Appendice aux Ancey de Pesmes

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Appendice aux « Ancey de Pesmes ».

Mme Ancey-Blanc, dernières années (1858-1868).

 

    Les deuils de l'excellente femme n'étaient pas finis. Le 9 septembre de l'année suivante (1859 ajouté dans la marge), mourait à Saint Jérôme, agé de dix sept ans le jeune Théophile (Marie-Joseph-Th.), phtisique dont nous avons de la prose enfantine depuis 1847. Son frère aîné l'avait entraîné à la passion des insectes. Il avait fait ses études pensionnaire au Petit séminaire de Marseille - là où Félix lui-même avait achevé les siennes (lettre de 1854). Son écriture nous montre un être naïf, mai formé, bien qu'il décrive et raconte bien.

    Au moins de juin 1859, sa mère l'emmena à Clarens dont le séjour ne lui profita guère. Pays superbe, cure détestable : c'est le résumé de leurs lettres curieusement datées des lendemains de Solférino21 (25 et 26 juin). On était descendu pension Perret, au milieu d'Anglais, loin des messes.

    Trois plus tard, c'est Lucie malade 22 que Mme Ancey allait retrouver à Aix, Savoie. Elle amenait avec elle son dernier-né, Joseph, alors dans ses dix ans. Une autre malade était là, Nina, fille de Francis, qui devait mettre d'ailleurs un quart de siècle à mourir, et dont sa tante Ancey ne put s'occuper beaucoup (août 1862). Deux ans et demi plus tôt (7 février 1860), son fils aîné avait épousé Joséphine d'Alayer de Costemove, sœur d'un ancien ami de Fribourg@ Une lettre d'Algérie, du mois de septembre, le félicite de sa paternité prochaine, et le 17 novembre, de Genève, son beau-frère Auguste, déjà père lui-même, parle avec joie de l'événement accompli (la surveille). La jeune mère aurait voulu, mais ne put malheureusement le nourrir. Le petit Félix (César marie f.) - Mimi comme on l'appela d'abord - était fort attaché à son père, mais avait des accès de colère terrible. Nulle mention d'un petit Henri, destiné à vivre dix jours (20 - 30 janvier 1862). D'Alfred, né le 24 septembre 1863, sa mère écrit qu'il paraît devoir être tout le portrait de son frère - augure mai réalisé. Ma naissance, (1 1 février 1865) et celle de ma sœur Marie (14 décembre 1866) ne laissent guère de traces dans le dossier conservé.

    De vieux noms de bonnes que je me rappelle - Gothon, Brigitte apparaissent dés 1862. Les pénates sont voyageurs: de la rue Marengo au boulevard National, puis rue Montgrand et Bel-Air. Mais plus voyageuse encore est l'humeur de Félix Ancey: 1862 le trouve à Bordeaux, l'année suivante au MontCenis, 1864 à Alger, 1865 au Luc. Plus tard, 1867 et 68, il parle d'Espagne et d'Afrique. Un voyage au Liban - avec escale en Egypte - m'est connu aussi : le P. Alphonse de Ratisbonne se trouvait à bord. On visita les Pyramides et c'est dans la calèche d'Abd El Kader 23 que se fit l'entrée à Damas.
De tant d'absences la jeune femme se désole, et la mère ... dissuade. En effet, il s'agit bien d'affaires, peut-être, mais encore plus d'histoire naturelle. Cette passion va au point qu'il s'étonne, après la guerre, de la suspension d'Annales entomologiques auxquelles les esprits ne pensaient plus beaucoup. Passionné aussi pour le mouvement du corps, il a sa jument - il est en 1867, l'un des premiers vélocipédistes marseillais. La chasse l'attire. Ajouterai-je qu'on le rappelle, çà et là, aux convenances mondaines ?

    En 1865, il croit faire un héritage - celui d'une dame Rousset, décédée à Alger. L'année suivante, comme héritier de son père, il doit intervenir dans le singulier abus de pouvoir de la municipalité de Pesmes qui avait loué au juge de paix le local de l'hospice, désert alors, il est vrai, et dont le jardin servait de cours de récréation aux Frères.

21 Bataille entre les troupes franco-sarde et autrichiennes qui favoris l'éviction de l'Autriche et la création du royaume d'Italie. (D.C.)
22 En marge: ... du 21 février 1863.
23 Après la conquête de l'Algérie, il s'était retiré en Turquie puis à Damas en Syrie. (D.C.)

 

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