| PAR JONATHAN DAVID |
| CRITIQUES DE FILMS |
| PUBLICATIONS DU 20 OCT 2008 Hunting Ground - r�alisateur - Qu�bec - 2008 Long m�trage de science-fiction enti�rement r�alis� au Qu�bec, Hunting Ground � entre autres �t� pr�sent� dans le cadre du festival Spasm 2008. Il s�inscrit dans une tendance qui, je dirais, est extr�mement nocive pour le septi�me art; l�hybridation quasi compl�te entre cin�ma et images de synth�se. Les nouvelles technologies tir�es des recherches en jeux vid�o sont tr�s utile au cin�ma de divertissement du type hollywoodien, inspirant parfois de grands films Jurassic Parc. M�me que plusieurs films d�auteur, tel Un Capitalisme Sentimental, prouve que l�utilisation d�images de synth�se peut �tre fortement positive, m�me po�tique. Cependant, un �norme danger se pointe � l�horizon; de plus en plus de techniciens informatiques s�autoproclament cin�astes � temps partiel et en profite pour polluer les �crans avec de grands navets. C�est le cas d�Hunting Ground, film auquel le r�alisateur porte d�finitivement trop d�importance aux effets visuels, et tr�s peu aux �l�ments formels du cin�ma (le r�cit, la narration, le montage, la musique). En fait, on s�en rend compte tr�s rapidement puisque le montage est manifestement fait par un amateur; on pourrait croire � quelques instants qu�on est devant une parodie de t�l�roman style � Le C�ur � ses raisons � avec Marc Labr�che. Pire encore, Labr�che ne fait malheureusement pas parti de la distribution, et c�est plut�t des acteurs non-professionnels, et surtout unilingue francophone (alors que le film est mi-fran�ais, mi-anglais� allez chercher pourquoi?!) qui � eux seul, r�ussissent � enlever le peu de professionnalisme apport� par l�imagerie l�ch�e. Puis, si la cr�dibilit� des acteurs n�est pas au rendez-vous, la narration en sera n�cessairement touch�e. Cette histoire futuriste n�arrivera jamais � �tre immersive, d�autant plus qu�elle est tr�s complexe. Hunting Ground n�a donc finalement rien d�un film. Il ne plaira pas plus aux cin�philes qu�aux amateurs de jeux vid�o; m�me les � gamers � aiment les bons r�cits � travers les cin�matiques de jeux. Alors qui risque d�aimer ce film? Personne. Cul De Sac - Jean-Mathieu B�rub� et Carlo Harrietha - Qu�bec - 2008 Spasm est sans doute le nouveau festival de film qui a pris le plus d�importance ces ann�es. On y pr�sente des court-m�trages de genre amateurs et semi-amateurs, r�alis�s � 100% au Qu�bec. La mont� en fl�che de la popularit� de celui-ci d�montre bien un ph�nom�ne qui s�installe peut � peu dans la province; une cin�philie qui adore et d�vore le genre. Montr�al bient�t un nouveau Hollywood? Du moins, cela s�inaugure mal pour le cin�ma d�auteur ind�pendant. La probl�matique d�aujourd�hui, on le sait, c�est la banalisation du cin�ma. Tout le monde s�autoproclame cin�aste avant-m�me d�avoir fait ses preuves, �tudier le milieu, ou au moins poss�der une grande culture filmique. R�sultat; Spasm pr�sente cette ann�e le film Cul De Sac, en ouverture de son �dition 2008. Ce film s�autoproclame premier long m�trage de Kung Fu Qu�b�cois; devrait-on applaudir cette initiative des cin�astes d�ici de tant vouloir refaire ce qui se fait ailleurs? Pourquoi ne pas s�inventer un genre � nous? Pourquoi croyez-vous que personne n�a voulu subventionner ce projet? Pensez-vous que cela est tr�s repr�sentatif de la nation qu�b�coise? Et bien non. Pire encore, le film est tr�s mal r�alis�. �videmment, il fallait s�en attendre, diront certains, puisqu�il est �tiquet� amateur et qu�il n�est pas subventionner. Mais au contraire, le pire probl�me du film, ce n�est pas le manque de budget (donnons-lui le cr�dit, les combats sont tr�s bien orchestr�s, par un nombre hallucinant de figurants, mais aussi par des effets sp�ciaux qui s�incruste plut�t bien dans l�image). Le probl�me se trouve effectivement ailleurs, c�est-�-dire � la seule �tape qui n�cessite aucun dollar; le sc�nario. Rien ne passe dans le r�cit tellement les �l�ments sont mal amen�e. Pire encore, on fait d��normes erreurs de narration, erreur qui rende le film irr�cup�rable. Comment comprendre un sc�nario d�j� pas tr�s lucide avec des acteurs qui ne parlent pas tous la m�me langue (sans sous-titres), des micros pas assez puissant qui, par endroit, rendent le son incompr�hensif, ou encore des acteurs qui m�chent leurs mots, faute d��tre non-professionnels? Et comment ne pas soupirer lorsqu�en voit off, le narrateur nous balance sa morale bidon sur la jeunesse d�aujourd�hui? � C�est pas de leur faute aux jeunes. S�ils sont comme cela (drogu�, violent, sans respect, immature et individualiste), ce n�est pas parce qu�ils sont paresseux; c�est parce qu�ils sont r�volt� �. Et s�ils sont r�volt�, est-ce � cause que le Qu�bec s�engouffre de plus en plus dans une culture am�ricaine abrutissante, qui ne laisse aucune place au plus faible tout en l�abusant? Et bien si c�est le cas, leur film n�est pas tr�s repr�sentatif de leur pens�e. Cul De Sac est un film immature, un film entre chum qui devrait rester entre chum, sans plus. Mieux encore, il aurait du �tre un court-m�trage, puisqu�il allonge inutilement un sc�nario qui, � la base, ne valait pas autant d�effort. En choisissant ce film dans le cadre de leur festival, Spasm vient de d�montrer qu�il ne favorise pas la qualit�, mais bien le nombre. Dommage pour les autres films de genre Qu�b�cois qui ont du vrai potentiel. The Big Lebowski - Joel et �than Coen - �tats-Unis - 1998 7�me film des fr�res Coen, The Big Lebowski est devenu un film culte pour deux raisons; d�abord pour la popularit� de ses r�alisateurs, puis parce que le film tombe dans le ridicule � un point ou il est presque insupportable. En fait, on se demande plusieurs fois si les Coen nous ont pos� un poisson d�avril, � voir les dialogues sans fond de leurs personnages typ�s au maximum. Le probl�me majeur, c�est surtout que le r�cit n�arrivera jamais � d�coller de sa monotonie. Mais ce n�est pas une faute de r�alisation, mais bien une cons�quence du sujet principale du film; le Dude. Personnage sans emploi, sans amis (sauf un homme visiblement atteint par la guerre du Vietnam et un autre qui est sans �motion, froid comme un popcicle!), sans amour, bref sans vie, destin� � faire du bowling sa seule pr�occupation. Puis, comme la formule gagnante de toutes com�dies sign�es par les Coen, ce personnage se retrouve malgr� lui dans une position qu�il ne comprend pas, et qu�il ne maitrisera jamais; il devra livrer une valise pour une ran�on, et bien s�r, il n�y arrivera pas et finira par subir les cons�quences, cons�quences qu�il ne sera m�me pas capable de comprendre tellement il est idiot et saoul. La cons�quence de cette formule est in�vitable; on tombe rapidement dans l�humour � 0.05$ avec des situations ridicules, stupides, donc ennuyante pour un publique mature. Mais, si le r�cit lui, fr�le la catastrophe, le film s�en sauve de peu gr�ce � sa construction d�un univers presque po�tique autour de son demeur� principal. Pour ce faire, on fait un heureux m�lange de style et de genre, passant du vid�oclip kitch au film de sport, en passant par le thriller policier ou de mafia. Mais c�est surtout au niveau musical que le film marque des points. Avec une bande sonore de pi�ces populaire, parfois reprises parfois originales, les fr�res Coen r�ussissent � construire une ambiance stylis� tr�s originale. Mais est-ce que tout ceci serait suffisant pour cacher l�horrible trame narrative? Non. The Big Lebowski n�est pas un film � ne pas voir, mais il n�est pas non plus un film � voir. Tr�s vite, son visionnement sera oublier et remis� dans le fin fond de notre m�moire � long terme, juste � c�t� de Casper. Valse avec Bashir - Ari Folman - Israel | Germany | France - 2008 Le festival de Cannes est consid�r� comme �tant le reflet officiel des tendances cin�matographiques mondiales. � cheval entre la programmation de cin�astes de valeurs s�rs, tel Woody Allen et son Vicky Christina Barcelona, et les films innovateurs d�inconnus qui deviendront assur�ment de grandes vedettes, les films de la cuv�e 2008 poss�dent tous, malgr� leur diff�rence, un �l�ment en commun; ils sont pour la plupart tr�s politique. C�est le cas de Valse Avec Bashir, film qui s�inscrit dans la liste des innovations spectaculaires qui en ont surpris plus d�un. �tonnant par son visuelles � mi-chemin entre la bande-dessin�e et l�image de synth�se, choquant avec la duret� de son propos et sa ressemblance aux �v�nements r�els, il n�est pas surprenant qu�il est �t� mis en nomination pour la palme d�or, et que plusieurs experts croyaient qu�il allait la remporter. Enfin pr�sent� au FNC � Montr�al, il s�est honor� du prix de l'innovation Daniel Langlois, et avec raison. C�est en fait qu�Ari Folman r�alise ce qu�il croit �tre un documentaire anim�; le film propose un entretien avec plusieurs v�t�rans de l�arm�e isra�lienne, en mission au Liban au moment du grand massacre de Sabra et Chatila du 16 au 18 septembre 1982, sujet choc d�autant plus qu�il est tabou dans plusieurs communaut�. Mais en fin de compte, Folman a tord, puisque son film s�apparente d�avantage � une fiction document�. Il y a une �norme libert� formelle et narrative; on autorise une �norme place � l�imaginaire. En fait, la comparaison avec Apocalypse Now, de Coppola, serait juste; on adopte un sujet r�el, en utilisant tous les outils du cin�ma pour servir notre propos. Ainsi, il faut applaudir la judicieuse utilisation de la musique dans ce film; elle est porteuse d�un sens tr�s fort, et r�ussit � donner une force �motionnelle encore plus puissante que celle des images. Valse Avec Bashir est une pi�ce importante dans le domaine du long m�trage d�animation pour adulte, tout comme Persepolis l�a �t� l�ann�e derni�re. Un chef d��uvre � voir absolument. AfterSchool - Antonio Campos - USA - 2008 On le sait depuis longtemps, les adolescents d�aujourd�hui sont plus que jamais �duqu�s par les images. Laiss� � eux-m�mes par des parents trop press�s pour les �lever, ils apprennent la vie � travers des �crans ; celle de l�ordinateur et celle de la t�l�vision. Ils grandissent ensuite moralement d�rang�s par tous les vices de la soci�t� ; alcool, drogue, pornographie et bien s�r, la soif d�argent. Que ce soit dans le vid�oclip Hip Hop, dans la publicit�, ou encore dans les films ou jeux vid�o, nos jeunes sont � l�image de ce qu�ils regardent ; Violents et hyper-sexualis�s. Ainsi, des batailleurs de cours d��cole deviennent de vrais h�ros gr�ce � You Tube, et la principale inqui�tude des jeunes filles devient le sexe, au point d�en devenir un concours de pr�cocit�. Cette probl�matique, c�est celle que nous pr�sente Afterschool, film pr�sent� entre autres au FNC 2008, mais c�est aussi celle de beaucoup de film ces derni�res ann�es. Michael Haneke et son discours inquiet sur les effets de l�image sur le cerveau, puis Gus Van Sant et sa constante recherche pour comprendre les vertiges de l�adolescence ne sont que les plus populaires. Mais nous n�avons juste qu�� regarder le calendrier du FNC pour s�apercevoir que plusieurs films portent sur le m�me sujet cette ann�e, comme c�est le cas avec � l�ouest de Pluton. Au niveau de l�originalit� de l�approche donc, on repassera. Mais m�me si Afterschool poss�de une quantit� �norme d�influences et se voit amput� par ce nombre de r�f�rence auxquelles on le compare, on aurait tord de ne pas lui donner le m�rite qu�il poss�de. Car apr�s tout, Campos (qui n�a que 23 ans) nous livre un film tr�s mature, tr�s solide, avec une conception du cadre tr�s bien maitris�. En fait, le spectateur peut m�me se sentir �touff�, tellement on utilise une cam�ra tr�s basse, mais aussi tr�s concentr� sur son sujet, le jeune Robert. En fait, on brouille gr�ce au focus tous les �l�ments ext�rieurs � sa pens�e, nous limitant ainsi � son petit monde individuel. Frustration assur� donc, puisque beaucoup d��v�nements int�ressant se produisent hors-champs, et puisque Robert ne s�y int�resse pas, on n�y a pas droit. On pourrait affirmer que le film lui-m�me est d�pendant des pens�es du jeune homme, pens�es qui sont justement tr�s floues et ind�finies. Et m�me que ce r�cit est si personnel que le spectateur se voit impr�gn� d�un flagrant sentiment de voyeurisme, sentiment qui touchera son apog�es lors de l�acte sexuelle entre les deux enfants, pr�cis�ment lors du plan ou on voit l�entre-jambe de sa tr�s jeune partenaire. � Ce n�est pas de nos affaires, laissons-les apprendre la vie tranquille � penseront soudainement certains, avec raison. Afterschool est un film qui s�infiltre impun�ment dans la vie de ce jeune homme, afin de nous montrer que la r�alit� est bien plus difficile que celle que l�homme adulte aimerait bien se le faire croire. Et m�me si l�action se passe dans un coll�ge priv�, donc tr�s encadr� par des professionnels de l�enseignement, ces choses-l� existent aussi. Surgit donc une probl�matique importante ; jusqu�� quel point, au nom de la libert� du savoir, peut-on avoir acc�s � des images qui fr�le la p�dophilie ? Du moins, le premier long m�trage de Campos r�ussit son objectif initial ; il choc et fait r�fl�chir. Un Capitalisme Sentimental - Olivier Asselin - Qu�bec - 2008 Olivier Asselin est un cin�aste fascin� par l�histoire du XIXe et d�but du XXe si�cle. Tous ces derniers films d�montrent une volont� de mettre en lumi�re une �poque, un �v�nement historique, de mani�re compl�tement libre et personnelle. Cette fois-ci, il r�alise une �uvre puissante sur le Krash Boursier de 1929 (dr�le de hasard, lorsqu�on voit les �v�nements actuels). Empruntant abondamment au th��tre, � la litt�rature et � la com�die musicale, Un Capitalisme Sentimental �merveille pas la complexit� de sa construction. Le r�cit est tr�s lin�aire, et m�me raconter comme un livre. Dans cette histoire marqu�e par son originalit� d�approche et sa mani�re po�tique de repr�senter les �v�nements, on y retrouve une multitude de clich�s venues d�un peu partout. Mais ces clich�s sont pr�sents en tant que caricature et sont compl�tement affirm�s par l�auteur. Avec une tr�s grande libert�, Asselin r�ussit, avec un petit budget d�un million, � construire une spectaculaire esth�tique en image composite, dont chaque construction de plan poss�de une �norme force d��vocation. Et si Un Capitalisme Sentimental est tr�s agr�able visuellement, sa bande sonore l�est tout autant. Des chansons fortes en sens, qui savent se fondre avec perfection dans l�intrigue. Entre l�onirique et le r�el, la reconstitution et le fantasme, Asselin construit un film remarquable, ludique, mais aussi laborieux et complexe dans sa lecture. Si vous avez manqu� ce film en ouverture du FNC, ne ratez pas la chance de le voir au cin�ma le mois prochain. Un grand film � ne pas manquer. Raw Deal - John Irvin - USA - 1986 Bien avant d�acc�der au poste de gouverneur de la Californie et plusieurs ann�es avant sa nomination parmi le classement des cent personnes les plus influentes dans le monde (selon le magazine Time), Arnold Schwarzenegger f�t un grand acteur Hollywoodien, se sp�cialisant dans le film d�action. S�inscrivant dans des �uvres qui ont marqu�s � jamais l�histoire du cin�ma, tel Terminator, Predator, ou encore Commando, personne ne peut se moquer de son influence dans le cin�ma-divertissement actuel. Que ce soit au niveau de leurs recherches en imagerie de synth�se, ou encore dans leur mani�re d�imposer et de d�limiter le genre, on ne peut certainement pas imaginer ce que serait l�industrie aujourd�hui sans sa contribution. Et m�me s�il a fait plusieurs prestations pitoyables dans plusieurs navets, on ne peut que saluer le travail qu�il a accompli. Cependant, on ne peut pas dire la m�me chose du r�alisateur John Irvin, qui n�a certainement rien r�volutionn� avec Raw Deal. Si ce film poss�de malgr� tout une surprenante popularit�, ce n�est absolument pas signe de qualit�, mais c�est plut�t au contraire, la pr�sence en gros plan du populaire culturiste sur l�affiche, ce qui charme � tout coup les masses. Avec les ann�es, Schwarzy est devenu le symbole par excellence d�une Am�rique puissante, et Dieu sais combien le publique am�ricain aiment s�enfler la t�te. Gros bras arm� jusqu�aux dents, on l�idole partout ou il passe. Raw Deal ne s�inscrira certainement pas au palmar�s du septi�me art, mais il contribue � renforcer le style Hollywoodien en alimentant les clich�s du genre; Gros cigare � la bouche, le volant d�une main, la mitraillette de l�autre, l�idole du peuple tire sur tout ce qui se met dans son chemin. Aujourd�hui donc, Raw Deal n�est qu�un petit film d�action parmi les autres. Il s�est bien s�r d�marqu� dans les bacs � rabais au centre d�achat pour une seule raison; la figure de son acteur principale sur la pochette. L�int�r�t d��couter un tel film n�est pas tant dans l�originalit� de son approche (bien au contraire, le conformisme au mod�le dominant est plus que jamais pr�sente), mais bien pour rire un bon coup entre amis. ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- PUBLICATIONS DU 13 OCT 2008 JCVD - Mabrouk El Mechri - Belgique - 2008 JCVD est une fiction qui s�apparente autant � un thriller policier qu�� un documentaire. �trange m�lange, donc, mais qui contentera les fans de Van Damme qui seront tous contents d�y retrouver ses lignes les plus populaires, tel � Il ne faut pas tuer les gens, ils sont trop beau �. Mieux encore, de magnifiques combats bien orchestr�s qui d�montrent que malgr� l��ge, le vieux bonhomme en a encore � donner. Mais qu�en est-il de ceux qui ne suivent que depuis peu ce Schwarzenegger Belge? En fait, c�est que Mabrouk El Mechri d�cide d�osciller constamment entre r�el et fiction. En prenant Van Damme comme sujet principal et non comme personnage, il transforme son �uvre en une esp�ce de biographie fictive. Vient ainsi un questionnement in�vitable au niveau de la v�rit�, questionnement qui implique une distanciation que l�on cr�� gr�ce � deux man�uvres; d�abord un d�doublement de montage avec deux points de vue diff�rents sur la m�me action, ce qui donne un r�pit au r�cit et nous incite � r�fl�chir, puis l�insertion soudaine d�un discours o� Van Damme sort litt�ralement de l�action pour se vider le c�ur de mani�re maladroite � propos de sa tristesse d��tre associ� � une image violente. Mais � quel public d�sire-t-on s�adresser? Sans doute bien plus � ses fervents disciples, puisque JCVD ressemble bien plus � un r�capitulatif de sa carri�re bourr�e de clins d��il incompr�hensibles � l�amateur. Est-ce que le film d�El Mechri donne le gout d�aller louer les autres films de Van Damme? J�en doute fortement. � quoi bon faire un documentaire r�capitulatif qui s�adresse juste aux fans alors que ceux-ci n�apprendront rien de nouveau sur leur vedette favorite? JCVD � mon avis, n�est qu�une �uvre nostalgique qui n�a qu�un seul but; r�unir ses fans pour ainsi tenter de le faire renaitre de ses cendres. One Way BoogieWoogie - James Benning - Canada - 1977 Benning, avant sa maitrise en beaux arts, en a fait une en math�matique. Ce fait n�est pas banal, surtout quand on visionne son film One Way Boogie Woogie. En fait, le film s�inspire grandement des �uvres du peintre N�erlandais Piet Mondrian. Le titre est d�ailleurs une r�f�rence explicite � une de ses toile. Sa peinture est tr�s g�om�trique, m�me math�matique. Son style est abstrait, et ses �uvres poss�dent beaucoup d�angles droits. Tr�s ressemblant � ces peintures donc dans la mani�re d��tre fabriquer m�thodiquement. Le premier plan du film ressemble d�ailleurs dr�lement � la toile Tableau Num�ro 1), identique en fait du c�t� des lignes focales. Tout comme dans l�art de ce peintre, on retrouve dans One Way Boogie Woogie une volont� de faire d�vier l�action du point central; on d�centralise gr�ce � des lignes focales dans l�image, cr�� avec tout ce qui se trouve sur place; colonnes, ligne de trottoir, fen�tre, affiche, etc. Tr�s m�thodique donc dans la composition du cadre, mais aussi dans la construction temporelle du film; l��uvre dure au total 60 minutes, avec 60 plans de 60 secondes. Ils sont m�me compt�s par un homme lors d�un de ces plans chronom�tr�s. Cette technique accentue �videmment l�effet � peinture �, puisque chaque plan rapporte � une toile; chaque plan est fixe et se rapproche plus d�une photographie abstraite que d�un plan cin�matographique. Il y a peu d�action, et celles qu�il y a sont tr�s m�canique, mis en sc�ne. On serait donc porter � croire que le r�alisateur s�en prend litt�ralement au cin�ma direct et � sa croyance de montrer le r�el; On film le r�el sans lui toucher; plan fixe et son synchrone. Pourtant, le r�alisateur d�montre clairement qu�il y aura toujours une manipulation faite � l�image, peu importe l�immobilit� de la cam�ra ou l�utilisation ou non de technique de montage. Il nous le d�montre clairement avec une main (celle du r�alisateur), qui va litt�ralement mesurer � l�aide d�une r�gle son plan. Mieux encore, plus tard dans le film, il ira contr�ler l�action � l�aide d�une fic�le, comme un marionnettiste. C�est donc dire combien tout dans ce film est math�matique; pr�vu � l�avance. Et c�est comme cela au niveau de l�action; des acteurs tr�s m�canis�s, des mouvements peu cr�dible. Tout est mis en sc�ne. Comme une peinture, c�est le r�alisateur qui est le seul responsable de ce qui se trouve � l��cran. La plupart des actions d�bute d�ailleurs en hors champs et se termine devant la cam�ra. On pique la curiosit� du spectateur en mettant l�accent sur le fait que le r�alisateur contr�le ce qu�il montre, ou ce qu�il ne d�sire pas montrer. One Way Boogie Woogie est donc un film structurel puisqu�il prend directement comme sujet le th�me du plan au cin�ma tout en utilisant peu de technique et en restant tr�s simple. Le film s�inscrit aussi dans l�univers am�ricain hollywoodien; C'est-�-dire qu�il critique ce syst�me. Beaucoup de plans d�usine, des plans du drapeau am�ricain, toutes ses images ne sont pas sans sens. � Hollywood, on fait des films sur mesure; tout est standardis�. On compare le cin�ma � des usines. Le cin�ma est standardis�, math�matique, et tous les films seront bient�t des clones du mod�le dominant. Est-ce le cas aujourd�hui? Il ne suffit que de regarder les films pr�sents dans nos cin�plex� Rare se font les films qui ne sont dans la marge de ce qui se fait, sauf si on se tient dans les cin�mas ind�pendants! Blindness - Fernando Meirelles - Canada - 2008 D�entr� de jeu, il est important de savoir que Blindness n�est pas un de ces film d�horreur de style suspense. Cette diff�renciation est tr�s importante parce qu�il semble que plusieurs critiques (je pense entre autres � celui du Journal de Montr�al) n�ont pas r�ellement compris l�ampleur du film dont il est question ici. Afin de mieux comprendre, un petit r�sum� s�impose; Un homme vient soudainement aveugle au beau milieu d�une ville. Peu � peu, beaucoup de citadins sont touch�s. D�apr�s les autorit�s, cette � �pid�mie � risque d��tre contagieuse, c�est pourquoi on d�cide de les mettre en quarantaine. Maintenant que personne ne voit, des esprits mal intentionn�s en profiteront pour voler, violer, massacrer, et faire comme bon leur semble. Rapidement, le Chaos et la d�ch�ance s�installeront� Revenons maintenant � notre probl�me initial; certains on donn� une d�sastreuse note au film � cause qu�il n�explique pas pourquoi cette c�cit� soudaine est apparue. Et bien mes chers cin�philes, si Fernando Meirelles (La cit� des Dieu, La cit� des hommes), d�cide de ne pas le d�voiler, ce n�est �videmment pas par paresse intellectuel, mais bien parce que l�importance de l��uvre se trouve bien ailleurs. D'autant plus que Blindness est une adaptation du livre de l'�crivain portugais et Jos� Saramago (qui avait gagn� le prix Nobel pour ceci). Dans les deux versions donc, le message reste le m�me ; l�humanit� m�rite une le�on. Depuis toujours les humains poss�dent la vue, mais cela ne va pas n�cessairement de pair avec le verbe voir ; le monde est aveugle. Cette �pisode de chaos qu�est Blindness est en fait une sorte de ch�timent qui laisse apercevoir entre les lignes que l��tre humain est bien plus individualiste qu�il � l�entraide inn�e. Deuxi�me point ; Saramago � lui-m�me qualifi� son �uvre d�inadaptable et s�est longuement m�fi� de l�id�e d�une version cin�matographique (c�cit� et image sont loin de faire bon m�nage !). Bien s�r, un sujet si complexe est plut�t difficile � mettre sur �cran, mais la difficult� principale �tait plut�t du c�t� de la narration. Blindness, le livre, poss�de plusieurs narrateurs tr�s vagues (ils sont aveugles, donc m�me le lecteur ne les diff�rencie pas. Dans la version de Meirelles, on devra se pencher vers un groupe central dont toute l�action n�aura le choix que de graviter autour d�eux, question de suivre une logique visuelle. Afin de retrouver la m�me ambiance que le livre, il proposera des lieux fictif (aucune ville connaissable) et des personnages de nationalit� diff�rentes, mais non pr�cis�. On veut donc pr�server cette fameuse c�cit� du lecteur avec le spectateur. La force de ce film aura donc �t� de r�ussir avec succ�s le transfert de m�dium, t�che on l�a dit, presque impossible. M�me univers cynique, m�me th�mes, m�me c�cit� du spectateur vis-�-vis les faits ou l�identit� des personnages, etc. Blindness est sans doute l�une des adaptations cin�matographique les plus r�ussit. Chapeau ! � voir absolument ! C�est pas moi je le jure - Phillipe Falardeau - Qu�bec - 2008 Falardeau nous invites, le temps d�un film, � s�incruster dans les pens�es d�un jeune enfant perturb� par les d�cisions des adultes. En fait, il est si perturb� qu�il veut constamment refaire sa vie, et il croit pouvoir le faire � travers le suicide. � une �poque ou la s�paration des parents est de plus en plus fr�quente, s�inscrivant dans la perte de foie catholique des ann�es 60, le propos du film est tr�s ancr� dans l�histoire du Qu�bec et tente d�en d�montrer les impacts sur la g�n�ration qui a �merg� de la r�volution tranquille. Ces jeunes, maintenant � leurs tours parent aujourd�hui, prennent racine dans cette perte des valeurs familiales d�antan, perte qui se poursuit de plus belle aujourd�hui. Mais si le message passe de mani�re efficace dans l��uvre de Falardeau, c�est pour deux raisons. Premi�rement, la performance magistrale du petit Antoine (qui incarne L�on). Il r�ussit rapidement � nous convaincre et � nous toucher tant il incarne � la perfection son r�le. Pourtant, le sujet du film reste tr�s difficile et complexe pour un acteur de cet �ge. En entrevue � la populaire �mission Tout le monde en parle, il a m�me avou� avoir eu de la difficult� � faire la sc�ne du baiser avec sa petite amie. Imaginez pour la sc�ne de la pendaison! La deuxi�me f�licitation va au travail d�adaptation de Philippe Falardeau. Prenant racine dans deux livres diff�rents, le sc�nario a fortement �t� travaill� par le r�alisateur, entre autres au niveau de la narration; �tant donn� que les livres sont tous deux autobiographiques, il devait faire de grand changement pour le transposer dans le contexte cin�matographique. Cela n�cessitait de chercher lui-m�me les actions qui remplaceraient leur �vocation narrative tout en unifiant le r�cit autour d�un personnage central (il aura choisi la m�re). La version de Falardeau forme donc une identit� propre � elle-m�me, et n�est pas qu�un banal transfert de m�dium. Mais ce qui int�ressera plut�t le spectateur, ce n�est pas la comparaison entre la version papier ou image, mais bien le r�sultat final; c�est-�-dire, un excellent film qui fera rire avec son humour noir, et qui fera pleurer par l�ampleur de son propos. Comme la chanson le dit si bien, qui � le droit de faire �a � des enfants qui croient ce que disent les grands? C�est pas moi je le jure d�montre bien la complexit� de la pens�e d�un enfant. Run Fatboy Run On ne le dira jamais assez, Simon Pegg est pr�sentement l�un des plus talentueux acteurs dans le domaine humoristique au cin�ma. Shaun Of The Dead et Hot Fuzz l�auront rapidement propuls� � un sommet de popularit� international jamais �gal� auparavant. Il est donc facile de comprendre la d�cision de David Schwimmer pour ce qui est de son r�le principale. Les nombreux fans de l�acteur anglais iront donc n�cessairement voir le film et lui assurer une rentabilit� auquel, � mon avis, il ne m�rite guerre. Pour rester polie donc, je dirais que Run Fatboy Run est un gros l�gume, sans saveur, sans couleur, auquel on a ajout� un peut d�aspartame (Pegg) afin de faire courir au cin�ma les diab�tiques. Connu comme acteur et r�alisateur de soap t�l�, Schwimmer n�aurait pas du faire le saut du c�t� du grand �cran. Le r�sultat est horrible. Un homme se sauve le jour de son mariage. Quelques ann�es plus tard, il s�ennui de sa femme qui elle, a trouv� un autre homme (un pro du marathon). Afin de regagner son c�ur, il participera � une importante course, malgr� sa forme peu convaincante. R�sultat; il � gagne � et reconqui�re son ex!!! Wow, �mouvant� M�me si le synopsis est d�embl�e peu original, on pourrait tout de m�me croire � des attentes au niveau humoristique. Qui sais, peut-�tre les personnages sont-ils tordants? Peut-�tre Pegg fera des singeries comme d�habitude? Peut-�tre on aura droit � beaucoup de blagues, autant visuelles que sc�naristiques. ET BIEN NON NON! On va rester dans le clich� et faire des blagues de pet et de pipi! Ah, un bon film familial pour enfant alors? NON PLUS! Loin d��tre faible en calorie, Run Fatboy Run est une cochonnerie de fast food; mangeable seulement qu�en cas de danger de mort. Un film vhs poussi�reux � mettre juste � c�t� de Spaceball sur votre �tag�re du bas au chalet. Dommage pour Simon Pegg� A Movie � Bruce Conner 1958 Bruce Conner, avant de r�aliser ce film tr�s populaire parmi les fans de cin�ma exp�rimental, �tait un sculpteur avec une technique � lui; r�cup�rer de vieux objets (une chaussure par exemple) pour en faire une �uvre d�art en la modifiant un peu. Un artiste d�assemblage, donc, qui poss�de comme principale force artistique la transformation d�un mat�riel d�j� existant. Cette technique sera appliqu�e � sa conception du cin�ma exp�rimental, et A Movie sera sa premi�re cr�ation. Ce type de film, que l�on classera plus tard dans la vague film-collage, poss�de une technique sp�ciale; on utilise de vieux bouts de film disjonctifs trouv� ici et l�, et leur assemblage en un seul tout parvient � investir un sens nouveau. En fouillant dans les poubelles des studios donc, il est possible de faire une �uvre d�art cin�matographique avec un message (et un r�cit) qui lui est propre. R�sultat? A Movie poss�de son propre fil narratif. Comment? On cr�� des liens graphiques entre les plans. Il y a une logique de plans et des associations d�images qui sont tr�s litt�rale au niveau de l�interpr�tation. Bien s�r, il y en a d�autre qui laisse libre court � l�imagination. Le film d�pend donc certainement de la perception du spectateur. Cependant, une th�matique d�ensemble se dessine; les moyens de transport et les dangers qu�ils impliquent. Celle-ci laisse place � un sujet; l�homme est en constante recherche d��motion forte, ce qui l�am�ne parfois au bord de la folie humaine. Finalement, le message passe. Le discours humoristiques du d�part se termine en pessimisme; la peur pour l�avenir des hommes. Bruce Conner � r�ussi son pari; prouver (dans le m�me sens que Eisenstein et sa th�orie du montage-roi) que le cin�ma est montage. Dans son film, il marque son nom ainsi que le titre plusieurs fois, tout en nous montrant le compte � rebours de la pellicule ailleurs qu�au d�but et le carton The End bien avant la fin. On veut mettre l�emphase sur le c�t� � fabriqu� � du cin�ma. Le cin�ma est montage bien avant d��tre le reflet de la r�alit�. A Movie est important en ce sens; il prouve � sa mani�re la fameuse th�orie du montage roi d�Eisenstein. On peut faire dire � un film ce que l�on veut si on poss�de un bon monteur!* *Bien s�r, certains diront qu�il n�a pas choisis al�atoirement les bouts de pellicules qu�il utilisera dans son montage. Donc, A Movie ne serait pas la preuve IRR�FUTABLE que le montage peut faire ce qu�il veut des images. Cependant, cela nous apporterait dans un d�bat trop important pour �tre d�battu ici. ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- PUBLICATIONS DU 30 SEPT 2008 Ce qu�il faut pour vivre Depuis longtemps, la question am�rindienne est au c�ur de l�industrie documentaire canadienne. On pense entre autres au m�ga succ�s du Peuple Invisible de Richard Desjardins, qui a remport� le Jutra du meilleur documentaire. Les Inuits aussi avaient longtemps �t� un sujet populaire au grand �cran. Le magnifique film Nanook du c�l�bre pionnier Robert Flaherty pourrait servir d�exemple. On s�int�ressait surtout � eux � cause de leur mode de vie tr�s diff�rent du n�tre. Ce qu�il faut pour vivre est original en ce sens; il n�est pas un documentaire, mais bien une fiction, et il pr�f�re s�int�resser au choc des cultures et � l�impact qu�il a sur le futur de ces Inuits. Pilon, qui en est � sa premi�re r�alisation long m�trage fictionnel, met en sc�ne un Inuit qui vient passer quelque temps parmi un groupe de s�urs catholique dans la ville de Qu�bec. Ayant la t�che de le soigner, elles finissent m�me par empirer son cas, au point de lui donner envie de mourir. C�est qu�il est seul, parmi des inconnus (l�homme blanc), dans un syst�me de vie inconnu, et qu�il lui manque par ce fait, ce qu�il lui fallait pour vivre. Bien �videmment, l�histoire tourne vite au drame. Personne ne le comprend; il ne parle pas fran�ais et bien s�r, son langage gestuel n�est pas le m�me. Il tente de mettre fin � ses jours en ne mangeant plus. Soudain; un miracle. Un jeune enfant venant du m�me coin que lui se retrouve dans le m�me pensionnat. Il lui donnera espoir. Alors qu�il croyait ne plus �tre utile (il a laiss� sa femme seul, sans chasseur, une honte pour lui), il se donnera comme mission d�apprendre la culture Inuit � ce petit gar�on, prenant le r�le du p�re. Cependant, celui-ci, � mi-chemin entre l�assimilation de la culture blanche et ses racines Inuit, aura � choisir entre les bandes-dessin�s Tintin et des jouets de caribous en bois. Vient donc la complexe probl�matique culturelle et l�inqui�tude pour la survie des id�ologies de ses anc�tres; Pour la suite du monde comme dirait Perreault, la suite de leur monde � eux, qui est de plus en plus en p�ril. Grand gagnant au Festival des Film du Monde (FFM) de Montr�al, et en route pour la course aux Oscar, Ce qu�il faut pour est un film qui fait r�fl�chir sur la diff�rence, et sur notre tol�rance � l�accepter. Un drame puissant qui m�rite d�avoir une visibilit� au niveau internationale. C�est ce qu�on lui souhaite car apr�s tout, ceci fait parti de notre histoire! Vicky Christina Barcelona Fid�le � son habitude, Woody Allen revient encore une fois sur son th�me favori; l�amour� ou du moins le fait qu�il n�existe pas. Cette fois-ci, c�est � travers une histoire � saveur romantique d�un amour d��t� entre prince charmant (un Javier Bardem en total contraste � son m�ga r�le dans No country For Old Men), deux am�ricaines en voyage (Rebecca Hall et Scarlett Johanson, fantasmes cin�matographiques de bien des hommes), puis une peintre aux allures de top mod�le (P�n�lope Cruz). Sous forme de carte postale de Barcelone (un narrateur nous fait visiter la ville � travers plusieurs descriptions de lieux, puis l�esth�tique est visuellement travaill�e comme si on �tait devant un reportage d�agence de voyage ), on en vient � une sorte de triangle amoureux pas comme les autres entre les trois personnages, ce qui laisse �videmment place � une histoire de romance aveugle, donc n�cessairement � l�humour. La trame narrative se veut certes un peu clich�; le grand romantique espagnol courtise les deux touristes am�ricaines. L�une se laisse rapidement charmer; l�autre (qui est sur le point de se marier) le repousse avec d�gout. C�est cette derni�re qui finira par tomber sous son charme. Toutefois, si cette description peut paraitre � premi�re vue d�nud�e d�originalit�, le sc�nario d�Allen lui, est beaucoup plus complexe que ce portrait simpliste. Il r�ussit ais�ment � prendre ce clich� cin�matographique pour le tourner en sa faveur en l�ex�cutant � sa mani�re�et on le sait, la mani�re Allen ne ressemble en rien � ce qui se fait ailleurs. R�sultat; un film unique qui alterne entre romance et com�die. En fait, la plupart des sc�nes cocasses viennent du fait qu�elles ne sont pas habituelles; ainsi, le film aura l�air plus ou moins surprenant d�pendant votre conception de l�amour. Bien s�r, la vision de l�amour selon Allen est assez exag�r�e; sans vouloir tomber dans les pr�jug�s, quelles sont les chances de retrouver une P�n�lope Cruz dans un m�tier de peinture! Pourtant, l�histoire r�ussit tout de m�me � accrocher les plus septiques; Les moins romantiques en fait, surtout les hommes, risquent de soupirer et de penser que rien n�est possible dans ce film extravagant; qui pourrait penser voir un jour Cruz et Johanson se donner un tendre baiser avec la langue (!!!) Malgr� tout, Woody Allen r�ussit � rendre le tout plausible en traitant l�histoire de mani�re s�rieuse. Vicky Christina Barcelona serait donc en quelque sorte une com�die romantique d��t� efficace qui poursuit la fameuse conception de l�amour selon Woody Allen. Rien de nouveau au niveau du th�me, mais un film efficace qui fera quelque fois sourire, quelque fois soupirer de jalousie, mais qui ne laissera certainement personne indiff�rent, peu importe si on est en accord avec sa vision tr�s sombre et dramatique du travail de cupidon. Kill Bill 2 Un an apr�s le premier opus de la s�rie, tout le monde attendait avec impatience la suite des �v�nements. Kill Bill volume 1 avait produit une si grande vague que le succ�s du deuxi�me �tait assur� avant m�me sa bande annonce. Les nombreux qui ont vu le premier voudront voir le deuxi�me; et ceux qui ne l�on pas vu auront une autre campagne publicitaire pour s�accrocher ou non � la vague jaune de Tarantino. Cependant, plusieurs craintes en pr�occupa plus d�un. Habituellement, lorsqu�un film est un �norme succ�s commercial, on r�alise d�horribles suites simplement dans l�optique d�amasser encore plus d�argent. Mais cette fois-ci, il n�y a rien � craindre car contrairement � plusieurs, Kill Bill �tait d�embl�e pens� en deux chapitres. L�un ne va donc pas sans l�autre. Il est donc n�cessaire d�avoir vu le premier opus pour comprendre la trame narrative du deuxi�me. Kill Bill 2 donc, est n�cessairement semblable au premier dans tous les aspects. Tant au niveau narratif qu�au niveau esth�tique, il poursuit l�id�e de d�part sans jamais en d�vier. Ainsi, je vous sugg�re de vous r�f�rer � la critique du premier! Le volume deux que Tarantino nous a concoct� est donc aussi impressionnant que son pr�c�dent, et termine avec succ�s la captivante course pour retrouver ce fameux Bill. Les deux r�unis ensemble repr�sente une grande pi�ce du cin�ma contemporain, une pi�ce maitre dans ce que certains appellent une tendance du � Loop � dans le cin�ma actuel; On reprend tout ce qui s�est fait dans le septi�me art jusqu�au d�but de son existence et en produit un magnifique amalgame au gout du jour. La saga Kill Bill est sans doute celle qui aura pouss� le style � sa popularit�. Le huiti�me jour � charles gagnons canada 1967 Avec seulement trois films exp�rimentaux � son actif, Charles Gagnon poss�de un Corpus de film tr�s mince. C�est qu�il est d�abord connu comme peintre et photographe. Pendant sa longue carri�re en art visuel, il a trouv� le temps de faire ses trois films. Cependant, s�il n�est pas une figure marquante de l�industrie cin�matographique, son film Le huiti�me jour est � mon avis, une �uvre importante, surtout � cause du moment cl� ou elle a �t� diffus�e pour la premi�re fois. En fait, ce film � �t� con�u pour �tre pr�sent� � l�Expo 67 dans le pavillon Chr�tien. Comme on le sait, L�expo 67 est l�occasion o� Montr�al � la chance de s�exposer au monde entier. Mais plus encore, l�Expo �tait un endroit pour c�l�brer la beaut� du monde, et l��v�nement �tait empreint d�une vision id�alis�e de la plan�te bleue. Bref, on nageait dans l�utopie que tout allait pour le mieux. Ensuite, les gens allaient visiter le pavillon Chr�tien, o� �tait projet� en boucle Le huiti�me Jour. Comme son titre l�indique, ce film est apocalyptique; on fait d�abord allusion aux spectacles de destruction de divertissement (match de boxe, course d�auto de d�molition altern� � un match de basketball) pour ensuite faire un parall�le avec les violences non divertissantes de la guerre. On met l�emphase non pas une fois, mais surlign� au gros marqueur sur les horreurs de la guerre (qui justement pendant que les gens s�amusaient � l�Expo, la guerre du Vietnam se d�roulait � des kilom�tres de l�). On ne se g�ne pas pour montrer les cadavres osseux, victimes malgr� elles, et m�me faire plusieurs zooms r�p�t�s sur leur horrible cadavre. Avec ses images d�archives qui sont � la limite du pr�sentable en publique, on additionne un message p�nible; la paix est loin d��tre � nos portes. Il termine d�ailleurs le film par une gigantesque comparaison entre une fleur qui �clore et un champignon atomique. Bien s�r, la r�action � �t� tr�s forte. On avait m�me post�s plusieurs infirmiers puisque plusieurs s��vanouissaient devant toutes ces horreurs. Le huiti�me jour est un film tr�s important pour la simple et bonne raison qu�il a eu beaucoup de r�percussion. Un film choc qui, malgr� la censure importante � l��poque, a r�ussi �a trouver (ou troubler!) un large public et � passer son message. Burn After Reading Joel et Ethan Coen USA 2008 Un an apr�s le m�ga succ�s No Country For Old Men, gagnant de l�Oscar du meilleur film de l�ann�e, la barre �tait haute pour les deux fr�res Coen. Burn after reading se devait d��tre de haut calibre. Malheureusement, ce n�est pas le cas. Laissons d�abord les comparaisons de c�t�, et analysons plus en profondeur le film dont il est question ici. D�abord l�affiche du film met l�emphase sur son magnifique lot de grandes vedettes, de Clooney � Pitt, en passant par Malkovich. La gigantesque place que prennent ses noms populaires sur le panneau publicitaire en dit long sur le type d��uvre auquel on a affaire; un film l�ger, tr�s l�ger, qui d�sire attirer une masse de spectateurs et rien de plus. Les Coen nous inventent une com�die d�espionnage bourr�e de blagues parfois dr�les, parfois d�cevantes, pour la plupart prenant racines dans des situations qui frise le ridicule. Par exemple, un Brad Pitt gymnaste qui �coute sa musique tout en courant comme un pitre est sans doute l�une des situations les plus molles du film. En fait, on dirait que les deux r�alisateurs se sont empress�s de sortir un nouveau film afin de ne pas manquer la vague de popularit� qu�ils ont aupr�s des cin�philes amateurs gr�ce � l��norme visibilit� de leur dernier film. Burn after reading n�est tourn� que sur trois ou quatre lieux diff�rents, ce qui �videment minimise le temps de tournage, mais qui a aussi n�cessairement un effet sur l�action, qui est grandement r�duite, certes au profit de quelques dialogues astucieux, mais g�n�ralement pour des blagues visuelles sans go�t. Si ce n��tait assez, au moment ou l�histoire se corse un peu trop, on nous flanque une finale effroyablement b�cl�e. Au lieu de nous la montrer, on nous l�explique � travers les paroles de deux agents assis � leur bureau. En d�autres mots, on met un frein direct � la trame narrative en nous donnant bri�vement sous forme oral ce que les Coen n�ont pas pu filmer. Une conclusion � cheap � qui colle parfaitement � ce film truff� de blagues visuelles � cheap � et qui ne s�apparente en rien au grand cin�ma dont les fr�res Coen nous ont pr�c�demment d�montr� qu�ils �taient capable de faire. Wavelenght 1957 canada Michael Snow Michael Snow est sans doute l�un des cin�astes exp�rimental les plus reconnu du grand public. On le sait, ce type de film est loin d��tre le genre de divertissement auquel les personnes normales peuvent s�attendre du cin�ma. Wavelenght s�inscrit dans le courant des films structurels, c�est-�-dire qu�il minimalise l�action et met l�accent sur les �l�ments techniques du cin�ma. Donc, on est face � une �uvre de 45 minutes, sans aucune action, et dont la bande sonore est presque compl�tement enterr�e derri�re un infernal vacarme aigu qui pourrait rendre sourd n�importe qui. La ligne narrative du film; la cam�ra est dans une pi�ce et un zoom vers des fen�tres de trois quarts d�heure. Une mauvaise blague? Non. Bien �videment, la simplicit� du film cache un message important sur le m�dium en tant que tel. Le film a directement comme sujet le Hors-champs. On place le spectateur dans une situation tr�s inconfortable; l�impossibilit� de voir. On l�enferme dans une pi�ce et impose un bruit qui l�emp�che d�entendre l�ext�rieur. Il y a quelques �v�nements qui se passent � l�int�rieur, mais ils ne sont utiles qu�� �veiller la curiosit� du spectateur. La cam�ra, elle, agit comme les yeux du spectateur. Elle veut comprendre, elle zoom donc lentement vers la fen�tre pour voir, en vain, puis ensuite vers une image photographique; repr�sentation de la vie en deux dimensions. Cependant, en avan�ant, elle agrandi l�ampleur du hors-champs derri�re elle, ce qui nous emp�che de savoir ce qui se passe dans la chambre. La cam�ra utilise aussi plusieurs filtres afin de tenter de mieux voir, toujours en vain. Wavelength est donc un film tr�s simpliste sur la n�cessit� de voir; la curiosit� n�cessaire � tout humain, donc la force du hors-champs au cin�ma. Le film se pr�sente comme un test de tol�rance; il est long, en un seul plan fixe, et rien n�arrive. La force est dans le message que le film r�ussit � pass� malgr� le minimum de sc�nario, de narration et de technique. Il ne fera �videmment pas l�unanimit� dans les diff�rents festivals d�art. C�est un film difficile � �couter sans s�endormir, et sans devenir sourd. Point de rupture L�id�e d�un film de pr�s de quatre heure ayant comme seul sujet le r�f�rendum de 95 pourrait en effrayer plus d�un. Mais au contraire, la surprise est de taille. Vivre ou revivre ce r�f�rendum � travers ce documentaire historique est tout une exp�rience. Du contenu, on en a. Du budget aussi. Mais le plus important, c�est le rythme et la mani�re de raconter. En fait, Point de rupture se rapproche d�une narration de fiction, comparable surtout � un film sportif. Tous deux poss�dent le m�me principe; on voit deux �quipes qui s�entrainent durement (d�un c�t�, Jean Chr�tien et cie pour le NON, de l�autre, Bouchard et Parizeau pour le OUI) pour en aboutir � la final; le match ultime, l�affrontement que tous ont attendu avec tant de f�brilit�. Qui emportera le combat? �videmment, tous les qu�b�cois le savent bien avant le visionnement de ce film! De toute mani�re, l�int�r�t de ce documentaire n�est pas tant le r�sultat, mais plut�t comment on s�est rendu � ce fameux r�sultat, et ce, dans les deux camps. Ce film est en fait une s�rie produite par Radio-Canada pour les 10 ans du r�f�rendum en 2005. On en a fait un DVD, mais aussi un livre. On aurait donc pu penser � priori que le r�sultat aurait pench� en faveur du NON, mais �tonnamment, le film reste neutre, ou du moins n�est pas r�ellement pour ou contre aucun partis. C�est ce qui en fera sa force. Un documentaire donc qui fait le tour complet (et le mot est juste) de ce qu�aurait pu �tre la rupture d�cisive qui aurait s�par� le Canada en deux. Une pi�ce historique, r�unissant bon nombre de discours cl�s, d�images d�archives (bien s�r, Radio-Canada n�a qu�a piger dans son �norme banque vid�o pour ce faire) et d�entrevue qui forme un tout tr�s complet et pertinent. � se procurer absolument. http://www.cbcshop.ca/CBC/shopping/product.aspx?Product_ID=FTSRC00118&Variant_ID=10-1149D&lang=fr-CA Le temps des Qu�b�cois � Benoit Pilon � ONF- Qu�bec 2005 � mon avis, l�ONF produit �norm�ment d��uvres de qualit�. L�institue canadienne est d�ailleurs fortement reconnue dans le domaine du documentaire. Cependant, Le Temps des Qu�b�cois est une exception � la r�gle. Le DVD contient en fait 5 films qui sont suppos�s traverser deux si�cles d�histoire. En une dur�e de 46 minutes, il est �vident que la t�che risque d��tre inachev�e. C�est le cas, mais pire encore; en parlant tr�s bri�vement de plusieurs sujets presque simultan�ment, on en vient � avoir l�impression que rien n�est clair, et que tout est floue. Que le film soit destin� � un qu�b�cois, un canadien, un chinois ou un kangourou, on y apprend rien sur la belle province. Derri�re la pochette, on peut y lire une phrase qui r�sume le film; � Les enseignants pourront s�inspirer des pistes p�dagogiques propos�es � l�int�rieur du coffret pour explorer les th�matiques du film �. Une �uvre inachev�e donc, qui apporte seulement quelques pistes de recherche. Dommage que ce document visuel � saveur simili-p�dagogique porte le nom de Benoit Pilon, l�homme derri�re le tout nouveau Ce qui Faut Pour vivre, qui s�est m�rit� le grand prix du jury au FFM de Montr�al, et qui possiblement, repr�sentera le Canada aux Oscars cette ann�e. Jail Bait � Edward D. Wood Jr. USA 1954 Ed Wood, selon beaucoup de professionnels du cin�ma, porterait l�honneur d��tre le pire r�alisateur au monde. Aucune raison d�en d�battre des heures, seul le visionnement d�un de ses films nous m�ne � la m�me conclusion. Cependant, beaucoup de cin�phile l�adore parce que ses films font bien plus rire que n�importe quelle com�die am�ricaine. C�est que ses gaffes techniques et sc�naristiques sont si �normes qu�il est impossible de les prendre au s�rieux. Pourtant, s�il y en a un qui ne rigole pas, c�est bien Ed Wood lui-m�me! Lui, se pensait bon et ne comprenait pas qu�on l�aimait beaucoup plus parce qu�il �tait mauvais que bon. Je vous conseil d�ailleurs de visionner le magnifique docu-fiction que Tim Burton � r�alis� sur lui, o� Johnny Depp, tout jeune, incarne ce personnage haut en couleur, mais combien attachant. C�est que certes, ses films sont v�ritablement horribles, mais on en ri jusqu�aux larmes, jusqu�au point ou on fini par le prendre en piti�. Malheureusement, Jail Bait est sans aucun doute un des moins bons parmi les pires. Un film qui se rapproche bien plus d�un mauvais feuilleton t�l�vis� que d�une �uvre cin�matographique. Les minuscules 72 minutes qu�il dure ne sont en fait qu�un tr�s mauvais dialogue qui n�en fini plus dans un d�cor carton-cheap. Cette fois-ci, on ne ri plus; on dort. C�est surtout que mis � part une splendide poursuite automobile (aussi enlevante qu�un match de curling que se dispute deux femmes de 106 ans, donc � couper le souffle!), il n�y a pas assez d�erreur pour nous divertir et nous faire oublier les fameux dialogues sans fond qui font sa renomm�. Certes les acteurs sont pourri, certes le sc�nario l�est tout autant et les effets sp�ciaux eux, compl�tement rat�s, mais on est loin de la gigantesque bourde qu�il fera en 1959 avec Plan 9 From Outter Space, par exemple. Alors puisqu�il est impossible pour un humain de se taper plusieurs films de ce talentueux r�alisateur, je serais plut�t port� � sugg�rer ce dernier. Car je crois qu�Edward D. Wood Jr. M�rite d��tre connu de tous, et m�me, pourquoi pas, donner son nom � un courant cin�matographique!! Jail Bait est � �viter, mais le ph�nom�ne Wood lui, est tr�s int�ressant dans son ensemble. Hollywood est habitu� de nous montrer l�histoire de passionn�s qui ont travaill� fort pour ensuite r�ussir leur vie. Voici l�histoire d�un passionn� de cin�ma qui, tout compte fait, �tait peut-�tre destin� � �tre m�canicien. On t�aime ED!! ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- PUBLICATIONS DU 15 SEPT 2008 Le Peuple Invisible � Richard Desjardins Robert Monderie� 2007 � qu�bec Apr�s avoir gagn� le Jutra du meilleur documentaire pour l�Erreur Bor�al, Richard Desjardins remporte huit ans plus tard la m�me r�compense pour Le peuple invisible. Sur le plan formel, ce documentaire se pr�sente avec un style tr�s classique et tr�s t�l�visuel. Des entrevues, des images d�archives, et des constatations sur le terrain. Bien s�r rien de bien nouveau. Mais c�est plut�t sur le plan th�orique qu�on frappe fort. Le film est en fait un documentaire choc sur les algonquiens et leur situation actuelle dans un Qu�bec qui est loin d�aider leur cause. Comment ne pas se sentir touch� devant un peuple qui a �t� jadis repouss� par les colons, puis maintenant ignor� par l��tat? Pourtant, ce peuple fant�me dont personne ne s�occupe essaie du mieux qu�il peut pour survivre. Comment peut-on avoir une si grande indiff�rence devant un peuple qui, � notre arriv�, nous � accommod� du mieux qu�il pouvait? Entre la r�capitulation historique et le compte-rendu de leur �tat pr�sentement, Desjardins ne se fait en aucun point rassurant. Piliers de tout ce qu�ils poss�daient; la nature, leur coin de terre, ils vivent maintenant dans un univers de pauvret� et de violence. Le peuple invisible porte d�ailleurs � r�fl�chir sur l�avenir. La disparition? L�assimilation compl�te? Du moins, le manque d��ducation de leurs nombreux enfants les pousse � la violence ou � l�alcoolisme, quand ce n�est pas le suicide. Que deviendront ces jeunes? Tout semble pointer vers le n�gatif. Faisons comme on a toujours fait; ignorons! The counterfeiters F�lscher, Die Stefan Ruzowitzky 2007 australie et germany Gagnant de plusieurs palmes d�or dans diff�rents pays, The Counterfeiters est un drame puissant qui nous plonge une fois de plus en plein c�ur d�un camp de concentration. Fiction � part enti�re, mais se basant sur un fait r�el, le film raconte l�histoire d�un complot de fabrication de fausse monnaie qui avait pour but ni plus ni moins que de faire tomber l��conomie Britannique. Adaptation du livre autobiographique d�Adolf Burger, le film se d�marque par ses images crues et r�alistes de l�univers des camps. Ne serait-ce que pour cette raison, il est bien facile de plonger dans ce macabre et immoral r�cit afin de se laisser saisir par le propos. Le film choc, et on ne peut le nier, � moins de ne pas avoir de c�ur. Cependant, en a-t-on d�j� trop parl�? Un l�ger sentiment de d�couragement vient � l�esprit. � On le sait, c�est du pass�, parlons-en plus � diront certains. D�autres clameront qu�on doit en parler pour se souvenir et �viter � l�avenir. Qu�importe. S�il y a trop de projets cin�matographiques ayant comme sujet la deuxi�me guerre mondiale, The Counterfeiters est sans doute l�un des ceux � retenir. Un film tr�s surprenant, surtout lorsque l�on sait que les derniers films de Ruzowitzky �tait Anatomy 1 et 2, film d�horreur chirurgicale � l�am�ricaine au go�t plut�t douteux (surtout le deuxi�me de la s�rie). Il change donc �norm�ment de direction, probablement pour le plus grand plaisir de tous, mais reste tout de m�me dans les th�mes et l�esth�tique qui lui tiennent � c�ur; l�immoral et le macabre. Dans la peau de Jean Claude Vanne Damme Un documentaire sur Jean-Claude Vanne Damme? Pourquoi? Qu�a-t-il � dire mis � part nous donner une le�on de Karat�? C�est effectivement ce qui ressort de ce documentaire. Film� sans grandes ambitions pour la t�l� Europ�enne, ce film est plut�t banale au niveau de sa forme; une interview de JCVD, assis sur son balcon face � la cam�ra. Au niveau du contenu, rien de bien surprenant. Pourtant, m�me si on peut d�embl�e se moquer de Jean-Claude Van Damme, de ses choix de carri�re, de son jeu d'acteur ou de ses d�clarations t�l�, Il faut n�anmoins garder une chose � l'esprit : cet homme s'est construit un peu tout seul, il a su provoquer la r�ussite et il en a r�ellement bav� pour en arriver l�. Et malheureusement, ce documentaire n�en montre rien. Malgr� les questions inutiles qu�on lui pose, JCVD r�ussit malgr� tout � r�v�ler un peu son secret, mais sans plus. On aurait voulu en savoir plus sur beaucoup de points qui n�ont m�me pas �t� abord�s. Au lieu de cela, on se retrouve face � un l�ger documentaire de 47 minuscules minutes qui perd la majeur partie de son temps � montrer sa vie en dehors du parcours professionnels. Son gym, sa maison, sa famille, ses cours de karat�. Et comment a-t-il pu en arriver l�? �a, un myst�re! Dommage. Le Banquet � Sebastien Rose � qc 2008 Et si l�universit� �tait accessible � tous le monde, est-ce que notre jeunesse se porterait mieux? Si la plupart des �tudiants ont d�fendu ce point durant une gigantesque gr�ve historique derni�rement, S�bastien Rose lui, semble aller dans le sens contraire. � L�universit�, c�est pas pour moi. Dans le fond vous vouliez juste mon cash bande de chien � dira m�me un personnage. Rose pose ainsi la question des dangers d�une universit� trop accessible � cause d�une in�vitable baisse de la qualit� de l�enseignement. Il en profite d�ailleurs pour faire une violente critique de l�UQAM, elle qui est trop accommodante avec ses �l�ves, et pas assez avec ses professeurs. Il faut dire que ceux-ci doivent m�me faire approuver leur plan de cours par les �l�ves avant de d�buter une session! Mais en dehors de ce sujet plut�t controvers�, Le Banquet est avant tout un film sur l�incommunicabilit� entre les deux g�n�rations. Dans le film, celles-ci sont repr�sent� par la confrontation entre l��lite �tudiante et celle des professeurs. Apr�s Comment ma m�re accoucha de moi durant ma m�nopause et La Vie avec mon p�re, Rose pose une fois de plus la probl�matique de la passation du savoir entre p�re-fils (il a d�ailleurs �cris le sc�nario avec son p�re). Celle-ci est n�cessaire pour la suite du monde. Le film fait d�ailleurs de nombreuse r�f�rence au documentaire cl� du m�me nom sign� par Pierre Perreault. On est donc face � deux sujets : les probl�mes du syst�me scolaire et le probl�me de communication des jeunes, sujet �videmment trop complexes pour en faire le tour en moins de deux heures. C�est d�ailleurs � ce niveau qu�on retrouve le d�faut majeur du film; m�ler les cartes entre gr�ve �tudiante, tuerie dans une �cole, et conflit entre g�n�rations. Toujours frais en m�moire, ces �v�nements r�els, mais sans liens entre eux, forment un dr�le de m�lange qui laisse un go�t amer en fin de parcours. Tourn� de mani�re mi-fiction, mi-documentaire, le film se rapproche trop des �v�nements r�els auxquelles il est associ�, ce qui pause plusieurs probl�mes au niveau de l�authenticit� des faits. Comme tout cin�aste, S�bastien Rose en ajoute beaucoup, ce qui ne plaira certainement pas aux concern�s (entre autres les manifestants de l�UQAM, eux qui sont d�crit comme �tant mal organis�s). N�anmoins, pour ceux qui n�ont pas v�cu ces �v�nements tout comme ceux concern�s, le film fait porter � r�flexion sur plusieurs probl�mes de soci�t�s actuels. Le Banquet affirme que la soci�t� Qu�b�coise vie pr�sentement une p�riode chaotique, entre autres li�e � l��volution des m�urs qui s�est fait trop rapidement. Le courant ne passe plus entre les anciens et les nouveaux, rien ne va plus et on ne sait plus sur qui se retourner; Dieu, le gouvernement, la drogue? Selon lui, on est pr�sentement en crise, crise identitaire. Harold & Kumar : Escape From Guantanamo Bay Apr�s avoir enfin mang� leur tant attendu Burger dans le premier de la s�rie, Harold et Kumar sont de retour pour une deuxi�me fois � l��cran. Cette fois-ci, ils se mettent encore plus dans la merde que dans le premier� Comme quoi fumer apporte pas mal d�ennui! Pris entre le profilage racial et l�obsession s�curitaire am�ricaine, les deux clowns vont encore une fois traverser le pays en entier, en ne s�arr�tant que pour fumer, scorer ou manger. R�sultat : un deuxi�me film en parfait harmonie avec son pr�d�cesseur : tr�s vulgaire et surtout, tr�s masculin. Toujours dans le style de com�die American Pie (mais en pire), Harold & Kumar : Escape From Guantamano repousse une fois de plus les limites de ce qui �tait possible de montrer au cin�ma. Si vous aimez l�humour hardcore et compl�tement d�biles, cette s�rie vous est recommand�e! Sinon, ne vous y attaquez surtout pas. Vous Risquez d�en �tre perturb�. Chuck & Larry Dennis Dugan us 2007 Dennis Dugan, l�homme derri�re le classique Happy Gilmore et le tout nouveau You Don't Mess with the Zohan, nous arrives avec une autre com�die se fondant sur un succ�s commercial s�r : Adam Sandler. Encore cette fois-ci, tous les espoirs du film sont concentr�s sur le personnage loufoque qu�interpr�te le maitre de la com�die am�ricaine. Au menu donc, des blagues visuelles comme celle ou Sandler s�assoit sur une chaise d�enfant et qu�elle brise, ou bien encore un ob�se qui d�boule un escalier. Dr�le? Trop enfantin? Tout d�pendant des go�ts. Du moins, la trame narrative du film est loin d��tre tr�s originale. En fait, elle est m�me mal r�fl�chie; Pour pouvoir toucher la pension de son �pouse, Larry doit se remarier. Bien s�r, il demandera � son ami de jouer la com�die. Il acceptera en trouvant l�id�e banale, mais bien s�r ils auront une multitude de m�saventures � cause de cette id�e stupide. Jusque l�, rien de bien magnifique. Cependant, Chuck et Larry pourrait �tre vue comme un bon film familiale puisqu�il apporte une morale assez puissante pour ce genre de film ; On doit accepter les diff�rences. Dans une soci�t� am�ricaine homophobe, un tel film hollywoodien qui prend la part des homosexuels, c�est un pas de plus vers la libert� sexuelle. Malheureusement, si la finale de Chuck et Larry explique qu�il ne faut pas rire des gaies, le film complet lui, forme son humour uniquement sur les pr�jug�s existant. Du d�but jusqu�� la fin, c�est finalement ce besoin de revenir en permanence � une h�t�rosexualit� rassurante et normative qui r�gne en maitre. En contradiction totale avec son message, le film de Dugan utilise l�humour homophobe contre l�homophobie ! Est-ce bien ou mal ? � vous de juger. |
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