PAR JONATHAN DAVID
CRITIQUES DE FILMS
PUBLICATIONS DU 27 AOUT 2008


Be Kind, Rewind us 2008 Michel Gondry

Be Kind Rewind est propre au style de son r�alisateur; On retrouve le m�me d�sir d'explorer le monde sans souci de vraisemblance. Toujours avec un c�t� artisanal � carton � bricolage, Michel Gondry nous arrives une fois de plus avec un film ludique qui sort de l�ordinaire. Et cette fois-ci, le propos du film va directement dans le m�me sens que la technique Gondry, puisqu�il s�agit ici de refaire � sa mani�re des grands classiques tel Ghostbuster, mais � l�aide des moyens disponibles, c�est-�-dire une vieille cam�ra, du carton et des guirlandes de Noel ! Mais si l�id�e semble excellente au d�part, le r�sultat final, lui, l�est moins. En fait, c�est qu�une telle id�e farfelue vient � perdre sa saveur tr�s rapidement. On ri aux larmes, on ri, on rigole, on sourit, puis on perd patience. C�est que Be Kind Rewind, tout comme son pr�c�dent Science Of Sleep, ne manque pas d�images tr�s fortes et tr�s originales. Le probl�me se trouve plut�t dans  la trame narrative, car dans un film aussi Chaotique que celui-ci, il est bien difficile de tisser des liens entre chaque blague et chaque section de blague. Gondry d�cide tout de m�me de s�asayer� R�sultat : une histoire qui est loin d��tre int�ressante. Un vieux vid�oclub de quartier (toujours en VHS !) doit fermer car il ne peut faire face aux gros canons franchis�s (eux en DVD !). La finale aura d�j� �t� vue mille fois : tout le quartier est sorti dans la rue pour applaudir leur vid�oclub. Et Bordel ! N�anmoins, Be Kind Rewind, tout comme les autres films de Michel Gondry, m�ritent d��tre vue sur le plan de la forme. On reconnait d�s les premi�res secondes le travail talentueux de ce r�alisateur, qui a auparavant fait plusieurs des meilleurs vid�oclips existant � ce jours (que ce soit Bj�rk ou Kylie Minogue). Encore aujourd�hui, il est encore le r�alisateur le plus � patenteux �, mais aussi original au niveau visuel.



Grindhouse: Planet Terror 2007 Robert Rodriguez usa Tarantino Death Proof

Apr�s s��tre alli� � Tarantino pour le faramineux projet Sin City en 2005, Rodriguez � d�cid� de sortir Planet Terror en le combinant avec Death Proof, le film de son talentueux coll�gue, pour donc former un tout : Grindhouse. V�ritable hommage aux films de s�rie B, ce programme double se veut �tre � la hauteur des vieux 2 pour 1 des cin�-parcs. Une image griffonn�s et sale aux allures de vieilles pellicules, une bobines manquante en milieu de parcours, des dialogues cultes qui parle de tout et de rien, des cascades, de la violence et du sang. Voil� ce qui � suffit � Rodriguez pour signer ce qui s�av�re �tre une des parodie les plus r�ussie des ann�es 2000. Parodie ? Non diront certains, car on ne blague pas sur le genre, on ne fait que l�imiter. L�humour est pourtant ce qui constitue la majeure partie du film, m�me si elle est tr�s discr�tement dissimul�e sous la forme ou les dialogues. Rodriguez pousse le genre � la limite, notamment dans la magnifique (et illarante) sc�ne o� infirme d�une jambe, l�h�ro�ne introduit une mitraillette dans son moignon afin de tirer tous le monde, chevauch� sur sa moto. Ce moment, ainsi que plusieurs autres, valent le d�tour. Le deuxi�me film pr�sent�, Death Proof r�alis� par Tarantino, poursuit la m�me id�e en mettant en sc�ne un m�ga film de poursuite en voiture. Ce qui en ressort au bout du compte : les cascades sont �poustouflantes (il a fait appel � de v�ritable casse-cou !). Cependant, le rythme �tant plus lent que celui de son pr�d�cesseur, il a r�ussit � faire pousser quelques soupires aux spectateurs pr�sent. C�est qu�en fait, Tarantino joue sur de longs dialogues vides  afin de rendre hommage au genre. Malheureusement, m�me si ceux-ci font partie de la recette, ils apportent un effet de longueur interminable. N�anmoins, tous le monde sera content de la pr�sence de jolies jeunes femmes, et peut-�tre aussi de Kurt Russel, sublime dans son r�le. Fid�le au genre m�me du c�t� des acteurs, Tarentino se m�ritera d�ailleurs une nomination pour la palme d�or � Cannes, ce qui n�est pas rien ! Pour ceux qui ne sont pas tr�s fid�le au genre, je vous dirais qu�au lieu de vous taper une multitude de vieux film d�action de s�rie B (dont la plupart risquent d��tre mauvais), visionnez Grindhouse. Vous serez s�r d�y retrouver tous les codes du genre, additionn�s de la qualit� Tarantino-Rodriguez en prime.  Et pour les amateurs purs : Grindhouse est un projet hyper audacieux, produit express�ment pour vous! Profitez-en!



The Illusionnist � neil burger 2006 3STAR usa r�publique ch�que


Le film The Illusionnist se pr�sente en fait comme un film sur la magie. Mais plus encore, le film entier est un tour de passe-passe. En plus d�ensorceler ses spectateurs en tant que personnage, Edward Norton r�ussit aussi � nous avoir sur son aile. En fait, on en vient m�me � croire qu�il poss�de de r�els pouvoirs magiques, sauf que la finale elle, nous fait vite revenir sur terre en nous envoyant une franche gauche dans la figure. Mais on peut tout de m�me se r�conforter, puisqu�on n�est pas seul � s�avoir fait avoir; L�Illusionniste � su charmer les jurys de beaucoup de festivals, pour m�me �tre nomin� aux Oscars. Sauf que le grand probl�me avec un tour de magie, c�est qu�il s��puise bien vite. Le deuxi�me visionnement du film s�av�re �tre p�nible, puisqu�on connait tous les trucs, et que l�int�r�t du film ne se trouvait que l�. N�anmoins, The Illusionniste est un  spectacle dont tout le monde se doit d�assister � une pr�sentation. Il faut d�ailleurs noter que le jeune r�alisateur Neil Burger en n��tait qu�� son deuxi�me long m�trage. Il a tout de m�me fait du tr�s bon travail dans l�ensemble.



Kill Bill vol 1  -  2004 Quentin Tarantino  usa 4 star

Apr�s une longue pause de six ans depuis Jackie Brown, Tarantino revient encore plus en forme que jamais, signant probablement son meilleur film en carri�re (et Dieu sait combien ses pr�c�dents �taient de grandes pointures). Kill Bill se pr�sente comme un ing�nieux amalgame de style, un sinc�re hommage � tous les pionniers du septi�me art, du vieux film de kung fu japonais � celui de s�rie B am�ricains.  C�est donc en variant les styles (introduisant m�me au milieu du film une longue sc�ne en animation 2D, tr�s r�ussie) que Tarantino r�ussit � rendre captivant le petit r�cit simpliste qui est � la base de Kill Bill. Car ne le cachons pas, l�int�r�t du film ne se trouve surtout pas au niveau du sc�nario. Omis plusieurs r�pliques qui deviendrons c�l�bres un jour, rien de bien sp�cial. Et pourtant, l�image quasi parfaite additionn�e � un excellent montage r�ussit � nous �tonner au point ou l�histoire disparait compl�tement. Le visuel nous envahis et prend le dessus sur les mots. Notons aussi qu�au niveau musical, Kill Bill gagne beaucoup de points. Les nombreuses reprises de vieux classiques sont exquises, ce qui a d�ailleurs valu au film plusieurs nominations dans diff�rents festivals. Tarantino r�alise donc un excellent film au niveau visuel en m�langeant habilement  plusieurs genres et styles cin�matographiques.



Bigger stronger faster 2008 Chris Bell  four star

Un documentaire a habituellement comme mandat principal d�informer son spectateur sur le sujet dont il traite. Dans le cas de Bigger Stronger Faster, certains vont tout de suite affirmer que c�est plut�t le point de vue du r�alisateur (un culturiste dop� lui-m�me) face � une Am�rique sur les st�ro�des; un pays qui veut �tre num�ro un partout, et dont l�image est bien plus importante que les effets � long terme. Mais en r�alit�, si le film parle plus du mode de vie culturiste que des effets non d�sir�s des st�ro�des, c�est d�abord parce qu�aucun d�entre eux ont �t� prouv�. Au lieu de se tenir en terrain glissant, Chris Bell pr�f�re tenir des propos tr�s r�fl�chis sur notre soci�t�, tout en se basant sur  une multitude de preuve et d�exemple.  Je r�pondrai d�ailleurs que l�affiche, le titre (Bigger stronger Faster : The side effect of being american) ainsi que la totalit� de la campagne promotionnel sont centr�s sur le fait qu�en Am�rique, si tu ne performes pas, peut importe la mani�re dont tu t�y prends, tu n�es pas un gagnant. Et le film de Bell le d�montre avec brio, notamment lors d�une sc�ne ou sa m�re, qui est fortement contre les st�ro�des tout en sachant que son fils en prend, applaudit aux larmes en le voyant soulever plus de 700 livres au bench. Et que dire de tous les spectateurs qui paient une fortune pour aller voir le baseball en sachant tr�s bien (mais en ne voulant pas se l�avouer) que la plupart de leurs h�ros sont dop�s. Les am�ricains aiment la r�ussite, et comme dit Ben Johnson en entrevue, quand tout le monde triche, pourquoi, lui, devrais se sentir coupable de le faire? Tout le monde triche? Du moins, Bigger Stronger Faster fait r�fl�chir. Bell affirme avec preuve � l�appui que la ligne est tr�s mince entre le terme � m�dicament � et � drugs �. Il donne l�exemple d�une musicienne d�orchestre qui utilise des m�dicaments pour avoir plus de souffle, un pilote de la US Army qui  prend une pilule afin d��tre plus alerte, ou encore une jeune �coli�re qui prend des vitamines en vente chez Jean Coutu afin d��tre concentr� plus longtemps pour ses �tudes. Et que dire des boissons �nerg�tiques, du Pepsi, de la bi�re, etc� Quel est la diff�rence? Certain docteur affirme que l�abus de n�importe quelle substance n�est pas recommand�. Et si on mangeait des plats Michelina tous les jours, on pourrait mourir d�une overdose de sel? N�anmoins, une des phrases cl� du film pose une question qui demande r�flexion; Et si votre entra�neur de football vous demanderait de grossir? Prendriez-vous des st�ro�des si ce n�est que pour continuer � jouer? Pensez � votre femme et vos enfants qui vous faut nourrir� Les am�ricains aiment les gagnants, et ils aiment mieux r�ver et ne pas se poser de question sur comment ils sont rendu l�� Bigger Stronger Faster est un must � voir. Un film puissant qui porte � beaucoup de r�flexion et de mots de t�te.



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PUBLICATIONS DU 27 AOUT 2008


Batman 1989 tim burton usa

Premier film d�une s�rie de grand succ�s commerciaux, Batman l�original vient mettre sur la table les bases d�un mod�le qui servira m�me encore aujourd�hui pour le tout nouveau Dark Knight. Le m�chant et diabolique Joker pousse son organisation criminelle � faire de Gotham City une ville chaotique et apocalyptique. Le mal r�gne en ma�tre, et la police ne peut rien pour le combattre. C�est la que Batman, un homme chauve-souris, intervient pour faire r�gner la loi. Ce personnage, d�abord tir�e d�une BD de Robert Kane dans les ann�es 1930, est maintenant connu de tous gr�ce � cette s�rie de films, qui ont tous d�ailleurs  connu un succ�s monstre au box office. Malheureusement, ce premier opus de la s�rie semble avoir souffert de son �ge, car il n�a plus rien de tr�s original lorsqu�on le regarde aujourd�hui. Des combats dans une usine, des itin�rants m�chants, un super-h�ro trop pr�visible�  Beaucoup d�images pr��tablis qui ont trop �t� vu depuis. Accompagn� d�une musique de Prince qui colle plus ou moins au r�cit (� mon avis personnel) et d�une bande sonore vieillit par le temps (je pense principalement aux d�sastreux bruits de fusil), ce grand classique de Burton n�a plus l�effet qu�il avait dans son jeune temps. Je dirais cependant que le film se m�rite d��tre vu si ce n�est que pour la majestueuse performance de Jack Nicholson dans le r�le du joker. Mais il ne faudrait pas oublier aussi que Batman l�original se doit d��tre applaudit parce qu�il a �t� le premier, et surtout parce qu�il a �t� le mod�le d�Hollywood en mati�re de film de super-h�ro.  M�me si ses retomb�es sont incalculables, il est fort � parier que le cin�ma ne serait pas ce qu�il est aujourd�hui sans l�aide de Batman. C�est un classique, un incontournable.



Manhattan USA woody allen 1979

L�humour de Woody Allen est tr�s exceptionnel. En fait, il est plut�t vocal. Manhattan est un film assez difficile parce qu�il ne se passe pas une seconde sans qu�il n�y ait un dialogue. Certains risquent donc de perdre la carte. Tr�s proche du th��tre pour cette raison, les films de Allen sont g�n�ralement peu travaill� au niveau de l�image (les plans sont fades, omis une magnifique et populaire sc�ne au plan�tarium). On d�cide de tout donner dans les dialogues et dans la prestation des acteurs. Mais � mon avis, Manhattan aurait plus � gagner s�il �tait un livre plut�t qu�un film. Pas qu�il n�est pas int�ressant, au contraire. Malheureusement, il ne tient pas compte des sp�cifi�s du m�dium complexe qu�est le cin�ma. Le septi�me art, c�est d�abord des images qui bougent apr�s tout, et non simplement une bouche. Une bouche qui a cependant beaucoup de choses intelligentes � dire, celle de Woody Allen. Manhattan est d�ailleurs une sorte de journal intime ou il se livre corps et �me. On dit souvent que le cin�ma est le reflet de la vie, et on en a la preuve ici. Allen nous livre donc � travers son film ses �tats d��me, surtout � propos de la vie � New York. M�me si son appartement est trop cher, il croit que vivre ailleurs lui serait impossible. Il laisse m�me l�amour de sa vie quitter pour l��tranger sans lui, parce qu�il aime mieux sa ville. Mais, mis � part son opinion sur sa ville, ses nombreux dialogues sont aussi � la fois dr�le, touchant, et porte la plupart du temps � r�fl�chir sur la vie. On pourrait dire que c�est ceci qui sauve de justesse le film de la monotonie. Manhattan est donc un film � voir pour son contenu, et surtout pas pour sa forme.



Natural Born Killer 1994 oliver stone usa

Natural Born Killer ne ressemble en rien � ce que fait Oliver Stone. En fait, il ressemble d�avantage au travail de celui qui, � la base,  a �crit cette histoire; Quentin Tarantino. Bien plus associ� � ses films politiques tels JFK ou World Trade Center, Stone d�barque avec ce film �trange comme s�il avait �t� drogu� durant sa r�alisation. Cette surprise est peut �tre la raison qui a men� � sa nomination au Golden Globe comme Best Director. N�anmoins,  on peut affirmer sans g�ne qu�on est bien content du r�sultat, car Natural Born Killer est un tr�s bon film. On raconte l�histoire d�un couple de gangster (hommage direct � Bonnie & Clide puisque tout comme eux, ils se donnent un nom de groupe et laisse toujours une personne en vie pour qu�il raconte aux autres ce qu�il a vu) qui parcours ensemble les grands routes en laissant derri�re eux une impressionnante train� de sang. Leurs exploits sont rapport�s � travers les m�dias, ce qui les glisse rapidement  au rang de stars internationales. Devenus un objet d�adulation (un peu comme le violent rappeur Eminem et ses fans d�traqu�s), ils ont de plus en plus soif de popularit�, jusqu�au jour ou il film eux m�me le meurtre du cam�raman qui les suivait jusqu�alors.  Natural Born Killer pr�sente donc une f�roce critique des m�dias d�aujourd�hui, et de leur soif d�imagerie choc. Mais ce n�est pas cette morale trop souvent entendu qui  rendra le film int�ressant. C�est plut�t son c�t� � d�rang� � dans tous les sens du terme qui sera innovateur. Si Stone pr�sente des personnages extr�mes, compl�tement fous et sans morale, la photographie du film vient largement appuyer  cette univers insens� gr�ce � la technique du n�importe quoi. En effet, on a droit au cours du film � la totalit� absolue de toutes les techniques d�enregistrement de l�image et du son; 35mm, 16 mm, 8mm, vid�os, noir et blanc, couleur, filtres, inserts, surimpressions, morphing, stop motion, cadrages inclin�s, steady-cam, louma, ralentis, documentaires, cartoons, real T.V, sitcoms, pub, extraits de films, etc. Au final, on obtient un film jouissif car inconfortable, infernal, inhabituel, et on fini par avoir un m�chant mal de t�te. Et quand la technique (la forme) r�ussit � suivre le r�cit de mani�re si harmonieuse, cela forme ce que j�appelle un classique cin�matographique. Parce qu�un bon film, � mon sens, ce n�est pas seulement un bon r�cit, ou de belles images� un bon film, c�est l�amalgame des deux compl�mentaires afin de cr�er un univers (unique et propre au m�dium du cin�ma) qui forme un tout.  On peut affirmer que Natural Born Killer r�ussit cet exploit.



The Departed 2006 US Scorcese

Apr�s avoir gagn� cinq Oscars The Aviator, Scorcese en remet de plus belle en r�alisant The Departed, un autre film qui se m�rite 4 Oscars, dont meilleur film de l�ann�e. Encore lui, diront les d�tracteurs du maitre incontest� du cin�ma gangster. Et bien oui, et avec raison. The Departed poss�de d�abord une intrigue tr�s puissante, racont� avec un rythme continu, et qui joue notamment sur le stress caus� par le job des deux personnages principaux; l�un infiltre la police et l�autre infiltre la mafia. Avec un montage soigneusement altern�, on assiste aux complots du premier ainsi qu�� ceux de l�autre. Bien s�r, ceux-ci s�entrecroise, et c�est entre autres ce qui fait monter l�adr�naline du spectateur, lui qui a du choisir son camp, tout d�pendant de l�attachement qu�il porte soit au personnage de Di Caprio, ou � celui de Damon. Dans les deux cas n�anmoins, ils livrent tr�s bien la marchandise. Et si ce n��tait pas assez, le tr�s cruel parrain est interpr�t� par nul autre que Jack Nicholson, qui comme toujours, excelle dans tous les plans ou il est � l��cran. Un film sans d�faut alors? Bah peut-�tre pas, mais du moins, un fichu de bon film.



Cocoon Ron Howard 1985 USA

� la premi�re lecture du synopsis de Cocoon, une seule chose nous vient � l�esprit; Est-ce une blague de mauvais go�t? Une bande de vieux d�g�n�r� qui font la rencontre d�extra terrestres qui peuvent leur donner le pouvoir de la jeunesse?!?!?! Non mais franchement! Et puis l�impensable arriva; on regarde le film et on l�ach�te pour ensuite le ranger sur notre tablette r�serv�e aux classiques de science fiction. Et pourtant, le film est assez qu�taine pour en faire d�crocher plus d�un. On aura vite oubli� aujourd�hui que les effets sp�ciaux compl�tement ridicules et d�suets de ce film se sont m�rit� l�Oscar du Best Visual Effect � l��poque. Et oui, m�me si inoffensif aujourd�hui, Cocoon a r�volutionn� � sa mani�re l�imagerie au cin�ma. De plus, il a remport� une autre statuette pour ses acteurs de support et s�est m�me nomin� pour meilleur film de l�ann�e au Golden Globe. C�est qu�en plus d�un r�cit int�ressant, Howard nous offres une distribution qui se caract�rise d�abord par leur �ge. De ce fait, on ne peut �tre sans �motions devant la beaut� de la chose, et l�attachement envers eux ce fait automatiquement. Disons-le franchement, comment rester de pierre devant un couple de vieillard qui retrouve l�amour de leurs beaux jours? Ou encore, comment ne pas rire alors qu�ils s�obstinent pour une partie de carte? Ils sont tout � fait adorables, et cela a bien s�r un impact majeur sur la perception du film. Ron Howard, aujourd�hui connu surtout par son fameux Da Vinci Code, a bien su se servir de ses habilet�s pour nous livrer un film de qualit�, qui m�me s�il a mal vieillit au niveau des effets sp�ciaux (minables), reste tr�s int�ressant m�me de nos jours. Chapeau!



fight club David Fincher, usa germany, 1999

Souvent associ� au sens de l�image, donc au cin�ma divertissant et rien de plus, David Fincher (Alien 3, Panic Room) pourra au moins se vanter d�avoir r�ussit � se faire des amis parmi la critique gr�ce � Fight Club, sans doute un des plus grand classique du cin�ma contemporain. Avec brio, il a su amalgamer la notion de film d�action divertissant avec un message politique tr�s fort. En effet, on est face � une d�nonciation radicale du mat�rialisme, et ce, de mani�re tr�s originale (une premi�re pour un film du genre). Jack a un boulot de cadre bien ordinaire. �tant donn� qu�il n�a pas de petite amie, il passe ses temps libre � s�acheter le catalogue IKEA au grand complet. Perdu dans la soci�t� de consommation, il cherche sans cesse un but � sa vie, ce qui lui provoque de l�insomnie. Est-il r�ellement vivant? Apr�s avoir tout perdu ses biens mat�riels gr�ce � un incendie, il fait la rencontre de Tyler, un vendeur de savon dont le seul plaisir est de se sentir vivre; m�me si pour cela il doit souffrir. C'est ainsi que les deux hommes vont cr�er le Fight Club qui, comme son nom l'indique, regroupe des hommes qui veulent d�couvrir le sentiment d'�tre vivant en se battant.  Bien s�r pouss� � l�extr�me, la solution ultra violente que donne ce film pourrait facilement faire place � plusieurs d�bats d�ordre moral. Le message de Fincher est tr�s apocalyptique; il n�y a plus rien � faire, notre soci�t� est trop d�gueulasse, il faut maintenant utiliser la violence. De mani�re anarchique donc, ce Fight Club revendique le droit � la vie quel qu'en soit le prix tout en pointant du doigt l�esclavage de la population face � leur limite de cr�dit. Malheureusement, c�est aussi ce c�t� extr�me du film qui nous poussera  � croire que  tout est exag�r� et qu�il n�est pas encore le temps d�agir. Si Fincher avait voulu r�ellement faire r�fl�chir ses spectateurs, il aurait fait un bilan r�el, et non exag�r� du probl�me. Le c�t� divertissant prend le dessus bien facilement sur celui de la raison, et c�est ce qui enl�vera de la puissance de tir au film. Finalement, cette critique ne serait pas compl�te sans saluer la magnifique performance d�Edward Norton (pas �tonnant!) et de Brad Pitt, eux qui r�ussissent facilement � rendre une certaine cr�dibilit� au r�cit.



Bourne Identity Doug Liman 2002 USA germany

Bourne Identity, premier d�une s�rie de trois, semble avoir donn� beaucoup de mots de t�te � plusieurs critiques; est-ce un blockbuster sans saveur ou un film d�espionnage nouveau genre? Certes, le r�alisateur opte pour une sensibilit� europ�enne au niveau de l�image, c�est-�-dire qu�il pr�f�re la monotonie des images (qui tirent tous sur le gris) au lieu de suivre la mode am�ricaine pour ce type de film (la luminosit� vive habituelle aux James Bond). Certes, il y a un certain penchant pour des sc�nes de combats et cascades plus r�alistes que la norme de l�industrie. Mais aller jusqu�� dire qu�il r�volutionne compl�tement le genre policier, c�est prendre ce film pour ce qu�il n�est surtout pas; hors de l�ordinaire. Car au-del� de ces quelques fraicheurs, on retrouve tout de m�me la bonne vieille recette �puis�e depuis trop longtemps. Bourne le m�chant est pourchass� partout ou il va, et il se sauve. Quel r�cit fantastique! On entrecroise � cela une histoire d�amour ou la bonne fille tombe amoureuse du loup, lui qui la supplie de ne pas le suivre car trop dangereux. Bien s�r, elle en fera � sa t�te. D�ailleurs, cela n�est pas sans rappeler le bon vieux Bonnie & Clide (1967), c�est dire combien l�originalit� de Bourne Identity vaut pas grand chose. Bref, si Doug Liman (M & Mme Smith, Jumper) avait l�intention de renouveler le genre, et bien il passe bien loin de le faire. Son film, mis � part �tre �norm�ment rentable, n�a pas vraiment de qualit�s. Un blockbuster parmi les pires, � mon sens.




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PUBLICATIONS DU 21 JUILLET 2008

Sin City - Robert Rodriguez et Frank Miller - �tats-Unis - 2005

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