5.3 Structure
de l’Église et les groupes de maison
Un des
éléments clés qui assure la croissance des Églises d’après les auteurs et les
pasteurs du Mouvement de la croissance de
l’Église est la mise sur pied d’une structure de groupes de maisons[1]. McGavran estime qu’elles permettent aux
communautés chrétiennes de se développer considérablement. Les sciences de la
gestion disent aussi que la croissance d’une organisation dépend d’une
structure organisationnelle décentralisée où la prise de décision est possible
à la base afin de réagir plus adéquatement et plus rapidement aux réalités de
l’environnement.
Des
études très sérieuses montrent que les empires industriels américains doivent
leur développement parfois spectaculaire aux vertus de structures de type
décentralisé[2]. Leur apparition
a été possible grâce à l'initiative des dirigeants et de leur habileté à adapter
moyens et effectifs aux mouvements de populations, aux progrès de la
technologie, au marché et à la nature de leurs ressources.
Les sciences de la gestion expliquent qu’un excès de
centralisation peut aboutir à une dysfonction bureaucratique[3]. Une organisation devenue trop rigide par une bureaucratie
d’arrière-garde tend à résister à toute transformation empêchant ainsi
l’adaptation des structures à l’environnement. Cette résistance bloque la
croissance et l’efficacité organisationnelle. C’est bien le passage à une
structure ecclésiale décentralisée par groupes de maison qui a permis à
l’Église du pasteur Cho de
croître : J’ai expliqué précédemment
que la croissance de notre Église est basée sur les buts fixés et sur
l’implantation de cellules de maison[4].
L’Église
catholique romaine, dans les documents du Concile Vatican II et dans plusieurs
de ses encycliques insiste qu’il est du devoir de tous les baptisés de
participer à l’évangélisation. Il s’agit ici d’une doctrine qui, pour être mise
en pratique, nécessite idéalement une structure de petits groupes où tous les
membres de la communauté peuvent être impliqués et avoir des responsabilités.
Mais les structures dans les Églises traditionnelles n’ont souvent pas changé.
Elles continuent à consigner les membres non-ordonnés dans les bancs d’église
afin qu’ils assistent aux cultes. Une structure comprenant les groupes de
maison propose une meilleure alternative. Elle permet non seulement de mieux
incarner la réalité de l’Église-communion mais aussi l’engagement de l’ensemble
des membres de la communauté chrétienne
dans la mission.
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Commentaires
et suggestions :
[1] Dans le milieu catholique les groupes de maison sont parfois appelés cellules paroissiales d’évangélisation.
[2] Alfred
Chandler analysa l'évolution organisationnelle des entreprises Du Pont, General
Motors, Standard Oil of New Jersey, et Sears Roebuck and Company. Son
étude nous apprend que l’efficacité et la croissance des organisations
dépendent en bonne partie de leur habileté à adapter leurs structures
organisationnelles.
[3] Dysfonction bureaucratique qui peut hélas être
voulue par l’organisation et ses membres par peur du changement.
[4] P. Y.
CHO, Les cellules de maison et la vie de
l’Église, p.83.