LE PERE BRUNEAU FIN 53
Les mois suivants se passèrent assez tranquillement. Le Père Bruneau et Petit Louis ne se quittaient guère, ils se retrouvaient après le réveil émergeant de leurs paillotes respectives, allaient de concert au petit coin, revenaient pour la ration de riz quotidienne et se mettaient au travail. A eux deux il avaient un rendement inférieur à un demi-vietnamien. Au début ça faisait tousser les gardes mais après un temps, ceux-ci avaient fini par se rendre à l'inévitable.
" Di lam ! " ( va bosser ) braillait le bô doï.
" Met qua... " ( je suis très fatigué ) ripostait Petit Louis en se remettant debout avec des efforts considérables.
Il y avait toujours l'alibi des cours de vietnamien. Il s'était mis à faire de sérieux progrès depuis le jour où le Père lui avait expliqué le système des six tons. Jusque là son acquisition du vocabulaire était resté limitée par le fait qu'il n'arrivait pas à comprendre comment le même mot pût signifier plusieurs choses différentes. 'Ma' par exemple voulait dire tantôt 'mère' tantôt 'fantôme' et parfois 'joue'. Il ne s'en sortait pas.
Son professeur lui parla de l'évêque Pinheau de Béhème qui, avec le moine Petrus Ky, avait mis au point le 'quoc ngu', la transcription en caractères latins du vocabulaire vietnamien à l'aide des cinq signes ajoutés aux voyelles et qui marquent les tons. Pas d'accent et c'est le ton neutre, un accent aigu et c'est le ton 'sach' ou haut. Un accent grave et c'est 'huyèn', le ton bas, un point d'interrogation sur la voyelle est le 'hoy' ou ton montant. Une sorte de tilde comme en espagnol marque le ton 'nga' et un point en-dessous le ton 'nang'.
Ce n'est pas tellement compliqué à part le fait que chaque mot doit être marqué correctement sous peine d'arriver à des absurdités. En français, ce sont les phrases qui se terminent en général par une accentuation spéciale pour en préciser le sens. Quand on dit à quelqu'un " Ca va ? " on emploie le ton 'sach' sans le savoir. " Ah bon! " d'un air désabusé ressemble au ton 'huyèn' et un " Aaah ! " surpris évoquerait le 'hoy'. Si vous dites " Bon!" d'un air déterminé vous approcherez du 'nang'. Quant au 'nga' c'est spécial, ça monte en s'étranglant un peu.
La grammaire est très simple, tous les mots sont mono-syllabiques et invariables, la syntaxe se révèle plus compliquée car la position du mot dans la phrase détermine le sens dans bien des cas. Le principal problème vient du vocabulaire extrêmement étendu. Il y a des quantité de 'paniers' différents, par exemple, nommés suivant leur usage car un vietnamien répugne à employer un terme générique. Il ne dira jamais " Je me suis assis sous un arbre" mais bien " Je me suis assis sous un sapin" ou un bouleau, un orme...Chaque membre de la famille a son vocable, l'oncle maternel a un nom différent de celui de l'oncle paternel. L'appellation des beaux-parents forme une liste impressionnante tandis que celle d'un frère ou un cousin germain utilise le même terme. Cela vient sans doute du fait que la cellule familiale rurale comprend trois générations qui vivent très proches les unes des autres. Il n'est pas rare de voir dans les villages une mère allaiter indifféremment son fils ou son neveu du même âge suivant les nécessités du moment.
C'est un peu différent en ville, les familles ont beau s'entasser dans les logements, un cloisonnement s'opère malgré tout.
Après plusieurs semaines Petit Louis commença à pouvoir détacher quelques phrases distinctes du bruit ambiant durant les cours politiques. C'était d'autant plus facile que le même baratin revenait soir après soir: émulation patriotique, lutte des travailleurs, libération du peuple opprimé...
Il n'y avait qu'un problème, la teinture marxiste prenait aussi bien sur lui que de l'aquarelle sur le carter gras d'un GMC.
Puis à l'arrivée d'un nouveau can bô le régime s'endurcit, les rations s'amenuisèrent et le Père Bruneau supportant mal les privations et le dur travail quotidien se mit à dépérir de façon visible.
Il avait contracté des dartres tenaces qui le rongeaient peu à peu et le faisaient beaucoup souffrir, ce qui l'empêchait de récupérer durant son sommeil. Les rosaces infectées couvraient maintenant ses cuisses et ses bras. Il en avait même sur le visage, entremêlées au poils de barbe et aux cheveux qui tombaient par touffes lui donnant un aspect hirsute de chien galeux.
Petit Louis qui avait fini par en avoir un peu pitié avait monté une deuxième manivelle sur le moulin, malgré les récriminations du kapo qui n'avait jamais vu ça. De cette façon quand l'un tirait, l'autre poussait et l'effort en était réduit d'autant. Le chef de camp qui était venu voir l'innovation révolutionnaire avait donné son accord après que Petit Louis lui eût expliqué que de cette façon ils pouvaient travailler tous les deux alors que séparément ils n'étaient bons à rien.
Son bras allait beaucoup mieux grâce au compresses chaudes quotidiennes. Toutefois la sagesse prohibait une guérison complète, un bras en écharpe évitait les corvées de bois, les pires. Puis le soins cessèrent, le commissaire politique pensait sans doute qu'il était suffisamment rétabli.
Les conversations entre le Père et lui avaient changé peu à peu. Ils devenaient tous deux obsédés par la nourriture. Ils se décrivaient l'un l'autre les menus de leur enfance, la tarte au fromage blanc du belge, le boeuf du pot-au-feu du dimanche que la mère du français faisait rissoler avec du vin blanc et des échalotes le lundi.
" Promettez-moi de venir me voir en Belgique après notre libération. Je vous emmènerai dans ma famille et vous ferai goûter tous les plats du pays."
Petit Louis promettait, puis voyant les jambes gonflées et couvertes d'ulcères de l'autre il se demandait si le malheureux pourrait un jour faire face à son invitation.
Leurs organismes se dégradaient insensiblement au fil des jours, un peu plus vite pour le Père Bruneau dont la grande carcasse semblait se replier peu à peu. Son arrivée dans le camp avait précédé de six semaines celle de Petit Louis, le temps pour le Père Kunch de terminer son calvaire.
Sa bonté même se révélait un handicap, il admonestait Petit Louis quand celui-ci qui rôdait souvent près des cuisines en faisant le pitre arrivait à prélever quelque chose dans les marmites dès que les cuistots avaient le dos tourné.
" Ce que vous volez est soustrait de la part des autres." disait-il et au début il refusait de partager.
" Les autres peuvent crever ! " pensait sincèrement Petit Louis, mais il n'en disait rien, cela aurait choqué profondément le prêtre.
Ce qui le mettait hors de lui, c'est que les autres curés vietnamiens aient complètement abandonné Bruneau, craignant sans doute davantage les menaces du chef de camp que les représailles célestes.
Le Père se montait parfois choqué de l'absence totale de références à un système philosophique ou à une quelconque religion chez Petit Louis.
" Mais enfin, vous ne croyez donc à rien ? "
" Si vous voulez dire par là que je ne suis absolument certain de rien c'est peut être vrai... mais je n'en suis pas sûr."
" Vous croyez pourtant aux lois scientifiques. "
" Pas exactement. Quand on me dit que dans un tube radio des électrons vont de la cathode à l'anode, je veux bien, mais que les électrons soient des corpuscules, des ondes ou des torsion du néant chargées négativement, je n'en ai rien à foutre, du moment qu'avec le tube je puisse construire un ampli qui fonctionne. D'ailleurs, toutes les théories ont un grand besoin d'être secouées de temps en temps."
" Et vous n'admettez pas l'existence d'un Dieu créateur de toutes choses.?"
" S'il existe , il a fait un boulot dégueulasse. Un Dieu qui a créé la vérole, les morpions et les Viets, c'est pas mon pote."
" Mais tout cela n'est dû qu'à la faute de l'homme..."
" Alors Adam et Eve, les prototypes, ont été drôlerment ratés, un vrai sabotage. Si Dieu pouvait tout prévoir, il aurait dû envisager que ces deux connards allaient tout bousiller et aurait fabriqué des specimens un peu plus futés."
Le Père levait les bras au ciel catastrophé par ces réparties blasphématoires et on changeait de conversation.
Le moral du Père en prit un sérieux coup lorsqu'un jour il perdit l'équilibre et tomba dans la tranchée des feuillées. Petit Louis l'aida à s'extirper du cloaque et à force de récriminations obtint du chef de camp l'autorisation de l'emmener à la rivière.
" Ce n'est pas l'heure ! " protestait le bô doï.
" Il ne peut pas rester comme ça, le travail va être dérangé."
L'autre céda enfin et les deux hommes quittèrent le camp en clopinant. Un garde les accompagnait suivant à bonne distance. Petit Louis avait pris un seau de bois et doucha copieusement le malheureux qui en avait partout et puait atrocement. Ensuite il rinça la chemise et le pantalon à la mode vietnamienne, en les piétinant dans l'eau.
En revenant, le Père Bruneau pleurait en disant:
" Je ne suis plus un homme, les mouches quittent la merde pour se poser sur moi."
Il ne fut plus le même dorénavant. Il restait des heures sans parler, le regard fixe, plongé dans un désespoir infini. Il dit un jour à Petit Louis:
" Dieu m'a abandonné, je perds ma foi chrétienne. Je n'arrive plus à prier. "
" Tout le monde passe par ce genre de crise. Vous allez voir, dans quelque temps, quand vous irez mieux, la confiance va vous revenir." Petit Louis essayait de le rassurer.
Mais ils en arrivaient à perdre la notion du réel. Un jour, un co-détenu compatissant donna au Père Bruneau un morceau de sucre brut, un de ces blocs poisseux qui pèsent bien cinquante grammes. Le Père aurait bien voulu partager, mais il savait que cette petite gâterie représentait pour lui quelques jours de vie supplémentaires.
" Ne vous inquiétez pas " dit-il à son compagnon " je vais demander à Dieu qu'il vous donne votre part."
Il couvrit le petit bloc de sa tasse en émaillé et ferma les yeux.
" Qu'est-ce que vous faites ? " demanda Petit Louis.
" Je prie. Jésus a su multiplier les pains..."
Malgré lui Petit Louis se mit à regarder la tasse. Il n'y croyait pas bien sûr, mais il fut presque aussi déçu que le Père quand ce dernier dévoilà l'unique morceau de sucre caché sous la cai bat. Il se leva et alla tourner un peu plus loin dans la cour afin de laisser au Père le temps de manger sans lui imposer sa présence.
Les autres détenus souffraient également de privations. A plusieurs centaines de mètres aux alentours du camp pas un brin d'herbe, pas une plante ne poussait, c'était le désert. Toute végétation tant soit peu comestible avait disparu dans les marmites depuis longtemps. Le jour de l'anniversaire de Ho chi Minh, il y eut une distribution de viande, enfin presque, c'était de la peau de buffle. Le portions durent bouillir longtemps avant d'être mangeables mais cela donnait du goût au riz et Petit Louis machouilla longuement le petit morceau après avoir gratté les poils qui en couvraient encore la surface.
Quand le Père Bruneau ressentit les premières atteintes de la dysenterie, il comprit que ses jours étaient comptés. Il ne digérait plus le riz. A chaque repas, le premières bouchées avalées il était pris de nausées et ne pouvait plus rien avaler. Petit Louis finissait le panier avec quand même de vagues remords de conscience.
Il alla trouver l'infirmier qui lui promit d'intervenir. En effet, dès le lendemain le malade eut droit à la soupe de soya à titre exceptionnel. Comme Petit Louis allait chercher la soupe à l'infirmerie et qu'il s'était bien gardé de prévenir les cuisines, à chaque repas le panier de riz contenait deux rations. Le Père Bruneau mangeait la moitié de la soupe puis un peu de riz et l'autre liquidait le reste allègrement dans son coin.
En général le malheureux Père qui avait fait en vain le parcours vers les latrines avant le repas, se trouvait pris alors de violentes coliques. Il n'arrivait pas toujours au but à cause du cérémonial imposé au portail.
" Bac cau, xin di bay thiet " ( Au rapport, je voudrais aller aux chiottes). Si la réponse se faisait tardive ou les coliques trop pressantes, Petit Louis dépouillait le Père de son pantalon souillé, parlementait avec les gardes qui le faisaient répéter jusqu'à ce que sa demande soit formulée avec les bonnes intonations et s'en allait laver le bénard et prendre une douche à la rivière.
Les gardes ne se donnaient plus la peine de l'accompagner. Ils savaient bien qu'il reviendrait au plus vite avec le pantalon pour éviter à son ami de se promener le cul à l'air plus longtemps qu'il n'était nécessaire. Avec sa chemise brune trop courte, lui arrivant à peine au creux des reins, il présentait alors un spectacle lamentable. Le manque de vitamine B1 avait provoqué chez lui le béri béri, une altération du métabolisme qui se traduit par un accumulation de l'eau dans les tissus. Il avait le ventre et les cuisses enflées et des testicules distendus à en devenir presque transparents.
Petit Louis souffrait lui aussi du béri béri. Certains jours il avait les cuisses et les fesses tellement gonflées qu'il ne parvenait plus à s'asseoir. Puis la nuit après avoir mangé un peu de légumes ou un piment il devait aller pisser jusque quinze fois, toute l'eau accumulée dans les tissus s'évacuait en quelques heures. Le matin il se retrouvait amaigri avec de plis de peau flasques et des douleurs terribles au niveau des reins. On aurait dit des coups de poignard à chaque battement de coeur.
L'année s'achevait. Dans cette région les nuits devenaient froides la température tombant en-dessous de dix degrés. Les prisonniers à peine vêtus grelottaient sur leurs nattes. Les corvées d'enterrement se faisaient plus nombreuses, chaque matin on sortait des paillotes deux ou trois corps tout raides qu'on ficelait et emportait vers la tranchée qui dessinait maintenant presque un demi-cercle. Il faudrait bientôt en commencer une autre.
Un soir Petit Louis échangeait quelques mots avec son voisin vietnamien dans le dortoir quand celui-ci cessa de répondre. Il regarda de plus près et s'aperçut que l'autre ne respirait plus. Il était mort tout doucement entre deux phrases sans s'en apercevoir.
Les hôtes du camp 'spécial' eux, disparaissaient d'une façon mystérieuse, personne n'osait en parler. Il s'agissait d'une enceinte autour d'un à-pic un peu plus loin. Des sortes d'excavations étaient creusées dans l'argile de la falaise. Les récalcitrants, les déserteurs et dans certains cas des prisonniers européens au passé particulièrement chargé, étaient mis dans les trous et oubliés là.
Lorsqu'un A26 fut abattu après avoir passé un marché au napalm, un des aviateurs descendus sain et sauf en parachute avait été mis en pièces par les paysans. L'autre plus malchanceux finit sa carrière dans le camp spécial. Petit Louis entrevit ses restes lors d'une sortie lessive-enterrement à la rivière, le cadavre semblait incomplet, il y avait beaucoup de rats aux alentours du camp.
Les quatre prisonniers vietnamiens qui tentèrent de s'évader ne furent pas condamnés à ce régime extrême car voyant leurs efforts vains après trois jours passés dans la forêt, ils s'étaient rendus et avaient fait une vigoureuse auto-critique. Mais il fallait quand même faire un exemple. Puisqu'ils avaient péché ensemble, ils seraient punis ensemble. Ils furent entravés en groupe, avec sept chaînes pour les huit jambes.
Reliés ainsi les uns aux autres, ils vaquèrent de concert à leurs occupation. Dormir, manger travailler se faisait en groupe. La punition fut considérée comme suffisante quand un des quatre hommes mourut. Pendant deux jours les trois autres trimballèrent leur compagnon partout avec eux. Ils avaient tendu une corde soutenant le corps pour éviter de le traîner par terre.
Puis le chef de camp admit que ce n'était pas très hygiénique et permit qu'un forgeron coupe les liens devenus inutiles.
Le Père Bruneau baissait de plus en plus. Depuis quelques jours il n'arrivait même plus à se lever et Petit Louis lui apportait sa soupe dans la carrée. Il partait ensuite avec le pantalon, le lavait et le mettait à sécher. Il jugea que ce serait bientôt la fin quand le Père perdit plus au moins connaissance. Il alla trouver un des prêtres vietnamiens qui se trouvait encore dans le camp.
" Le Père Bruneau va mourir. Vous devez aller le voir et lui administrer les sacrements. "
" C'est défendu. " dit l'autre bien embêté que ce soit justement sur lui que ça tombe.
" Si tu n'y va pas je te casse la tête. " Petit Louis avait ramassé un manche de pioche. "
" Je vais le dire au chef de camp."
" C'est ça ! mais va d'abord voir le Père. Tu lui dois bien ça."
Quand le vietnamien et Petit Louis pénétrèrent dans la paillote, le Père Bruneau avait les yeux ouverts et semblait conscient. Il laissa les deux prêtres en tête à tête et alla prévenir le kapo qu'il aurait très prochainement besoin de ses services pour la tranchée.
Le soir, durant le cour politique il avisa soudain un des pigeons du chef de camp qui picorait des grains de riz sur le fourneau de la cuisine. Il était tout près, dans le noir à l'arrière de la foule. D'un geste rapide il saisit le pigeon, le plongea dans la marmite de thé bouillant qui mijotait sur le feu et rabattit le couvercle. La brève agitation du volatile fut couverte par un chant patriotique qui montait de la foule.
Petit Louis profita d'un autre temps fort pour récupérer le pigeon, il ne fallait pas le laisser cuire et laisser se disperser des plumes dans le thé. Discrètement il pluma la bête, la démembra avec ses mains et mit les morceaux dans une petite marmite qui servait pour la soupe de soja. Il ajouta du thé et laissa mijoter. Il ramassa soigneusement les plumes et les débris et jeta le tout dans le feu. Il espérait bien que personne ne s'était rendu compte de son abominable forfait.
Le cours politique se terminait et le bouillon était prêt. Il versa le contenu de la marmite dans un tube de bambou et s'en alla retrouver le Père Bruneau profitant du moment de battement entre le cours et l'extinction des feux.
Il essaya de faire boire le bouillon au mourant dans l'espoir que cela puisse le requinquer un peu. Le Père Bruneau avala quelques gorgées, puis il eut un spasme et se mit à vomir. Il était trop tard pour lui venir en aide. Le tintement du gong obligea Petit Louis à quitter son compagnon. Il emmena le bambou, pas question de laisser perdre une telle aubaine.
Le lendemain le Père Bruneau était mort après six mois de souffrances et de privations. Le can bo mis au courant convoqua Petit Louis.
"Vous avez menacé un autre prisonnier et vous l'avez bousculé, pourquoi ? C'est une faute grave."
"Il ne voulait pas remplir ses fonctions de prêtre, et aider Bruneau à mourir en paix."
"Ce n'est pas une raison. La prochaine fois vous serez sévèrement puni."
Les choses en restèrent là. Il y avait bien peu de chances qu'une "prochaine fois" se présente à nouveau.
Petit Louis marqua dans son esprit l'emplacement de la tombe: le Père était le quatrième de la seconde rangée. Il avait tenu à reboucher la fosse lui-même. D'une seule main cela prit du temps...