Le docteur Moreau.

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Les rues et les Hommes.

Le docteur Moreau.

Par Louis Arnaud

Bône. 1957.

    Il y a une « rue Moreau » à Bône, qui a pris la place de la « rue de l'Artillerie » que de vieux bônois doivent certainement se souvenir d'avoir connue.
    Cette rue de l'Artillerie servait à relier la ville des premiers temps de l'occupation française à la partie nord de la ville nouvelle construite après le dérasement de la première enceinte c'est à dire après 1868. C'est à ce moment-là qu'elle avait été appelée « rue de l'Artillerie » bien qu'elle ne longeât sur un de ses côtés tout entier, que de vieux et inoffensifs magasins de matériel de campement et qu'il n'y eut d'artillerie dans son voisinage.
    A ce moment-là le docteur Moreau vivait encore, il n'est mort que peu après, en 1870. C'est à sa mémoire que l'on a voulu rendre hommage en donnant son nom, vingt ans après sa mort, à cette vieille rue de Bône.
    Le docteur Moreau avait été, en effet, l'un des plus ardents pionniers de la colonisation française dans ce pays.
    Il fut même un précurseur, car, le premier il avait préconisé la culture de la vigne et celle du tabac qui devait être une source de richesse pour toute l'Algérie et pour la plaine de Bône en particulier. Ayant compris, dès le premier jour, que la prospérité de l'Algérie ne pouvait dépendre que de l'exploitation de son sol, il avait créé une Société d'Agriculture dont il fut le Président pendant de longues années.
    Ainsi, il avait pu coopérer avec la Direction de la pépinière gouvernementale de Bône pour la recherche de culture qu'il convenait de recommander et d'encourager sur ce sol, alors aride, et, en apparence réfractaire à tout effort de l'homme.
Il avait été le promoteur et l'organisateur, en 1858, de la première exposition de Bône qui s'était tenue dans les dépendances de la pépinière, actuellement utilisées en partie, tout au moins, par les installations du Tennis Club.

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