Nicolas De Fuisseaux acquiert les biens ayant constitué la société. Il sassure de la collaboration de Jean-Baptiste MATHIEU pour diriger la manufacture. Il fait lacquisition dun procédé pour la cuisson de lor sur la porcelaine à un certain DODE de Paris. Il obtient en son nom des brevets pour la cuisson de la porcelaine.
Le 20 Juillet 1857, Nicolas De Fuisseaux constitue à Paris la société "Céramique Franco-Belge" sous la raison sociale "N. J. De Fuisseaux et Cie" pour une durée de 40 ans. Il décède le 24 Novembre suivant.
Sous son impulsion, la manufacture a pris un essor très important. La clientèle existe en Allemagne, Russie, Norvège, Suède, Schleswig, Holstein, Danemark, Lubeck, Brennen, Batavia et même aux Amériques. Deux comptoirs sont ouverts à Hambourg et Amsterdam, des agences pour les produits réfractaires à Anvers. De cette époque, on peut attribuer deux marques en creux; les pièces ainsi marquées étant typiques de ce milieu du XIX ème siècle et peu fréquentes. Dans son testament, Nicolas De FUISSEAUX conseille de vendre les deux établissements.
Son épouse Eléonore MESSINNE fait procéder à linventaire complet des biens et rachète les parts de lhéritage de Ernest et Delphine De Fuisseaux, enfants nés du premier mariage de Nicolas De FUISSEAUX. Afin de faire prospérer son entreprise, Madame De FUISSEAUX sentoure déléments de valeur parmi lesquels figurent Adrien CHEVALIER de Saint Josse Ten Noode, en qualité de directeur de latelier de peinture; Noël DEHOUX, en qualité de chef datelier et directeur des travaux dans létablissement; Michel DEBACQ de Buysingen, en qualité de chef de fours. Michel DEBACQ recevra une récompense lors de lexposition de Paris en 1867.
Madame De FUISSEAUX obtiendra également plusieurs brevets pour des systèmes de décoration de la porcelaine, de composition de pâtes ou de fabrication de produits réfractaires. Ce second aspect de lusine est souvent négligé alors quil a probablement permis à lusine de traverser les difficultés commerciales rencontrées par le marché de la porcelaine.
Un autre aspect dans lequel lusine sest distinguée, est la fabrication disolateurs.
Une marque particulière est utilisée par Eléonore MESSINNE pour marquer certaines pièces.
Le 29 Janvier 1881, Eléonore MESSINNE décède.
Alfred De FUISSEAUX, réfugié en France suite aux poursuites exercées à son encontre pour sa participation au Grand Complot, vend sa part de lhéritage à ses frères Fernand et Léon. Le 15 février 1881, les deux frères sassocient pour exploiter lentreprise familiale, association qui sera de courte durée. En Mai 1883, Léon De FUISSEAUX vend sa participation dans lentreprise à son frère Fernand, qui exploite seul lusine à partir de cette date. Lui aussi fera prospérer létablissement et obtiendra de nombreuses récompenses pour les produits sortis de lusine de Baudour. Une marque particulière porte son nom.
Le 17 Octobre 1898, Fernand De FUISSEAUX constitue son entreprise en "S.A. des Produits céramiques de Baudour (porcelaines et produits réfractaires - Ancienne usine De Fuisseaux)". On peut penser quà partir de cette époque, il utilisera pour marquer la production de lusine, une marque entourée dun cercle, reprenant le logo typique de lentreprise.
Le 19 Février 1901, la raison sociale de lusine est modifiée et prend lappellation "S.A. des Anciennes usines de Fuisseaux à Baudour - Porcelaines et produits réfractaires" suite à un procès intenté par la société des Produits réfractaires et céramiques de Baudour dirigée par Oscar GERARD.
Au début du XX ème siècle, lusine produira des têtes de poupées, vendues à diverses fabriques de jouets qui assembleront ces têtes sur des corps en bois, chiffon ou carton. Malheureusement pour les collectionneurs, toutes ces têtes ne sont pas nécessairement marquées et la qualité est moindre comparée à la production dautres manufactures étrangères très recherchées aujourdhui. Les têtes sont marquées soit des lettres DFB pour De Fuisseaux Baudour, soit du nom De Fuisseaux Belgique en entier ; une lettre est utilisée pour désigner le genre de tête et un chiffre pour la taille. On trouve deux sortes de têtes, soit des bustes, soit des têtes simples. Les yeux sont souvent peints, parfois articulés.
Lusine liégeoise le "Jouet Belge", notamment utilisait ces têtes.
Une tête est montée sur un corps marqué REMDEO.
En 1911, Fernand De Fuisseaux quitte la direction de lusine pour raison de santé. Son gendre Charles GREYSON devient administrateur directeur de la société. On trouve certaines pièces marquées dun G dans un losange.
Fernand De Fuisseaux décède le 29 juin 1912.
En 1920, lusine de Baudour rachète la manufacture de porcelaine de Quaregnon, société constituée en 1913 et en dissolution.
Dautres cachets seront utilisés par lusine pour marquer sa production, marques parfois complétées par celle du revendeur à Bruxelles, Liège ou Anvers, superposition prêtant ainsi à confusion en ce qui concerne lattribution des pièces.
La marque la plus recherchée est la marque à laigle. Cette marque semble avoir été utilisée pour différencier la production de choix, mais ne peut avec certitude servir à dater les pièces. Elle sera probablement utilisée dès le troisième quart du XIX ème siècle. La forme des pièces et la façon de les décorer sont des éléments qui peuvent permettre de situer approximativement les pièces dans le temps. Les autres marques devaient servir à différencier la qualité des pièces. La marque reprenant le nom en entier De Fuisseaux - Baudour semble être la derni&egrrave;re, étant partiellement reprise au début par la société des Pavillons.