L'HYPERTENSION ARTÉRIELLE, SUIVIE, CHEZ
L'ADULTE
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PRÉSENTATION DU
CAS
La plupart des cas d'hypertension artérielle que j'ai pu suivre durant
ma clinique ambulatoire1 avaient été des personnes âgées, dont un
grand nombre avait plus de 50 ans. Quelques unes souffraient d'une
pathologie associée, d'autres jouissaient, par ailleurs,
d'une bonne santé. La pression artérielle avait été maintenue dans
des limites raisonables pour la plupart, en suivant les
directives de la revue médicale intitulée L'Encyclopédie
Médico-Chirurgicale Française (EMCF) et de quelques
livres de gériatrie dont je m'étais procurés, à New York. Le contrôle de la pression
artérielle avait été régulier et fait même trop souvent. Un seul
cas d'hypertension artérielle avait été diagnostiqué chez une
adolescente qui pratiquait le "basket-ball". La pression artérielle
avait été aussi mesurée chez des enfants, lors de ma clinique
pédiatrique, au centre Eliazar Germain, mais je ne m'en rappele d'aucun
cas significatif.
Parmi les cas d'hypertension artérielle que j'avais
eu à contrôler, deux avaient été d'origine surrénalienne; dans l'un des
cas, le diagnostic de la maladie de Cushing avait été posé avec
certitude, en présence d'une séméiologie écrasante; l'autre cas avait
été moins évident, mais de légers signes de virilisation et le contrôle
aisé par un antagoniste de l'aldostérone (Aldactone) après la
correction d'une hypokaliémie, laissait penser à une telle origine.
Un cas d'hypertension d'origine rénale avait été
diagnostiqué, avec une quasi certitude, chez une ou deux patientes
souffrant d'un diabàte mal contrôlé. Enfin un cas d'hypertension
artérielle par intoxication à la digitale avait également été présent.
Pour la plupart des autres cas, le diagnostic causal avait été peu
évident ou difficle.
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En médecine ambulatoire, le contrôle de la pression artérielle est
mieux réalisé avec des instrumenst mécaniques qu'avec des instruments
électroniques qui manquent de précision et exposent trop souvent à des
erreurs. Lorsque c'est le patient qui se déplace vers le médecin,
l'emploi du sphygnomanomètre (tensiomètre) à mercure est préférable.
Un point est à retenir: le mercure est toxique et ne doit pas être
laissé à la portée des enfants2. Enfin, l'augmentation de précision dans
les mesures automatiques de la pression artérielle, du à l'emploi de
mécanismes computérisés, donne un nouvel espoir à cette pratique.
CLASSIFICATION DE L'HYPERTENSION ARTERIELLE:
- Normalement, l'hypertension artérielle est classée, suivant la
cause, en hypertension artérielle
essentielle ou primaire et hypertension artérielle
secondaire.
- Suivant le pronostic, on distingue
l'hypertension artérielle maligne de l'hypertension
artérielle bénigne
.
- Suivant la chronologie et la forme de la réponse thérapeutique,
l'hypertension peut être classée d'hypertension artérielle
labile ou d'hypertension artérielle soutenue.
- Enfin, suivant les chiffres mesurés
d'apres les recommendations du septieme bulletin
du Comite National pour la Prevention. le
Diagnostic, l'Evaluation et le Traitement de l'Hypertension
("Joint National Committee of Prevention, Detection,
Evaluation, and Treatment of High Blood Pressure") ou JNC VII, l'hypertension peut
être classée chez un adulte de
18 ans ou davantage comme suit :
- Prehypertension: Systolique
= 120-139, diastolique = 80-99
- Stage 1 ou hypertension legere : Systolique = 140-159 ou
diastolique = 90-99
- Stage 2 ou hypertension moderee ou moderement severe: Systolique ≥ 160 ou diastolique ≥ 100
- Stage 3 ou hypertension severe: Systolique ≥ 180 ou diastolique ≥ 110 qui peut etre classe dans ou qui annonce deja l'urgence hypertensive
.
(Cf., aussi, cette page du
Merck Manual)
(reserve a l'auteur)
Pour l'hypertension artérielle essentielle, aucune éthiologie
(cause) spécifique n'a été jusqu'a présent, ou a ma connaissance, mise
en évidence; d'après les évidences, cette hypertension peut être de
nature héréditaire ou, de préférence, génétique. Néammoins,
l'hypertension essentielle peut être aggravée ou précipitée par des
facteurs extérieurs à la cause primordiale. Aux U.S.A.,
l'hypertension artérielle essentielle a été trouvée plus
fréquente dans la race noire que dans les autres races.
L'hypertension artérielle secondaire a pour causes principales une origine
rénale ou surrénalienne (reserve a l'auteur)
.
CLASSIFICATION DES HYPOTENSEURS:
Les hypotenseurs peuvent être classés dans diverses
catégories:
- les inhibiteurs des récepteurs adrénergiques:
- les bloqueurs des récepteurs adrénergiques de type b, comme,
par exemple, le propranolol (Inderal), le métoprolol
(Lopressor), le nadolol (Corgard), l'aténolol
(Ténormin),
- les inhibiteurs compétitifs au niveau des récepteurs
adrénergiques, centraux, de type a, comme, par exemple, la
clonidine (Catapres), et le méthyldopa
- les inhibiteurs compétitifs des récepteurs
adrénergiques, périphériques de type a, comme, par exemple, le
prazosin (Minipress), la réserpine (Serpasil, Serpasol)
et la guanéthidine (Ismelin)les anticholinergiques, comme le
triméthapan (Arfonad) et la mécamylamine (Inversine)
- les antagonistes de
l'angiotensine: ce sont des
inhibiteurs de l'enzyme de conversion
de l'angiotensine I en angiotensine II, tels
le
losartan [Avapro] ,
lo sartan [Cozaar], val sartan
[Diovan
- les inhibiteurs de
l'acetyl-cholinesterase, comme par exemple,
l'énalapril (Vasotec), le captopril (Capoten), le quinapril HCL (Accupril), le
benapzeril HCL (Lotensin), et le
fosinopril (Monopril)
- les vasodilatateurs directs
comme, par exemple, le diazoxide, le minoxidil (Loniten), l'hydralazine et la nitroprusside
- les inhibiteurs des canaux de
calcium, comme, par exemple, le verapamil, la nifédipine, et la
ditiazeme
- les diurétiques, comme, par
exemple, (a) ceux de la classe des thiazides
- hydrochlorothiazide [HCTZ]
(Hydrodiuril), bendroflumethiazide (Naturetin),
chlorthalidone, methylclothiazide (Enduron) - (b) les
diuretiques epargnant le potassium
sanguin - amiloride,
spironolactone (Aldactone) et le triamterene (Dyrenium) -
(c) la combinaison de ces deux categories -
triamterene/HCTZ (Hydrex-Terene,
Dyazide) - et (d) le furosémide
(Lasix) , un diuretique qui agit surtout au niveau de la branche
ascendante de de l'anse de Henle ou a lieu 20 a 30%
de la reabsorption de sodium alors que
les thiazides agissent, de preference, au niveau du tubule distal ou a
lieu seulement 5 a 10% de cette reabsorption; la puissance
d'action du furosemide ne se resume pas uniquement a son site d'action
mais concerne egalement son mecanisme d'action qui en fait un plus
puissant diuretique independamment du site d'action.
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A propos des particularites de leur emploi ou de leur indication,
je vous refere a la page qui suit (reserve a
l'auteur).
DISCUSSION
- Quelques médecins critiquent le contrôle régulier de la pression
artérielle et voient en cette pratique un effet traumatisant aux
patients. La maladie hypertensive est néammoins fréquente, de nos
jours, par suite de l'existence d'autres causes de stress journalier
beaucoup plus importantes que celui que peut créer ce contrôle.
- Normalement, la pression artérielle s'élève avec l'âge et un
grand nombre de médecins n'en sont pas conscients, inculquant ainsi, au
patient une maladie fictive.
- D'après l'EMCF, le chiffre normal de la sytolique chez la
personne âgée peut être obtenu en portant le chiffre 1 devant l'âge
du patient. Une telle évaluation n'est pas néammoins sans risque
et peut conduire á des valeurs de référence trop élevées et á un
mauvais contrôle de la T.A..
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TRAITEMENT
En ce qui avait concerné mes patients, le contrôle avait un aspect, à
la fois, préventif et thérapeutique, comme cela se doit dans toute
hypertension artérielle. Dans quelques cas, une modification du régime
thérapeutique avait été nécessaire. Dans un des cas, un hypotenseur de
la catégorie des diurétiques avait été substitué à la suite d'une
épisode d'hypokaliémie. Dans la plupart des cas aucun changement
n'avait été nécessaire. Enfin, dans un certain nombre de cas, un
ajustement de la posologie avait été nécessaire.
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1L'Encyclopédie Médico-Chirurgicale
Française définit la médecine ambulatoire comme la médecine qui est
faite pour des patients ambulants, i.e., non alités ou non hospitalisés
(non internés dans un centre médical: asile, hopital, nursing home,
etc.) qui ne sont pas constamment sous la surveillance médicale. Dans
la médecine ambulatoire, la clinique consultante peut, elle-même, se
déplacer et aller dans les emplacements où trouver le patient.
2D'après L'EMCF, au XXIième siecle,
l'emploi du tensiomètre à mercure sera très réduit au profit des
instruments automatiques
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