Daniel Quimper

Dramaturge /
Playwright
{ [email protected] }
SOMEHOW DISABUSED
Artists on a Windy Day
LA NUIT
traduction / adaptation française
Scène 1

         La scène représente une salle d'exposition. Judith et Jeremy traversent lentement la scène de droite à gauche, regardant successivement à leur droite et à leur gauche, comme s'ils visitaient une exposition. The Chronicler, une bi-figureur féminine, est assise sur le sol, au milieu de la place, avec un ordinateur portable. La lumière est plus blanche..

        [Observer 1 choisi deux personnes voulant participer parmi les spectateurs.]

THE CHRONICLER
L'installation de Jeremy Smart est une synthèse visuel où chaque donnée sensible est intégrée à un système bien structuré. Le dynamisme de la vie de tout les jours, dans ce qu'il a de vivant, cotoie le vide des corps et choses sculptés, de laquelle la réalité échappe à toute définition...

        Observer 1 et les obersateurs invités se placent près de l'installation de Jeremy.

OBSERVER 1, passant près de La Chroniqueuse
Bonsoir...

THE CHRONICLER
La terrace est un lieu privilégié pour mesure la continuum quotidien de la ville. Lieu d'accelération et de décéllération, de changements et d'interruptions, mais aussi lieu d'anonymité partagée. La banalité de l'oeuvre sculpté encourage nos yeux à visiter l'environnement comme si un aura y était projetée. L'austérité des passants, avec leur marche militaire, installe un rythme dans lequel nos pensées sont rapidement prises. Avant même d'en avoir pris conscience, l'oeuvre d'art à disparue, et devant cette anonynimité artistique, on ne peut s'empêcher de prendre une plus grande responsabilité envers l'effet ressenti directement. Le prétexte dramatique de l'oeuvre, tout aussi banal, ne suffit pas à calmer notre angoisse et réenforce les impressions qu'un danger latent pèse sur nous, comme sur les personnages sculptés. C'est peut-être la nonchalance de ceux-ci, encore plus que leur passivité et leur indifférence qui nous fait craindre le pire.

        Judith et Jeremy se déplace vers l'installation de Jeremy.

JEREMY, à La Chroniqueuse
Allo - contente de te voir -

THE CHRONICLER
Hey, monsieur le sculpteur, bonsoir. (Elle se lève pour serrer la main de Judith.) Madam' -

                                  JUDITH, à La Chroniqueuse, alors qu'elle se lève
                                  Non, non - vous n'avez pas à - (alors que La Chroniqueuse lui fait
                                  maintenant face
.) Bon, et bien, Judith Vøøtin.

                                          They shake hands.

                                  THE CHRONICLER
                                  Ho, je vous connais. Bon soir.

                                  JUDITH
                                  Bonsoir.

                                  THE CHRONICLER, à Jeremy
                                  Alors, comment-ça va 'mec?

                                  JEREMY
                                  Assez bien, assez bien.

                                  THE CHRONICLER
                                  Ça fait un bail...

                                  JEREMY
                                  Oui, j'ai été très occupé dernièrement - et -

                                  THE CHRONICLER
                                  Oh, je sais que tu as assez productif - je me demande comment
                                  comment tu trouves le temps de travailler avec tout ces textes
                                  que tu écris.

JEREMY
J'aime bien être occupé.

THE CHRONICLER
Qu'est-ce qu'on dit sur celle-ci?

JEREMY
Slfppp -

THE CHRONICLER
Je sais, je sais: artiste, lève-toi, crée, et ferme-là.

JEREMY
J'imagine qu'ils questionnent leur propre conscience-de-soi.

THE CHRONICLER
Nerveux, hey?

JEREMY
Nerveux, pas vraiment - mais ça reste énervant chaque fois... Nous ne sommes jamais satisfait - complètement -

THE CHRONICLER
Je sais ce que tu veux dire - parfois, j'aimerais avoir un peu plus d'espace - tu sais, pour pouvoir parler des oeuvres qu'un artiste à fait durant sa jeunesse, ou le questionner sur l'oeuvre d'un autre - des extras comme ça...

                                  JEREMY
                                  Ouais. J'imagique que je dois - peux-tu nous excuser?

                                  THE CHRONICLER
                                  Hey! Tu es chez toi -

                                          Jeremy se déplace vers son installation et les trois
                                  observateurs. Judith le suit
.

                                  JEREMY
                                  Comme un con...

                                  JUDITH
                                  Oh, aller, 'mec...

                                  JEREMY
                                  Ouais, -(aux trois observateurs:) bonsoir, madame[s] et
                                  monsieur[s] -

                                  OBSERVER 1
                                  Bonsoir, M. Smart. Mes amis et moi discutions de la mise en
                                  vedettariat des choses comme sujet privilégié, comme une sorte
                                  borne pour les artistes contemporains, - un peu comme les
                                  produits manufacturés il y a quelques années - et comment
                                  il était bienvenue une oeuvre qui réconcilie la recherche,
                                  la précision et le rythme urbain dans son irrationalité, dans
                                  une oeuvre actuele.

JEREMY
Qu'est devenu la vie urbaine alors que des bouquins sont écrits pour argumenter la possibilité même que des choses, comme les montagnes, sont irréelles? (Il pause.) Est-ce que la monstration - ou le "vedettarisme" - des achèvements d'activités productives est encore pertinent-? Des questions auxquelles je ne peux répondre - mais, l'économie du savoir repose sur la vitesse des transmissions de l'information, et en certains sens, dans la procédure mécanique de copies d'images d'êtres comme sujets et objects, et vice versa. Il est possible d'être tromper, de croire qu'il est propable de s'émanciper dans la copie de la copie, dans la moquerie du spectacle, que dans l'orginal, puisque l'original - comme nous le voyons dans cette scène urbaine scénique - semble être trivial, statique, sans poids... sans sens.

OBSERVER 1
On ne peut s'empêcher de se sentir coupable après quelque temps: Je suis incapable de trouver un point de vue à partir duquel il me serait naturel, ou même confortable, de regarder cette installation, ou même -

JEREMY
Il existe une possibilité de se mouvoir sur cette frontière qui garde les êtres et les apparences, séparés - il existe une telle possibilité de - bouger - sur cette mince ligne, gardant l'original séparé des copies, la création, séparé des imitations. Si l'un veut réduire la vie à l'habilité de se mouvoir... alors...

OBSERVER 1
Ces passants - la formalité de la suggestion - cela nous amène à projeter une sotre de futur - mais -

JEREMY
Oui, ils sont vraiment bons - Je les ai connu grâce à Judith - Judith Vøøtin; et ils ont été entraînés pendant des semaines par - eh, (à Judith:) comment il s'appelait donc?

JUDITH
Eh, Morris - Major Morris -

JEREMY
Ouais, c'est ça - dans l'armée, il entraînait des unités de parachutistes - en tout et partout, ils ont du avoir quelques choses comme une dizaine de sessions, avec lui... Il y a deux groupes, en fait. Ils sont en forme, n'est-ce pas? (à Judith:) tu sais quoi?, nous devrions les laisser se reposer à la vuer... ici, autour, au lieu de derrière... les gens pourrait les voirs, et leur parler... leur toucher!

                                  JUDITH
                                  Ce serait pas si compliqué à arranger -

                                  JEREMY
                                  Oui - ce serait bien de les entendre... ce qu'ils ont à dire
                                  pourrait certainement nous surprendre. Je pense. Ce serait
                                  intéressant de les entendre, de les voir... exactement comme
                                  s'ils étaient des survivants - des témoins... ou une sorte de
                                  "déchets" d'un événement précédent... (Judith pause.) Ouais,
                                  c'est ça - ils ont été témoins d'un sorte d'événement, et l'événement
                                  n'a pas besoin d'eux... Ou n'en veut tout simplement plus...
                                  (À un des observateur invité:) Ce serait très amusant, hey?

                                           Judith se déplace traquillement pour quitter l'installation
                                  de Jeremy. Elle se dirige vers l'installation de Artist F. La
                                  Chroniqueuse la salut de la tête amicalement, au moment où Judith
                                  passe près d'elle. Durant ce temps, l'installation de Jeremy est
                                  remplacée sur scène par l'intallation d'Artist F
.

                                  THE CHRONICLER
                                  ...'athologistes, l'incapacité de discerné la relation entre
                                  le signifiant et le signifié, est un symptôme récurrent chez les
                                  tueurs en série. Les fantasmes délusionnels mirroitent les...

                                           On entend un fort et soudaint éclat de rire, et ensuite la voix
                                  de Jeremy (OFF):
"... Je voulais juste que vous soyez bien
                                  informés..." Judith pause, tourne sa tête rapidement, et
                                  continue sa route. Artist F mange une pointe de pizza, tout en
                                  peignant son installation
.

ARTIST F
Hey!

JUDITH
Salut, comment ça va?

ARTIST F, elle arrête de manger et se déplace vers Judith
Haut, je plane, toi?

JUDITH
Je vais bien.

ARTIST F
Veux-tu une pointe?

JUDITH
Oh, non. Merci.

ARTIST F
Vous deux, vous devriez faire quelque chose ensemble. Je me demande de quoi ça aurait l'air.

JUDITH, ayant un rapide regard derièrre eller
Ouais... Tu sais quoi? Je me demande aussi...

         Martin sort de l'installation d'Artist F, et viens vers Judith et Artist F.

ARTIST F
C'est Martin, mon ami.

JUDITH
Ça fait plaisir de te rencontrer, Martin.

         Alors que l'éclairage diminue, tous quittent la scène excepté La Chroniqueuse.

THE CHRONICLER
Souvent, le formalisme nous presse d'agir. C'est le cas, ici, de cet univers clos, qui nous appelle de tout de ses poumons de réagir. Aucun symbôle de peurs ou de motivations n'est montré, et cette totale abscence de mythes liés à l'humanité peut seulement nous faire souhaiter être l'un de ceux perçu comme marginal, comme l'une de celle, réagissant contre la stagnation, la répétition, et les environnements infertiles.

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MISÈRE DE MISÈRE
K. BRUNEAU(?)

THE CHRONICLER - So, how is it going big boy?


BOTH OF US WERE BOTH
D. DESMARAIS(?)

JUDITH - Oh, give it to me, big boy...


WHITE ON WHITE
K. MALEVITCH (1918)

JEREMY - Yeah, that's it - they have witnessed some sort of event, and the event
doesn't need them... Or doesn't want them anymore...

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