POLITIQUE DES PRIX AGRICOLES ET SÉCURITÉ ALIMENTAIRE
EN HAÏTI (1971-1986)

André Yves Cribb
Agronome-Économiste
M.Sc., Développement Agricole
D.Sc., Ingénierie de Production
GIFAD, Rio de Janeiro, RJ, Brésil
http://www.geocities.com/aycribb


Livre édité en 1997 aux Éditions AREYTOS et en vente aux principales librairies de Port-au-Prince

Bienvenue Counter Email
topica
Inscription à la Mailing List Email Gratuit Autres publications

CHAPITRE II

LES DÉTERMINANTS DE LA POLITIQUE DES PRIX AGRICOLES

 

Introduction

Selon certains observateurs, le marché des aliments produits en Haïti serait libre de toute intervention de l'État et, par conséquent, les prix de ceux-ci se formeraient en fonction de la loi de l'offre et de la demande. C'est en ce sens que ANGLADE (1977: 78) affirme:

"Le commerce des vivres donne lieu, (...) à d'intenses marchandages, de longues discussions, pour le choix des 'mesures' et la fixation d'un prix qui varie à chaque saison, dans chaque région et chaque année".

Mais, il ne faut pas se laisser perdre dans ce que GIRAULT appelle "l'illusion de la concurrence". Pour expliquer sa position, il s'exprime en ces termes:

"Nous pensons que l'impression de concurrence provient du fait que sur les places de marchés et même en dehors des marchés, un très grand nombre d'agents économiques (en l'occurence les femmes) sont présents et engagés dans des transactions. Le spectacle des marchés haïtiens, avec leurs foules et leurs innombrables éventaires, passionne les observateurs, anthropologues ou non. Il constitue même un point d'attraction pour les touristes".

En réalité, l'évolution des prix agricoles en Haïti durant la période 1971-1986 était maîtrisée à l'aide d'interventions diverses1 telles que le contrôle des prix, l'imposition de quotas et de taxes. Ces mesures atteignaient toutes les catégories de produits: produits externes importés, produits internes exportés et produits internes consommés dans le pays.

D'abord, les produits externes importés, comme le sucre, la blé, la farine de blé, le lait, les huiles végétales, etc., ont été frappés de restrictions à travers l'imposition de quotas d'importation jusqu'en 1986. En plus de cela, ont été établis des monopoles d'importations de ces biens auxquels, en réalité, seuls les membres de la clique au pouvoir avaient accès. De tels produits ont été aussi l'objet d'incessantes fixations de prix.

Ensuite, les produits internes exportés, tels que le café, le cacao, le sisal, le coton et les huiles essentielles, ont été classés parmi les principaux biens qui devaient garantir les revenus publics. À cet effet, des taxes, volumineuses en certains cas, ont été fixées sur ces produits. En particulier, le café, produit le plus important en quantité des exportations agricoles, fut frappé d'une taxe d'exportation de 26% qui durait jusqu'en 1984. En raison des spécificités du marché du café dans lequel le prix était toujours négocié au niveau international, une telle taxe n'a pas théoriquement eu d'influence sur les dépenses des consommateurs étrangers mais bien sur les revenus des producteurs ou des exportateurs.

Enfin, quant aux produits internes consommés dans le pays - comme le mais, le riz, le sorgho, le manioc, la patate douce, les fruits et légumes, etc. - ils ont été, durant les débuts de la décade 70, frappés de taxes fiscales au moment de leur vente. De telles taxes ont été considérées comme des droits d'entrée aux marchés urbains et ruraux. Cette fiscalité a été officiellement abolie par décret du 11 septembre 1974 puisque: "divers travaux avaient montré le peu d'efficience de ce système de taxes vis-à-vis duquel les parades des paysans et marchandes étaient nombreuses et dont les recettes échappaient en grande partie aux caisses de l'État" (SACAD & FAMV, 1993, t.2: 121).

Cependant, des impositions occultes ont persisté (ANGLADE, 1977: 77). Et - chose curieuse - ces droits d'entrée ont été de nouveau officiellement perçus à partir de 1982 (SACAD & FAMV, idem).

Somme toute, la politique des prix agricoles, adoptée en Haïti durant la période 1971-1986, a été directe2. À notre connaissance, elle ne contenait aucune mesure liée au change monétaire3. Quel a été le contexte qui favorisait l'émergence de cette politique?

La réponse à cette question constitue l'objet de ce chapitre qui présente la forme dictatoriale de l'État, les difficultés d'expression des agents économiques et la dépendance du pays à l'égard de l'extérieur.

2.1. La gabegie politico-administrative

Durant la période 1971-1986, le niveau économique de la majorité de la population haïtienne se dégradait suivant un processus continu et à un rythme régulier. De 48% en 1976, le pourcentage de la population vivant dans la pauvreté absolue a évolué à 68% en 1980 pour atteindre 75% en 1982 (GRAMIR, 1989:42).

Une telle observation suscite une double hypothèse: l'expansion progressive de la pauvreté serait-elle due à une diminution du PIB réel et/ou à un accroissement de la population?

L'économie haïtienne a connu une performance relativement encourageante durant cette période4. Il est donc impossible d'associer la paupérisation continue de la population à la diminution de l'ensemble des biens et services produits à l'intérieur du pays. Et alors, serait-ce l'accroissement de la population?

Il est vrai que, historiquement, l'évolution démographique d'Haïti se révèle un cuisant problème que personne ne peut ignorer. D'environ trois millions d'habitants en 1950, la population haïtienne est passée à près de six millions, soit le double. Avec une population si nombreuse, correspondant à environ 200 habitants au kilomètre carré, Haïti est devenue le pays d'Amérique ayant la plus forte densité démographique5.

Il est évidemment difficile pour un pays - avec le niveau de croissance que Haïti a connu durant la période 1971-1986 - d'arriver à satisfaire adéquatement aux besoins de tous ses habitants. Mais le problème, que nous sommes en train de poser, est différent. Nous ne prétendons pas montrer que le PIB suffisait aux nécessités annuelles du pays; il s'agit de préférence de voir si l'aggravation de la pauvreté pendant la période sus-citée a été due à l'augmentation de la population enregistrée durant cette même période.

Nous avons vu dans le CHAPITRE I que le taux annuel de croissance démographique était de 1,4% tandis que celui du PIB réel atteignait les 2,6%. Théoriquement, en raison de la supériorité du taux de croissance du PIB sur celui de la population, le revenu per capita devait s'améliorer. Mais, la situation était nettement différente. Le niveau de vie se dégradait et, plus particulièrement, le pourcentage de personnes vivant dans la pauvreté absolue augmentait.

En ce sens, il n'est pas possible d'accuser la croissance démographique comme responsable de la paupérisation continue de la société haïtienne. Il est nécessaire de formuler d'autres hypothèses. C'est pourquoi nous estimons important de questionner les relations qui se développaient entre les membres de cette société.

2.1.1. Le comportement antipopulaire6

Le pouvoir politique était sous le contrôle d'une minorité7 qui maintenait une dictature déjà établie depuis le début des années 60. À l'exception de quelques familles constituant la clique dirigeante, personne n'avait le droit de participer à la gestion de la chose publique. Tous les collaborateurs étaient des connus du président et détenaient une ample autorité sur le reste de la population.

Sur le plan politique, le gouvernement exerçait la répression antipopulaire. Ses pratiques favorites étaient non seulement les menaces et la violence mais aussi l'action légale8. Les députés étaient élus dans des élections dont les résultats avaient été préalablement établis par le président. Les institutions religieuses telles que l'Église Catholique, les sectes protestants et le vodou étaient utilisés pour consolider les assises de la clique au pouvoir.

Une telle situation durait jusqu'à la fin des années 70. Mais, dès le début de la décade 80 - avec l'émancipation croissante de la majorité des radios et l'orientation nouvelle de l'Église Catholique - a commencé à naître le mouvement social qui allait aboutir en 1986 à la chute de ce gouvernement.

En systématisant le crime pour se maintenir au pouvoir, le gouvernement dressait "l'État contre la Nation". Sa violence "s'est caractérisée par une infraction systématique des codes traditionnels" (TROUILLOT, 1986: 178)9. Bref, le régime en vigueur était une dictature extraordinaire.

À côté des pratiques répressives, le gouvernement ne paraissait s'engager à aucun programme inscrit dans le cadre du bien-être de la population. Au contraire, ses actions étaient généralement conçues et exécutées de façon à approfondir l'abîme social et économique entre la minorité privilégiée et la majorité négligée. En ce sens, LUNDAHL (1992: 303) apporte les précisions suivantes:

"... le pouvoir politique a été utilisé pour poursuivre des buts personnels, notamment la richesse et la sécurité des groupes dirigeants Ce type de régime doit être analysé en termes du concept d'un État prédateur. Naturellement convaincu, comme l'enseigne la théorie conventionnelle de planification, que l'État sert de véhicule pour le développement, ils sont enclins à produire des conclusions erronées et à formuler des recommandations de politique qui sont complètement injustifiées"10.

L'État, réduit au chef du gouvernement, se souciait peu du bien-être de la population. Sa politique était celle de créer des profits dont il s'est approprié pour se rançonner lui-même, sa clique et ses parasites les plus zélés. En ce sens, son objectif principal était la maximisation de sa richesse en monopolisant les meilleures opportunités économiques. Son outil preféré était la taxation.

DELATOUR (1991: 1) met en relief, parmi les causes des problèmes économiques connus par la société haïtienne durant cette période, la course effrénée vers "l'enrichissement illicite de la clique au pouvoir". Il informe également que:

"les Autorités ont adopté une stratégie de mobilisation de revenus basée sur l'augmentation des taux de taxation et l'introduction de nouvelles taxes comme la TCA (Taxe sur le Chiffre d'Affaires)" (Ibidem: 38).

La conclusion n'est-elle pas claire? Que penser d'un État deshonnête qui est en train de multiplier des moyens pour augmenter ses revenus?

À côté de tout cela, l'État était "le plus gros propriétaire" de terres (IRAM, 1990: 2) et également "propriétaire d'une douzaine d'entreprises" industrielles, agro-industrielles et de services (DELATOUR, 1991: 46).

En somme, l'État haïtien de la période 1971-1986 s'est révélé une entité organisée de façon à maintenir la grande majorité de la population dans la misère. Quel contraste avec les promesses du gouvernement lors de la prise du pouvoir en 1971! Cet État a été contrôlé par une clique qui a su utiliser toutes ses forces pour assurer la domination et l'exploitation des autres catégories sociales.

2.1.2. La centralisation des décisions

Le régime oppressif en vigueur durant la période 1971-1986 a favorisé l'exercice de pratiques qui transgressaient tout principe démocratique de l'administration. De telles pratiques ont traduit la conception de l'élite politique qui considérait l'État comme seul capable de résoudre tous les problèmes du pays. Avec cette vision, les dirigeants ont pensé qu'ils étaient les porte-paroles naturels de toutes les couches sociales d'Haïti et que leurs acquis intellectuels suffisaient à l'agencement socio-politique. L'État était alors entendu comme centre unique de contrôle du territoire et de la population.

En effet, toutes les décisions relatives au fonctionnement de la société étaient essentiellement prises par les dirigeants et transmises aux collectivités concernées. Tout citoyen, qui n'a pas été membre de la clique au pouvoir, n'avait guère d'influence sur les affaires publiques.

En ce sens, la grande masse de la population était en quelque sorte négligée dans tout processus de décision. Acharné à garder coûte que coûte le pouvoir, le gouvernement ne se résolvait à admettre la participacion collective. Sa toute-puissance se faisait sentir dans tous les aspects politiques et administratifs.

L'évolution de son comportement est marquée de deux périodes: celle du maintien assoupli du durcissement hérité coincidant avec la décade 70 et celle de tentative de relâchement contrôlé initié à partir de 1980. En effet, pendant toute la décade 70, aucune voix opposée à celle du gouvernement ne pouvait se faire entendre. Le multipartisme politique n'existait pas. Cette situation a duré jusqu'au début de la décade 80 quand - sous la pression des EUA qui initiaient le Programme International de Défense des Droits Humains - le gouvernement commeçait à faire des concessions. Alors surgissaient quelques mouvements politiques opposés à ses vues et objectifs. À cette époque, apparaissait également la loi instituant la décentralisation comme mode de gestion des affaires publiques.

Malgré tout, rien n'a changé dans la réalité. Des opposants politiques étaient violemment et mortellement poursuivis. Les pouvoirs de l'État restaient concentrés aux mains d'une minorité. Les recettes des administrations locales étaient transmises aux organes centraux. La réalisation d'un projet, si simple fût-elle, exigeait l'approbation de plusieurs fonctionnaires de l'administration centrale qui, d'ailleurs, était la seule légalement compétente à manipuler les budgets.

Les pratiques centralisatrices du gouvernement se manifestaient également à travers ses contacts avec les collectivités tant rurales qu'urbaines. Le gouvernement ne travaillait pas en collaboration avec les institutions établies sous l'initiative des collectivités locales. Il préférait soit créer sa propre institution avec quelques proches du pouvoir soit travailler directement avec les populations concernées. Un tel comportement s'inscrivait dans le cadre des stratégies d'auto-affirmation et d'imposition vis-à-vis des bénéficiaires. Ainsi, se concrétisait dans la pratique "la théorie de l'État-Père", véhiculée par l'élite politique11.

Cette conception paternaliste de l'État a inhibé toute initiative privée qui s'assimilerait à une forme de concurrence. Hypnotisés par leurs intérêts personnels, les dirigeants ont créé un environnement instable qui affaiblissait l'économie (DELATOUR, 1991: 15).

Également, la présence du gouvernement était considérablement marquante dans des programmes de développement local ou régional. Malgré la destination de ceux-ci à des collectiviés bien déterminées, leur gestion effective demeurait aux mains des fonctionnaires de l'administration centrale. Les recrutements d'employés dans le cadre de tels programmes étaient généralement faits sur recommendation des autorités centrales. De plus, le choix des lieux devant bénéficier d'un projet de développement était souvent le résultat d'influences politiques. Autrement dit, les fonctionnaires, mieux placés au sein du pouvoir, canalisaient les fonds disponibles vers des localités choisies en fonction des critères politiques.

Le gouvernement parvenait ainsi à étendre ses tentacules sur les facettes de la société. Son comportement traduisait la primauté historique de l'État en Haïti. Son pouvoir s'accroissait à un point tel que même les fonctionnaires les plus qualifiés n'étaient épargnées de ses réctions brutales.

"La toute-puissance de l'État sur le marché de l'emploi, renforçait le contrôle de l'Exécutif sur les populations urbaines, agrandissant démesurément l'impact de la politique sur leur existence quotidienne. Les professionnels les plus qualifiés, et qui, en d'autres circonstances, n'auraient rien demandé de plus que d'exercer leurs professions, devaient passer cette initiation forcée à la politique de basse-cour" (TROUILLOT, 1986:103).

Par ailleurs, les projets de développement local étaient conçus et implantés par l'administration central, malgré l'hétérogénéité des conditions naturelles des localités et la diversité des problèmes des collectivités.

En fait, qu'en était-il de la décentralisation initiée au début de la décade 80?

L'idée de décentraliser le système d'administration, dont la loi a été promulguée en 1982, ne parvenait pas à se concrétiser complètement. Le rapprochement entre le gouvernement et le peuple était loin de se manifester dans la mesure où on l'avait espéré. Il s'agissait d'un simple déplacement de quelques fonctionnaires bien formés de la capitale vers les sièges des nouvelles institutions régionales. Dans la pratique, la décentralisation ne fournissait pas aux citoyens l'occasion de participer aux processus de conception, de gestion et d'évaluation des projets et des activités régulières du gouvernement.

L'élite dirigeante planait au-dessus de tout. Elle distribuait des faveurs et cadeaux selon ses propres caprices. Elle récompensait tout individu qui a fait preuve d'allégeance à son égard. Et,

"quand les fonds de l'État ne suffisaient pas, l'allégeance elle-même donnait au valet le droit de tirer son surplus comme bon lui semblait" (TROUILLOT, 1986: 164).

La politique paternaliste de l'État a conduit à la croissance de la fonction publique. Cette croissance a été telle qu'il ne restait "pratiquement pas de ressources pour faire face aux autres dépenses de gestion ou de développement". De 1978 à 1986, le taux moyen annuel de croissance du nombre de fonctionnaires a été de 5%. De même, "la proportion de la masse salariale dans la demande publique a doublé, passant de 18% en 1978 à 36%" au milieu de la décade 80. Toutefois, l'essentiel du problème ne résidait pas spécifiquement dans la croissance même de la fonction publique mais dans la forme selon laquelle elle s'est concrétisée. L'intervention du secteur public était forte là où elle devrait être modérée et faible là où elle devrait être abondante. En fait, les dépenses de l'État n'était pas excessives; mais elles étaient mal réparties (DELATOUR, 1991: 31 et 47).

2.2. La dislocation entre les secteurs public et privé

La centralisation de l'État a créé une ambiance hostile à la création et à l'expansion de mouvements collectifs. Elle a influencé négativement l'esprit d'initiative privée dans le cadre du processus de croissance économique et de développement du pays. Elle a paralysé et même empêché le fonctionnement non seulement des partis politiques mais aussi des groupes de pression.

Avant d'analyser les processus et les modalités de défense des intérêts économiques, nous allons indiquer en quoi le groupe de pression se différencie du parti politique.

Pasquino définit le groupe de pression en ces termes:

"un ensemble d'individus qui unis par des motivations communes cherchent, à travers de l'usage de sanctions ou de la menace d'usage de celles-ci, à influencer les décisions qui sont prises par le pouvoir politique, soit afin de changer la distribution prédominante de biens et services, honneurs et opportunités, soit afin de la conserver face aux menaces d'intervention d'autres groupes ou du propre pouvoir politique".(PASQUINO, 1984: 18)12.

D'après cette définition, il est délicat de relever les différences qui existent entre le groupe de pression et le parti politique13, puisque celui-ci également remplit des fonctions de médiation entre la société et le gouvernement, de participation politique, d'intégration sociale et de protection d'intérêts économiques. Toutefois, il est possible d'indiquer, comme le rappelle PASQUINO (1984: 19),

"au moins trois fonctions qui sont développées seulement par les partis mais non par les groupes de pression: la fonction de compétition électorale, la fonction de gestion directe du pouvoir et peut-être la fonction d'expression démocratique".

Par conséquent, nous considérons comme groupe de pression tout ensemble d'individus qui, unis par des motivations autres que directement politiques, poursuivent des intérêts non seulement économiques mais aussi sociaux et culturels.

En fait, les groupes de pression sont régis par un ensemble de règles qui définissent ses objectifs et son mode de fonctionnement. Ils poursuivent très souvent des intérêts économiques spécifiques; mais ils peuvent être également à la recherche d'autres intérêts comme une alimentation saine, un environnement salubre, etc.

Une fois établie cette distinction qui laisse apparaître en quelque sorte la nature et la finalité des groupes de pression, l'essentiel est de se rappeler que ceux-ci se révèlent généralement des acteurs collectifs influents dans tout processus d'étude et de mise en vigueur de politiques économiques. Alors qu'entend-on par acteur collectif?

PETIT (1989), reconaissant la nécessité pour les agents économiques de se grouper pour exercer une influence significative particulièrement dans le champ de la politique agricole, définit l'acteur collectif comme:

"un groupe d'individus dont les actions sont coordonnées parce qu'ils appartiennent à une même organisation, c'est-à-dire, leur rôle est de contribuer, d'une manière pré-établie, aux objectifs poursuivis par l'organisation à laquelle ils appartiennent".

En vertu de cette définition, il parvient à classifier les acteurs collectifs en deux catégories:

"ceux qui poursuivent des intérêts spécifiques, relativement étroits, très souvent de nature économique, et ceux qui font partie des autorités publiques."

En d'autres termes il distingue deux secteurs: le privé et le public.

Malgré ses limitations dues principalement à ce qu'elle ne prend pas en considération l'émergence fréquente de clusters of power (OGDEN, 1972)14, cette classification peut aider considérablement à mieux comprendre les relations entre les agents économiques concernés par la politique des prix agricoles, mise en vigueur en Haïti pendant la période en étude.

En Haïti, comme dans tout pays capitaliste, il a été toujours possible de distinguer les deux secteurs économiques. Mais la particularité haïtienne a été le fait que le secteur public était confondu avec le gouvernement ou, plus précisément, avec la clique au pouvoir. En fait, les institutions et entreprises publiques ont fonctionné essentiellement de façon à garantir l'enrichessement des familles qui dirigeaient le pays. Les fonctionnaires de l'État ont été portés à entreprendre des interventions supposées favorables, avant tout, aux intérêts du chef de l'Exécutif.

Une telle situation n'a pas été nouvelle dans l'histoire d'Haïti. Parlant de l'attitude traditionnelle des fonctionnaires publics vis-à-vis des règles de la Toute-Puissance de l'Exécutif, TROUILLOT (1986: 103) affirme à juste titre qu'elle entrait dans le cadre du "dogme de l'obéissance passive" toujours en vigueur en Haïti.

Nous ne voulons pas dire par là que les fonctionnaires auraient dû se pencher coûte que coûte en faveur d'un ou des groupes influents du secteur privé. Mais, nous voulons souligner le fait qu'ils ont été bien loin de servir les intérêts de la nation. En effet, les employés de l'État étaient des serviteurs politiques de l'Exécutif; ils demeuraient soumis passivement au régime gouvernemental.

Or, tout fonctionnaire public, comme d'ailleurs tout individu responsable, est appelé à respecter l'éthique professionnelle. L'agronome sait que son rôle est de travailler à la promotion du secteur agricole. Le directeur du budget a comme préoccupation de maintenir l'équilibre entre les recettes et les dépenses budgétaires.

Malheureusement, le fonctionnaire public haïtien n'arrivait pas à sauvegarder tous les principes de sa profession. Sa marge de manoeuvre a été excessivement réduite puisque le gouvernement, avec sa volonté de tout contrôler, brisait "la hiérarchisation interne des institutions aussi bien que la hiérarchie (ou la balance de pouvoir) traditionnelle entre diverses institutions" (TROUILLOT, 1986: 186).

Quant au secteur privé, il pataugeait, en grande partie, dans l'inorganisation. Les grandes masses d'ouvriers et de paysans n'avaient pas le droit de se regrouper pour défendre leurs intérêts économiques. Si elles s'intégraient dans une organisation, elles le faisaient pour se protéger des exagérations du gouvernement et cette organisation ne pouvait être qu'une branche du pouvoir politique. C'est pourquoi il n'y avait pas de syndicats d'ouvriers et de groupes de pression paysans en activité ouverte.

Les deux types d'organisations économiques, fonctionnant ouvertement au sein des masses populaires, étaient les associations de travail agricole et les coopératives.

Les associations de travail étaient essentiellement rencontrées dans le milieu rural15. Elles avaient pour objectif d'aider leurs membres à faire face aux multiples travaux que nécessitaient les productions agricoles. En période d'intensives activités, chacun des participants d'une association bénéficiait de la force de travail de ses partenaires suivant un calendrier co-établi.

Les coopératives16 étaient formées non seulement dans le milieu rural mais aussi dans le milieu urbain. Elles s'occupaient principalement de la gestion de crédit, d'activités de consommation ou de commercialisation.

L'essentiel pour nous est de rappeler que ces organisations n'étaient pas en mesure d'influencer les politiques publiques. Cette incompétence n'était pas due seulement à leur bas niveau économique mais surtout à la nature répressive du pouvoir politique.

D'ailleurs, même la bourgeoisie, en tant que catégorie sociale, n'avait d'influence collective sur les décisions du gouvernement. Si des bourgeois ont bénéficié d'un certain privilège, c'était surtout de façon individuelle et en échange d'une aide matérielle, financière ou intellectuelle.

Dans de telles circonstances, les relations entre les secteurs public et privé ne pouvaient être développées sur une base légale et également accessible à n'importe quel membre de la société. Le mode de régulation du bureaucratisme subséquent était imprégné des principes du clientélisme. En d'autres termes, l'accès aux services publics était conditionné par la proximité ou l'appartenance à la clique au pouvoir. La fourniture de services adéquats aux nécessités des citoyens n'était pas considérée comme un devoir mais comme une faveur de l'État.

2.3. La dépendance économique vis-à-vis de l'éxtérieur

L'observation des indicateurs, relatifs à l'insertion internationale d'Haïti17, montre clairement que l'économie haïtienne est ouverte. Mais la forme, selon laquelle ont été exposés de tels indicateurs, ne permet pas d'appréhender le degré de domination ou d'exploitation subie par ce pays.

L'étude des relations économiques développées entre Haïti et le reste du monde peut être réalisée sur le plan tant commercial que financier.

2.3.1. La domination commerciale

L'influence asymétrique, subie par l'économie haïtienne durant la période 1971-1986, s'est manifestée de façon évidente dans les flux de marchandises que celle-ci échangeait avec le reste du monde. En d'autres termes, les caractéristiques des exportations et des importations, réalisées par Haïti au cours de cette période, ont grandement revélé sa position discriminée dans le système économique international.

En effet, les exportations ont été effectuées sous les traits d'une évidente dépendance, manifestée à travers leur diversification, leur structure et leur orientation géographique.

Historiquement, les exportations haïtiennes ont été toujours peu diversifiées (ANGLADE, 1981 et LUNDAHL, 1992). Elles se reposaient sur un nombre très restreint de marchandises produites par l'agriculture ou l'industrie.

Tableau 06. Composition des exportations haïtiennes
(pourcentage des exportations totales)

  1971 1974 1977 1980 1983 1984 1985
AGRICULTURE

     - Café
     - Cacao
     - Mélasse
     - Sisal
     - Huiles essentielles

 

41,4
 1,1
 0,9
 1,7
 6,4

 

33,6
 1,7
 1,6
 6,5
 9,1

 

44,4
 2,9
 0,3
 0,7
 4,5

 

40,2
 2,0
 0,9
 0,7
 2,4

 

34,8
 3,1
 0,4
 0,1
 5,1

 

28,1
 2,8
 0,2
 0,1
 3,4

 

28,4
 4,0
 0,1
 0,2
 2,6

MINES

     - Bauxite

 

13,6

 

13,4

 

12,1

 

8,7

 

-

 

-

 

-

Manufactures *

-

-

20,8

31,6

51,5

54,3

58,3

AUTRES

-

-

13,9

9,7

-

-

-

Source: Pour l'agriculture et les mines, voir LUNDAHL (1992:79). Pour les MANUFACTURES, voir CORTEN (1989: 234). Pour les AUTRES, il s'agit de nos calculs.
* Ce sont les exportations des Zones Franches Industrielles.

Cette caractéristique de l'économie haïtienne, observée d'ailleurs dans tous les pays sous-développés, s'est grandement manifestée au cours de la période 1971-1986. Jusqu'en 1980, c'était l'agriculture qui dominait les exportations avec une part moyenne annuelle d'environ 50%; mais immédiatement après cette année, la structure des exportations passait à être dominée par les manufactures fournissant une part moyenne annuelle d'environ 55%. On s'en rend rapidement compte en comparant les exportations totales de 1985 avec celles de 1980 (Tableau 06).

Le manque de diversification des exportations a considérablement réduit la marge de manoeuvre d'Haïti dans le commerce international. La forte contribution de l'agriculture pendant la décade 70 ne garantissait pas des bénéfices économiques en raison des conditions de production aléatoires, de la concurrence commerciale et de la détérioration des termes de l'échange international au détriment des pays sous-développés. De même la prédominance des biens manufacturés, observée après 1980, n'amélioraient guère les chances d'autodécision de l'économie haïtienne parce que la quasi-totalité des capitaux investis dans cette branche d'activités était d'origine étrangère (PIERRE-CHARLES, s.d.: 30).

Une remarque importante à l'appréhension du degré de dépendance en termes de débouchés est la part des exportations par rapport aux productions.

Les pourcentages moyens annuels d'exportation des principaux produits agricoles par rapport à leurs productions respectives ont été les suivants:

- pendant la décade 70, 59% pour le café et 56% pour le cacao;

- pendant la première moitié de la décade 80, 52% pour le café et 60% pour le cacao.

La totalité de la production de la bauxite a été toujours exportée depuis l'ouverture des activités de son exploitation en 1957 jusqu'à leur fermeture en 198318.

Dans une certaine mesure, il en a été de même des biens manufacturés. La partie de la production consommée en Haïti a été négligeable par rapport à celle exportée. En fait, si ont existé quelques entreprises agro-industrielles travaillant pour le marché local (PNUD, 1992: 17), toutes les usines d'assemblage produisaient "exclusivement pour le marché étranger" (PIERRE-CHARLES, s.d.: 30).

Ainsi il apparait clair que la production de ces biens (agricole, minéral et manufacturé) dépendait en grande partie du marché international de chacun d'eux. Alors, une manoeuvre discriminatoire des puissances étrangères ou des multinationales au niveau du circuit commercial du café ou des biens manufacturés par exemple, pouvait porter des préjudices extrêmement considérables à l'économie haïtienne.

À côté du manque de diversification des exportations et de leurs fortes proportions par rapport aux productions dans les cas de nombreux biens, leur destination géographique constituait également un indicateur important de la domination commerciale subie par Haïti.

Les exportations haïtiennes ont été quasi-totalement orientées vers les pays développés suivants: EUA, France, Italie, Belgique, Hollande, Canada, Angleterre, Allemagne et Espagne. En moyenne, les exportations haïtiennes de marchandises ont été annuellement réparties de la façon suivante: 97% vers les pays industrialisés et 3% vers les pays en développement.

Malgré ce nombre relativement considérable de destinataires, la répartition des exportations a été grandement inégale puisque celles-ci étaient concentrées en direction des EUA. Les pourcentages moyens annuels des exportations, qui ont été écoulés sur le marché américain à partir de 1976 jusqu'à 1981, étaient les suivants: 22% pour le café, 88% pour le cacao, 77% pour les huiles essentielles, 100% pour la bauxite, etc.. Quant aux biens manufacturés ou produits des industries d'assemblage, ils ont fait l'objet d'une destination en quelque sorte identique:

"Dans la majorité absolue des cas, les firmes haïtiennes dépendent de contrats avec les firmes-mères américaines pour vendre. Ceci rend la production haïtienne dépendante de ce qui arrive sur le marché américain" (LUNDAHL, 1992: 411).

La dépendance commerciale existaient non seulement au niveau des exportations. Elle se manifestait également au niveau des importations notamment à travers l'approvisionnement alimentaire et l'investissement intérieur.

L'approvisionnement alimentaire a été déterminante dans l'économie haïtienne. En fait, les importations de produits alimentaires ont crû considérablement: les augmentations des ventes de farine importée sont passées de 4% par an au début de la décade 70 à 12% en 1982 (FASS, 1988)19.

En vertu du fait que l'approvisionnement et la consommation des aliments méritent une analyse détaillée et spécifique, ils seront étudiés spécialement dans le prochain chapitre dont l'objet est effectivement de présenter la situation alimentaire. Maintenant, nous allons évoquer seulement les aspects liés à l'investissement intérieur.

La part des importations de matières premières destinées aux manufactures, de machines et équipements de transport dans le total des importations passe de 58% en 1982 à 80% en 198620. Cette situation a résulté de la politique économique qui privilégiait la promotion des activités industrielles.

En effet, la stratégie de relance économique, poursuivie à cette époque, a présenté deux dimensions: d'un côté, certains bourgeois haïtiens ainsi que le gouvernement investissaient dans les entreprises de substitution à l'importation; de l'autre côté, des entrepreneurs, surtout d'origine étrangère, faisaient des investissements dans les industries d'assemblage.

La première catégorie d'entreprises produisait exclusivement pour le marché local. Elle fournissait des produits tels que:

"savon, détergents, ciment pour souliers, ustensiles domestiques en plastique et en métal, barres de fer etfeuilles de tôle ondulée, tissus, papier, huile de cuisine, farine, lait, allumettes, pâte de tomate, cigarettes, boissons non-alcooliques, bière..." (FASS, 1988)21.

Malheureusement, ses résultats globaux étaient décevants car:

"au début des années 80, l'industrie manufacturière de substitution à l'importation était en train de subir un déclin" (LUNDAHL, 1992: 408).

Au contraire, la deuxième catégorie réussissait à s'imposer. De 1971 à 1986, "quelques 300 entreprises de fabrication de jouets, vêtements et d'articles électroniques ont été installées, créant environ 40000 nouveaux emplois" (PIERRE-CHARLES, s.d.: 31). En ce sens, durant la première moitié de la décade 80, cette branche d'activité à occuper un espace relativement large dans l'économie haïtienne. Son expansion ne faisait que renforcer la dépendance du pays vis-à-vis de l'extéreur. En effet, les matières premières utilisées dans ces industries ont été importées de pays étrangers; seule la force de travail a été d'origine domestique. Les profits ont été drainés vers l'extérieur et, par conséquent, n'ont pas été réinvestis à l'intérieur d'Haïti. En dehors de tout cela, les services commerciaux de ces industries ont été généralement dépourvus d'autonomie (LUNDAHL, 1992: 411).

En réalité, cette branche d'activités, la plus dynamique durant la période en étude, fonctionnait sous la tutelle des EUA. Elle recevait environ 90% des investissements faits par les entrepreneurs américains en Haïti y étaient placés. Les bénéfices obtenus par ceux-ci à travers des entreprises d'assemblage installées en Haïti atteignaient 50 millions de dollars américains par an (PIERRE-CHARLES, s.d.: 32).

L'asymétrie dans les rapports entre l'économie d'Haïti et celles des pays développés (plus particulièrement celle des EUA) s'accentuait continuellement avec l'expansion de la dette publique qui n'a cessé de croître à cause de la permanence du déficit dans la balance commerciale. Par conséquent, les pulsations de l'économie haïtienne étaient en grande partie maîtrisées par les banquiers américains.

2.3.2. Le contrôle extérieur à travers l'aide au développement

De 1971 à 1986, Haïti a bénéficié de considérables apports de ressources sous formes de dons ou de prêts consentis à des conditions plus favorables que celles du marché. De telles ressources provenaient essentiellement soit d'agences officielles de développement (bilatérales ou multilatérales) soit d'organisations non-gouvernementales.

L'aide étrangère, interrompue dans les années 60, a été réinitiée à partir de 1971 et fortement amplifiée en 1975. De 1976 à 1984, le montant moyen annuel de l'aide était d'environ 90 millions de dollars américains. L'aide couvrait les deux tiers du budget public des dépenses de développement. Globalement, elle représentait 6% du PIB (CORTEN, 1989: 174).

En réalité, la portée de l'aide étrangère n'était pas uniquement humanitaire. Les modalités et processus d'utilisation des ressources disponibles prouvaient que l'autonomie totale n'a pas été agréée aux bénéficiaires, c'est-à-dire à l'État ou aux populations concernées. Dans le cadre des programmes de développement, la définition des stratégies fondamentales (telles que: la spécification des techniques, des machines et équipements, la désignation de leur origine ainsi que le choix des lieux d'intervention et des secteurs d'investissement) était généralement influencée sinon imposée par les organismes extérieurs.

Conclusion

Nous avons cherché à indiquer et à interpréter le contexte institutionnel qui a favorisé l'émergence de la politique des prix agricoles.

Pour cela, nous avons, en premier lieu, présenté les axes fondamentaux de cette politique caractérisée par de multiples interventions: restrictions d'importations par des pratiques de monopolisation, taxation généralement exorbitante des exportations, fixation de prix, taxation interne de produits alimentaires, etc. Cette politique a été donc constituée d'un ensemble d'instruments destinés essentiellement à extraire du secteur agricole les ressources dont il disposait puisqu'elle n'a prévu aucun programme de subventions en faveur des consommateurs ou des producteurs.

Nous avons ensuite analysé largement le comportement politico-administratif du gouvernement, la forme et la fonction de l'État ainsi que l'attitude des agents économiques et la place du pays dans le système économique mondial. Nous sommes arrivés à déceler l'existence d'une dislocation entre les secteurs public et privé en raison du régime de forte répression pratiqué par le gouvernement. Cette dislocation a amplifié la faiblesse de l'État qui se réduisait à la clique au pouvoir et qui, pour assurer sa survivance, était obligée de se comporter comme prédateur et de devenir de plus en plus asymétriquement dépendant à l'égard de l'extérieur.

Également, nous avons eu l'opportunité de comprendre que l'État haïtien n'était pas une entité exogène. Malgré sa forme totalitaire, le gouvernement avait des contraintes: il devait garantir les fonds nécessaires au maintien des structures de répression et respecter les intérêts des puissances internationales qui se sont en quelque sorte intégrées dans le processus d'accumulation économique du pays.

Toutefois, nous avons volontairement omis d'analyser les raisons qui motivaient l'adoption des différentes mesures incluses dans la politique des prix agricoles. Nous nous proposons de prendre en compte cet aspect, seulement après l'étude des conséquences de cette politique.

Pour cela, nous consacrons le prochain chapitre à l'étude de la situation alimentaire. Une telle approche nous permettra de comprendre non seulement les comportements des prix agricoles, de l'offre et de la demande des aliments mais aussi et surtout le fonctionnement même du système alimentaire haïtien. Particulièrement, elle nous aidera à découvrir les enjeux de la politique des prix agricoles.

NOTES

1 Les informations se trouvent dans IFAD & IICA (1991: 9-29) et dans LUNDAHL (1992: 405-406).

2 Voir, dans l'INTRODUCTION GÉNÉRALE (p.2), ce que l'on entend par "politique directe des prix agricoles".

3 Pour plus d'informations sur le comportement de la monnaie haïtienne, voir DELATOUR (1991: 21).

4 Voir, dans le CHAPITRE I, la section réservée à "la performance économique".

5 Voir, dans le CHAPITRE I, la section réservée à la "croissance démographique".

6 Nous préférons utiliser antipopulaire au lieu de autoritaire puisque, comme l'explique TOURAINE (1988: 383): "la notion d'autoritarisme suppose l'existence d'un État capable de diriger, par une sorte de populisme, à l'envers, le passage du passé à l'avenir; la notion de régime antipopulaire introduit l'idée beaucoup plus restrictive d'une réaction à un excès de demandes de participation". Citation traduite du portuguais en français par l'auteur.

7 Voir le CHAPITRE I dans la section réservée à "Stratification de la population urbaine".

8 Selon ses désirs, il inventait, d'un jour à l'autre, une loi pour surmonter un obstacle. D'ailleurs, c'est ainsi que le président, Jean-Claude Duvalier est arrivé au pouvoir à 18 ans d'âge. Son père, François Duvalier a dû abolir la loi antérieure qui prévoyait que tout président devait avoir au moins 40 ans.

9 Pour plus d'informations, voir le septième chapitre de TROUILLOT (1986).

10 Les citations de LUNDAHL et de FASS, inscrites dans ce chapitre, sont traduites de l'anglais en français par l'auteur.

11 Pour une critique de cette théorie, voir spécialement TROUILLOT (1986:28).

12 Les citations de PASQUINO et de PETIT, inscrites dans ce chapitre, sont traduites du portuguais en français par l'auteur.

13 Consulter PASQUINO (1984) pour un exposé bien détaillé sur la théorie des groupes.

14 Cité par PETIT (1989: 7); la référence est: OGDEN, Daniel M. (1972). "Outdoor recreation policy and politics". In, The political economy of environmental control. Ed. Anthony Downs, Joe S. Bain, and Warren F. Ilchman, 98-103. Institute of Business and Economic Research, University of California, s.d.

15 Pour un exposé succint et clair sur le travail agricole, voir spécialement ANGLADE (1977: 68-73).

16 Consulter LUNDAHL (1992: 370-383) pour un exposé instructif sur le mouvement coopératif en Haïti.

17 Voir les TABLEAUX 3, 4 et 5.

18 Pour les produits agricoles et la bauxite, voir LUNDAHL (1992: 75 - 109).

19 FASS, Simon M. (1988), Political Economy in Haïti: The Drama of Survival, New Brunswick, N.J. and Oxford. Cité par IRAM (1990: 15).

20 D'après les rapports annuels de la Banque Mondiale. Voir bibliographie: (BANCO MUNDIAL, 1987-1991).

21 FASS, Simon M. (Idem). Cité par LUNDAHL (1992: 407).




Sites intéressants
1. http://www.geocities.com/aycribb
Consultez le profil de André Yves Cribb, chercheur et consultant en administration rurale et agroindustrielle.
2. http://www.geocities.com/gifadbr

Connaissez le GIFAD, une ONG dédiée à la promotion du développement local, intégré et durable.

3. http://www.geocities.com/pub1haiti/index.html

Réfléchissez sur les conditions de la disponibilité et de l'accessibilité alimentaire en Haïti.

4. http://www.fao.org

Visitez le site de la FAO, Organisation des Nations-Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture.

5. http://www.cgiar.org/isnar

Consultez le site de l'ISNAR, Service International pour la Recherche Agricole Nationale.

6. http://www.ifpri.org

Consultez le site de l'IFPRI, Institut de Recherche de Politique Alimentaire Internationale.

7. http://www.geocities.com/pub1haiti/listepub.html

Publications on-line du Dr. André Yves Cribb.

Hosted by www.Geocities.ws

1