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Le
Journal de Carfy Un lapin nommé Bagéra… Dans le passé, j'avais un lapin noir qui
s'appelait Bagéra. Je l’avais acheté alors qu’il était tout
petit. En un an seulement, il avait presque triplé en longueur, en
hauteur et en largeur. À l’animalerie, on avait dit que c’était un
lapin miniature, qu’il ne deviendrait jamais gros. Ouais! Quand je le laissais sortir de sa grande
cage, il était fou-fou-fou. Il courait partout en dérapant sur le
plancher, se cachait derrière les meubles, jouait à cache-cache avec
mon fils et moi. C’était une vraie tornade et un paquet de nerfs. Il chiait partout aussi. Et en plus, il grignotait les fils qu'on
branche dans une prise de courant. Le fil du téléviseur y a passé.
Je n'ai jamais compris pourquoi ce lapin fou n'a jamais été électrocuté.
Mystère. Peut-être que c’était un super-lapin et qu’on ne l’a jamais
su. Mais, Bagéra, je l'aimais bien. Les meilleurs moments? C'est quand, exténué d’avoir couru partout,
il venait se blottir dans mes bras. Il aimait se faire caresser le
poil et les oreilles. Il "ronronnait", presque comme un
chat. Puis, pour démontrer qu'il aimait se faire
caresser, avec sa petite langue rose, il léchait la peau de l'avant-bras.
Il était au septième ciel, les deux yeux lui roulaient comme dans
la graisse de bine puis, sans crier gare, il mordait. Mais ce n'était
pas méchant. C'étaient des petites morsures d'amour. Où que tu sois, Bagéra, mes salutations
à toi, mon ami! |
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