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CRANK
(USA - 2006)
(Hyper
tension - vfr)
de
Mark Neveldine et Briain Taylor
DVD
- 2007 - env. 1h30
Chev
Chelios est jusqu’au cou dans une emmerde qui pourrait
bien être la dernière : Ricky Verona, son
rival et ennemi de toujours, a
réussi à lui injecter un poison mortel, le
Beijing Cocktail qui devrait faire
son effet en quelques heures. C’est que le métier
de tueur à gages d’élite ne
fait que des envieux. Et tout ça juste au moment
où il avait décidé de laisser
tomber le crime organisé et sa
spécialité, pour pouvoir se consacrer
à sa
petite amie, la délicieuse Eve.
Absent, le docteur de Chev qui le soigne dans les coups
durs, peut lui indiquer par téléphone que
s’il n’y a pas d’antidote connu au
poison injecté, il peut cependant
lui
conseiller de rester actif. Très actif. Les
poussées d’adrénaline ralentissent
l’effet du poison. Rien qu’à la
pensée de ce qui lui arrive et grâce au
désir
de vengeance qui le consume, Chev est déjà pas
mal chargé en adrénaline. Alors
pensez à ce qu’il est capable de faire pour se
tenir encore plus éveillé et en
pleine action : castagne, poursuites
dignes d’un cascadeur fou, meurtres
en tout genre… Full speed et toujours bille en
tête. Aidé
par les conseils directs et pragmatiques
de son toubib de l’ombre, et aussi par un ami
fidèle qui lui fournira un coup
de main, Chev veut remonter la filière pour retrouver Verona
et ses éventuels commanditaires.
Et il y a aussi sa petite Eve, toujours aussi amoureuse et
attentionnée, qui,
restant à ses côtés sera en danger
permanent. Mais elle peut compter sur sa
protection totale, sans limite, et sur son amour ardent et
survolté par les
drogues et le poison.
Ça déménage ferme, et gare
à ceux qui vont essayer de
l’arrêter ! Des inconscients !
Car c’est contre la montre, contre la
mort que Chev se bat. Sans répit, sans pitié. A
fond la caisse.
A 250 images par seconde…
Il
faut voir Crank
si on aime l’humour iconoclaste et visuel,
les situations extrêmes, le second
degré intelligent… et le cinéma qui
bouge. Toujours à la limite de la parodie,
enfermé dans sa propre logique poussée
à l’extrême, ce film vous emporte comme
l’étaient capables ces excellents dessins
animés venant des studios de Tex
Avery, maniant absurde, violence irréelle extrême,
humour noir et poursuites
déjantées. Avec ici, en plus, une
authenticité et une efficacité extraordinaire
découlant de l’habileté des metteurs en
scène et le fait que les acteurs et
l’équipe y
« croient ». Pas de pieds de
plombs, pas de clins d’œil
inutiles vers le public, pas de cabotinage… tout au service
du film. Un film
dont la qualité de la réalisation est
à souligner, et qui se paye ce qui, pour
moi, seront des séquences d’anthologies ;
telle cette furieuse séquence d’hôpital
au montage impeccable, d’un humour dévastateur et
noir, qui dynamite les
clichés des centaines de scènes
d’hôpital vues dans des films d’action et
thrillers divers, en poussant ces clichés à
l’extrême de leur violence et de
leur logique, quelles que soient les conséquences, sans
s’arrêter à
mi-parcours, je vous l’assure.
Ou encore certaines cascades de l’acteur principal, Jason
Statham, qui par ailleurs colle à la peau du personnage
toujours en position
turbo et dont la silhouette monolithique
renforce le réalisme des scènes
mouvementées.
Bien sûr le point de départ n’est pas
original, ne fut-ce
que par l’existence de D.O.A. (1950)
petit classique du film noir, et d’un remake plus
récent de celui-ci, mais Crank
pousse le spectateur vers d’autres
territoires dans lesquels un
personnage ultra speedé passe la
réalité qui l’entoure à la
moulinette. Crank, qui signifie
d’ailleurs en argot
américain : le speed ou
un
agité…Rationalistes :
s’abstenir.
Une réussite dans son genre, portée par
l’enthousiasme de
l’équipe qui l’a
réalisé, des scénaristes aux acteurs.
Ne ratez pas le bonus qui, contrairement à ces bonus
convenus dont on nous inonde, éclaire
bien l’esprit de ces artisans, leurs moyens et ce qui les
motive.
(un Crank 2 est en
postproduction actuellement- croisons les doigts afin que les
réalisateurs
conservent leur état de grâce dans ce second
volet…)
****1/2
EB
(décembre 08)
copyright
E.Borgers
2008
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