L'Apocalypse (2)
L'argument au coeur du livre de l'Apocalypse est construit sur la lutte entre une b�te qui surgit de la mer et qui symbolise l'Empire romain et le messager qui descend du ciel et qui symbolise J�sus Christ.  Pourquoi cette b�te est-elle � ce point dangereuse ?  Il faut savoir que les pers�cutions ne sont pas en cause.  La B�te propose aux chr�tiens de d�vier de leur route.  Les valeurs qu'elle pr�ne reposent sur l'argent et le pouvoir.  Pablo Richard mentionne que la B�te se donne comme but de d�truire les r�alit�s spirituelles en proposant l'idol�trie.  Il ne s'agit pas d'adorer d'autres dieux, mais plut�t de se vouer corps et �me aux valeurs li�es, entre autres, � l'argent, au pouvoir et � la sexualit�.  L'adh�sion � ces valeurs s'av�re la meilleure mani�re de tuer un chr�tien.  C'est la s�duction que Jean redoute le plus.  La B�te se propose de chosifier l'�tre humain.  Cette forme de f�tichisme transforme les choses en personnes et les personnes en choses.  Est-il possible de voir ici un rapprochement avec ce que nous vivons � l'heure de la mondialisation ?  La B�te serait-elle encore parmi nous ?

Que de lignes ont �t� �crites � propos des chiffres utilis�s par Jean !  Il se sert de mille � plusieurs reprises.  Ce chiffre signifie, dans le contexte, une grande quantit�, une longue dur�e.  Il est dit, par exemple, que Satan sera emprisonn� mille ans et qu'il sera lib�r� pour s�duire les nations.  Or, il est ici question d'un temps tr�s long dont le terme est inconnu.  Il ne faut donc pas chercher dans l'histoire une p�riode de mille ans durant laquelle le d�mon aurait r�gn�.  Pour sa part, 144 000 est fort exploit� par les T�moins de J�hovah.  Ils pensent qu'il s'agit du nombre des sauv�s, alors que l'Apocalypse parle de ceux qui sont marqu�s du sceau.  De fait, 144 000 est � la fois un multiple de 12 et de 1 000.  Ce nombre est en liaison avec les 12 tribus d'Isra�l.  Pour les juifs, 12 renvoie � l'organisation ordonn�e et sainte du peuple de Dieu.  En fait, 144 000 correspond � la multitude des sauv�s. 

Un, premier, dernier : symboles de la supr�matie, de l'unicit�.

Deux : symbole de l'exp�rience humaine.  L'humanit� est m�le et femelle. 

Trois : symbole de l'unit� compl�te, de la totalit�.

Trois et demi : (3 ans et demi = 42 mois = 1260 jours) : symbole de la r�alit� (allait normalement jusqu'� 7, puis coupure en deux.  Temps d'�preuves abr�g� par Dieu.

Quatre : symbole de la terre, des quatre points cardinaux, de l'universalit�.

Cinq : symbole des doigts d'une main, d'une courte p�riode de temps.  Les tourments ne dureront qu'un moment.

Six : symbole de la quasi perfection, car ce chiffre pr�c�de 7.  Fausses grandeurs, personnes inaptes � atteindre la perfection.

Sept : symbole de la perfection, de la pl�nitude, de l'excellence, de l'id�al � atteindre.  Nombre attribu� tant aux qualit�s de Dieu qu'� la pl�nitude du mal.  Dieu repr�sente la pl�nitude du bien et la B�te avec ses sept cornes renvoie � la totalit� du mal.

Dix : symbole de la totalit� des doigts de deux mains.  Longueur de temps largement suffisante.

Douze : symbole par excellence du peuple de Dieu.  Dans la Bible comme dans l'Apocalypse, ce nombre est partout pr�sent : les douze tribus d'Isra�l, les douze fils de Jacob, les douze ap�tres.
Apocalypse 1
L'enigmatique 666 : les chercheurs ne s'entendent pas encore sur sa signification.  Saint Ir�n�e, �v�que de Lyon, confessait au IIIe si�cle qu'il ne savait pas ce que Jean voulait dire lorsqu'il utilisait ce chiffre.  Beaucoup essaient d'accoler un nom � ce code.  Il faut savoir que, dans les civilisations anciennes, les lettres �taient associ�es � des chiffres, de sorte que chaque nom avait une valeur chiffr�e.  On a pens� qu'il s'agissait de Domitien, puisque, dans une l�gende, on voyait en lui un nouveau N�ron.  La plupart des ex�g�tes associe 666 � 7 qui indique la perfection.  L'empereur  de Rome se voit attribuer le chiffre de la B�te, soit 666.  Cet homme a beau se faire honorer comme un dieu, il ne rejoindra jamais la splendeur du Dieu de la Bible.  Il ne poss�dera jamais toutes ses qualit�s.  Il est condamn� � porter le chiffre 666 qui devient le symbole de l'imperfection.  Tout dieu qu'il se proclame, Domitien ne sera jamais le vrai Dieu des chr�tiens.  Voil� pourquoi Jean dit qu'il s'agit d'un chiffre d'homme.

La femme rev�tue de soleil : lecture du jour de la f�te de l'Assomption.  Cette femme symbolise l'�glise qui a foi en la r�surrection.  Elle repr�sente aussi de mani�re symbolique Marie, la m�re du Christ, apr�s le couronnement mystique.  Les douze �toiles qui entourent sa t�te repr�sentent les douze patriarches qui couronnent de leur splendeur la t�te de l'�glise.  Le dragon est l'image de la mort ; il s'appr�te � d�vorer l'enfant de l'�glise qui est la Parole �vang�lique.  La fuite au d�sert de la femme repr�sente le long p�lerinage terrestre de l'�glise.

Jean utilise les couleurs � profusion.  Voici ce que repr�sentent quelques-unes d'entre elles :

Blanc : symbole de l'�ternit�, du culte divin, de la r�surrection, de la victoire et de la dignit�.

Noir : symbole de malheur, des t�n�bres du royaume de la B�te et de la d�tresse.

Rouge : symbole de la puissance sanguinaire de la B�te.

Vert-bl�me : symbole de la mort, utilis� une seule fois pour illustrer un cheval qui est chevauch�.

Pourpre : port� par l'empereur ; cette couleur symbolise l'orgueil du pouvoir et de la richesse de Rome.

�carlate : symbole d'une vie rel�ch�e et de la d�bauche li�e � la richesse.

Le verset 4 du chapitre 1 indique que Jean a �crit aux sept �glises qui sont en Asie, � celles qui existaient � l'�poque.  Toutefois, il appert que les lettres r�dig�es dans les ann�es d'�preuves s'adressent aussi aux �glises de toutes les �poques.  D'ailleurs, voici une phrase commune � toutes ces lettres : Celui qui a des oreilles, qu'il entende ce que l'Esprit dit aux �glises.  Il est possible de l'entendre encore aujourd'hui.  Jean a �crit aux communaut�s non seulement pour les raffermir dans la foi et les encourager, mais aussi pour d�noncer certains manques.  Les �preuves qu'elles traversent s'av�rent un v�ritable test pour leur foi.  Les chr�tiens attendent le retour victorieux du Christ.  Jean leur dit que J�sus Christ est vivant au milieu des communaut�s.  Il les assiste, il s'adresse lui-m�me aux �glises.  Les conseils qu'il donne traversent le temps.  Ils demeurent d'une grande actualit�.  La B�te est encore vivante.  Jean ne cesse d'inscrire la foi dans une perspective de combat et de r�sistance.  Cependant, c'est le Christ qui guide ses troupes vers la victoire, car il faut toujours se souvenir qu'il a travers� la grande �preuve et qu'il est le t�moin fid�le.  C'est pourquoi Jean utilise si souvent le mot martyr.  Pour lui, le martyr n'est pas qu'une personne mise � mort � cause de sa foi, mais, d'abord et avant tout, une personne dispos�e � mourir pour t�moigner de sa foi.  La personne fid�le � la foi en J�sus Christ est un martyr vivant.
Apocalypse 3
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