LA VULNERABILITÉ ALIMENTAIRE DES RURAUX HAÏTIENS:
UNE SITUATION PRÉOCCUPANTE

André Yves Cribb
Agronome-Économiste
M.Sc., Développement Agricole
D.Sc., Ingénierie de Production
GIFAD, Rio de Janeiro, RJ, Brésil
http://www.geocities.com/aycribb


Article publié en 1998 au Journal "Le Nouvelliste", No. 35402 du 23-25 janvier, pp.8 et 9

Bienvenue Email
topica
Inscription à la Mailing List À Bientôt Autres publications

Introduction

Des compatriotes haïtiens, tiraillés par la faim dans des zones économiquement défavorisées du pays, auraient mangé de la viande de chien! Telle peut être la description succinte d'un phénomène qui, durant le second trimestre de l'année dernière, faisait l'objet des principales nouvelles transmises par des journaux parlés, écrits et télévisés. Autour de ces nouvelles, s'est vite créé un débat animé et dominé par deux courants opposés. D'un côté, se trouvaient ceux qui accréditaient celles-ci et, en conséquence, exprimaient leur mécontentement face à un tel phénomène qu'ils considéraient comme conséquence de politiques publiques de paupérisation et de clochardisation. De l'autre côté, s'agitaient ceux qui voulaient faire croire à toutes les couches de la nation que ce phénomène n'était qu'une pure mise en scène politique.

À ce moment, j'étais en Haïti. J'y étais non seulement pour visiter mes parents et amis après des années d'intenses activités universitaires en terre étrangère mais aussi pour discuter, avec quelques professionnels engagés dans l'agro-alimentation, de la nécessité et de la possibilité du transfert international de biotechnologies aux pays latinoaméricains en général et à Haïti en particulier. Durant mon court séjour dans le pays, j'ai suivi avec attention ce débat et j'ai profité de cette occasion pour faire publier mon livre "Politique des prix agricoles et sécurité alimentaire en Haïti (1971-1986)" dont les exemplaires se trouvent maintenant dans les principales librairies de la capitale.

Ce débat a été mal orienté. On a centré les discussions sur la véracité ou fausseté de ces nouvelles comme s'il fallait encore prouver le délabrement alimentaire haïtien. Qui connaît n'importe quelle région du pays - en particulier le nord-ouest - n'a pluus bbesoin de preuves pour accepter qu'il existe des Haïtiens tout à fait déroutés par la faim.

En fait, le problème alimentaire n'a pas été débattu dans son essence. Les forces vives de la nation n'ont pas profité de cette occasion pour aller à la recherche d'explications et de solutions adéquates à ce problème qui s'enracine et s'impose de plus en plus dans le pays. On le considérait comme une question d'ordre conjoncturel: on s'est contenté de discours politiques et de distributions d'aliments. On n'a pas fait cas des facteurs structurels; on n'a pas tenté de répondre au moins à ces deux questions-clés: À quel point Haïti est alimentairement vulnérable? Comment s'exprime cette vulnérabilité dans le temps et dans l'espace?

Cet article n'a pas pour objectif de traiter des conditions d'alimentation et de nutrition de toutes les couches sociales de la nation. Il n'a pas non plus la prétention d'analyser tous les aspects du système alimentaire haïtien. Un diagnostic approfondi de la situation alimentaire du pays exigerait beaucoup plus de temps et de ressources. En ce sens, le présent travail ne cherche qu'à étudier des éléments qui justifient l'incontestabilité de la vulnérabilité alimentaire des ruraux haïtiens. Cette préoccupation date de 1993, année du début de mes recherches autour des effets de la politique des prix agricoles sur la sécurité alimentaire en Haïti. L'approche théorique adoptée permet de chercher des solutions au problème de la faim non seulement dans l'agriculture mais aussi dans d'autres secteurs et, par conséquent, d'interpréter les dynamiques manifestées à différents niveaux d'action économique et sociale.

1. La notion de vulnérabilité alimentaire

Le premier effort à faire pour bien appréhender la notion de vulnérabilité alimentaire est d'éviter de l'assimiler à celle de autosuffisance alimentaire ou de sécurité alimentaire. Alors que les deux dernières se réfèrent à la performance économique, la première correspond à la fragilité ou au manque de résistance face aux contraintes du système alimentaire. Toutefois, les trois se définissent basiquement autour d'un même concept qui est celui de "besoins alimentaires". D'après l'Organisation des Nations-Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) et l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les besoins individuels en aliments varient avec l'âge, le sexe, le poids corporel et le niveau d'activité physique. Par exemple, ils sont de 1900 calories par jour pour une femme de 18 à 30 ans, pesant 50 Kg et d'activité physique légère; tandis qu'ils s'élèvent à 3700 calories pour un homme de 70 kg, dans la même fourchette d'âge mais d'activité physique lourde. Malgré tout, on peut parvenir à déterminer une moyenne individuelle pour un pays. C'est ainsi qu'en 1990, la FAO a indiqué que le besoin moyen pour Haïti est de 2130 calories pour un niveau d'activité modérée (BRAUN et al., 1992; ALEXANDRATOS, 1993).

Comme définie dans des programmes nationaux de développement rural integré, notamment celui du Mexique adopté en 1985, l'autosuffisance alimentaire d'un pays signifie que celui-ci arrive à produire un gros pourcentage d'aliments de base - au moins 90% - afin de garantir la consommation interne, c'est-à-dire afin de satisfaire ses besoins minimums en calories. Ceux-ci sont définis par la demande potentielle qui est la somme des volumes des aliments de base nécessaires à la bonne alimentation des personnes de ce pays. Quand la majorité des familles ou des unités de production ne produit que pour répondre aux besoins alimentaires de leurs propres membres, on parle de subsistance alimentaire.

La sécurité alimentaire correspond à la capacité d'un pays à approvisionner régulièrement sa population en aliments nécessaires. Ceci peut être fait à partir de la production nationale et/ou d'importations de l'étranger. Dans ce dernier cas, la sécurité alimentaire n'est assurée que quand le pays a la capacité financière d'acheter sur le marché international ce qui manque à la production nationale en aliments de base requis par la population. Une famille a de la sécurité alimentaire quand elle a accès aux aliments nécessaires à une vie saine pour tous ses membres (aliments culturellement acceptables et adéquats en termes de qualité, quantité et garantie). Les objectifs de sécurité alimentaire consistent à assurer la production alimentaire adéquate, à atteindre le maximum de stabilité dans le flux de tels aliments et à garantir à tous l'accès aux aliments disponibles. En ce sens, la disponibilité des aliments et l'accès à ceux-ci sont deux déterminants essentiels de la sécurité alimentaire. Le premier n'implique pas automatiquement le second; l'aliment peut être disponible, mais une famille, pour des raisons d'ordre économique, peut ne pas y avoir accès.

Quant à la notion de vulnérabilité alimentaire, elle est un peu plus complexe. Ce n'est pas parce que une personne a plus d'aliments à sa disposition qu'elle est alimentairement moins vulnérable. Si elle reçoit ses aliments sous forme d'aide venant d'un autre pays, elle peut d'un jour à l'autre perdre le privilège d'en acquérir. En ce sens, la vulnérabilité n'est pas forcément en relation directe avec le niveau de pauvreté ou de prospérité d'une personne, d'une famille, d'un groupe social ou d'un pays. Elle traduit la fragilité ou le manque de résistance vis-à-vis des forces naturelles, politiques, économiques, sociales et culturelles, capables de se manifester tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'espace géographique considéré (BRAUN et al., 1992).

Il est clair qu'il y a des nuances entre ces trois concepts. Toutefois, chacun d'eux permet d'examiner, d'une manière ou d'une autre, l'état ou l'évolution de la situation alimentaire d'un pays. D'ailleurs, on peut les étudier en fonction des mêmes variables, à savoir: autonomie, stabilité et suffisance en aliments ainsi que justice sociale et conservation des ressources naturelles. Dans le cas de la vulnérabilité alimentaire, le résultat de l'examen de ces variables consiste en la détermination des risques encourus et des stratégies adoptées par la personne, la famille, le groupe social ou le pays en question.

2. Risques encourus par les ruraux haïtiens

Les ruraux haïtiens acquièrent les aliments de base à partir de ses propres productions, de dons en nature et/ou d'échanges. Par conséquent, la compréhension de leur vulnérabilité alimentaire exige un examen des risques qu'ils encourent au niveau de leurs capacités productives, de leurs possibilités de stockage, de leur pouvoir d'achat et de leur marge de manoeuvre sociale (CRIBB, 1997).

Les activités de production alimentaire des ruraux haïtiens sont exposées à beaucoup de risques. Le plus important de ceux-ci est le degré de sécurité par rapport à la tenure des terres. Beaucoup de paysans peuvent, à n'importe quel moment, être expulsés de leurs terres parce qu'ils n'ont pas de titres de propriété ou qu'ils sont fermiers ou métayers; ce qui diminue tout à fait la garantie de leurs investissements.

Un autre problème est que la majorité des exploitations agricoles se trouvent sur des terres non irriguées. Dans de telles exploitations, il existe une forte incertitude en ce qui concerne la satisfaction des besoins en eau des plantes; les expectatives des agriculteurs sont alors définies en fonction des caprices de la nature.

En plus de cela, même dans les systèmes irrigués, le paysan haïtien n'a pas suffisamment d'accès aux moyens (semences améliorées, fertilisants et pesticides) qui lui permettraient de faire face aux maladies des plantes et de lutter contre les insectes nuisibles. Ce problème se trouve également au niveau de l'élevage; il existe très peu de services vétérinaires. La carence d'encadrement technique est évidente. Dans de telles conditions, il se révèle difficile pour l'agriculteur de vaincre les obstacles liés au processus de production alimentaire. Les incertitudes relatives à la production de vivres alimentaires s'amplifient avec les possibilités annuelles de formation de cyclones, capables de causer des dégâts inoubliables.

Pour créer la possibilité d'obtenir des rendements agricoles relativement bons, le paysan s'expose à un autre risque: celui de lourdes dettes. Puisqu'il n'existe presque pas de services de crédit, il se trouve très souvent dans l'obligation de faire des emprunts, consentis à des taux courants de plus de 20% par mois. À cause d'un tel endettement et de la faible capitalisation de ses exploitations, il court le risque de ne pas avoir la chance d'être auto-suffisant.

Si, après toutes les soustractions et/ou pertes d'aliments découlant de ces problèmes, il lui reste une certaine quantité de ses productions, la préoccupation est maintenant de savoir quelles sont ses capacités d'en jouir à plus ou moins long terme. L'inefficacité des techniques de conservation utilisées par le paysan est évidente. La technologie de transformation alimentaire est très peu développée. Les pertes alimentaires sont annuellement estimées à environ 20% de la production des aliments. Elles proviennent généralement des détériorations, dues surtout à l'inefficacité des méthodes de conservation qui ne permettent pas un contrôle satisfaisant du taux d'humidité du milieu où sont emmagasinés les produits. Elles peuvent être également causées par les rats, les insectes et les oiseaux.

En ce sens, l'alimentation des paysans se trouve grandement menacée, surtout aux périodes de "soudure agricole". Une telle situation est aggravée par la faiblesse de leur pouvoir d'achat. Les pauvres ruraux, c'est-à-dire ceux qui, en moyenne, n'ont pas un revenu annuel supérieur à quarante dollars américains, représentent plus de 65% de la population du pays. Il leur est difficile de trouver des opportunités d'emplois à l'intérieur ou à l'extérieur des limites du système rural. Cette situation explique en partie pourquoi les salariés-agricoles, les petits ou moyens propriétaires se trouvent généralement en difficulté de mettre leurs enfants à l'école. Alors, ceux-ci sont utilisés pour produire des services domestiques et ne reçoivent pas une formation autre que les routines héritées de leurs parents. Par conséquent, ils sont appelés à répéter le même style de vie de ceux-ci et à s'exposer aux mêmes risques.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier les problèmes liés au manque d'encadrement médical du milieu rural. Par exemple, un mal aux dents, survenu au début de la période pluvieuse, peut faire perdre à un paysan des jours de travail et, par conséquent, nuire au déroulement normal de son programme de production alimentaire. En milieu rural, les conditions sanitaires laissent beaucoup à désirer. À peine 30% des ruraux ont accès à l'eau potable. À tout cela s'ajoutent des charges sociales et culturelles qui engendrent l'amplification des risques encourus. En effet, les exigences financières relatives à la scolarité des enfants portent beaucoup de ruraux à s'endetter ou à vendre une bonne partie des aliments stockés. De même, il n'est pas rare de voir un pauvre paysan acceptant de vendre une portion de terre pour financer les cérémonies d'enterrement d'un parent.

3. Stratégies adoptées par les ruraux haïtiens

Confrontés à de tels risques, les ruraux haïtiens ne se sont pas rendus. Pour y faire face, ils adoptent des stratégies très diversifiées dont quelques-unes vont être identifiées (CRIBB, 1997).

En ce qui concerne le manque de sécurité par rapport à la tenure des terres, les paysans préfèrent ne pas investir dans des travaux d'irrigation, de restauration et/ou de conservation des sols. Ils savent bien que la bonne qualité des terres peut attirer l'attention de «prétendus propriétaires terriens» et, en conséquence, provoquer la perte de leur droit d'exploitation de celles-ci.

En général, ils ne pratiquent pas des techniques de production coûteuses. Ils utilisent des semences provenant de la récolte antérieure. Pour le semis, ils utilisent une quantité de semences bien supérieure à celle recommandée puisqu'ils n'ont aucune certitude sur le taux de germination de celles-ci. Pour éviter des problèmes dûs au manque de fertilisants, ils laissent parfois les terres en jachères et ils pratiquent aussi des associations de cultures (pois congo et sorgho, par exemple). Ces dernières correspondent également à la stratégie de diversification des cultures dans le but d'avoir toujours quelque chose à manger.

Les ruraux recourent à la solidarité sociale pour faire face à des problèmes financiers. Ils créent des groupes ou coopératives d'épargne et de crédit et, surtout, organisent des associations de travail pour réaliser les opérations de semis, d'entretien des cultures et de récolte des produits.

L'agriculture locale n'est pas la seule activité des ruraux. L'artisanat, le commerce et le transport sont aussi des activités pratiquées par eux. On peut mentionner également les programmes d'intervention publique. De plus, ils vont souvent à la recherche du travail à l'extérieur de leurs localités natales. C'est dans ce but que beaucoup d'entre eux se rendent dans les grandes villes et d'autres s'embarquent dans de petits navires en direction de Miami.

En ce qui concerne le problème de manque de structures sanitaires, les ruraux ont recours à la médecine traditionnelle pour le traitement de certaines maladies. C'est grâce à leurs connaissances des qualités médicinales de certaines plantes qu'ils parviennent souvent à mettre fin à des souffrances physiques ou à sauver des vies.

Conclusion

Malgré tous les efforts déployés, les ruraux haïtiens n'arrivent pas à contrôler avec satisfaction les sources de risques liés au système alimentaire. Une stratégie adoptée pour résoudre un problème donné peut avoir des effets secondaires indésirables sur leur capacité de répondre à leurs besoins alimentaires. Il leur manque de "filets de protection", tels que: système de prix de vente subventionné, chantier de grands travaux à forte incorporation de main-d'oeuvre, crédit rural, programmes anti-pauvreté ou politique progressiste des prix agricoles. Dans une étude réalisée en 1994 dans la Vallée de l'Artibonite sur des systèmes irrigués et pluviaux, le géographe-économiste Doryane Kermel-Torrès et l'agronome Pierre-Jean Roca (1994) - tous deux, spécialistes du Centre National de Recherche Scientifique, une institution de la France - estiment que la proportion de ruraux haïtiens en situation potentielle de vulnérabilité est de l'ordre de: 70 à 80% dans le système rural pluvial et 20 à 35% dans le système rural à dominante irriguée.

Jusqu'à présent, les conditions de vie en milieu rural ne s'améliorent pas. Il est impératif que les institutions concernées, et particulièrement le ministère de la planification et celui de l'agriculture, se penchent méthodiquement sur les problèmes alimentaires du monde rural et cherchent, au moins, à les analyser en profondeur. Il est temps que la Journée de l'Alimentation soit en Haïti celle de la réflexion autour des thèmes importants comme celui de la vulnérabilité alimentaire des ruraux. Il est difficile voire impossible de promouvoir le développement économique et social du pays sans comprendre le fonctionnement de son système alimentaire. Et, à cette fin, l'examen des conditions de production et d'acquisition d'aliments en milieu rural constitue un pas important.

Références bibliographiques basiques

ALEXANDRATOS Nikos, 1993. World agriculture and food in the developing countries: prospects for the end of the century. FAO, Rome.

BRAUN Joachim von, BOUIS Howarth, KUMAR Shubh and PANDYA-LORCH Rajul, 1992. Improving food security of the poor: concept, policy, and programs. International Food Policy Research Institute, Washington, D.C.

CRIBB André-Yves, 1997. Politique des prix agricoles et sécurité alimentaire en Haïti (1971-1986). Éditions AREYTOS, Port-au-Prince.

KERMEL-TORRÈS Doryane et ROCA Pierre-Jean, 1994. Vulnérabilité alimentaire dans l'espace et dans le temps. Les stratégies des acteurs ruraux et les politiques nationales: exemples pris en Haïti, en Inde et en Thaïlande. IIème session internationale de l'AIEA: Sécurité alimentaire à court et à long terme. Cordoba, 14-16 Septembre 1994.



Sites intéressants
1. http://www.geocities.com/aycribb
Consultez le profil de André Yves Cribb, chercheur et consultant en administration rurale et agroindustrielle. C'est la nouvelle adresse du site.
2. http://www.geocities.com/gifadbr

Connaissez le GIFAD, une ONG dédiée à la promotion du développement local, intégré et durable.

3. http://www.geocities.com/pub1haiti/pauperur.html

Lisez ce texte qui suggère des mesures contre la paupérisation accélérée des ruraux haïtiens.

4. http://webnotes.sct.embrapa.br/pdf/cct/v21/v21n1_169.pdf

Cet article, publié en portuguais, examine les différents aspects du contexte brésilien qui influencent l´expansion des biotechniques.

5. http://www.fao.org

Visitez le site de la FAO, Organisation des Nations-Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture.

6. http://www.cgiar.org/isnar

Consultez le site de l'ISNAR, Service International pour la Recherche Agricole Nationale.

7. http://www.ifpri.org

Consultez le site de l'IFPRI, Institut de Recherche de Politique Alimentaire Internationale.

8. http://www.geocities.com/pub2haiti/index.html

Prenez connaissance de l'approche de recherche utilisée dans le livre "Politique des prix agricoles et sécurité alimentaire en Haïti (1971-1986)", en vente dans les principales librairies de Port-au-Prince.

Hosted by www.Geocities.ws

1