LA PÉRIODE D’ADULTE JEUNE



Les anomalies d’ordre génétique ou congénital ne sont pas aussi rares que le grand public puisse le penser. Les plus graves enlèvent la vie au foetus ou au futur individu. D’autres, qui le sont moins, enlaidissent et, dès lors, limitent le choix sexuel de l’individu et, ainsi, la reproduction de l’anomalie. Toutes s’accompagnent d’altérations métaboliques, un grand nombre conduisant à des lésions anatomiques. Les anomalies génétiques que je me rappelle avoir observées chez des amis proches ou, encore, chez leurs progéniteurs (§ Quatrième Segment) sont: le syndrome de Marfan, l’achondroplasie (l’anomalie la plus fréquemment observée), une anomalie, rappelant celui-ci, d’héritage probable, autosome dominant et frappant surtout les oreilles, enfin, l’anémie falciforme. Deux autres qui ont moins retenu mon attention sont la trisomie 21 ou mongolisme, que j’ai vue, pour la première fois, à Strasbourg, et l’acromégalie (la seconde que j’ai plus fréquemment observée) dont la transmissibilité est discutable. J’en ai été, probablement et casuellement, au contact avec d’autres - en particuier, le dysfonctionnement thyroïdien mineur, observé par-ci, par-là, à New York, mais elles ont été insignifiantes ou sont discutables. Personellement, je ne pense pas que mes infections repétées des sinus paranasaux, depuis la naissance, soient dues à une anomalie quelconque d’ordre génétique, quoique la légère déviation concommittante de la cloison nasale puisse avoir été congénitale (un fait que le hougan lsna de la Croix des Bouquets ne pouvait, sans nul doute, savoir).

Ce ne fut qu’au cours de mon séjour au Collège Jn de Brébeuf, à Montréal, au Canada, où j’ai été introduit, avec la classe du professeur Bergeron, à la théorie de Charles Darwin que ma foi en Dieu s’effrita et que mon esprit se rationalisa énormément, pour atteindre, plus tard un apogée, après les études universitaires - médicales, statistico-économiques, psychologiques - et l’enseignement des sciences naturelles. Néammoins, j’ai toujours cru en l’Église et à son importance pour l’humanité (§ L’Église, son Importance Psycho-Sociale dans la Société Moderne). J’avais alors dix-neuf ans quand je vins trouver, définitivement, ma mère naturelle à New York. C’est aussi dans cette ville également que j’ai rencontré le plus souvent, mon père, un gentilhomme et un politicien chevronné qui m’amena au Carnegie Hall. J’y ai connu également, la jolie petite Nicole, la fille de Clara qui m’a souvent gâté. Ensemble nous avions visité le jardin zoologique du Bronx, été aux parades musicales du Lyncoln Center et assisté à un defilé carnavalesque, à Port-au-Prince. Le frère aîné de Nicole, Toto, mourut dans la guerre du Vietman. La veille de mon retour définitif en HaÏti pour continuer mes études médicales, Nicole, alors marriée à cette époque, mais un peu fatiguée de moi qui avait passé, quelques jours, chez sa mère, me transporta à la station ferrovière la plus proche; avant que nous nous quittions elle me lança, cette phrase chargée d’émotions: "Wa chèché pilon, épis, poiv, lay ou". Néammoins, nous deux n’y accordions plus d’importance aux "contes fleurettes" de notre jeunesse.

Je tins temporairement, à New York, un emploi menu au Horn & Hardate (maintenant mû en Burger King, d’après les mots de mon ami feu Robert), car, à cette époque, j’allais continuer mes études classiques au collège Brébeuf, à Montréal. Là, j’ai connu Louis avec qui j’entretenais des relations de niveau académique, André (un beau joueur du "Hockey"), Raymonde et Mireille, la coquette de la classe qui se battait contre le double standard. Une des phrases de Mireille que j’ai encore en mémoire est: "Nous, les filles québécoises, ne voulons pas qu’on nous choisisse, nous préférons faire notre propre choix". Néammoins, et je dois le souligner, en amour, le choix doit être réciproque et mutuel.

Mes relations academiques avec les camarades montréalais avaient toujours été excellentes, marqués de peu d’incidents malheureux et detachees de toute intimite. En effet, j’ai refusé, ou, en maintes fois, rejeffé des invitations à des festivités libertines dont quelques unes avaient été très claires: je me rappelle, par exemple, avoir abandonné une soirée (un “party”) organisée par des copains, même après avoir vu, pour la première fois de ma vie, une fille toute nue, jolie brunette québécoise, il est vrai, mais que les camarades m’ont appris avoir été une prostituée sur demande. Par un bel après-midi Montréalais, je m’entraînais sur le terrain sportif du collège quand je fis la connaissance d’une ravissante québécoise dont je ne me rappelle plus le nom. Après que nous eûmes échangé quelques mots, je me rendis chez elle où elle m’a présenté â sa compagne d’appartement. Nous nous sommes entretenus quelques heures puis nous nous sommes quittés tout simplement.
   A New York, comme â Montréal, je me suis rendu â peu de soirées intimes. Bien que j’avais dansé avec Nicole et Raymonde, et que j’ai eu des yeux “doux” pour ellles, nos relations avaient été assez superficielles. Mes visites au Crazy Horse, un night-club renommé de Montréal et aux soirées organisées sur les “campus” de l’Université de Montréal et de Columbia University et ma soirée â Queens avec Jean Robert, le frère de Nicole, n’avaient jamais abouti à grand chose, â la fois, â cause de mon caractère timide et de ma position sociale menue. Un incident malheureux a retenu non attention au cours d’une de ces soirées estudiantines sur le campus de Columbia: un étudiant asiatique fit boire un bol de bière à son chien, un berger allemand, un cas de mauvais traitement infligé aux animaux.
   Ce ne fut qu’à Strasbourg que j’ai noué, pour la première fois, des relations intimes avec une jeune femme; c’était Brigitte. Je fis la connaissance de Brigitte et d’Andrée à la faculté de médecine de l’Université d’Etat de Strasbourg. Elles avaient été ravies. Brigitte, une allemande, plus osée qu’Andrée, sa compagne libanaise, avait accepté mon invitation à étudier ensemble. Au début, nos relations étaient restées strictement sur le plan professionel, bien que je me plaignais de la lenteur de Brigitte à saisir le cours, probablement parce que celui-ci était fait dans une langue différente de sa langue maternelle. A Strasbourg, également, j’ai fait la connaissance de Patrick, pour lequel les jeunes françaises avaient des yeux, Boule un intelligent petit homme, Eugène, un ancien athlète de Saint Louis, ai revu Wèwè, cet ancien camarade de Saint Louis de Gonzague et Alix de Jean Marie Guilloux et ai fait la connaissance du menu cousin Ricardo; ils ont été tous, même Ricardo, diplômés médecins. Brigifte était la fille d’un éminent médecin de Karlsruhe qu’elle m’emmena visiter en Allemagne. Wèwè fit soudainenemnt la conquête de Brigitte du moins pour une soirée, ce qui m’a montré combien aisément une fille pouvait être accessible. Par la suite, Brigitte opta pour moi et nous commençâmes, tous deux, une vie amoureuse. Brigitte avait probablement d’autres buts que moi; ceci est commun de voir les idéaux des hommes être différents de ceux des femmes. Mon premier objectif, à cette époque, avait été de terminer mes études médicales et j’ai commis l’erreur d’avoir suivi Brigitte qui me l’avait demandé, afin de faciliter nos relations et d’écarter d’autres rivales potentielles, probablement les belles adolescentes du faubourg où j’êtais d’abord logé. Brigitte m’avait présenté à sa famille mais après mon insistance. Par la suite, Brigitte et moi nous nous sommes quittés, après que nous sommes querellés â propos d’Andrée, une bêtise de notre part. Savoir qui a été responsable de sa grossesse consécutive est resté un énigme et aurait requis des tests génétiques de paternité. Néammoins, je n’ai jamais vu l’enfant de Brigitte.
   Après cete épisode, il m’a été difficile de rester à Strasbourg. Les conditions de passage et de demeure dans la faculté s’étaient cornées. Ma condition mentale et mes relations là-bas s’étaient également détériorées. Je n’ai plus pu faire de petites amies. L’autre petite Nicole (que j’ai connu d’abord sous le nom de Suzanne), et Béatrice avaient été là-bas les dernières femmes sur lesquelles j’avais des yeux, mais toutes mes tentatives avaient été vaines. Après avoir réussi ma première année alors que la moitié de la promotion avait échoué, j’avais dû abandonner après la deuxième.

J’ai encore en mémoire les noms de ces professeurs valeureux: Mendel, Sik, Mayo, Koritké, Clavert, Fabre pour ne citer que ceux-là et du Dr. Muller recevait les postulants d’origine non française. Je mets en doute, némmoins, la procédure d’élimination des étudiants ou postulants au cours des deux premières années médicales, car elle ressemble davantage â un concours qu’elle ne mesure la compétence individuelle. Je désapprouve également toute tentative de faire ou de laisser passer quelques uns (repechage ou, en anglais, "promotion" qui ne doit pas etre confondu avec l"action affirmative aux U.S.A.). Une telle politique aurait pu avoir ete la preoccupation des C.E.G.E.P., pour une raison de sociabilite mais s’avere inappropriee a la formation de bons medecins.


(A continuer: "Li pap vini, kalite bon bagay sa-a")

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