SYNTHÈSE ET CONCLUSION GÉNÉRALE

 

 

Si les sociétés occidentales sont d’origine chrétienne dans leurs institutions, leurs systèmes de valeurs et dans leurs membres, il n’y a plus de doute qu’elles sont aujourd’hui, pour la plupart, à réévangéliser[1]. L’Église en Occident conserve une présence visible mais celle-ci est plutôt d’ordre culturel et social. Les édifices religieux chrétiens font partie du paysage et la vie de Jésus est connue de la population sans pour autant interpeller. Les chrétiens se trouvent dans une situation comparable aux premières communautés chrétiennes qui, au lendemain de la résurrection, ont été envoyées témoigner de la Bonne Nouvelle.

 

            Mais comment évangéliser dans le monde occidental et accomplir la mission de l’Église ? Ce travail a voulu offrir des pistes concrètes en présentant des modèles d’Églises reliés au Mouvement de la croissance des Églises qui ont connu, et qui connaissent encore, une forte croissance. Dans le courant de l’exposé un regard théologique et pratique est posé sur la place à accorder à la recherche d’efficacité et de croissance numérique dans l’Église. Le résultat de la réflexion et de l’analyse est un appel à l’équilibre. Les performances numériques de certaines Églises peuvent en partie s’expliquer par la priorité quasi absolue qu’elles donnent à l’évangélisation mais cela parfois au détriment des autres fonctions de l’Église.

 

Sans nier la place à accorder à la recherche de croissance, nous proposons d’adopter une approche plus équilibrée et un modèle organisationnel où la mission chrétienne ne se cantonne pas à la fonction prophétique de l’Église. Elle invite à donner une place égale aux autres fonctions :  hodégétique, socioculturelle et cultuelle; car chacune à sa manière permet d’accomplir la mission de l’Église qui est de manifester l’amour de Dieu au monde. La mission des responsables est de faire de leurs Églises des signes d’Évangile, de travailler à ce que les hommes et les femmes de leurs communautés soient fidèles à l’Alliance et s’engagent dans la mission; mission qui est la continuation de celle de Jésus et qui offre un salut intégral s’attaquant aux différentes détresses des êtres humains : qu’elles soient morales, spirituelles, sociales, culturelles, politiques ou physiques.

 

Les principes de départ proposés par les pasteurs du MCE et avec lesquels le modèle est en accord sont :

 

-         De comprendre la mission de l’Église comme une entreprise pour aller chercher et trouver la brebis perdue (Lc 15:1-7);

-         D’impliquer toute la communauté dans l’accomplissement de la mission;

-         De créer des activités propres à augmenter la ferveur spirituelle de la communauté;

-         De munir l’Église d’une structure de groupes de maison;

-         Discerner les personnes réceptives dans les efforts d’évangélisation;

-         D’adapter son langage et ses services aux besoins et aux attentes du milieu;

-         D’exercer un leadership de communication et de motivation;

-         De former les laïcs et de déléguer responsabilité et pouvoir dans des équipes et des groupes de maison;

-         De rechercher la qualité et l’excellence dans les services offerts;

-         De munir l’Église d’une structure de cours pour faire croître et impliquer les nouveaux membres;

-         De planifier selon une vision adaptée au milieu et se donner des objectifs mesurables;

-         D’encourager dans la communauté une consécration totale dans l’accomplissement de la mission et de se donner, ainsi qu’aux laïcs, les moyens matériels nécessaires.

 

Certaines précisions sont nécessaires : Ces orientations pastorales et missionnaires doivent aider les membres de la communauté à croître et non pas peser sur eux comme un joug. Le leadership exercé n’est pas celui d’un « pasteur superstar » ou autoritaire ; au contraire, c’est bien la volonté de travailler avec les autres, et par les autres, qui permet une plus grande efficacité missionnaire; la « brebis » n’est pas seulement celle qui est « perdue » au point de vue eschatologique, c’est aussi le plus petit dont il est question dans la parabole du jugement dernier (Mat 25:31-46). Ainsi la notion de mission n’est pas réduite à sa simple dimension d’évangélisation ou de proclamation, mais elle englobe l’être humain dans sa dimension intégrale.

 

La mission d’une communauté chrétienne locale devrait viser à rejoindre l’ensemble des besoins de la personne humaine et à soulager l’ensemble des pauvretés présentes dans son milieu. L’intention première, derrière le geste missionnaire est d’aider les hommes et les femmes à connaître l’amour et la miséricorde de Dieu par le geste et la parole et non pas seulement de rassembler le plus grand nombre de personnes dans l’Église. Et quand il s’agit de discerner les personnes réceptives de son milieu pour y concentrer une partie de ses efforts d’évangélisation, ce n’est pas pour abandonner ou ne plus aider ensuite celles qui n’accueilleraient pas l’invitation à cheminer en Église.

 

La dynamique communautaire d’un modèle missionnaire intégral peut se décrire comme suit :  Les responsables des communautés commencent par mobiliser leurs membres pour l’évangélisation. Puis les personnes interpellées sont engagées dans un processus de croissance qui les amènera à mieux connaître le Christ et à lui consacrer leur vie. Leur cheminement dans la communauté chrétienne se poursuit pour les aider à découvrir leurs dons et à les exercer dans la communauté[2]. Les groupes de maison sont une des structures du modèle où il est possible de faire cheminer les nouveaux convertis et où les membres peuvent exercer des responsabilités, s’impliquer, rejoindre les besoins des personnes du milieu et grandir dans la communion fraternelle.

 

            Une fois que les personnes sont impliquées dans la mission et les services d’Église, la dynamique du modèle s’étend aux activités en place afin de les évaluer régulièrement. On vise ainsi  une amélioration continue pour assurer qualité et amour dans les services offerts. Le rôle des responsables de communauté dans un tel processus est d'élaborer une vision missionnaire qui rejoigne les besoins du milieu et de favoriser l’implication de l’ensemble des membres de l’Église. Ils communiquent cette vision, formulent avec les membres des objectifs mesurables et motivent les chrétiens à les atteindre. Comme le Christ avec ses douze apôtres, ils choisissent aussi quelques personnes qui pourront s’engager de façon plus intense dans la mission. Celles-ci seront, par exemple, en charge de la formation des autres membres de la communauté ou responsables des animateurs des groupes. Les responsables de communauté devront donc savoir leur déléguer tâches, pouvoir et responsabilités et s’assurer de l’évaluation des actions accomplies et de leur adaptation au milieu. En fait, ils délèguent aussi pour pouvoir s’occuper des tâches qui sont propres à leur ministère; pour être en mesure de coordonner les efforts de la communauté et de s’assurer que les objectifs fixés sont atteints.

 

En soi, une Église adoptant une approche intégrale de la mission telle que décrite dans ce travail peut être classée dans la catégorie des modèles systémiques[3]. Elle tient compte des besoins du milieu et cherche à mettre en œuvre d’une manière adaptée et équilibrée les différentes fonctions de l’Église.

 

Si les responsables de communauté visent l’implication des membres, c’est en grande partie parce que leur implication missionnaire les actualisera et les fera grandir. Ils ne doivent pas considérer les membres de l’Église comme une ressource que l’on utilise pour accomplir la mission : les responsables sont à leur service pour leur assurer une formation qui permettra de les impliquer selon leurs dons et leurs intérêts. Ainsi sera ouverte la voie de leur épanouissement dans leur engagement à la suite du Christ. Leurs limites seront respectées : temps, capacité, niveau de cheminement, etc., et on leur montrera de la reconnaissance pour tout effort accompli.  Ce point est essentiel pour éviter d’aboutir à une communauté en perte de sens et l’épuisement des membres. L’efficacité peut être prise comme critère d’action, mais pas au détriment de l’être humain.

 

L’approche intégrale a comme but premier d’aider les personnes d’un milieu à expérimenter l’amour de Dieu et à entrer dans l’Esprit de l’Alliance. La croissance numérique n’est pas poursuivie comme une finalité. mais comme une première étape précédant l’engagement des nouveaux convertis dans un processus de croissance personnelle et spirituelle. Ce processus aboutira à leur propre implication dans la mission et à la transformation de leur milieu. L’Église est perçue comme un corps qui a en lui-même un potentiel de croissance qu’il s’agit de libérer. Cette libération commence à se réaliser lorsque les chrétiens sont aidés à faire l’expérience d’un renouveau spirituel, lorsqu’on leur donne l’opportunité de cheminer en petits groupes, lorsqu’ils sont investis de responsabilités au sein de la communauté et lorsqu’on leur laisse prendre des initiatives missionnaires.

 

            Si la croissance numérique est visée, il ne s’agit pas d’en rester là. Même s’il y avait une multitude présente aux célébrations, cela ne prouve pas que la mission de l’Église est en train de s’accomplir. Les chiffres et l’apparence visible ne peuvent pas garantir que l’amour de Dieu et du prochain sont en train de se vivre. Les préceptes essentiels de la Loi échappent aux statistiques, et la sainteté se chiffre mal. La question n’est donc pas celle d’une visibilité à tout prix mais d’une visibilité qui soit en cohérence avec le message évangélique[4].

 

L’approche intégrale cherche à faire croître les services d’Église en qualité et en amour. Ainsi les personnes du milieu se rendent compte du sérieux avec lequel on considère la mission de les servir, de répondre à leurs besoins et de leur faire connaître l’amour de Dieu. La recherche de qualité et d’amour s’associe à celle de l’amélioration continue à tous les niveaux. Elle est un chemin de sainteté, car elle permet de donner ce que l’on a de meilleur, d’offrir le meilleur de soi-même. Rechercher la qualité et l’amour dans les services, c’est aussi s’assurer que les activités d’Église correspondent à la culture environnante. Les responsables de communauté n’hésiteront pas à adapter leurs chants et le langage utilisés dans la liturgie.

 

Dans cette conclusion je souhaite aussi insister sur un point important. La mission chrétienne ne peut faire abstraction du travail visant à promouvoir l’unité entre les chrétiens de différentes confessions. La recherche d’unité chrétienne ne peut être oubliée dans la mission de l’Église locale car la communion (Koînonia) fait partie de la nature et de l’origine de l’Église. Elle est quasi incontournable car les divisions entre chrétiens sont un obstacle majeur à la proclamation de l'Évangile. Travailler, vivre et prier ensemble, c’est accomplir une partie de la mission de l’Église, c’est donner au monde le témoignage que le Père a le pouvoir de transformer et d’unir toutes choses dans son amour. L’activité commune entre chrétiens est missionnaire en elle-même car elle fait voir que ceux qui croient au Christ et vivent de son Esprit peuvent surmonter les divisions humaines même dans des matières délicates comme la foi.

 

Dans le sens de l’unité il faudrait que les chrétiens des différentes assemblées soient formés pour respecter la foi chrétienne des autres confessions et même de se réjouir de ce que la grâce de Dieu y soit à l'œuvre. Qu’ils soient éduqués à éviter, lors d’activités communes, un esprit sectaire ou « prosélitiste » qui cherche à amener les autres à embrasser leur propre foi de telle sorte que soient bannis l’indifférentisme et les rivalités (Cf. AG # 6).

 

Un autre élément à mentionner : celui de la motivation missionnaire qui devrait être fondé sur l’amour et non la peur ou la culpabilité.  C’est la volonté d’aimer, d’aider et de partager l’amour de Dieu qui devrait pousser les chrétiens à partager leur foi et à agir… et non pas la crainte du châtiment. Certains chrétiens basent leur motivation missionnaire uniquement sur la phrase de l’apôtre Paul : Annoncer l'Évangile en effet n'est pas pour moi un titre de gloire ; c'est une nécessité qui m'incombe. Oui, malheur à moi si je n'annonçais pas l'Évangile ! (1Cor 9:16) mais ils risquent ainsi d’entrer dans une dynamique qui n’est pas fondée sur l’amour[5].

 

Dans une approche intégrale de la mission, la motivation des responsables est essentielle. S’ils ne sont pas animés d’un désir profond de faire connaître l’amour de Dieu à ceux et celles qui en ont besoin ou qui ne le connaissent pas, la structure du modèle ne servira qu’à peu de chose. L’esprit missionnaire des responsables et leur détermination de motiver et d’engager toute l’Église dans l’accomplissement de la mission sont indispensables. On ne saurait trop insister sur ce point car sans l’implication personnelle des responsables et la motivation personnelle des membres, la mission ne se réalisera pas. Le pasteur Yonggy Cho insiste beaucoup sur ce point : le pasteur, dit-il, doit être aux yeux de la communauté la personne responsable du projet. L’accomplissement de la vision n’est pas un projet parmi d’autres, il est « le » projet de l’Église. S’il y prend une part active, les autres membres vont s'enthousiasmer.

 

            Conformément à l’enseignement de McGavran et à la parabole de la brebis perdue, l’Église est appelée, non seulement à aller à la recherche des hommes et des femmes qui n’ont pas de berger, mais aussi à continuer le travail jusqu’à ce qu’elle soit retrouvée, c’est à dire réconciliée avec Dieu et engagée dans un processus de croissance par son implication dans la mission de l’Église. Il s’agit de faire la distinction entre une action communautaire qui se contente de proclamer la Bonne Nouvelle et de faire des œuvres de bienfaisance dans son milieu et une action qui va jusqu’à donner aux personnes des moyens concrets de se réconcilier avec Dieu, de s’intégrer à la communauté, de rentrer dans un processus qui les fasse grandir jusqu’à la maturité chrétienne (sanctification et sainteté) et de devenir à leur tour des missionnaires.

 

            Les Églises évangéliques en général ont une pratique efficace pour amener les personnes à accueillir le Christ : l’invitation publique à faire un acte de foi[6] pour « recevoir le salut » (ou « recevoir Jésus dans son cœur ») permettant aux personnes nouvellement interpellées par la foi chrétienne à prendre une décision personnelle en faveur de l’Évangile et des ses exigences[7]. Grâce à cette prière, à cet acte de foi et d’engagement à la suite du Christ, on leur propose de se savoir réconciliées avec Dieu. Dans un contexte d’évangélisation, nous croyons nécessaire d’instaurer une telle pratique dans les Églises traditionnelles.

 

Un autre instrument d’évangélisation efficace que l’on trouve dans les Églises évangéliques est une petit document appelé  Les quatre loi spirituelles qui est donné aux personnes évangélisées pour les aider à comprendre le plan de salut (Annexe 1). Les lois spirituelles, lorsque présentées sous forme de dépliant, sont généralement suivies de la prière pour recevoir le salut par un acte de foi, et de quelques conseils pratiques pour commencer sa vie chrétienne.

 

La réflexion de ce travail a dans son ensemble fait ressortir l’importance de l’aspect organisationnel de l’Église. Les autorités ecclésiales des différentes dénominations chrétiennes devraient offrir une formation adéquate en gestion à leurs responsables de communautés locales afin de les aider à réaliser leur mission[8]. Bien-sûr, la gestion n’est pas tout, on ne pourrait parler de l’Église et de sa mission sans référence aux vertus théologales : foi, espérance et amour. L’espérance est associée à la vision qui s’accomplit par la foi. La vision est une projection dans la foi de l’organisation nécessaire pour faire croître intégralement la communauté chrétienne. Et cette croissance intégrale est principalement une croissance des personnes, une croissance dans l’amour, une croissance dans l’Esprit de Dieu. Ce sont les objectifs fixés qui permettront de concrétiser cette espérance et d’accomplir la vision. Vous devez donner à votre foi un but clair et bien précis[9], explique le pasteur Cho. Vous devez voir votre objectif d’une manière vivante et réelle, au point d’en être tout ému[10]. Il faut prier et louer continuellement le Seigneur, sans l’ombre d’un doute,  jusqu’à ce qu’une paix profonde se fasse ressentir et que la vision s’accomplisse[11]. 

 

Pour terminer, je dirai qu’au cœur de cette réflexion se trouve le message que l'agapè précède toute action et tout service. Comme dirait Maurice Bellet, tout ce qui s'y ajoute signifie seulement la limite qui restreint la charité. Tout ce qui sera organisation n'aura sens et droit qu'à servir cette haute tendresse, qui est toute humilité et service[12].

 

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[1] On emploie parfois le terme de seconde évangélisation, laissant ainsi comprendre qu'un nombre croissant de personnes naissent et grandissent sans références chrétiennes.

[2] Pour être authentiquement chrétienne, la recherche de croissance humaine et spirituelle doit déboucher sur l’ouverture aux autres et ne pas enfermer les personnes dans une recherche égoïste de soi. Il s’agit d’éviter d’offrir une série d’étapes qui permettent de répondre seulement à une volonté de croissance personnelle, à une volonté d’accomplir ses désirs ou de combler des manques grâce à l’Évangile. Ce serait le chemin d’une religion fonctionnelle qui entraînerait les personnes dans le piège d’une expérience religieuse illusoire ou du moins très limitée.

[3] S’inspirant du travail Peter Rudge (L’Église à l’heure du management, Mame-Fayard, 1971), le comité de recherche de l’assemblée des Évêques du Québec, dans le document Risquer l’avenir (Montréal, Éditions Fides, 1992), pose un regard sur différents modèles d’Église dont le systémique présenté en l’annexe 2.

[4] Cf. P. Valadier, L'Église en procès : Catholicisme et société moderne, Paris, Calmann-Levy, 1987, p. 195.

[5] 1Jn 4:18: Il n'y a pas de crainte dans l'amour ; au contraire, le parfait amour bannit la crainte, car la crainte implique un châtiment, et celui qui craint n'est point parvenu à la perfection de l'amour.

[6] Voici un exemple type de cet acte de foi :  Dear Jesus, I admit that I am a sinner and need your forgiveness. I believe that you are God's Son who died on the cross for me and was raised to life again. I am willing to turn away from my sin and receive your forgiveness. I now invite you to come into my heart as my Saviour and as my Lord and I commit my life to you. Thank you for saving me and help me to grow as a Christian. In Jesus' name, Amen! 

[7] Le Comité de recherche de l’assemblée des Évêques du Québec sur les communautés chrétiennes locales, dans le document Risquer l’avenir : Bilan d’enquête et prospectives (1992), parle de l’importance de la décision personnelle et de la nécessité d’inviter les gens à faire un choix personnel et conséquent (p. 122; 124-125).

[8] L’Église d’Anglicane envoie déjà ses responsables de communautés suivre un MBA en gestion d’Églises (Voir l’article du Financial Times : London; Mar 15, 1999; Jones, Helen).

[9] P. Y. CHO, La quatrième dimension, p. 12.

[10] Ibid., p. 22.

[11] Cf. ibid., p. 23.

[12] M. BELLET, L’Église morte ou vive, Paris, Desclée de Brouwer, 1991, p. 22.

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