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Réduire la fracture au Sud:
Dans les pays du Sud, l'accès à l'équipement est loin d'être secondaire pour réduire la fracture numérique. Si en janvier 2000, tous les pays du continent africain étaient connectés à Internet, l'accès était très limité et réduit aux seuls pôles économiques et aux capitales. Or les PVD n'ont pas les moyens de développer ces infrastructures, surtout depuis l'adoption du nouvelle grille de tarification par l'Union Internationale des Télécommunications( UIT) - répétant en cela une mesure prise unilatéralement par les Etats-Unis - le 6 octobre 2000 qui se traduit par une diminution de ressources liées aux réseaux téléphoniques. Ces ressources étaient estimées à entre 5 à 10 milliards de dollars par an de recettes pour les pays en développement ce qui pouvait représenter jusqu'à cinquante pour cent des revenus du secteur des télécommunications.
Du fait que les PVD se connectent davantage sur les sites Internet des pays développés que l'inverse, ils doivent assumer seuls les dépenses d'infrastructure. Dans cette situation, les programmes d'aide sont particulièrement nécessaires. Orientés beaucoup plus selon un axe Nord/Sud que Sud/Sud, ils sont organisés à l'initiative des OIG, des ONG et surtout des entreprises privées. Tous les acteurs s'accordent sur l'importance de ces dernières.
Pour B. de La Chapelle, chef de mission sur les TIC au quai d'Orsay, "il faut créer de nouveaux mécanismes de financement, le public apportant le capital d'amorçage, et le privé venant ensuite prendre le relais quand l'activité devient viable". Dans la même optique, Mark Malloch Brown, directeur exécutif du PNUD insiste particulièrement sur la nécessité de "mettre en place des politiques qui favorisent l'investissement privé" plutôt que d'utiliser de lourds investissements publics. Contrairement à dans les pays du Nord, l'Etat devrait avoir une place secondaire pour le développement d'Internet et "d'abord continuer à investir dans la santé et l'éducation". C'est la raison pour laquelle, explique-t-il dans une interview donnée au Monde, le PNUD voit son action comme celle de "catalyseur de projets plutôt que d'investisseur". C'est aussi la raison pour laquelle le Groupe d'experts sur l'accès aux nouvelles technologies de l'information (Geant), créé par la charte d'Okinawa, s'est efforcé de rassembler des représentants des pays concernés mais aussi du secteur privé et du monde associatif. La difficulté réside dans la nécessité de combiner profits et aide au développement.
Le marché des fournisseurs d'accès est un marché de clientèle où la réussite de l'implantation initiale est primordiale. De nombreuses entreprises occidentales sont donc prêtes à investir pour ne pas laisser passer des parts de marché. M.M. Brown nous apprend ainsi que Hewlet-Packard a annoncé un investissement non lucratif à court-terme de 1 milliard de $ dans les PVD sur un projet d'équipement en sites Internet pilotés par des fondations privées alors que "son homologue Cisco est en train d'installer des centres d'enseignement dans 24 des 48 pays les moins avancés."
Au niveau des OIG, l'été 2000 semble avoir marqué un tournant. Après Okinawa les groupes de travail sur le "digital divide" se sont multipliés dont il est encore trop tôt pour évaluer les résultats.
Pour essayer de savoir par quelles actions et dans quel cadre doivent être menées les politiques de développement on peut se reporter au compte-rendu d'un débat sur le développement d'Internet dans les pays du Sud organisé dans le cadre de l'Observatoire de l'Utilisation d'Internet ( OUI). Un consensus s'y était dégagé concernant les axes prioritaires à suivre pour le futur, on retiendra la nécessité de :
- agir en priorité dans l'éducation, l'amélioration du capital connaissance, la formation des enseignants à la réalisation d'outils pédagogiques.
- développer une coopération Nord-Sud orientée vers la création d'outils et de contenus utiles au développement.
- promouvoir Internet dans les lieux publics, les centres collectifs et les universités.
- laisser les pays du Sud établir eux-mêmes leur stratégie de
développement, c'est à dire faire accepter aux pays du Nord la nécessité de prendre davantage en compte leurs points de vue.
Ces orientations générales ont en fait surtout valeur d'idéaux qui doivent s'adapter aux contraintes financières et qui ne doivent pas faire oublier la nécessité de poursuivre une aide au développement plus classique.
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