ce moment-ci ; aussi, n'h�sitez pas � exprimer vos besoins, � demander de l'aide.  Cette aide peut se manifester par une oreille attentive, car vous pourrez �prouver le besoin intense de parler encore et encore de votre enfant.  Cette aide peut aussi se manifester par des personnes qui peuvent vous aider � faire face aux t�ches quotidiennes, qui peuvent parfois vous sembler une montagne.

spirituellement
  Les parents sont � la recherche d'un sens, du sens profond de cette mort, qui semble si tragique.  Il importe pour eux de trouver une signification � ce qui semble ne pas en avoir.  Certaines de ces questions pourront trouver r�ponses, mais d'autres resteront toujours sans r�ponse et vous pourrez peut-�tre �prouver un profond sentiment d'injustice.  Il se peut que vos valeurs soient remises en question ; la mort de votre enfant peut changer votre vision du monde et il se peut que vous ne trouviez, pendant un certain temps, plus de sens � votre vie.
  Ind�pendamment de vos croyances religieuses, il est possible que, dans votre d�sarroi, ces croyances soient �branl�es.  N'h�sitez pas � contacter un pr�tre, un ministre, un rabbin, le ministre de votre culte ou toute autre personne qui a les m�mes croyances que vous pour en parler avec lui, si vous le d�sirez.
"je ne croyais pas possible que Dieu permette une chose aussi terrible. . . Pourquoi ? j'ai pourtant toujours fait ce que j'avais � faire . . . "

physiquement
  Votre deuil peut aussi se manifester physiquement.  Votre sommeil pourra �tre perturb�, vous n'aurez plus le go�t de manger, ou alors vous mangerez trop.  Il se peut que vous ayez des palpitations, des difficult�s respiratoires, des br�lements d'estomac.  Vous pourrez �prouver des sentiments d'extr�me fatigue, ainsi qu'un manque d'int�r�t pour tout ce qui n'est pas reli� � votre peine.  La souffrance morale peut m�me �tre ressentie de fa�on douloureuse, dans votre corps.
". . . il me semble avoir un �tau dans la gorge, une douleur terrible dans l'estomac . . . mon corps entier a mal"
  Ces malaises sont souvent exp�riment�s par des personnes en deuil.  Si vous jugez qu'ils se prolongent, ou si vous sentez que ces malaises perturbent vos activit�s quotidiennes, n'h�sitez pas � consulter votre m�decin.  Il est tr�s important, dans une p�riode de grand stress comme celle que vous vivez, de prendre soin de vous et de votre sant�.
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