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gd
- huile sur eau
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Je
vais parfois me promener le long de petites
boutiques dans la rue de Seine. Des
marchands de vieilleries, de petits bouquinistes, des vendeurs de
gravures aux
devantures bondées. Personne
n’entre
jamais chez eux, ils ne font manifestement pas de bonnes affaires.
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Mais, si on
regarde à l’intérieur, on les trouve
assis, en train de lire, à l’abri du souci
; ils ne s’inquiètent pas du lendemain, ils ne
s’inquiètent pas de la
réussite. Ils ont un chien, assis devant
eux, toujours de bonne humeur, ou un chat qui accroît encore
le silence en
effleurant les rangées de livres, comme pour effacer les
noms au dos des
reliures.
Ah ! si cela
pouvait suffire : j’ai quelquefois envie
de m’acheter un de
ces étalages pleins de choses et de rester là
assis avec un chien, pendant
vingt ans.
Rainer
Maria Rilke,
Les Carnets de Malte
Laurids Brigge , 1910, traduction de Claude David,
Éditions Gallimard,
1991, La Pléiade, Œuvres en Prose,
p. 461
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