La démission de Montalbano
(Gli arancini di Montalbano - 1999)
Andrea Camilleri
Fleuve Noir - 2001
(a été réédité au format poche chez Pocket en 2005)
Il s’agit ici d’un recueil de vingt nouvelles se déroulant
toutes avec l’intervention du commissaire sicilien Montalbano, enquêteur
attaché à la ville de Vigàta.
On retrouve sous le soleil de Sicile les conflits
d’intérêts, les secrets de famille ou les caprices du destin qui meublent les
enquêtes du flic sicilien et le quotidien de sa petite troupe du commissariat.
L’auteur y fait
preuve d’une imagination aux vastes ramifications, souvent proche du whodunit,
mais maniant aussi l’humour, les ambiances plus serrées du roman noir ou un
certain sens du tragique. Andrea Camilleri nous fait bénéficier dans ces
nouvelles de son style souple et contrôlé au service de la saga Montalbano,
avec un sens aigu du dialogue juste combiné à son habileté à conter une
histoire, rendant chacune d’elles prenante et intrigante.
En prime, Camilleri s’offre le luxe de changer le ton de
certaines des nouvelles ou encore de s’éloigner du récit purement linéaire dans
d’autres.
Vous saurez presque tout du petit monde de Montalbano et
vous retrouverez avec plaisir ce commissaire qui sait être impatient, est rétif
face à une hiérarchie guindée et inefficace, ce policier qui n’hésite pas à
détourner son regard des règlements si cela lui permet de mettre en œuvre une
vraie justice mais qui sait que tous ne méritent pas sa compassion.
Toutes les classes de la société sicilienne sont mises en
scène dans des récits où l’extraordinaire débouche souvent sur le quotidien le
plus banal et où le plus banal du journalier peut se transformer en catastrophe
sanglante pour certains des protagonistes.
Comptables retors, fonctionnaires indélicats, petits truands
déboussolés, mafieux non repentis, honte et remords, sont quelques uns des
rassorts qui animent les nouvelles, et dans lesquelles Montalbano se débat avec
ses propres travers : changement d’humeur, indécision perpétuelle face à
sa fiancée Livia, vacances et jours fériés passés volontairement sur la brèche,
passion gastronomique mal réfrénée… et on en oublie.
Si l’ensemble des nouvelles est de qualité, on épinglera
cependant : Pessoa prétend, Un
hasard d‘homonymie, La révision, Les arancini de Montalbano. Aussi La
démission de Montalbano, nouvelle
qui a donné son titre au recueil en français, qui
est ne petite fantaisie inattendue et réussie, en rupture
totale avec l’univers de Montalbano.
Ce n’est pas part hasard que les producteurs et scénaristes
de la série TV italienne (excellente au demeurant !) « Commissaire
Montalbano » ont abondamment puisé dans les nouvelles de ce recueil pour
étoffer les épisodes de la série télévisée.
En attendant de découvrir Vigàta au petit écran, lisez le livre, La
démission deMontalbano.
EB (juin
2009)
(c)
Copyright 2009 E.Borgers
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