Vitesse radiale de l'étoile



La vitesse radiale de l’étoile qui servira au calcul de la masse de la planète extrasolaire (donc, à la preuve de son existence) peut être obtenue grâce à l’effet Doppler.

C’est le physicien autrichien Christian Doppler qui fut le premier, en 1842, a montré qu’une source sonore se déplaçant dans un milieu tel l’air compresse sa longueur d’onde devant elle et la dilate derrière. Le changement de longueur d’onde de tout type d’onde causé par le mouvement de la source émettrice et/ou de l’observateur est appelé effet Doppler. Doppler a déduit que la différence entre la longueur d’onde observée λOBS pour une source sonore en mouvement et la longueur d’onde de cette même source au repos λREP est reliée à la vitesse radiale de la source, c’est-à-dire à la composante de la vitesse allant directement sur ou complètement à l’opposé de l’observateur. Cette relation est :

Équation 5.16

5.16


Où :
λOBS = longueur d’onde observée
λREP =longueur d’onde de la source au repos
Δλ = différence de longueurs d’onde
vR = vitesse radiale de la source
vS = vitesse réelle de la source dans le milieu

Cependant, cette expression très simple ne s’applique pas pour la lumière car, au contraire du son, les ondes lumineuses sont électromagnétiques et n’ont pas besoin de milieu matériel pour se propager, comme il fut démontré par Michelson et Morley. Donc, l’effet Doppler appliqué à la lumière est un phénomène qualitativement différent de l’effet Doppler appliqué au son.

Figure 5

Figure 5

Source : CARROLL, Bradley W. et OSTLIE, Dale A. (1996), An Introduction to Modern Astrophysics, États-Unis, Éditions Addison-Wesley Publishing Company, Inc., p.108.



Où :
tREP1 = moment correspondant à l’emplacement initial de la source (S1)
tREP2 = moment correspondant à l’emplacement final de la source (S2)
u = vitesse de la source

Si la source est en mouvement relativement à un observateur, le temps de réception des signaux lumineux où se trouve l’observateur dépendra de l’effet de dilatation du temps et de la différence de distances parcourues par les signaux de la source à l’observateur (la source lumineuse est estimée assez lointaine pour que les signaux émanant de la source à tREP1 et à tREP2 voyagent parallèlement jusqu’à l’observateur).

À partir de l’équation suivante , nous trouvons que la différence de temps entre l’émission des signaux mesurée dans le référentiel de l’observateur est :

Équation 5.17

5.17


Où :
ΔtOBS = temps entre l’émission des signaux mesuré dans le référentiel de l’observateur
ΔtREP = temps entre les emplacements de la source (de S1 à S2)
u = vitesse de la source
c = vitesse de la lumière

Pendant cet intervalle de temps, nous pouvons trouver que la distance entre la source et l’observateur (voir Figure 5) a varié de :

Équation 5.18

5.18


Où :
ΔtREP = temps entre les emplacements de la source (de S1 à S2)
u = vitesse de la source
c = vitesse de la lumière

Donc, l’intervalle de temps entre l’arrivée des deux signaux à l’observateur est :

Équation 5.19

5.19


Où :
ΔtOBS = temps entre l’émission des signaux mesuré dans le référentiel de l’observateur
ΔtREP = temps entre les emplacements de la source (de S1 à S2)
u = vitesse de la source
c = vitesse de la lumière

Si ΔtREP représente le temps entre l’émission des crêtes d’ondes lumineuses (référentiel à la source) et ΔtOBS représente le temps entre l’arrivée des crêtes d’ondes lumineuses (référentiel de l’observateur), alors les fréquences des ondes lumineuses sont :

Équation 5.20 et Équation 5.21

5.20 et 5.21


Où :
vREP = vitesse de la source dans le référentiel de la source
vOBS = vitesse de la source dans le référentiel de l’observateur
ΔtREP = temps entre l’émission des crêtes d’ondes lumineuses (référentiel à la source)
ΔtOBS = temps entre l’arrivée des crêtes d’ondes lumineuses (référentiel de l’observateur)

L’équation décrivant l’effet Doppler relativiste est :

Équation 5.22

5.22


Où :
vOBS = vitesse de la source dans le référentiel de l’observateur
vREP = vitesse de la source dans le référentiel de la source
u = vitesse de la source
c = vitesse de la lumière
vR = u cos θ = vitesse radiale

Si la source se déplace directement vers ou à l’inverse de l’observateur, l’équation précédente devient :

Équation 5.23

5.23


Où :
vOBS = vitesse de la source dans le référentiel de l’observateur
vREP = vitesse de la source dans le référentiel de la source
vR = u cos θ = vitesse radiale
c = vitesse de la lumière

Lorsque nous observons une étoile s’éloignant ou se rapprochant de la Terre, la longueur d’onde de la lumière reçue est modifiée vers des plus longues ou des plus courtes, vers le bleu ou le rouge respectivement. Alors, si l’étoile s’éloigne de la Terre (vR>0) alors λOBSREP (appelé «redshift»). Si l’étoile se rapproche de la Terre (vR<0), alors λOBSREP (appelé «blueshift»).

De l’équation 5.23, avec c = λv :

Équation 5.24

5.24


Où :
λOBS = longueur d’onde de la source dans le référentiel de l’observateur
λREP = longueur d’onde de la source dans le référentiel de la source
vR = u cos θ = vitesse radiale
c = vitesse de la lumière

Par cette dernière équation, nous voyons clairement qu’avec les mesures de λOBS et λREP obtenues par l’effet Doppler, il est possible de trouver la vitesse radiale de l’étoile.



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