41
Cette note démontre l'importance des préjugés dont sont victimes les patients en psychiatrie. Ils sont «surveillés» sans cesse et partout, non parce qu'ils ont certaines idées, mais plutôt parce que quelqu'un a dit qu'ils ont des idées.
42
Le terme «impression» dans le jargon médical signifie que le diagnostic n'est pas définitif. On doit élaborer et vérifier l'état de santé du patient, avant de poser le diagnostic final. Partant, j'ai été interné avec un diagnostic provisoire.
43
Mes correcteur ont essayé de préserver «l'orthographe» des psychiatres tel quel, parfois avec «sic» à côté de mot.
44
L'internement m'a bouleversé au point d'en perdre le sommeil. C'est la seule médication que j'ai reçue.
45
En fait c'est la note du docteur Dufour, de l'Hôpital Hôtel-Dieu, ici transcrite telle quelle. Il répète tout fidèlement comme un perroquet.
46
Mon ex-épouse n'a jamais eu de patron appelé Basile. D'ailleurs, dans mon pays natal, le nom Basile est étranger.
47
Plus tard, elle va se rétracter en disant que «la police n'a pas trouvé,... car seulement une hache a été trouvée (sic) dans le sous-sol, mais... elle a nettement l'impression que c'est une autre hache avec laquelle elle a été menacée et que cette hache n'a jamais été retrouvée» et... «que la police a trouvé la hache dans le sous-sol, les enfants pleuraient et ensuite...».
48
Il était clair qu'à mes yeux le docteur Dionne était le responsable et le stratège derrière mon internement. Je n'avais pas vu le docteur Dionne depuis au moins trois mois. Je n'ai pas non plus touché mon ex-épouse; preuve en a été faite. Il est fort possible que tous ces mensonges soient l'invention du docteur Dionne.
49
Dire que «le patient présente un délire de jalousie extrêmement organisé» ne signifie rien. Affirmer que le patient souffre de délire exige des preuves (i.e.: le patient cherche, partout dans l'hôpital, à retrouver les amoureux de son épouse, il accuse l'examinateur d'entretenir des relations sexuelles avec elle, etc.). «Évidement, le fait qu'il y ait méfiance ne justifie pas en lui-même ce diagnostic, car la méfiance peut dans certains cas être justifiée», selon Manuel de classification des diagnostics psychiatriques, basé sur la Classification internationale des maladies, adapté - CIMA-8: Bureau fédérale de la statistique, Ottawa, 1969.
50
Les paranoïaques sont les plus grandes victimes de l'anathème des psychiatres et de la société. La cure, pour eux, est presque inexistante. Ils sont davantage livrés au système pénal qu'ils ne le sont aux soins de la psychiatrie.
Mais ce qui impressionne dans mon cas, c'est qu'après quatre jours, le «jeune» Dorion (car selon son propre témoignage, il était novice en psychiatrie, n'ayant que deux ans d'expérience) n'avait pas encore arrêté son diagnostic définitif. Il s'en tenait encore à une «impression», ce qui, professionnellement, constitue une contre-indication à l'internement. Plus tard, après plus de trois mois, nous verrons que les psychiatres vont employer le terme «provisoire» au lieu d'«impression». Le glissement de sens est ici important.
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L'ordre chronologique des inscriptions au dossier est scrupuleusement conservé, ce qui permet de soupçonner, sinon de prouver, que le dossier a été manipulé.
52
Cf. Szasz, T.S.: Psychiatric Justice, Collier Books, New York, 1971, p. 134).
53
Selon le Manuel de classification des diagnostics psychiatriques:«307 Troubles transitoires situationnels - Cette importante rubrique est réservée aux troubles plus ou moins transitoires, aussi graves qu'ils soient, y compris les troubles psychotiques qui surviennent chez des personnes où il ne semble pas y avoir de maladies mentales à l'origine, et qui représentent des réactions aiguës à de très fortes perturbations du milieu ambiant (stress).» Cf. Manuel de classification des diagnostics psychiatriques, basé sur la Classification internationale des maladies, adapté - CIMA-8: Bureau fédérale de la statistique, Ottawa, 1969.
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Il ne s'agit pas du marin Yves, mais bien du marin ivre. C'est une petite chose, entre autres, qui confirme qu'il existait une barrière de langue entre les psychiatres et nous, mon ex-épouse et moi.
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Le docteur confond tout. Ici je lui disais que les psychiatres de l’Hôtel-Dieu m'avaient blessé dans le sens figuré du terme, et non physiquement, et que l'exercice ne m'avait pas laissé de «bleus», alors qu'il semble croire que je parle de blessures que j'aurais infligées à quelqu'un - «lui donner des bleus». S'il s'était agi de blessures que j'avais infligées, il en aurait été question en cour. Des témoins auraient été présentés à cet effet. Pendant mon internement je n'ai jamais frappé qui que ce soit.
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Mon «ami», le docteur Juretic, écrira plus tard un récit pareillement dithyrambique, à la rubrique «Évolution mentale».
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Bien que mon ex-épouse ait été qualifiée pour enseigner comme professeur, elle était employée en Yougoslavie comme institutrice au primaire.
58
Cette déclaration, de même que les autres citées à l'appui de mon internement, confirment que j'ai eu raison. La note de l'Hôtel-Dieu à l'effet que mon frère, avec l'accord de mon épouse, a tenté de me faire interner), ou sa déclaration à la cour à l'effet qu'ils ont tenté de m'emprisonner, confirme qu'elle oeuvrait depuis longtemps à ma ruine.