Le sens g�matrique
Le troisi�me sens qu'un nombre peut avoir dans la Bible est le sens "g�matrique".  Qu'est-ce que cela veut dire ? 
C'est l� une particularit� des langues h�bra�que et grecque.  Alors que chez nous on utilise certains signes pour repr�senter les chiffres (1,2,3) et d'autres signes pour repr�senter les lettres (a,b,c), l'h�breu et le grec recourent aux lettres m�mes de l'alphabet pour d�signer les chiffres.  Ainsi, le 1 est la lettre a, le 2 la lettre b, etc.  De sorte qu'avec les lettres d'un mot, quel qu'il soit, on peut toujours former un nombre.  Le nombre ainsi obtenu est qualifi� de g�matrique.  Cette possibilit� qu'offrent les langues bibliques, donne lieu � des jeux ing�nieux et des passe-temps originaux, du fait que chaque nombre peut cacher un mot.  La Bible fournit maints exemples de ces jeux.

Ainsi, le chapitre 14 de la Gen�se raconte l'invasion de la Palestine par quatre arm�es puissantes, venues de l'Orient, qui emmen�rent, comme prisonnier, Lot, neveu d'Abraham.  Quand le patriarche en fut inform�, il rassembla 318 hommes, se mit � la poursuite des ravisseurs et parvint � leur infliger une d�faite et � lib�rer Lot.  Fort bien.  Mais comment imaginer qu'Abraham, ne disposant que de 318 hommes, ait vraiment pu vaincre les quatre puissantes arm�es de M�sopotamie ?  Il faut �tre na�f pour le croire.  A moins que ce nombre n'ait une signification sp�ciale.  Effectivement, nous savons qu'Abraham avait un serviteur nomm� Eli�zer, qu'il avait constitu� h�ritier de tous ses biens.  Si nous prenons les nombres qui correspondent aux lettres h�bra�ques de ce nom, nous obtenons : e=1 + l=30 + i=10 + e=70 + z=7 + r=200 = 318.  Ce qui voudrait dire qu'Abraham partit combattre avec tous ses h�ritiers, et que ces h�ritiers, autrement dit les descendants du patriarche, triompheront toujours de leurs ennemis.

Le livre des Nombres nous fournit un autre exemple.  Il nous raconte qu'� l'occasion de l'Exode, on vit sortir d'Egypte 603 550 hommes, sans compter les l�vites, les vieillards, les femmes et les enfants.  Si cela est vrai, il faudrait �valuer le nombre de ceux qui quitt�rent l'Egypte � quelques trois millions de personnes.  Un nombre exorbitant et qui probablement ne fut jamais atteint par la population d'Isra�l, au cours de toute son histoire.  Mais si, aux lettres qui composent la phrase "tous les fils d'Isra�l", nous substituons les valeurs num�riques correspondantes, nous obtenons pr�cis�ment le nombre 603 550.  En disant que 603 550 hommes sortirent, l'auteur entend affirmer que "tous les fils d'Isra�l" quitt�rent l'Egypte.

Saint Matthieu se livre �galement � cette sorte de jeu.  Il r�partit les anc�tres de J�sus en trois s�ries de 14 g�n�rations chacune, et il conclut : "Le total des g�n�rations est donc : d'Abraham � David, 14 g�n�rations ; de David � la d�portation de Babylone, 14 g�n�rations ; de la d�portation de Babylone au Christ, 14 g�n�rations".  Voil� qui est impossible.  En effet, Matthieu se borne � citer trois noms pour couvrir les 430 ans d'esclavage en Egypte et ne signale que deux ascendants pour combler l'intervalle de trois si�cle entre Salomon et Jess�.
C'est qu'� dessein, il compose artificiellement ces listes, afin qu'elles se limitent � 14 g�n�rations, car 14 est le nombre g�matrique du roi David (d=4 + v=6 + d=4 = 14).  Et comme on esp�rait que le Messie serait un descendant de David, l'�vang�liste veut d�montrer que J�sus est, en quelque sorte, le triple David et donc, le Messie dans sa pl�nitude, v�ritable descendant du Roi-Proph�te.

Le jeu biblique de g�matrie le plus c�l�bre est celui que l'on trouve dans l'Apocalypse, concernant le chiffre 666, qui est cens� d�signer la B�te.  L'auteur affirme qu'il s'agit l� d'un chiffre d'homme.  Celui qui se cache derri�re ce chiffre n'est autre que l'empereur N�ron.  En effet, si nous transcrivons : n=50 + r=200 + w=6 + n=50 + q=100 + s=60 + r=200 = 666.

Aucun chr�tien ne trouve �trange que la Parole de Dieu se soit faite homme en la personne de J�sus.   Moins encore s'�tonne-t-il de ce que J�sus ait v�cu en homme de son temps.  Au contraire, il trouve normal de se le repr�senter v�tu d'une tunique, comme on en portait au 1er si�cle, mangeant les aliments communs � cette �poque et utilisant les moyens techniques et de d�placement dont on disposait alors. 

Par contre, beaucoup ont peine � admettre que la Bible, qui est aussi la Parole de Dieu, se soit incarn�e, si l'on peut dire, dans la culture et la langue du moment.  Ils s'imaginent qu'elle parle comme nous, avec nos expressions et notre mentalit�.  En fait, il n'en est rien.  De m�me que le Christ est apparu comme un homme d'il y a 2000 ans, ainsi la Bible s'exprime comme les gens d'il y a 2000 ans.  S'il serait ridicule de se repr�senter un J�sus en veston et cravate, circulant en taxi dans J�rusalem et transmettant ses messages par radio, il ne l'est pas moins d'interpr�ter la Bible de mani�re litt�rale, selon nos cat�gories mentales, comme le font bien des gens.  Nous devons nous situer dans la mentalit� et la culture des Juifs de l'�poque.

En cons�quence, lorsqu'en lisant la Bible, nous nous trouvons en face de chiffres ou de nombres, il convient de nous demander s'ils repr�sentent une quantit�, ou s'ils ont une signification symbolique ou g�matrique.  Cela nous permettra de mieux saisir le sens de la Parole de Dieu et, en m�me temps, le message qu'elle rec�le, et qui peut enrichir notre propre vie.
Hosted by www.Geocities.ws

1