LA LONGUE MARCHE ETE 53
Le lendemain matin il fallut se remettre en route, cette fois sous bonne escorte: quatre soldats et un officier, ceux-là même qui l'avaient tiré des griffes des paysans.
Il n'arrivait pas à marcher tout d'abord, la chaîne traînait par terre, se prenait dans les touffes d'herbes, se coinçait bloquant les jambes. Un des bô doï lui montra le truc et lui donna les bouts de ficelles indispensables.
Un corde assez longue est fixée d'abord à la tige du milieu. Passée autour du cou elle soutient l'ensemble. Les anneaux des chevilles sont relevés ensuite par deux brins noués autour de mollets. Le gars compatissant lui fit même cadeau de deux morceaux de tissu pour envelopper les chevilles et éviter les écorchures qui n'auraient pas tardé à s'infecter.
Une fois le dispositif en place, Petit Louis put progresser. Ce n'était pas commode: pas question de marcher normalement, chaque jambe devait décrire un arc de cercle vers l'extérieur un peu comme avec des raquettes de neige. Au bout de deux kilomètres il avait des crampes terribles provoquées par ce mouvement inhabituel. Mais la marche avait ceci de bon: elle activait la circulation et les bleus et bosses récoltés la veille commençaient à s'estomper, son oeil s'était rouvert et quand il se tâta la mâchoire il put constater qu'il n'avait rien de cassé.
Son bras l'inquiétait. La déchirure ne saignait plus, mais si le haut du bras était devenu insensible, comme mort, il éprouvait une douleur sourde au niveau du coude qui commençait à gonfler.
" Je dois avoir un tendon abîmé. "
Plier le coude provoquait des élancements et il avait glissé son bras entre deux boutons de la chemise pour le soutenir et éviter toute flexion.
" On ne va pas très loin. " avait dit l'officier après une première halte." Il faudrait arriver dès ce soir."
C'était tout près en effet, pour un vietnamien, à peine une quarantaine de kilomètres, mais en remorquant leur captif et son lot de ferraille il leur fallut deux jours pleins.
Petit Louis commençait à se requinquer, l'ordinaire de la troupe était supérieur à celui du gnouf, du riz autant qu'il voulait ou presque, du nuoc mam, des légumes et même un morceau de porc le deuxième jour. Les soldats se montraient presque amicaux, ils faisaient leur travail voilà tout, mais toute forme de communication semblait interdite entre eux et leur prisonnier.
Le camp où ils parvinrent en fin d'après midi était tout petit il contenait une vingtaine de pensionnaires tout au plus. A voir leur allure Petit Louis conclut qu'il s'agissait d'une prison militaire pour l'armée régulière. Il fut aussitôt bouclé dans une minuscule paillote de deux mètres sur deux munie d'une porte à claire-voie en bambou et pourvue pour tout mobilier d'une natte étendue sur le sol en terre battue.
Il passa dans sa cage trois jours pas trop désagréables à part une chaude alerte quand un des gardes les yeux égarés, un gros pansement autour de la tête, passa le canon de sa mitraillette entre les barreaux et arma la culasse en hurlant des paroles incompréhensibles. Petit Louis n'avait plus un poil de sec, il restait immobile les yeux fixés sur le trou noir du canon de l'arme à quatre vingts centimètre de son visage.
Les autres gardes intervinrent avec précaution, raisonnèrent le furieux et l'emmenèrent un peu plus loin. Petit Louis entendit qu'ils l'appelaient entre eux 'Dien', le Fou, il crut comprendre l'énergumène avait été blessé lors d'un raid de l'aviation et en avait gardé des séquelles, ce qui pouvait expliquer sa rage soudaine et sans provocation. Un fois encore ce n'était pas passé très loin...
On le laissait sortir pour aller aux feuillées chaque fois qu'il le demandait à condition qu'il emploie la formule rituelle, ça devait être une tradition. On le nourrissait dans sa cage comme au zoo deux fois par jour: le mêmes rations que les bô doï. C'était beaucoup mieux qu'à Kim Ton, au moins il n'y avait pas à se bagarrer pour avoir sa part; en prison les vrais ennemis, ce ne sont pas toujours les matons, mais les autres taulards.
Ce qui le préoccupait surtout, c'était l'état de son bras gauche qui empirait. La plaie semblait se cicatriser normalement, un croûte saine s'était formée mais le coude prenait une teinte violacée suspecte et il avait encore enflé alors que les muscles du haut du bras fondaient à vue d'oeil; on aurait dit maintenant un bâton terminé par une pomme. Les doigts bougeaient bien mais en provoquant des tiraillements et l'ensemble n'était pas beau à voir.
Puis l'escorte de bô doï réapparut, il fut extrait de la paillote et la randonnée reprit.
" Je vais faire la visite de tous les camps de la zone Viet." se dit-il " manifestement ils n'arrivent pas à me classer dans une catégorie déterminée."
Les Viets se montraient extrêmement tatillons quant au classement des individus, un cas non prévu les plongeaient dans des abîmes de perplexité. Que faire de ce type ni civil ni militaire tout en étant les deux à la fois et évadé de surcroît. C'était éminemment suspect et probablement une trouvaille des colonialistes pour les mettre dans l'embarras.
Ils avaient quitté les plaines à riz et progressaient maintenant dans les collines couvertes de forêts, par des pistes qui serpentaient entre les massifs vers le nord-ouest. Ils ne devaient pas être très loin de la frontière du Laos.
Après quatre jours, ils parvinrent à un camp perché sur une colline dénudée. Petit Louis fut installé dans une paillote à l'écart avec une courte chaîne qui fixait les entraves des chevilles au cadre du bat-flanc, ce qui l'empêchait de se lever et il se retrouva seul.
Chaque matin un garde le faisait sortir pour ses besoins, quelquefois il avait l'autorisation de se laver dans une mare voisine, puis il revenait, mangeait ses deux bols de riz et attendait le soir et le deuxième repas de la journée. Puis venait la nuit et il attendait le matin.
Au début, il s'astreignait à s'occuper l'esprit, à se rappeler ses cours de Fac si lointains, à prendre autant d'exercice qu'il le pouvait. Puis peu à peu il se sentit de plus en plus las, démoralisé. Il avait maintenant le coude complètement bloqué et les mouvements des doigts, s'ils n'étaient plus douloureux devenaient de plus en plus difficiles.
Tout au long des heures il se mit à rêver, il s'inventa une histoire qui le coupait de la réalité.
Au début ce ne furent que des fragments d'images, il avait pris comme thème les Vikings et leurs conquêtes, pourquoi? il n'en savait rien, c'était venu comme ça.
Au cours des jours et des nuit l'histoire se précisa, les casques ailés ou munis de cornes, les longues barques sculptées, les immenses rames qui frappaient l'eau en cadence, les cuirasses de peau. Il ne participait pas, il n'était pas un acteur de l'expédition, mais un spectateur privilégié qui modifiait les épisodes à sa guise. Les mêmes scènes revenaient cent fois, mille fois.
Il en vint à perdre contact presque complètement avec la réalité, il ne sentait plus la faim ni les démangeaisons de la gale qui l'envahissait peu à peu. Il avait constaté l'apparition des rangées régulières de petits boutons bien alignés qui annoncent la présence du parasite, contaminé sans doute par la natte malpropre sur laquelle il restait allongé.
Il perdit tout à fait la notion du temps et en arriva même à maudire le garde qui lui apportait son bol de riz parce qu'il venait troubler ses visions.
Un matin, alors qu'il venait de faire sa toilette dans un moment de lucidité retrouvée, la routine changea subitement. Un bô doï, tout jeune, dix huit ans tout au plus, le prit en charge à la porte du camp. Il portait en bandoulière un gros boudin de riz , un grand sac à dos et un vieux Mauser qui ne semblait pas en très bon état.
" Cette fois c'est la longue marche ! " se dit Petit Louis en voyant la quantité de riz que le soldat transportait et la petite marmite ficelée sur le sac.
Combien de temps avait-il passé dans ce camp ? dix jours... un mois... c'était difficile à dire. Mais il constata avec étonnement qu'il n'avait pas tellement maigri ni perdu de forces. Certes les premiers kilomètres furent douloureux et la première étape assez courte. Le soldat s'impatientait et répétait à tout moment : " Di nhan lèn ! "
Le deuxième jours ils couvrirent un peu plus de terrain, toujours à la même allure de tortue malgré les objurgations su bô doï. Après le troisième jour, il avait compris et se contenta de suivre le train.
Ce n'était pas d'ailleurs un méchant bougre et une sorte de camaraderie ne tarda pas à s'installer entre les deux hommes. Lorsque la piste s'élargissait et qu'ils pouvaient chemine côte à côte, ils échangeaient quelques propos. Il se nommait Diem et ne tarda pas à appeler son prisonnier 'Ti Louis'
Il se refusait toutefois à l'éclairer sur leur destination finale. Il se contentait de lui dire " Loin, très loin. "
Un cas de conscience se posa au jeune soldat quand le boudin de riz fut mangé et qu'il lui fallut aller au ravitaillement. Manifestement il avait reçu la consigne d'éviter les villages et depuis le départ ils n'avaient pas rencontré âme qui vive. Devait-il emmener le captif parmi la population ou devait-il l'abandonner dans un coin pour faire son marché ?
On avait dû lui parler des deux tentatives d'évasion car la première fois il tenta d'attacher les bras de Petit Louis derrière son dos. Celui-ci protesta énergiquement en montrant son coude abîmé et pour prouver se bonnes intentions s'allongea sur le sol et fit mine de dormir.
Diem restait indécis, puis il prit son parti et disparut au galop avec l'intention manifeste de revenir au plus tôt. Un quart d'heure plus tard il revenait hors d'haleine avec un peu de riz, de légumes et des bananes.
Bien entendu Petit Louis n'avait pas bougé. Il ne savait pas où il se trouvait ni dans quelle direction aller pour se mettre à l'abri. Se débarrasser de ses chaînes sans outil présentait une difficulté insurmontable et puis il attendait son dîner. Il s'était contenté d'amasser un tas de bois pour faire cuire le riz.
Le soldat parut fort soulagé. Et une routine s'installa. Aux abord d'un village, ils s'arrêtaient, le soldat allait aux nouvelles en laissant son sac et Petit Louis l'attendait en préparant le feu. La nuit ils dormaient à la belle étoile étendus sur les nattes. Après que Diem eût constaté avec horreur que son compagnon avait la gale il évitait de s'en approcher et lui avait donné une natte que Petit Louis portait en bandoulière tenue par une ficelle.
Un jour le bô doï oublia son fusil en allant faire ses emplettes. Quand il revint précipitamment cinq minutes plus tard Petit Louis était en train de vérifier l'arme. Pétrifié le gamin s'arrêta net, mais Petit Louis lui fit signe d'approcher en posant le fusil sur le sol, puis il lui montra le mécanisme de culasse.
" Ton fusil est dégueulasse et les cartouches sont couvertes de vert-de-gris. Je veux bien parier que tu n'en est jamais servi. "
Diem comprit seulement que quelque chose n'allait pas, il ramassa son fusil et l'examina. Petit Louis lui montra alors la culasse en secouant la tête d'un air dégoûté puis il allongea la main. L'autre hésita un moment puis lui tendit le Mauser.
En décomposant les gestes et en calant l'arme entre ses genoux, Petit Louis éjecta les trois cartouches du magasin puis lui montra comment démonter la culasse en bloquant la tête de percuteur avec un petit morceau de bois. Ensuite il dévissa la rallonge, regarda le percuteur et se mit à rire, la pointe en était tordue et tel quel le fusil inutilisable. Comme Diem ne semblait pas comprendre il lui fit voir la tige déformée.
" Don sung " (nettoyer fusil) Et il se mit à frotter le percuteur avec un pan de sa chemise qui en avait vu d'autres.
Le bô doï tira un chiffon de son sac et se mit à astiquer la culasse. Ensuite Petit Louis lui fit démonter et remonter le mécanisme plusieurs fois. Puis il regarda dans le canon, prit un air tout à fait désolé et lui passa le fusil pour qu'il se rende compte: les rayures avaient presque disparu sous la rouille. Rien à faire de ce côté sinon tirer un coup de feu qui enlèverait le plus gros.
Pour redresser la pointe du percuteur il devrait opérer au rouge pour éviter de casser l'acier trempé sec. Ensuite il faudrait retremper la pièce en utilisant de l'huile ou de la graisse. Il n'y avait qu'à attendre que le menu présente un morceau de cochon.
Diem récupéra son Mauser remonté et se mit à faire cuire le riz. A partir de ce jour, chaque fois qu'il allait dans un village, il laissait son fusil à son prisonnier et partait d'un coeur léger. Le Mauser fonctionnait maintenant et Petit Louis lui avait montré comment épauler correctement et une cartouche tirée avait décapé le canon.
Un jour en pleine montagne, les choses avaient failli mal tourner. Ils s'étaient arrêtés près d'une source et pendant l'absence du bô doï un groupe de montagnards était venu chercher de l'eau. En voyant un Européen faisant un petit somme à côté d'un fusil appuyé contre un arbre ils avaient reflué précipitamment et une bande armée de sabres et de machettes s'apprêtaient à prendre d'assaut la position quand Diem revint juste à temps pour éviter le massacre . Petit Louis fut réveillé en sursaut par la discussion animée qui s'ensuivit. Le soldat se montra très éloquent, il déversa des flots de bonnes paroles, prêchant l'évangile selon Ho chi Minh et s'efforçant de calmer les esprits. Ca ne semblait pas aller tout seul; un excité avait levé sa trique pour matraquer l'ennemi et ce fut le soldat qui encaissa en s'interposant.
Du coup les plus sensés intervinrent et maîtrisèrent l'enragé, tabasser un bô doï dépassait les bornes du tolérable et aurait pu amener des sanctions pour le village.
Quand ils furent seuls Petit Louis demanda des explications, en général les montagnards se montraient plutôt bienveillants. Diem parvint à lui faire comprendre que quelques semaines auparavant des avions avaient passé la région au napalm et qu'il y avait eu des victimes parmi la population du village, d'où le ressentiment des rescapés.
Il ne comprenait pas une intervention de l'aviation dans ce secteur reculé. Il ne connaissait pas la région et ne savait plus très bien où ils étaient, probablement vers la frontière du Laos quelque part au sud ouest ou à l'ouest de la zone Meo. Il se rappelait les opérations de Na San environ sept ou huit mois auparavant. Peut être une offensive se poursuivait-il dans cette région, ce qui expliquait l'énorme détour qu'ils étaient en train de faire, il fallait contourner largement les positions françaises.
Cela faisait une bonne douzaine de jours qu'il avaient quitté le dernier camp, il avaient parcouru au moins trois cents kilomètres par monts et par vaux, le terrain s'élevait de plus en plus. Ce jour là il passèrent à gué une grosse rivière qui coulait vers l'ouest, puis une route importante avec un revêtement en parfait état. Diem le fit attendre un bon moment avant de traverser et de se replonger dans les pistes de forêt. Durant toute l'attente ils n'avaient vu aucune circulation.
Petit Louis se creusait la tête pour essayer de se rappeler la carte de cette région.
" Voyons ! nous venons de traverser un affluent du Mékong puisque le courant va vers l'ouest, donc nous sommes au Laos, bien au nord de Luang Prabang, ce n'est pas la route de Lai Chau qui va du nord au sud."
Il ne voyait pas. Plus tard, bien plus tard il put vérifier qu'ils étaient probablement passés entre Muong Khoua et Dien Bien Phu, en pleine zone Thai qui était depuis peu sous le contrôle total des Viets.
Il se sentait de plus en plus fatigué. Le régime trop pauvre en protéines ne lui permettait plus de compenser les efforts accomplis. Il avait maintenant les pieds complètement déformés, les orteils s'étaient disjoints et la voûte plantaire affaissée. La plante des pieds présentait un aspect curieux, une sorte de croûte brunâtre faite de poussière agglomérée avec les suintements des écorchures et des ampoules qui s'étaient succédées jour après jour. Cela assurait une certaine protection.
De plus le frottement continu des fers sur les chevilles avait provoqué des escarres assez douloureuses et les noeuds de la ficelle qui soutenait la chaîne avaient fini par créer des sortes d'abcès répugnants.
L'interminable randonnée continuait. Ils se dirigeaient maintenant vers le nord-est. Ils rencontrèrent à plusieurs reprises des soldats en colonnes progressant vers le sud. Une grande offensive Viet se préparait quelque part à la frontière.
Deux Bearcats apparurent soudain en rase-motte alors qu'ils traversaient une plaine herbeuse descendant vers la vallée. Le bô doï se mit à courir pour se mettre à couvert tandis que Petit Louis se laissait tomber sur le sol en pensant:
" Le pauvre va se faire tirer comme un lapin !"
Mais cette cible unique ne devait pas intéresser les chasseurs qui disparurent en un éclair vers l'ouest. Diem revint un peu penaud et Petit Louis tenta de lui expliquer que si l'on restait immobile on avait peu de chance d'être remarqué par les appareils passant à quatre cents kilomètres à l'heure, mais l'autre ne croyait qu'à la protection du trou individuel.
Il avait raison jusqu'à un certain point car le jour suivant à proximité d'un village le tintement du gong annonça l'arrivée de avions. Il y avait de nombreux trous de protection le long de la piste et quand des explosions se irent entendre ils plongèrent tous les deux dans le même abri. Le soldat étendit sur l'ouverture la couverture molletonnée qu'il portait sur son sac. Bien leur en prit car les A26 larguèrent un chapelet de bombes au napalm sur le village.
Un container explosa pas très loin et un souffle torride transforma l'atmosphère en fournaise.
Quand ils sortirent l'alerte passée l'air était presque irrespirable, une fumée épaisse couvrait la vallée, la couverture était marquée de trous noirâtres. Ils firent un large détour pour éviter tout contact avec la population de l'endroit qui venait d'être ravagé.
Petit Louis ne comprenait pas la raison de la destruction de ce village de paisibles montagnards. Sans doute était-on un dimanche. Une distraction habituelle des aviateurs, ce jour-là était de orendre l'air et de passer au napalm un marché sans importance stratégique aucune puis de revenir à la base pour l'apéritif.
Petit Louis ne garda guère de souvenirs du reste du voyage. Il marchait jours après jour dans une sorte d'état second. Il se rappelait seulement qu'un moment, perdant l'équilibre, il avait dévalé un pente caillouteuse et était resté étalé au fond du ravin tout à fait incapable de se relever. Il lui sembla alors qu'une troupe de réguliers était intervenue. Il avait vaguement conscience d'un long trajet en barque sur un fleuve, d'un séjour dans un cantonnement puis il se sentit beaucoup mieux. Il avait dû avoir une crise de paludisme qui avait duré plusieurs jours.
Ils marchèrent encore Diem et lui une bonne centaine de kilomètres puis un matin son compagnon lui annonça tout joyeux que la promenade s'achevait enfin. Dans l'après-midi ils arrivaient au but du voyage.