POLITIQUE DES PRIX AGRICOLES ET SÉCURITÉ ALIMENTAIRE
EN HAÏTI (1971-1986)
André Yves Cribb
Agronome-Économiste
M.Sc., Développement Agricole
D.Sc., Ingénierie de Production
GIFAD, Rio de Janeiro, RJ, Brésil
http://www.geocities.com/aycribb
| Livre édité en 1997 aux Éditions AREYTOS et en vente aux principales librairies de Port-au-Prince |
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| INTRODUCTION GÉNÉRALE |
1. Le présent travail représente une contribution à l'évaluation du secteur agricole haïtien de la période 1971-1986. Son objet est l'étude des relations manifestées entre, d'une part, la politique des prix agricoles (comme variable-cause) et, d'autre part, la sécurité alimentaire (comme variable-effet). Autrement dit, ce travail cherche à interprêter les motifs, modalités, mécanismes et processus de détermination des niveaux des prix agricoles pour arriver à montrer de quelle manière les structures de ceux-ci ont économiquement influencé la disponibilité et l'accessibilité des aliments en Haïti durant la période sus-citée.
La politique des prix agricoles, en tant que concept, est entendue comme l'ensemble des interventions de l'État, destinées à influencer les mécanismes automatiques de détermination des valeurs monétaires des produits agricoles. Ces interventions peuvent être directes ou indirectes. Elles sont directes quand elles sont concrétisées à travers des restrictions à la production, du soutien de prix aux producteurs ou de prix-subsides aux consommateurs, des fixations de prix au détail, des livraisons forçées de marchandises aux gouvernements à des prix autorisés, des contrôles et impôts sur les exportations et/ou importations, et des subsides aux prix des intrants. Elles sont indirectes quand elles résultent des politiques de change (par exemple, taux de change surévalué pour les intrants importés).
Quant au concept de sécurité alimentaire, il prend, dans le cadre de ce travail, un sens plus ample que celui apparu, aux débuts de la décade 70, dans la littérature économique et selon lequel il était considéré comme la capacité d'un pays d'atteindre de façon stable des niveaux d'offre interne non significativement inférieurs au niveau tendanciel de la demande potentielle1. Pour nous, la sécurité alimentaire d'un pays correspond à sa capacité de garantir, en tout moment, à tous ses habitants l'accès physique et économique aux aliments basiques.
Cette vision de la sécurité alimentaire, débattue lors de la XIIº Conférence Mondiale de la FAO2 (CEPAL, 1988:47), se réfère donc non seulement à la disponibilité des aliments mais aussi à leur accessibilité. Il s'agit non seulement de garantir une offre agrégée abondante et stable mais aussi de favoriser une demande large et soutenue. En fait, la demande agrégée ne peut être réduite à celle exprimée sur le marché; elle englobe également les nécessités alimentaires basiques des couches à bas revenus qui se débattent pour se manifester sur le marché.
2. On peut se demander pourquoi nous choisissons le terme "prix agricoles" au lieu de prix alimentaires alors que l'étude proposée concerne spécifiquement le marché alimentaire. Nous faisons ce choix pour les raisons suivantes:
Dans notre effort d'interpréter le fonctionnement du marché alimentaire haïtien, nous nous proposons de nous référer aux prix des produits agricoles appartenant aux deux groupes généralement considérés: alimentaires et non-alimentaires. Toutefois, nous nous intéressons seulement aux produits agricoles de rente, c'est-à-dire, aux produits pouvant être vendus. Plus précisément, nous prenons en compte tous les produits agricoles d'exportation3 (café, cacao, sisal et huiles essentielles) et une partie des produits agricoles de consommation interne. Celle-ci est constituée seulement des ingrédients qui entrent dans le régime alimentaire actuel de l'Haïtien; il s'agit des groupes suivants: céréales (blé4, riz, maïs, sorgho), bananes5, légumes, racines et tubercules (pomme de terre, patate douce, manioc, igname et autres), sucre, légumineuses et oléagineuses (haricots, pois, noix de coco, arachides), fruits, viande, oeufs, poissons, lait et matières grasses6.
Le concept de "prix agricoles" englobe celui de "prix alimentaires". Il permet de se référer non seulement aux produits agricoles alimentaires mais aussi aux produits agricoles non-alimentaires. En ce sens, il offre l'opportunité d'une analyse intégrale et comparative des prix enregistrés dans toutes les branches d'activités agricoles.
Le concept de "prix agricoles" répond à la nécessité de prendre en compte la substitualité ou la complémentarité de la plupart des produits agricoles. Rappelons que de telles caractéristiques (substitualité et complémentarité) sont grandement liées aux mouvements des valeurs d'échange respectives de ceux-ci. Par exemple, pour comprendre pourquoi un agriculteur abandonne les activités de production des produits non-alimentaires pour s'adonner à celle des aliments, il peut être nécessaire de se référer à l'évolution des prix non seulement des aliments mais aussi des produits agricoles non-alimentaires. De même, le comportement des prix de produits d'exportation peut porter un agriculteur à substituer (ou non) ceux-ci par des produits de consommation interne. En fait, il serait difficile de faire une analyse complète des prix de biens agricoles relevant d'une certaine catégorie et de comprendre l'impact de leur évolution sur le secteur agricole sans les comparer à ceux des autres catégories.
3. Le processus de formulation de ce projet d'étude a commencé au début de 1993 quand nous étions en train de rechercher un champ d'investigation pouvant apporter des éléments nouveaux à la compréhension de l'économie haïtienne. La pensée économique dominante en Haïti, considérant l'État comme un bienfaiteur dans les mécanismes de fonctionnement des activités économiques et mettant, par conséquent, beaucoup d'accent sur le rôle de quelques facteurs (éducation, technologie, stratégies de commerce, etc.) dans le processus de développement au lieu de questionner le comportement de l'État, nous semblait une approche trop limitée de la réalité haïtienne.
Déjà, en février 1993, nous avons commencé à faire des recherches sur la formation et la dynamique des systèmes agraires haïtiens. Nous avons vite observé que, traditionnellement, l'État haïtien ne se comportait pas comme le père-bienfaiteur, c'est-à-dire comme celui qui ne faisait que fournir l'infrastructure et le crédit, corriger les externalités et étudier des plans de développement. En d'autres termes, nous avons appris que les gouvernements ont fait, à travers le temps, de nombreuses interventions favorables au sous-développement du pays (TROUILLOT, 1986). Cette première observation nous portait à ne pas nous confiner dans l'étroit horizon des thèses (sur les obstacles liés au relief topographique, aux religions, aux techniques de production, etc.) qui ont été encore très courantes.
Au milieu de l'année 1993, nous avons estimé bon de susciter une remise en question de la pensée dominante. Notre préoccupation était alors de trouver un thème d'importance capitale pour le processus de développement du pays. Après avoir lu l'article 22 de la dernière Constitution7 (ANC, 1987: 7), nous avons résolu de faire notre investigation autour de la "Sécurité Alimentaire" qui, dès le début de la décade 70, a toujours constitué l'objet de nombreux débats dans les pays en voie de développement.
Malgré l'emploi fréquent de ce thème en Haïti depuis plusieurs décades, nous avons constaté que les espérances n'étaient pas comblées. Durant les trente dernières années, la croissance de la production agricole a été très modeste et la pauvreté s'est davantage répandue (LUNDAHL, 1992: 402 et 403).
Nous avons vite pensé que le contexte créé par les diverses politiques macroéconomiques ou sectorielles, pratiquées durant les dernières décades, pouvait constituer un domaine important dans le cadre de la recherche des éléments qui ont favorisé la persistance et même l'aggravation du déficit alimentaire.
4. La période en étude s'étend de 1971 à 1986. Elle est choisie pour les raisons suivantes:
L'année 1971 - c'est-à-dire l'année de début de la période - correspond à la fois à l'avènement d'un nouveau gouvernement au pouvoir, à des changements significatifs dans les relations internationales et à la réalisation officielle d'un recensement général.
En 1971, Jean-Claude Duvalier a été choisi par son père - le dictateur François Duvalier - pour le succéder à la présidence à vie d'Haïti. La passation des pouvoirs a été faite postérieurement au décès de celui-ci. Cette succession dynastique a permis l'héritage des bases du régime antérieur. Toutefois, le nouveau gouvernement a été moins violent politiquement; il s'est beaucoup plus intéressé au domaine économique. D'ailleurs, peu après sa venue au pouvoir, Jean-Claude Duvalier déclarait: "Mon père a fait la révolution politique, moi je ferai la révolution économique."
Les changements dans les relations internationales ne se faisaient pas attendre. On assistait immédiatement à l'ouverture totale du pays au capital étranger. Cela ne signifiait pas une brusque coupure entre les deux gouvernements, puisque les démarches pour aboutir à ces changements ont été initiées par le père lui-même (PIERRE, 1971: 49)8. En fait, deux ans après l'arrivée de Jean-Claude Duvalier au pouvoir, l'aide internationale - publique ou privée, bilatérale ou multilatérale, laïque ou religieuse - commençait à s'abattre sur le pays.
L'une des actions préparatoires à la réception de ces fonds a été le recensement général du pays, réalisé en 1971. Un tel recensement a été extrêmement urgent puisque le précédent avait été réalisé depuis 1950, soit une différence temporelle de vingt-et-un ans. Avec ce nouveau recensement, on disposait de données récentes et fiables, pouvant faciliter la compréhension des mécanismes économiques. Le dernier recensement en date, c'est-à-dire, faisant suite à celui de 1971, a été effectué en 1982. Donc, durant la période en étude, on a pu réaliser deux recensements généraux du pays (l'un en 1971 et l'autre en 1982) qui permettent une bonne disponibilité d'informations sur les différents secteurs de l'économie haïtienne.
De son côté, l'année 1986 - c'est-à-dire l'année de la fin de la période - correspond à la fois à la chute du gouvernement de Jean-Claude Duvalier et à l'apparition d'une période de forte instabilité politique.
En 1986, sous la pression des masses populaires qui se manifestaient contre la misère et l'injustice, Jean-Claude Duvalier a dû laisser le pouvoir et s'exiler en France. Au lendemain de son renversement, le peuple a crû qu'il entrait dans une période de transition vers la démocratie politique. Mais les faits ont prouvé le contraire.
De 1986 à nos jours - c'est-à-dire durant les huit dernières années - le pouvoir est accaparé par les militaires qui se montrent réticents à des changements profonds dans le système politique. Durant cette période, le pays connait de sérieux bouleversements qui rendent beaucoup plus fragiles ses structures économiques.
En effet, deux élections présidentielles ont été réalisées (l'une en 1988 et l'autre en 1990); mais, les deux présidents civils n'ont pas pu terminer leur mandat respectif à cause du refus des militaires de respecter les pouvoirs constitutionnels des institutions civiles. On a donc assisté à une succession de coups d'État réussis ou râtés dont le nombre total s'élevait à cinq. Dans ce contexte, le Palais National a connu neuf gouvernements différents, soit une moyenne d'un gouvernement par an.
Particulièrement, depuis septembre 1991 - date du coup d'État militaire contre le dernier président élu Jean-Bertrand Aristide - le pays souffre d'un embargo économique imposé par l'OEA et soutenue par l'ONU pour favoriser le retour à l'ordre constitutionnel. Sous l'effet de cette mesure, de nombreuses administrations publiques et privées sont paralysées ou cessent de fonctionner. Les sources de collecte ou de distribution de données statistiques ne fonctionnent pas normalement.
Cette situation chaotique qui caractérise les huit dernières années nous porte à ne pas les intégrer dans la période d'étude choisie. En fait, de 1986 à nos jours, Haïti est en train de traverser une phase de tâtonnement, espérant trouver la voie alternative de démocratie et de développement. Notre désir est de participer à la recherche de cette voie tant espérée. A cet effet, nous choisissons d'étudier les événements antérieurs à la phase de tâtonnement puisque la compréhension du présent et la construction d'un avenir meilleur exigent la connaissance et l'explication des structures mises en place au cours de l'histoire lointaine ou récente.
Lors du choix du thème de notre investigation, nous nous sommes proposés de ne pas remonter très loin dans l'histoire haïtienne et d'étudier la période du gouvernement de Jean-Claude Duvalier qui, en dépit de multiples spécificités, se révèle, au fond, une reproduction de tous les gouvernements antérieurs (TROUILLOT, 1986). C'est pourquoi ce travail se limite à la période qui s'étend de 1971 à 1986.
5. L'expression "émeutes de la faim", généralement utilisée pour qualifier les mouvements populaires (CORTEN, 1989: 148) qui ont conduit au renversement du gouvernement de Jean-Claude Duvalier en 1986, attirait beaucoup notre attention au moment de définir nos hypothèses de travail. Notre curiosité a été d'autant plus grande qu'il s'agissait d'un gouvernement qui avait promis de faire la "révolution économique". Alors, la première question que nous nous sommes posés était la suivante: ses politiques économiques avaient-elles convergé vers cette promesse?
Tenant compte des difficultés d'accès aux sources d'informations en raison de la situation exceptionnelle vécue par Haïti depuis septembre 1991, nous avons estimé que les recherches nécessaires pour répondre à cette question exigeraient beaucoup de temps et, par conséquent, risqueraient de ne pas aboutir. C'est pourquoi nous avons décidé d'en étudier un aspect spécifique: les relations entre la politique des prix agricoles et la sécurité alimentaire.
À partir de ce choix, notre préoccupation se réduit et se formule de la façon suivante: En quoi la politique des prix agricoles, pratiquée en Haïti durant la période 1971-1986, a-t-elle favorisé la dégradation alimentaire?
"La politique des prix agricoles est de plus en plus reconnue comme vitalement importante au développement économique des pays pauvres" (TSAKOK, 1990: 1). Toutefois, elle ne cesse de se révéler un instrument dont la manipulation exige beaucoup de dextérité à cause du caractère très "conflictif" des prix. Ceux-ci peuvent, en effet, engendrer en même temps un bénéfice pour certains secteurs économiques et une perte pour d'autres. Autrement dit, ils ont la capacité d'affecter, simultanément et de façon contradictoire, la croissance économique et le bien-être général.
Cette capacité "conflictive" des prix agricoles peut être facilement comprise en faisant allusion aux divergences d'intérêts qu'ils suscitent entre les consommateurs et les producteurs. Par exemple, un niveau des prix, qui améliore le revenu réel des consommateurs, peut faire baisser les gains des agriculteurs et réduire les possibilités d'emploi des travailleurs agricoles. L'essentiel est que le niveau des prix agricoles met en jeu les intérêts de nombreuses catégories économiques: l'État, les consommateurs, les producteurs, les distributeurs, les industriels, les ouvriers, etc.
Prenant en considération la multiplicité et la diversité des intérêts économiques que peut affecter la politique des prix agricoles, nous formulons - dans le cas de l'économie haïtienne observée durant la période 1971-1986 - les hypothèses suivantes:
Le comportement dictatorial du gouvernement, qui s'était accaparé de tous les pouvoirs de l'État, n'a permis aucune participation active des autres catégories économiques dans la conception et l'adoption de la politique des prix agricoles;
La politique des prix agricoles, en dépit de ses effets défavorables sur la promotion des exportations agricoles, a protégé le marché domestique alimentaire de la concurrence internationale;
La politique des prix agricoles n'est pourtant pas parvenue à freiner l'épanouissement continu de la dégradation alimentaire à cause de son orientation et de son impuissance face aux contraintes structurelles.
C'est à travers ces hypothèses que nous observons la société haïtienne de la période 1971-1986 pour faire ressortir les motifs de la politique des prix agricoles et ses conséquences sur la sécurité alimentaire. Cela ne signifie pas que nous isolons cette tranche d'histoire. Au contraire, nous sommes orientés dans nos recherches par la conviction que, si des changements émergent à un moment donné de l'histoire, non seulement ils reflètent le passé mais aussi ils annoncent le futur.
6. Le cadre théorique, dans lequel s'inscrivent les tests de nos hypothèses, est inspiré des apports méthodologiques fournis par Alain DE JANVRY qui enseigne que, dans l'étude des prix agricoles, il est nécessaire de remplacer la théorie pure des marchés par une théorie de l'État. D'après lui,
"Il est nécessaire d'aller au-delà de l'analyse néoclassique de l'équilibre des marchés qui consiste à observer les distorsions des prix en calculant les coûts sociaux et en exigeant leur correction. Au contraire, si on veut qu'une proposition de correction ait un impact politique consistant, ces distorsions doivent être interprétées en termes de leurs dynamiques historiques et de la réalité sociale" (DE JANVRY, 1984: 26)9.
Il est vrai que jusqu'à présent il n'existe pas une théorie de l'État cohérente et dynamique. Mais, la compréhension d'un modèle d'intervention sur les prix agricoles et alimentaires requiert nécessairement l'étude de l'interrelation entre les facteurs suivants: les caractéristiques structurelles du pays, les comportements des acteurs en jeu, les motifs et conséquences des mesures et actions entreprises.
La confrontation des hypothèses à la réalité est faite à travers une observation documentaire. À cet effet, nous avons pu réunir une documentation pratiquement abondante dont témoigne la bibliographie plaçée à la fin du présent travail. Le nom d'auteur ainsi que l'année et le numéro de page cités entre parenthèses à l'intérieur de ce travail font référence à certains des livres ou textes mentionnés dans la bibliographie. Les notes de bas de page présentent des commentaires qui alourdiraient le contenu du travail mais qui sont très utiles au lecteur intéressé par l'idée débattue à laquelle elles se réfèrent.
Cependant, il est important de souligner que les circonstances socio-politiques qui prévalaient en Haïti durant la période de notre investigation ne nous ont pas permis de nous y rendre. Nous avons dû maintenir des contacts avec quelques amis et parents. Malgré leur bonne volonté, ceux-ci avaient des difficultés d'accès à de nombreuses sources d'informations, en raison des effets de l'embargo commercial: rareté d'essences pétrolières, problèmes d'électricité, de transport et de communications, irrégularités dans le fonctionnement de certaines administrations, retard dans les services postaux, problèmes de photocopie des documents, menaces d'isolement et d'envahissement du pays, tensions politiques et sociales, etc.
7. Malgré tout, nous nous efforçons d'exploiter au maximum les informations disponibles pour découvrir la logique de la relation entre la politique des prix agricoles et la sécurité alimentaire, observée en Haïti durant la période 1971-1986. L'analyse et l'interprétation des résultats de notre observation documentaire constituent le contenu du présent travail.
Dans le CHAPITRE I, nous analysons les caractéristiques structurelles d'Haïti. D'un côté, nous faisons état de ses ressources naturelles tout en indiquant ses spécificités, liées à sa position géographique. De l'autre, nous signalons ses conditions économiques et sociales. En fait, ce chapitre répond à la nécessité de faire ressortir non seulement le contexte socio-économique global mais aussi les particularités de la période en étude.
Le CHAPITRE II est consacré à l'étude des facteurs qui ont favorisé l'émergence de la politique des prix agricoles. Dans une première étape, nous exposons les éléments fondamentaux de cette politique. Puis, nous analysons l'ambiance dans laquelle celle-ci a été formulée. Il aide à comprendre pourquoi cette politique d'ordre économique, résultat de luttes entre des forces amplement inégales pour le partage des ressources nationales, ne traduisait pas une volonté commune d'atteindre un optimum social.
Le CHAPITRE III fournit les résultats de cette politique à travers l'évolution des niveaux des prix agricoles, de l'offre et de la demande des aliments pendant la période en étude. Il est essentiel à l'évaluation de la situation alimentaire.
C'est dans le CHAPITRE IV que nous commentons les relations qui ont existé entre la politique des prix agricoles et la sécurité alimentaire. Ce chapitre constitue un point de convergence des trois précédents. Il présente les motifs et les conséquences des diverses interventions de l'État qui ont affecté les niveaux des prix agricoles avec référence aux modifications observées dans la sécurité alimentaire haïtienne durant la période 1971-1986.
Enfin, la CONCLUSION GÉNÉRALE présente une synthèse du travail dans l'optique de justifier nos hypothèses précédemment définies. D'abord, nous faisons un rappel de notre objectif, de notre méthode d'approche et de notre vision théorique. Ensuite, nous formulons des considérations sur la politique des prix agricoles pour montrer les faiblesses de celle-ci face à toute perspective de sécurité alimentaire.
NOTES
1 Pour la définition de la "demande potentielle", se référer à la partie introductive de la section 3 du CHAPITRE III.
2 Tous les sigles utilisés dans le présent travail sont définis dans l'ANNEXE 1 (par ordre alphabétique).
3 Les produits agricoles d'exportation sont ceux dont plus de 50% de la production sont traditionnellement destinés à la consommation extérieure.
4 "Le blé est entièrement importé, on n'en cultive guère en Haïti, malgré plusieurs tentatives" (BEGHIN et al., 1970: 82).
5 Selon la classification taxonomique, les bananes relèvent du genre Musa. En Haïti, le Musa sapientum est désigné par le mot "figue-banane" et le Musa paradisiaca par "banane-plantain". Dans ce travail, nous employons uniquement le terme "banane" dans l'un ou l'autre cas.
6 Pour de plus amples informations, voir le CHAPITRE III.
7 Selon l'article 22, "l'État reconnaît le droit de tout citoyen à un logement décent, à l'éducation, à l'alimentation et à la sécurité sociale".
8 PIERRE, Guy (1971). "Bilan économique du duvaliérisme". Nouvelle Optique 1 (4): 33-49. Cité par TROUILLOT (1986: 228).
9 Citation traduite de l'italien en français par l'auteur.
Sites intéressants
1. http://www.geocities.com/aycribb Consultez le profil de André Yves Cribb, chercheur et consultant en administration rurale et agroindustrielle.
2. http://www.geocities.com/gifadbr Connaissez le GIFAD, une ONG dédiée à la promotion du développement local, intégré et durable.
3. http://www.geocities.com/pub1haiti/index.html Réfléchissez sur les conditions de la disponibilité et de l'accessibilité alimentaire en Haïti.
4. http://www.fao.org Visitez le site de la FAO, Organisation des Nations-Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture.
5. http://www.cgiar.org/isnar Consultez le site de l'ISNAR, Service International pour la Recherche Agricole Nationale.
6. http://www.ifpri.org Consultez le site de l'IFPRI, Institut de Recherche de Politique Alimentaire Internationale.
7. http://www.geocities.com/pub1haiti/listepub.html Publications on-line du Dr. André Yves Cribb.