| Je marchais récemment (au mois d'avril 2004) sur la 8ième avenue à New York lorsque j'ai entendu une jeune dame dire à son companion que les noirs représentaient la race plus attardée de la terre. Elle portait ces réflexions apres le départ honteux et forcé du président anarchiste, haïtien, le père Jean Bertrand Aristide, sous la pression extérieure des leaders des superpuissances occidentales.
Quelques jours après, à Barnes and Noble, je parcourais un nouveau livre, Le Nouveau Humanisme, de vulgarisation et de réflexions sur les récents progrès de la science. L'auteur expliqua, par la stabilité de l'environnement sur de larges distances, l'avance des civilisations européennes et asiatiques sur le reste du monde, au moment de la découverte de l'Amérique. Depuis lors, les différences se sont accentuées et les européens ont considérablement pris de l'avance sur le reste du monde, mais à quel prix pour l'écologie terrestre. Néammoins, mon explication est légèrement différente de celle donnée dans le bouquin et laisse une large place à la probabilité ou au phénomène aléatoire. Enfin, l'évolution des civilisations n'est pas parallèle à celle des espèces; Celle-ci a porté sur des centaines de milliers d'années pour les espèces les plus avancées, comme la notre, alors que l'apparition des caractéristiques humaines actuelles ne remonte qu'à près de 50.000 ans. Une telle durée est suffisante pour permettre l'heterogénie des traits évolutifs, comme ceci se voit pour les races, lorsque les représentants sont des grands voyageurs, enclins à l'isolement géographique, mais insuffisante pour expliquer l'heterogénie due a des changements marqués, comme elle est évidente pour les espèces, et qui est à la base de l'hypothese saltatoire; donc, la présence simultanée de différentes espèces originelles serait invraisemblable* pour les hommes. Il n'y a aurait qu'une seule espèce parmi les hommes actuels - l'Homo sapiens sapiens - car les différences raciales ne créent, ordinairement, pas de barrière reproductive; ces différences ne portent que sur des traits superficiels, comme la couleur de l'épiderme qui peut être éminemment variable chez des représentants d'ume même espèce (pouvant même changer, chez certaines espèces, d'une saison ou d'un moment à un autre) ou la forme de la paupière qui n'a rien à voir avec l'acuité visuelle. (Le Loup et le cheval tombent également dans cette catégorie; le chien, également très évolué, mais plus localisé ou sédentaire que le loup dont il dérive, n'a pas, relativement, eu une période d'évolution assez longue pour avoir connu de barrières reproductives entre les différentes races.) Enfin, l'évolution des civilisations ne peut, jamais, être une excuse à l'hégémonisme culturel et au génocide des peuples VÉRITÉ ET INCERTITUDE: BIAIS DANS L'HISTOIRE DE LA RECHERCHE: LE RACISME DANS L'HISTOIRE DE L'ÉVOLUTION RACISME ET ÉVOLUTION Quelques Définitions Racisme: Le racisme est la doctrine de la supériorité raciale. Elle se base sur des biais scientifiques et sur des critères historiques et culturels qui sont à la base de préjugés raciaux. Néo-racisme: Le néo-racisme ne s'accompagne pas de lois d'apartheid, i.e., de séparation des races ou d'autres lois qui défavorisent un groupe racial en faveur d'un autre; il est plus quiet. Le néo-racisme est simplement une attitude préjudiciable, du point de vue racial, qui contribue à la persistance de la mentalité raciste dans le monde et à l'inégalite sociale qui frappe les sociétés multiraciales. Il peut se manifester par des biais culturels dans le choix des électeurs ou du patron, i.e., de choix non basés sur la compétence individuelle ou du groupe. (Remarquez que l'Action Affirmative, aux U.S.A., bien que pour les gens de race blanche elle leur soit considérée préjudiciable, n'est pas du néo-racisme, car elle ne se base pas sur des préjugés raciaux.) Discrimination: La discrimination est l'éviction des individus, issus d'un groupe racial ou d'un groupe social, de certaines positions sociales et de certains privilèges sociaux par un ou plusieurs autres groupes dans la société. La discrimination peut se faire sur des critères raciaux, politiques (comme en Haiti), idéologiques, religieux, culturels et sexuels. En Inde où a existé une société de caste, la discriminantion s'est faite sur des critères religieux; en Union Soviétique, il a existé une discrimination qui a été basée sur des critères idéologiques et culturels: les citoyens issus de des républiques de l'Ukraine, de la Russie fédérale et de Géorgie qui ont été des membres actifs du parti communiste ont été favorisés. En Iran qui se veut une démocracie islamique, la discrimination a une base religieuse. Apartheid: l'apartheid fut aux, U.S.A. et en Afrique du Sud, un système de discrimination raciale qui a été, pendant longtemps, légalisée et étatisée et qui explique le retard relatif des noirs dans la stratification sociale, actuelle, de ces pays. Préjugés: Les préjugés peuvent demeurer malgré la disparition d'un système d'apartheid. Seule l'éducation pourra en venir à bout et cela prendra du temps. Les préjugés sont des biais culturels et sociaux qui vous font voir un groupe, le vôtre, comme l'idéal. Les préjugés peuvent se manifester ou non par des attitudes et des comportements discriminatoires. Sectarisme: Le sectarisme est la discrimination pratiquée par un petit groupe pour des raisons diverses. En Haïti, le Club Bellevue pratiqua un sectarisme basé sur des raisons raciales et économiques. LE RACISME DANS L'HISTOIRE DE L'ÉVOLUTION Le racisme a t'il existé dans l'histoire de l'évolution? Le racisme, dans l'histoire de l'évolution, considère que des groupes sociaux ou raciaux sont à des stades différents de l'évolution des êtres humains. Différents critères de morphologie ont été proposés, par exemple, pour avancer que les nègres étaient inférieurs aux blancs. Lorsqu'il est poussé à sa limite, le racisme fournit une excuse au vol des terres et à la confiscation des biens de certains groupes sociaux par d'autres. Autrefois, à des temps reculés, il suffisait, par exemple, qu'un groupe social soit d'une culture ou d'une religion différente pour que ses membres soient qualifiés de sauvages par les membres d'un autre groupe qui luttait pour la domination sociale de l'environnement. Depuis que la science a acquis un certain prestige en matière de vérité, on s'y était référé constamment pour justifier l'extermination, par la pratique de l'euthanasie, de certains groupes sociaux et de certains individus qualifiés d'inférieurs . Tel fut le cas, par exemple, pour les tasmaniens et les aborigènes d'Australie qui ont été subjuguéés par les anglais. Tels furent également le cas des amérindiens antillais qui ont été exterminés par les espagnols et les anglo-américains, celui des juifs et des gypsies qui ont été conduits au bord de l'extinction par les allemands et celui des nègres africains qui ont été réduits en esclavage par les français, les britanniques, les belges et les portugais, après la redécouverte de l'Amérique par Christophe Colomb. À travers tout ce "tohubohu", une controverse âpre qui dura avait opposé la théorie de l'origine unique des races, ou monogénie, à celle de leur origine muliple, ou polygénie à partir d'une espèce unique, dans le premier cas, ou diférente, dans le second. Étonamment, des vues non racistes étaient venues des croyances religieuses, donc mythologiques, qui tracent l'origine de tous les hommes à la création par Dieu (dans les mythologies chrétiennes, par exemple) d'un seul homme, Adam et d'une seule femme, Ève. Les premiers savants évolutionistes, par contre, avaient considéré les peuplades de race non blanche comme des peuplades primitives, i.e., comme des peuplades qui ont eu un certain retard dans leur évolution biologique et sociale; de telles peuplades avaient été vues comme issues d'une branche spécifique et différente dans l'évolution phylogénique. Néammoins, depuis tantôt, le rôle paraît inversé et les savants sont maintenant les premiers à "crier" oui à l'égalité des races, à la préservation des socio-cultures. (poste ce 21 avril 2004) -------------------- * L'hypothèse de l'homogénie ne semble pas expliquer, néammoins, la disparition de l'homo sapiens néanderthalais, une espèce précédente qui a vécu, quelques temps, à côté de la nouvelle espèce, l'homo sapiens sapiens mais tout n'est pas connu sur l'évolution, sur ses modalités. |