
L'autre
monde - Chapitre 7
Nous étions tous assis sur la terrasse privative du palais du Pope, où j’avais l’habitude de prendre tous mes repas. Kiki était détendu de me voir revenu, et semblait vraiment ravi de revoir Shun, Shiryu et Hyoga.
Je parlai à Kiki de la raison de mon départ précipité, et de la présence de mes amis ici. Il était visiblement surpris et ses grands yeux bleus me regardaient avec inquiétude. Il réfléchissait sans me quitter des yeux.
- Je pars avec vous, finit-il par dire
- C’est justement ce que je voulais te demander.
- Mais, au fait, Seiya, comment comptes-tu t’y prendre pour te rendre là-bas ?, demanda Shun.
- Et bien mais, par la porte !
- La porte ?
- Le portail, corrigea Kiki.
- C’est ça, oui, le portail ! On m’a dit de me trouver dans la maison du Bélier demain à 16h.
- Je comprends, fit Kiki avec un sourire radieux, que j’avais perdu l’habitude de lui voir, c’est Mü ! Il compte sur moi pour ouvrir un portail pour passer de l’autre côté.
Je faisais de mon mieux pour ne pas paraître idiot et avoir l’air de comprendre ce que racontait Kiki. Mais j’avais du mal, j’étais largué !
- Très bien, finis-je par dire, 16h, ça nous laisse le temps de nous reposer, et en plus, je pourrai prendre mes dispositions.
- Qui va diriger le Sanctuaire pendant notre absence ?, demanda Hyoga.
- Eh bien, Shun, puisqu’il reste ici !
- Quoi ?, fit Shun, comme s’il venait de marcher sur un serpent.
- Kanon sera là, ne t’inquiète pas…
- Kanon ?, firent mes 3 amis. Il est toujours en vie ?
- Et oui, il en est le premier surpris. Mais c’est bien, j’aime le savoir là, quelques fois…
Je me perdis un peu dans mes pensées, je me revoyais faire ma visite hebdomadaire au cimetière. La plupart du temps, il était là, à s’occuper des tombes, comme s’il attendait le jour où il serait étendu là, lui aussi, aux côtés de son frère. Un peu comme moi, qui avant cette histoire n’attendait que le moment où je pourrais retrouver ma bien aimée.
Ce fut Jamy, mon serviteur zélé qui me tira de ma rêverie :
- Majesté, Jilian demande à vous voir. Il est dans la salle du trône.
- Quoi, maintenant ? A cette heure ? Bon, dis-lui que je viens…
Je regardai Kiki. Il m’observait depuis tout à l’heure. Avait-il lu dans mes pensées ?
- Je vous laisse quelques instants, je vais me débarrasser de lui.
- Qui est Jilian ? me demanda Shiryu
- La cause de beaucoup de mes soucis !
Jilian, l’ancien disciple de Saga, tout nouvellement promu chevalier d’or des Gémeaux, était devenu mon nouveau cauchemar. Saga s’était attaché à ce gamin, pour je ne sais plus quelle raison, peut-être à cause de sa ressemblance avec lui. C’était un garçon timide, peu sûr de lui que Saga avait transformé en un homme puissant et… arrogant. Ce qui m’énervait le plus était qu’il était conscient de sa beauté et de l’effet qu’elle avait sur les autres, surtout sur la gente féminine. Ce défaut, d’après Kanon, était celui de tous les jeunes chevaliers d’aujourd’hui.
Je me dirigeai donc vers la salle du trône avec l’intention de reporter notre entrevue à demain. Il m’attendait là, fièrement campé dans son armure, et son casque sous le bras. Le même visage que Saga, les yeux vert émeraude, une cascade de cheveux noirs et la même puissance. Il était mon cauchemar parce que j’avais peur de le voir mal tourner. Kanon veillait au grain, et se montrait dur avec lui, mais il ne serait pas éternel, et moi non plus.
Il s’agenouilla en me voyant.
- Majesté.
- Jilian ! Il est bien tard, que veux-tu ?
- Vous parler de Kanon.
- Pourquoi ? Il est malade ?, demandai-je, soudain inquiet.
- Non, il va bien, c’est juste que j’aimerais qu’il me lâche !
- Ah ! Je vois… mais je ne me mêlerai pas de vos histoires de famille.
- Majesté…
Il avait l’air furieux. Kanon avait encore dû le sermonner, mais je n’avais pas la tête à ce genre de jérémiades ce soir.
- Ecoute, Jilian, il est tard et je suis fatigué. Je voudrais bien aller me coucher, et tu devrais en faire autant. Alors, reviens demain matin, si tu as toujours envie de parler de ça, d’accord ?
Ses yeux émeraude me lancèrent des éclairs, néanmoins, il obtempéra. Il me salua et quitta la salle. Je me disais qu’un jour il finirait par me désobéir, j’en étais persuadé. Irait-il même plus loin ?